AFRIQUE DU NORD
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merci à ce site pour sa chronologie Marocaine du XX° siècle: http://www.monde-diplomatique.fr/mav/86/PIRONET/14101
et la tunisienne: http://www.monde-diplomatique.fr/mav/86/PIRONET/14102
Algérie Maroc Tunisie Libye

-400000 présence humaine en Algérie
âge attribué aux restes de "l'Atlanthrope", découverts dans les sédiments du lac préhistorique Ternifine, en Oranie.
L'Atlanthrope était un contemporain, et un parent, du Sinanthrope et du Pithécanthrope de Java. Des ossements ont été retrouvés au milieu des outils de pierre taillée qu'il fabriquait. Des outils du même type ont été retrouvés sur d'autres sites attestant la présence de l'homme primitif.
A cette époque, l'Algérie était peuplée d'éléphants dont certaines espèces se maintiendront jusqu'à l'époque historique, mais aussi des rhinocéros, de phaccochères, d'hippopotames, de girafes, de bubales... "Ce sont les rives du Tchad et du Zambèze, transportées dans le Maghreb et au coeur du Sahara ; c'est un paysage de savanes tropicales, d'oueds pérennes, de lacs et de marais dans lesquels se déroulent les civilisations du paléolithique inférieur".
La civilisation Atérienne, site de Bir-El-Ater, au sud de Tebessa, civilisation reliée à l'ensemble moustérien (paléolithique moyen).
La civilisation Capsienne (Homo-Sapiens) aux environs du VIIème millénaire avant notre ère. premiers hommes de notre espèce qui se soient manifestés an Afrique du Nord.
Partis du sud contantinois, les Capsiens, suivent la ligne des chotts, et se répandent dans l'ensemble du Maghreb. Ils peuvent être considérés comme les ancêtres des Numides, mais ils ne franchiront pas l'Atlas Tellien.
La côte était occupée à cette époque par des Ibéromaurissiens, apparentés au type Cromagnon. Malgré leur faible niveau de culture, ils s'adaptèrent à la civilisation néolithique comme les Capsiens.
Progressivement refoulés, ils se maintiennent pourtant jusqu'à l'époque historique. Les Capsiens, eux, adoptent les industries néolithiques et gardent leur forme de vie.
En Algérie, on assiste, d'une façon frappante, au voisinage immédiat de l'histoire et de la préhistoire. Hérodote et Saluste portent témoignage sur les formes maghrébines de la civilisation néolithique.
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gravures rupestres sahariennes du Tassili des Ajjer (3 000 ans av. J.-C.). Il faut souligner, que c'est au Sahara, que la civilisation néolithique devait connaître ses plus belles réussites. Qu'il s'agisse de peintures du Tassili-N'Ajjers, et du Tassili du Hoggar, qu'il s'agisse de pierres taillées et polies, comme on peut en voir dans la magnifique collection du musée du Bardo http://www.informatique-tunisie.com/museebardo/, on découvre des oeuvres achevées d'une étonnante perfection technique. Et les fresques si importantes sur le plan documentaire, témoignent du goût artistique des Sahariens de la Préhistoire. Certaines pierres sculptées et lissées, qui représentent des animaux, bovidés ou gazelles, ont une puissance d'évocation étonnante. |
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Chasseurs puis pasteurs et cultivateurs, les Berbères sorganisèrent en tribus et en confédérations, que les Grecs distinguaient sous les noms de libyques, numides et maures. le langage berbere s'appelle TAMAZIGHT n'a rien avoir avec
l'arabe, ni l'hebreu, ni le punique, les berbères descendraient selon une légende du peuple atlante ceux ci seraient arrivés en afrique du nord par les iles canaries. |
![]() séthi I° (-1312-1298) |
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extrait d'alphabet punique
extrait d'alphabet berbère du temps des numides.La date présumée par les scientifiques est VII s av J.C mais elle pourrait être bien plus ancienne, les scientifiques n' ont pu dater d'autres inscriptions. |
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un extrait de texte berbere touareg en" tifinagh "( qui signifie notre trouvaille), cet alphabet est encore utilisé de nos jours, il se lit de généralement gauche à droite mais aussi dans d'autre sens, vous aurez remarqué que les différences entre le "tifinagh" et l'ancien berbere sont minimes sur les docs |

Les Phéniciens fondèrent Carthage vers l'année 814 avant J.C.,

-734 les corinthiens fondent syracuse en Sicile
VII° av JC les nabatéens

Hérodote, au V siècle avant J.C., nous a laissé un apeçu sur le cadre de vie et sur les habitudes des Numides :
"A l'Est du fleuve Triton, vivent les Maxyès, peuple de laboureurs sédentaires possédant des maisons. Selon la tradition, une moitié de leur tête est rasée, l'autre moitié arbore une longue chevelure ; ils se teignent le corps au henné. Ils prétendent descendre des Troyens. La région où ils vivent, montagneuse, plus boisée que le territoire des Nomades, plat et sablonneux, comme d'ailleurs le reste de la Libye vers le Couchant, abonde en fauves et animaux sauvages de grande taille : lions, éléphants, ours, ânes cornés, bracochères, cinochéphales, serpents . . . "
Hérodote nous renseigne aussi sur l'organisation de l'agriculture et les hauts rendements agricoles de la région.
Il est difficile de déterminer avec exactitude l'origine des Numides, mais l'hypothèse de l'origine troyenne émise par les propos maxyès, est acceptable. Salluste affirme, par ailleurs, que les Massyles et les Massaéysyles auraient été amenés par Hercule, au cours de son périple vers l'Espagne.
Strabon confirme Salluste en ce qui concerne l'authenticité d'Hercule, ce fabuleux roi Assyrien, qui serait venu d'Asie avant Cyrus.
Malgré l'ignorance profonde où nous nous trouvons en ce qui concerne la Numidie jusqu'au IV siècle avant J.C., tout laisse supposer que son développement a suivi le même itinéraire que celui des peuples méditérranéens.
Hérodote rapporte que des
relations commerciales se dévelopèrent très tôt entre Phéniciens
et Numides, favorisant ainsi la pénétration de la langue et
de la culture puniques assez profondément dans le pays.
Les Numides apprirent des Phéniciens
les procédés agricoles et industriels de la fabrication de l'huile d'olive et
du vin, l'exploitation etle travail du cuivre. L'influence culturelle, par contre,
fut très limitée et s'exerça essentiellement par l'intermédiaire de Carthage;
elle ne se manifesta de manière sûre que dans le domaine de l'art, dont nous
retrouvons des exemples dans les grands médracens de l'Aurès et de Tipaza.

Colline de Byrsa, Ruines de Carthage
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D'après Polybe, historien grec, né en 200 avant J.C. et connaisseur de l'Afrique pour y avoir séjourné longtemps, le premier roi des Massyles fut Navarase, beau-frère de Hannibal (247-183 avant J.C.) grand général et homme d'Etat carthaginois. -348: premiere convention entre Rome et Carthage. -280: arrivee de Pyrrhus, roi d'Epire, en Italie (a l'appel des Tarentins). -278-276: Pyrrhus en Sicile. -272: mort de Pyrrhus. -269: Hieron, roi de Syracuse. -263: Hieron : Syracuse devient l'alliée de Rome. |

Au IIIe siècle avant J.C., la Numidie masséylienne était gouvernée par Syphax qui chercha à helléniser son pays, comme le faisaient à cette époque, les autres peuples de la Méditerranée. Il fut d'abord l'allié des Romains contre Carthage puis l'influence de son épouse Sophonisbe le fit changer de camp. Il fut battu et fait prisonnier par Scipion.
première guerre punique (264-241 avant J.C.)
-247: naissance d'Hannibal (carthaginois).
-241: paix de Lutatius (fin de la premiere guerre punique).
Carthage dut faire face à la guerre de mercenaires, et fut aidée par la cavalerie numide du prince Navarase.
Au cours des années qui suivirent cette guerre, la puissance carthaginoise s'affaiblit, ce qui permit au roi des Massyles, Gala ( grandpère de Massinissa), d'entreprendre la conquête des villes côtières, dont Hippo-Régius, qui devint sa capitale. Il fut reçu triomphalement par la population qui chassa les Carthaginois.
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Plus ancienne que Carthage,
HIPPONE (Hippo-Regius) garde des vestiges impressionnants
de cette période Hippo-Regius fut conquise par Gaia, père de Massinissa, qui en fit une des capitales de son royaume.
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Il n'existe aucune description de la ville d'Hippone parce qu'il
n'a jamais été fait de travail d'ensemble à propos des ruines de cette ville.
On a découvert des inscriptions, assez rares d'ailleurs, on a, mis à jour des
ruines fort intéressantes, il faut en convenir. Tout le terrain qui recouvre
le vieil Hippone, est devenu terrain de propriétés privées et de luxe. C'est
assez dire qu'il est très morcelé et qu'il est extrêmement difficile de faire
un travail sérieux, car on est arrêté de suite par les limites de la propriété
et les exigences du voisin. Le Romain, cela se sent et cela se paye. M. Bouyac,
dans son histoire d' " Hippone et de Bône ", M. Papier, dans ses " Lettres sur
Hippone " nous donnent des aperçus très suggestifs, mais ces aperçus sont basés
surtout sur des textes anciens : c'est presque de la divination. Depuis, M.
Chevillot a découvert dans un jardin lui appartenant et, absolument par hasard,
des mosaïques et même des monuments qui pourraient fixer les idées.
Les Phéniciens firent leur apparition dans le golfe de Bône vers le XIème siècle,
mais c'est probablement, avant cette époque qu'il faut placer la construction
du monument unique en Algérie, le fameux mur. Ce monument orienté Nord-sud,
à trois degrés vers l'Ouest près, dut, d'après les estimations de certains archéologues,
mesurer de 30 à 40 mètres de hauteur et aller en s'élargissant du sommet à la
base, sans cependant avoir la pente des pyramides égyptiennes. Le mur n'a qu'un
mètre d'épaisseur ; il est composé de pierres placées les unes sur les autres,
sans mortier ni ciment. Ces pierres ont 3 à 4 mètres de longueur sur 1 m. 50
de hauteur et 0,50 à 1 m. de largeur. Cette muraille mesure plusieurs dizaines
de mètres de longueur. En arrière du parement antérieur, on remarque des murailles
d'orientation perpendiculaire, placées comme le seraient de gigantesques cloisons.
On distingue sur l'assise qui est actuellement au sommet de nombreux seuils
très régulièrement taillés, chevauchant sur deux pierres équarries lorsque la
régularité du monument l'exigea. Un peu avant d'arriver à la colline Est d'Hippone,
la muraille est interrompue et semble tourner à angle droit vers l'Ouest. Sur
la colline elle-même, des constructions semblables s'élèvent à une dizaine de
mètres plus vers l'Est. BÔNE MILITAIRE du CAPITAINE MAITROT voir ici le
n°22: http://www.seybouse.info/seybouse/infos_diverses/mise_a_jour/maj59.html
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MASSINISSA, roi des Numides (v. 238- Cirta 143 av. J.-C.), fils de Gaia, roi des Massyles. |
-235: triomphe de T. Manlius Torquatus sur les Sardes.
-234: naissance de M. Porcius Caton.
-229: mort d'Hamilcar Barca.
-229: guerre d'Illyrie; triomphe du consul Cn. Fulvius (228).
-225-222: guerre contre les Gaulois.
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Vantant dans leur discours la gloire et la valeur du peuple romain, la grandeur de son empire, les ambassadeurs demanderent aux Gaulois de ne pas laisser l'armée d'Hannibal traverser leur territoire et leurs villes au cas ou elle se dirigerait vers l'Italie. A ce qu'on raconte, ils partirent d'un immense eclat de rire: penser que, pour eviter la guerre en Italie, les Gaulois la feraient venir chez eux et qu'ils exposeraient leur territoire aux dévastations pour défendre celui des autres! |
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"Quand le calme fut rétabli, on répondit aux ambassadeurs qu'aucun service rendu par les Romains, aucun outrage de la part des Carthaginois ne justifiait qu'ils se mobilisent pour les Romains contre les Carthaginois. Au contraire ils entendaient dire qu'en Italie on expulsait de leurs terres et de leur pays des peuples de leur race, qu'on exigeait d'eux un tribut et qu'on leur faisait subir toutes sortes de vexations. Ce fut a peu pres le meme scénario dans les autres assemblées Gauloises et il ne fut pratiquement jamais question d'amitié ou de paix avant l'arrivée a Marseille." Tite live
-223: victoire du consul C. Flaminius sur les Gaulois (prise de Milan)
-222: victoire des consuls M. Claudius Marcellus et Cn. Cornelius Scipion sur les Insubres (prise de Clastidium); fondation des colonies de Cremone et de Plaisance.
-221: mort d'Hasdrubal : Hannibal lui succede.
-219: guerre contre Demetrios de Pharos; triomphe des consuls M. Livius Salinator et Paul Emile.
deuxième guerre punique (218-202 avant J.C.)
Romains et Carthaginois se disputèrent avec acharnement l'alliance des royaumes numides.
-219/218: siège et prise de Sagonte (automne 219, pour Tite-Live: 218); 1'ambassade romaine a Carthage et déclaration de guerre,
P. Scipion débarque a Marseille (ete -218) et confie a Cn. Scipion la direction de la guerre d'Espagne;
Hannibal passe le Rhone, franchit les Alpes (aout septembre -218); bataille du Tessin (fin novembre), de la Trebie (decembre).
-217 (fin juin): bataille du lac Trasimene; designation de Fabius (dictateur)
et de Minucius (maitre de la cavalerie); P. Scipion rejoins son frere en Espagne
(automne).
-216: defaite de Cannes (aout) j defection de Capoue et de la plupart des villes
du sud de l'Italie; capitulation de Casilinum (printemps);
-216 defaite d'Hasdrubal en Espagne (automne)
-216 mort de Gelon, fils de Hieron;
hiver -216-215: les delices de Capoue.
Alliée à Hannibal, la cavalerie numide se distingua brillamment. Elle parvint à envahir l'Iberia, la Gaule, traversant les Pyrénéees ; puis les Alpes, contribuant à remporter en 216 avant J.C. la bataille de Cannae, la plus célébre victoire des troupes de Hannibal, demeurée, à ce jour, dans les annales militaires, comme un exemple de stratégie et de tactique.
La résistance et la robustesse des montures et des cavaliers numides y jouèrent un rôle considérable.
-215: mort de Hieron (printemps), avenement de Hieronyme, defection de Syracuse; mort du consul designe L. Postumius en Gaule; Philippe envoie des ambassadeurs a Hannibal; siege de Cumes; soumission de la Sardaigne; resistance de Nole (automne); reddition de Locres et de Crotone; succes des Scipions en Espagne.
-214: assassinat de Hieronyme (printemps); massacre de la famille royale; siege de Syracuse; operations en Sicile (Enna); M. Valerius Laevinus libere Oricum et Apollonie (fin de l'ete); succes en Espagne (Castulon, Munda).
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savant (Syracuse 287 av. J.-C.-id. 212). Bien que peu de détails de sa vie soient connus, il est considéré comme l'un des principaux scientifiques de l'Antiquité classique. Parmi ses domaines d'étude en physique, on peut citer l'hydrostatique, la mécanique statique et l'explication du principe du levier. Il est crédité de la conception de plusieurs outils innovants, comme la vis d'Archimède. Archimède est généralement considéré comme le plus grand mathématicien de l'Antiquité et l'un des plus grands de tous les temps. Il a utilisé la méthode d'exhaustion pour calculer l'aire sous un arc de parabole avec la somme d'une série infinie et a donné un encadrement de Pi d'une remarquable précision. Il a également introduit la spirale qui porte son nom, des formules pour les volumes des surfaces de révolution et un système ingénieux pour l'expression de très grands nombres. Pour Archimède, ce sera le mot Eurêka ! (en grec ancien heúrêka signifiant « J'ai trouvé ! ») prononcé en courant nu à travers les rues de la ville. Selon Vitruve, Archimède venait de trouver la solution à un problème posé par Hiéron II, tyran de Syracuse. En effet, Hiéron avait fourni à un orfèvre une certaine quantité d'or à façonner en une couronne. Afin d'être sûr que l'orfèvre ne l'avait pas dupé en substituant de l'argent (métal moins cher) à une partie de l'or, Hiéron demanda à Archimède de déterminer si cette couronne était effectivement constituée d'or uniquement, et sinon, d'identifier sa composition exacte. C'est dans sa baignoire, alors qu'il cherchait depuis longtemps, qu'Archimède trouva la solution et sortit de chez lui en prononçant la célèbre phrase. Il lui suffisait de mesurer le volume de la couronne par immersion dans l'eau puis la peser afin de comparer sa masse volumique à celle de l'or massif. L'anecdote est douteuse. Elle ne figure pas dans les écrits d'Archimède. En outre, la méthode utilisée (calcul de la masse volumique de la couronne) est assez triviale et n'a pas de rapport avec la poussée d'Archimède, dont la conception est beaucoup plus évoluée. |
-213: prise par les romains d'Arpi; siege de Syracuse (suite); prise de Tarente (?); les Scipions envoient une ambassade a Syphax, roi des Numides; alliance des Carthaginois avec Masinissa, fils de Gala.
-213 Rome prend Syracuse
Archimède dirigea la défense de Syracuse attaquée par Rome. Pendant trois ans, il tint en echec l'armée de Marcellus. Il fit consuire des machines pour lancer à de grandes distances des traits ou des pierres. Au moyen de miroirs ardents formés par des miroirs plans judicieusement associés il enflammait, dit-on, les vaisseaux des assiégeants. Cependant, les Romains étant entrés dans Syracuse par surprise, Marcellus ordonna qu'on épargnât le grand homme. Mais celui-ci fut tué par un soldat.
-212: execution des otages de Thurium et de Tarente; defection de Tarente a l'exclusion de la citadelle;
defection de Thurium; mort du proconsul Ti. Sempronius Gracchus dans une ambuscade; les Romains mettent le siege devant Capoue (automne); capitulation de Syracuse; mort de P. et de Cn. Scipion; reprise des operations en Espagne sous le commande ment de L. Marcius; fin de la campagne de Sicile (entree de l'hiver).
Scipion L'AFRICAIN part, en - 211, dans la péninsule Ibérique pour venger son père et ouvrir un second front contre Hasdrubal, dont le frère, Hannibal, ravage l'Italie. Il assiège et prend Carthagène, place forte économique, vitale pour le camp punique. Sa droiture le rend populaire auprès des indigènes, lassés de l'occupation carthaginoise. Il peut, alors, rallier facilement les Ibères à sa cause et soumettre l'ensemble de l'Espagne orientale.
La guerre en Iberia achevée et dans la perspective de la guerre en Afrique, Carthaginois et Romains recherchèrent l'alliance du roi numide.
Scipion L'AFRICAIN décida alors de traverser le détroit de Gibraltar pour négocer avec Lui. D'après Tite-Live, alors que Scipion entrait au port, Hasdrubal y arrivait aussi. Ainsi, ces deux ennemis se retrouvaient-ils sur le territoire du prince numide flatté de voir les deux plus grandes puissances du monde venir solliciter, en même temps, son amitié.
-210-208 ( ?): naissance de Polybe.
-205 Aidé par Massinissa, roi de Numidie détrôné par Syphax, allié des Carthaginois, Scipion ruse, feint de négocier, endort la méfiance de l'adversaire. Une nuit, il fond avec toute son armée sur le camp punique, et achève ce raid éclair par le massacre des Carthaginois à la bataille des grandes plaines. Les prévisions de Scipion se réalisent : Carthage, encerclée, rappelle Hannibal d'Italie. À regret, ce dernier quitte la péninsule qu'il occupe depuis quinze ans.,
-203: Hannibal quitte le sol de l'Italie.
Pour reconquérir le royaume de son père, réduit par Syphax roi des Masaesyles, Massinissa s'allie aux Romains et Scipion fait prisonnier Syphax (-203) qui sera ramené à Rome, dont il épouse la femme, Sophonisbe.
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Hannibal demande la paix à Scipion,
qui la refuse, et les deux grands chefs de guerre s'opposent à la
bataille de Zama (- 202). La deuxième guerre punique prendra fin
avec la bataille de Zama. Ce sont les troupes numides de Massinissa, rallié
à Scipion, qui contribuèrent à la défaite de Carthage,
contrainte aolrs de reconnaître Massinissa comme roi de Numidie.
Hannibal fut non seulement un meneur d'hommes, mais aussi un brasseur d'idées. Derrière le capitaine qui fit trembler Rome se cache l'homme politique né dans une Carthage soumise aux influences grecques. Hannibal se pose comme le continuateur d'Alexandre, comme l'homme du rassemblement des États méditerranéens. On peut dire que deux siècles avant César, avant Auguste, Hannibal a compris que le monde ne pouvait retrouver la prospérité que dans l'unité. |
-202: victoire de Scipion à Zama et fin de la deuxieme guerre punique.
Après Zama , les Carthaginois doivent reconnaître Masinissa comme roi de Numidie. Il favorise l'urbanisation du pays, et fait de Cirta sa capitale. Voulant dominer l'Afrique, il empiète sur le domaine de Carthage, qui lui déclare la guerre, mais est vaincue. Il restera toute sa vie un allié des Romains.
CIRTA Constantine
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stèle d'el Horfa :1e s. apr. J.-C. grès (120x63x23 cm), Hippone, musée d’Hippone Annaba. |
Appelée SARIM BATIM par les Carthaginois CIRTA, recèle, en plus des restes des civilisations néolithiquescomme la grotte de Bou-Zabaouine, d'importants vestiges de la civilisation punique, ainsi, la stèle d'EL HORFA, qui atteste le maintien des cultes puniques après la chute de Carthage. On peut supposer que les populations de l'intérieur parlaient la langue punique, car Saint Augustin, quelques siècles plus tard, conseillait à ses prêtres d'apprendre le punique, avnt de se rendre dans les villes de l'intérieur et dans la campagne. La civilisation carthaginoise, héllénisée pendant les derniers siècles de son existance, s'est répandue assez profondément dans le pays. Ses influences se retrouvent dans les traditions numides postérieures. Lors de son couronnement(-204), Massinissa avait 36 ans. Né en 238 avant J.C., il régna pendant 54 ans jusqu'à sa mort en 148 avant J.C. Pendant son long règne, il entreprit la construction d'un état unifié et monarchique. D'abord il s'attacha à sédentariser les populations et transforma les pasteurs nomades en agriculteurs. Il favorisa l'urbanisation de la Numidie, poussant les cultivateurs à former de gros bourgs, auxquels il donna une organisation semblable à celle des villes puniques |

-195: Hannibal s'exile definitivement. 183: mort d'Hannibal.
-179: mort de Philippe V de Macedoine, son fils Per see lui succede.
-167-150: Polybe est assigne a residence a Rome; frequente les Scipions
(surtout Scipion Emilien), prepare son Histoire centree sur les annees 220-167
(enquetes et voyages).
-149: mort de Caton.
Massinisssa qui regardait avec intérêt l'Orient Grec, avait accepté la forme de civilisation que six siècles, placés sous l'influence de Carthage, elle-m^me hellénisée au cours des deux derniers siècles, avaient apportée aux élites Numides. Il voulait éduquer son peuple selon les méthodes hellénistiques.
Dans son oeuvre d'unification, il empiéta sur le domaine de Carthage, qui lui déclara la guerre. Massinissa en sortit vainqueur.
-149 -146. troisième guerre punique
La puissance grandissante de Massinissa en Afrique inquiéta Rome, au point qu'en déclarant la guerre à Carthage en 149 avant J.C. (troisème guerre punique), elle visait aussi Massinissa.
-148: mort de Masinissa.
A sa mort, son royaume fut partagé entre ses trois fils: Micipsa père de Hiempsal
I et d'Adherbal, Manastebal père de Jugurtha et de Gauda, et Gulussa père de
Hiempsal II dont la descendance assurera la lignée des derniers rois numides.
En détruisant Carthage en 146 avant J.C. et en créant la première colonie romaine en Afrique, Rome mettait une limite à l'extension territoriale de la Numidie et au renforcement de son pouvoir économique et Politique.

thermes carthage
Après la mort de Manastebal et de Gulussa, Micipsa hérita du royaume et régna pendant 30 ans (148-118 avant J.C.)
La puissance de la Numidie unifiée inquiéta Rome, qui accentua la pénétration et obligea Micipsa à partager le royaume en indivis entre ses deux fils Hiempsal I et Adherbal et son neveu Jugurtha.
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Rome aurait-elle pu deviner que ce partage susciterait une guerre après la chute de l'invincible Carthage? La Numidie se soulèvera violemment et Rome
aura, en Jugurtha, un ennemi aussi redoutable que Hannibal. |
Six armées romaines disparurent dans cette lutte mémorable. Jugurtha, aussi prompt dans la décision que dansl'action; adoré des Numidespour sa beauté; son courage et les ressources de son esprit, tint longtempsen échec les forces romaines.
Jugurtha résista mais perdit Cirta pendant le siège de l'hiver 107-106 avant J.C.. Livré en 105 par son allié, il fut conduit à Rome, enchaîné. Il contempla la ville qu'il méprisa pour sa promptitude à se vendre. Il y resta prisonnier, jusqu'à sa mort.
-105 Après sa défaite, son royaume fut partagé :
Sous lautorité romaine, la Numidie devint avec lÉgypte le "grenier de Rome", fournissant blé et huile dolive.
Bocchus reçut une partie de la Numidie occidentale. La Numidie orientale fut partagée en deux royaumes : La Numidie occidentale et la Numidie orientale qui revint à Gauda (105-88 avant J.C.) puis à Hiempsal II (88-68 avant J.C.) respectivement frère et neveu de Jugurtha.
A sa mort, Bocchus plaça son fils Bogud sur le trône de la Mauritanie occidentale qui prit le nom de Bogudiana, et légua ses nouvelles provinces à son fils Bocchus II qui la dénomma Mauritanie de Bocchus.
Ce partage eut lieu en 91 avant J.C.. Bocchus III régna jusqu'en 33 avant J.C.
Il se déclara en faveur de Pompée. Néanmoins, César lui laissa ses états, puis il suivit Octavien, tandis que son frère Bogud soutenait Antoine et put ainsi régner sur toute la Numidie.
-51 Cleopatre reine d'Egypte
-30 L'Egypte devient province romaine après la mort de Cléopâtre
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Juba I succèda à Hiempsal son père, jusqu'en 46 avant J.C.. Il prit le parti de Pompée et anéantit l'armée de Soribornus Curio, qui débarqua en Afrique en 49 avant J.C.. Battu à Thapsus par César, il se donna la mort, comme le firent ses alliés, Scipion Scipion et Caton . .. |
Son fils, le futur roi Juba II, enfant encore, fut emmené captif à Rome où il fut éduqué. Il épousa Cléopâtre Selené, fille de Cléopâtre et d'Antoine.
Auguste lui restitua, pour un temps, la Numidie et en 25 av. J.C. il devint roi de la Maurétanie, dont la capitale fut Iol.
Le phare de l'îlot date de son règne; il a été comparé; toutes proportions gardées, à celui d'Alexandrie. Cette construction atteste que Juba II, à l'instarde ses aînés, appliquait les principes d'une véritable politique économique. Le phare était l'une des élémentsde l'aménagement du port, destiné à développer sur la côte le trafic maritime, en vue du commerce aussi bien que des explorations géographiques.
Ptolémée fils de Juba II; fut le dernier roi Numide. Il fut assassiné par Caligula, en l'année 42 de notre ère. A ce moment-là, la ville s'étendait sur 2,5 km de long et 1,5 km de large, et renfermait dans son enceinte un grand nombre d'oeuvres artistiques et littéraires.
Les Romains; après la mort de Ptolémée, fils de Juba II, annexèrent la Maurétanie. Ils la divisèrent en deux provinces impériales: la Maurétanie Tingitane et la Maurétanie Césarienne, laquelle correspondait aux "Telles" Oranais et algérois et à la partie occidentale du Constantinois.
Contemporain de Ptolomée, Tacfarinas dirigea larévolte des Numides contre l'impérialisme romain; sous le règne de Tibère. Dès l'année 17 de notre ère, il livra une guerre sans merci aux armées romaines. Cette lutte indépendantiste dura huits années. Le guerrier Mazipa, combatit à ses cötés. Malgré les demi-défaites de Tacfarinas; la guerre sanglante entre les Numides et Rome ne prit fin qu'en l'année 24, dans la bataille que lui livra le pré-consul Donabela en Auzia. (Aumale), où Tacfarinas trouva la mort au champ d'honneur comme le voulait la tradition numide.
Tacfarinas tint tête à César, à qu'il envoya des Ambassadeurs. César, refusa ses revendications; argumentant que même celles de Spartacus n'avaient pas été prises en considération.
La Numidie est un territoire miliatire, dont le commandement est installé à Lambèse ; elle de viendera procince indépendante de la Proconsulaire en 198. A partir de 126, des voies de pénétration l'aideront à progresser par les pistes du Sud, mais elle se rétrécit vers le nord : Hippo Régius (Hippone) est en Proconsullaire, Igilgili (Jijel) en Maurétanie Sétifienne.

vestiges romains à carthage
La côte de Numidie a deux ports : Rusicade (Skikda) et Chullu (Collo). Le reste de l'Algrie forme la Maurétanie Césarienne.
La Maurétanie était gouvernée à partir de Césarée (Cherchell). Sa frontière est plus méridionale, loin des monts du Hondna et des hautes plaines Oranaises; elle ne pénètre guère à plus de 100 km de la mer. Au-delà de cette band côtière, les populations numides continuent à suivre leur mode de vie, et à se battre contre l'occupation romaine.
Les cités romaines dans la Numidie et la Maurétanie s'érigèrent sur les villes romaines dans la numidie, dont certaines connurent un grand essor et jouirent d'une grande renommée dans ces contrées anciennes.
Hippone, Cuicul, Tiddis, Thevesli, Madouros, Tipaza, Siga, Ténès, et probablement les plus importantes villes romaines eurent comme assises les villes numides elles-même, fondées le long de la côte, sur l'emplacement des comptoirs phéniciens.
Les plus importantes ruines des villes romaines, se trouvent à l'est de la Maurétanie Césarienne, dans les Aurès, et au nord de la Numidie.
Si la sédentarisation s'est faite au temps des phéniciens et des Royaumes numides, c'est l'urbanisation qui constituera la base de l'empire romain. Le nombre et la splendeur monumentale des cités romaines que révèlent les imposantes ruines de Timgad, Lambèse, Djemila-Cuicul, Tiddis, Tipaza . . . témoignent du rôle joué par les Cités africaines.
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Petite ville numide, à 17 km de Cirta-Constantine, Tiddis
recèle d'importants vestiges de cette période. Les fouilles archéologiques
ont montré que Tiddis, tout au long de son histoire, a eu une vocation :
la poterie. On y a découvert un vaste quartier de potiers, dont
les ateliers sont équipés de fours, de douves et la plus belle collection
d'outils de toutes les époques, y compris l'époque punique. Les fouilles ont permis de découvrir des vases puniques et des lampes grecques du V siècle avant J.C. |
Dans les tombeaux situés aux abords de la ville - les BAZINAS, sépultures très évoluées - on a trouvé des vases d'un aspect inconnu. Il s'agit d'un décor peint, géométrique, avec des bandes d'oiseaux et des danseurs très stylisés. Bref, de la poterie Kabyle, telle qu'elle est fabriquée aujourd'hui encore par les femmes, sans tours, par des techniques immémoriales...
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Tiddis renferme aussi des vestiges anciens, des DOLMENS, sur le versant occidental du plateau ; et, surplombant de part et d'autre le ravin de Kheneg s'élève une cinquantaine de Bazinas au pied de la montagne à l'est.
Tiddis, cette cité post-augustine, est la grande méconnue des sites romains en Algérie. A une demi-heure de Constantine par une route sinueuse, sa découverte, à flanc de colline, est inattendue : un enchevêtrement de rues en lacets, de ruines recouvertes de terre rouge sur le tapis vert de la végétation. Le tracé capricieux de Tiddis est un chef-d'œuvre de virtuosité qui force le respect sur un relief de montagne ardu et difficile d'accès.

ruines de Tiddis
Au IVe siècle apr. J.-C., alors que les légions romaines appelées à défendre lEmpire en déclin, se retirèrent de Numidie, la région fut, pour un temps, déclarée indépendante, sous la pression du mouvement donatiste. La population berbère latinisée, tôt convertie à la foi chrétienne, sétait en effet massivement ralliée à cette secte chrétienne, persécutée par les autorités romaines, après que le christianisme fut devenu religion officielle de lEmpire (313), tandis que les tribus berbères des montagnes, non latinisées, continuaient à résister.
347. Les tribus berbères insurgées s’allient aux donatistes, une secte chrétienne opposée à Rome.
Saint Augustin, né à Tagaste (Souk-Ahras), 354-430, est le plus célèbre des Pères de l'Eglise Latine et le plus grand esprit des premiers siècles du Christianisme, en Occident.
Evêque d'Hippone, dès 396, il mourut dans la ville assiégée par les Vandales.
L'influence de Saint Augustin, est sans doute celle qui a marqué le plus la théologie de tous les temps, car son oeuvre a quelque chose d'universel. Toute sa pensée est centrée sur deux problèmes essentiels : Dieu et le destin de l'homme.
429 les Vandales envahissent l'Afrique du Nord.
Dans un contexte danarchie, les Vandales, peuple
germanique, envahirent lAfrique du Nord et y établirent un royaume en
429. Leur domination, limitée à la bande côtière, resta cependant fragile, et
des principautés berbères indépendantes purent se reconstituer durant cette
période
Après avoir débarque en Tingitane (Maroc),les vandales pénétrèrent à l'est.
On constate qu'au passage ils détruisirent les murailles de Caesarea (Cherchell)
la capitale de la Maurétanie ; celles de Tipaza furent rasées méthodiquement
à une hauteur uniforme.
En Numidie, ils parurent s'installer : ce fut le siège d'Hippone,
où mourut Saint Augustin. Puis ils repartirent et s'installèrent en Tunisie
ou ils resteront un siècle.
439 Geiséric( Vandales) s'empare de Carthage.
Pillée par les Vandales en 440 puis reconstruite par Justinien, Carthage céda, à la fin du VIIe siècle, la place à Kairouan. Depuis quelques années, un mouvement culturel aspire à la renaissance de Carthage.
V siècle: la révolte de la population montagnarde.
Ceux de l'Aurès prirent et détruisirent Timgad vers 477. Les Circoncellions
ne cesseront pas leur révolte et vers le milieu du siècle ils joignent leurs
efforts à ceux des Donatistes pour mener une lutte commune.
En 533, les Vandales furent chassés par les armées de lempereur byzantin, Justinien Ier, dont le rêve était de faire renaître la splendeur de lEmpire romain.
La conquête byzantine, pourtant, se limita seulement à lest du pays.
+636+646 Perte par l'empire byzantin de la Syrie et l'Egypte prises par les arabes
Les Byzantins arrivèrent
en Afrique du Nord vers le milieu du VI siècle, et, si leur occupation fut limitée
dans l'espace, lle dépassa largement le teritoire occupé par les Vandales.
Ils s'intallèrent là où ils trouvèrent les matériaux nécessaires à la fortification
des villes.
Les Byzantins se heurtèrent aux
mêmes cavaliers, aux mêmes tribus que, naguère, les Carthaginois et les Romains.
Cependant, ils restèrent un siècle, en Afrique du Nord. Ils fortifièrent les
villes pour les défenfre contre les paysans des plaines et surtout conte ceux
des massifs montagneux. Mais les luttes paysanes ne cessèrent jamais.
Le rêve de Justinien Ier seffondra lorsque, en 647, les Arabes, porteurs dune nouvelle religion, lislam, se lancèrent à la conquête de lAfrique du Nord. À lest, dans les Aurès, ils durent sopposer à la résistance de deux chefs berbères, Kusayla et la Kahina, une prophétesse. Mais, dès le début du VIIIe siècle, les Berbères se soumirent et se convertirent massivement à lislam. Des chefs de guerre, tel Musa ibn Nusayr, sillustrèrent même dans les troupes qui combattaient pour lexpansion de lislam. Dès le début du VIIIe siècle, lAlgérie, comme lensemble du Maghreb, était devenue une province placée sous lautorité des Omeyades. Les Arabes y constituaient une élite urbaine.
L'avénement de l'Islam au VIIe siécle est un des faits les plus considérables de l'histoire du Maghreb.
647, Les Arabes pénétrent pour la première fois dans le Maghreb, ils trouvent une province affaiblie par son isolement.
670. Fondation de Kairouan (Tunisie) par les Aghlabides.
En l'an 681, avec l'arrivée de Sidi-Okba, l'Algérie entre dans l'histoire de l'Islam, car cette religion nouvelle obtient de plus en plus l'adhésion de la population qui participera à la conquête et à l'islamisation d'une grande partie de la péninsule ibérique;
698. Les Arabes conquièrent Carthage.
IXème siècle de notre ère, Au III ème siècle de l'Hégire, l'Afrique du Nord, toute entière, était conquise par l'Islam. Ce fut une conquète spirituelle sans précédent.
Après 740, tandis que se multipliaient les querelles de succession pour le califat, les Berbères se dressèrent contre lautorité califale et, comme beaucoup de ceux qui, dans la communauté musulmane, luttaient contre la domination arabe, ils rallièrent les kharijites, dissidents fondamentalistes et démocrates de l'Islam. Une communauté kharijite subsiste dailleurs aujourdhui dans le Mzab (ibadites). Les Berbères kharijites fondèrent plusieurs petits royaumes.
La carte politique de l'Afrique du Nord qui va de la Tripolitaine à l'Océan Atlantique, présente au IXème siècle, la division que nous connaissons encore. Trois royaumes se juxtaposent : Tunisie, Algérie et Maroc.
777 Royaume des Rostémides ROYAUME DE TIHERT (tiaret)
Au Maghreb central, l'Algérie est gouvernée par la dynastie des Rostémides, qui règnent dans Tihert, près de l'actuel Tiaret. A leur simplicité d'ascètes, ces Imams joignent le goût de l'étude et une culture de savants. Dans Tihert, ils assemblent de riches bibliothèques et ils envoient en Orient des missions pour acheter des manuscrits.
La science passionne leur entourage : les femmes de leurs familles s'adonnent à l'examen du dogme, de l'exégèse coranique, des pratiques du culte et de la jurisprudence islamique. D'autres sciences captent leur intérêt, en particulier l'astronomie au sens large du terme.
5 2 789 Avènement du roi Idriss 1er, qui fonde un royaume indépendant au Maroc
788-974 Idrissides Maroc.Capitale:Fès
800-909 Aghlabides Ifriqiya,Algérie orientale,Sicile.
Le royaume des Rostémides, fut balayé en 911 par la dynastie arabe chiite des Fatimides, soutenue par les Kabyles, une confédération berbère de lEst. Dès le XIe siècle, larabe devint la langue majoritaire dans les plaines et les steppes. Seuls les Berbères des montagnes résistaient durablement.
Deux dynasties berbères devaient cependant régner sur toute la région entre le XIe et le XIIIe siècle : les Almoravides et les Almohades. Venues du Sud marocain, elles étendirent leur influence du Nord-Ouest africain au sud de lEspagne. Tlemcen, la capitale des Almohades, devint un centre artisanal réputé. On y construisit de belles mosquées et de nombreuses écoles coraniques. Les ports maritimes (Béjaïa, Annaba et Alger, en pleine expansion) développèrent un commerce actif, apportant en Europe les fameux chevaux barbes, de la cire, un cuir de qualité et des tissus.
1035 Les Almoravides
C'est en 1035 que les Almoravides, vont entrer dans l'Histoire. Guidés par le Saharien Yoûsof, fils de Tachfin, ils s'attribuent une mission religieuse. Yoûsof a laissé les plus beaux monuments de l'art musulman, en Algérie.
A la première étape de sa traversée, il remonte à agadir où il fonde Tagrart qui sera son lieu de résidence. Son modeste palais sera plutôt une dépendance de la Grande Mosquée.
Almoravides 1056-1147 Afrique du Nord et Andalousie
Tlemcen ne fut qu'une étape ; les Almoravides s'emparèrent de Nédroma, Ténès, mais ne dépassèrent pas Alger.
Les mosquées sont le plus beau legs des Almoravides. La date de la construction de la Mosquée de Nédroma est attesté par une inscription sur bois de cèdre qui couronnait le Minbar. Ces vestiges sont conservés au Musée des Antiquités du Parc de la Liberté à Alger.
C'est aussi l'inscriptin de la chaire qui nous permet de dater la Grande MOSQUEE D'Alger (1096).

Djamâa El Kebir (la grande mosquée), près de Djamâa El Djedid,
est la plus ancienne et la plus grande mosquée d’Alger.
L'architecture s'inspire de celle de la Grande Mosquée de Cordoue.
A Nédroma comme à Tlemcen et à Alger, l'art andalous exerce une grande influence. Pur la Grande Mosquée de Tlemcen, Yoûsof voulait un édifice simple et ainsi apparaît-il au visiteur qui pénètre dans la Mosquée par la face latérale. Le dépouillement architectural, où nous reconnaissons l'austérité du chef Saharien, fait contarste avec l'abondance décorative de la nef centrale, plus tardive, avzec ses plafonds aux poutres sculptées, le mirhab qui se creuse dans le mur du fond et la coupole qui précède cette niche. Une inscription sur la corniche nous indique qu'elle fut exécutée en 1136.
Le cadre du mirhab et la coupole dont les arceaux s'entrecroisent et soutiennent des panneaux de plâtre ajourés s'inspirent de la Grande Mosquée de Cordoue. S'y ajoutent des éléments de l'art hammadite telles les stalactites qui surmontent les arceaux entrecroisés.
1062. Fondation de Marrakech par les Almoravides.
1086. Victoire de Zallaka, en Espagne. L’Empire almoravide s’étend à l’Espagne musulmane, au Sénégal et au Niger.
de 1147 à 1269 la dynastie berbère des almohades régna sur l'Afrique du Nord et sur la moitié de l'Espagne.
1147. Prise de Marrakech par Ibn Tumart. Fondation de la dynastie des Almohades.
"La prospérité du royaume almoravide fut interrompue par l'apparition d'El-Mahdi, fondateur de la dynastie des Almohades . . .". C'est ainsi qu'Ibn El-Khaldoun introduit ce nouveau personnage qui modifiera le cours de l'histoire du pays. C'est une époque mouvementée, où l'on assite à la fin de la grande épopée almoravide.
A la fin du règne d'Ali Ben Yoûsof en 1192, les Masmoûda disposaient déjâ de forces redoutables. Se dirigeant vers l'est, les troupes Almohades commandées par Abd-El-Moûmin arrivèrent aux monts de Tlemcen. En Espagne comme au Maghreb, les Almoravides furent incapables de résister aux Almohades. Seuls échappèrent les "hommes voilés", qui tenaient les Baléares : les Béni Ghânya, qui joueront un rôle non négligeable dans l'histoire de l'Algérie.
Ibn Toûmert, dit El-Mahdi, fut le précurseur du mouvement almohade. Disciple du théologien Ghazali, ce réformateur veut appliquer en Occident les préceptes de son maître. Partout, il censure les abus et captive les auditeurs par son éloquence. Il porte contreverse sur le terrain de la théologie alors que les Almoravides faisaient de la jurisprudence, leur arme de combat.
Ses partisans; les "Al-Muwahhidûn" (les Unitariens), professaient le dogme de l'unité de Dieu dans toute sa pureté. L'Algérie va prendre place dans l'histoire frâce au rôle joué par Abd El-Moumin, né à Nedroma. Grand Chef guerier, il dirigea trois campagnes qui conduisirent à l'unification de l'Afrique du Nord.
De cette époque date le premier cadastre de l'Afrique du Nord : en 1159, Abd El-Moumin ordonna l'arpentage de l'Ifroquiya et du Maghreb. On mesura depuis la Cyrénaîque jusqu'à l'oued N'oun, de long en large. On retrancha de cette surface un tiers pour les montagnes, les rivières, les lacs salés, les routes et les déserts. Les deux tiers restants furent frappés du Kharadj ou impôt foncier. Ce fut là une grande innovation.
Vers 1188-1189, on assiste à des rébellions dans le Maghreb central et une guerre sainte contre les chrétiens. Le calife Abu Yusuf Yaqub al-Mansur fait alors interdire la philosophie, les études et les livres, comme dans le domaine des mœurs, il interdit la vente du vin et le métier de chanteur et de musicien.
A partir de 1195, Averroès, déjà suspect comme philosophe, est victime d’une campagne d’opinion qui vise à anéantir son prestige de cadi. Al-Mansûr sacrifie alors ses intellectuels à la pression des oulémas. Averroès est exilé en 1197 à Lucena, petite ville andalouse peuplée surtout de Juifs, en déclin depuis que les Almohades ont interdit toute religion autre que l’islam. Après un court exil d’un an et demi, il est rappelé au Maroc où il reçoit le pardon du sultan, mais n’est pas rétabli dans ses fonctions.
![]() Averroes Détail de L'École d'Athènes de Raphaël |
1198 Mort de Averroes à Marrakech (médecin et philosophe arabe né à Cordoue en 1126) Les sciences et la philosophie ne sont étudiées qu’après une bonne formation religieuse. Averroès élargit l’activité intellectuelle de son milieu familial en s’intéressant aux sciences profanes : physique, astronomie, médecine. À l’issue de sa formation, c’est un homme de religion féru de savoirs antiques et curieux de connaître la nature. Averroès cultiva la médecine, qu'il avait étudiée sous Avenzoar, et fut médecin de la cour almohade ; mais il s'attacha plutôt à la théorie qu'à la pratique. Son œuvre est reconnue en Europe occidentale, dont il est, d'après certains, comme le spécialiste Alain de Libera, pour ses commentaires sur Aristote, « un des pères spirituels ». Certains vont jusqu'à le décrire comme l'un des pères fondateurs de la pensée laïque en Europe de l'Ouest. Son ouverture d'esprit et sa modernité déplaisent aux autorités musulmanes de l'époque, qui l'exilent comme hérétique, et ordonnent que ses livres soient brûlés. Il est profondément méconnu de son vivant. Il commente abondamment et brillamment les œuvres d'Aristote : aussi les théologiens latins le nommaient-ils Le Commentateur. George Sarton, le père de l'histoire des sciences aux États-Unis, écrit : « Averroès doit sa grandeur à l'énorme remue-ménage qu'il a provoqué dans l'esprit des hommes pendant des siècles. L'histoire de l'averroïsme s'étale sur une période de quatre siècles jusqu'à la fin du XVIe siècle, cette période mérite peut-être plus que toute autre d'être appelée le Moyen Âge, car elle est la véritable transition entre les méthodes anciennes et modernes. » |
Les Almohades souverains du Maghreb jouissaient d'un grand prestige tant en Orient qu'en Occident. Cependant l'Empire Almohade, rongé par les luttes intestines pour le pouvoir et par la difficulté de gouverner un si vaste empire, commençait son déclin.
Ce fut d'abord l''Espagne, qui échappa au califat almohade, suivi par la Tunisie (1236) avec les Hafsides, Tlemcen (1239) avec les Abd-Alwadides, le Maroc (1269) avec les Merinides, qui prirent Marrakech. Ce fut la fin de la dynastie almoravide.
1236. Fondation de la dynastie des Hafsides, qui installent leur capitale à Tunis. Ils régneront pendant trois siècles.
1269. Le Maroc passe aux mains des Mérinides.
Lanéantissement des Almohades, en 1269, déclencha une rude bataille commerciale entre chrétiens et musulmans pour le contrôle des ports de la Méditerranée. La région fut partagée entre trois dynasties berbères : les Mérinides à Fès, les Abdelwadides à Tlemcen et les Hafsides à Tunis. Dès la fin du XVe siècle, après la reconquête chrétienne (la Reconquista) de la totalité de lAndalousie, lEspagne occupa plusieurs ports de la côte algérienne (Mers el-Kébir, Oran, Béjaïa). Les Abdelwadides acceptèrent le protectorat espagnol, mais les autorités religieuses des villes portuaires, soutenues par la population, engagèrent des corsaires, qui capturaient les navires marchands et retenaient léquipage et la cargaison en échange dune rançon.
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La huitième croisade est une campagne militaire lancée par le roi Louis IX (appelé plus tard « saint Louis ») en 1270 à la suite des menaces que le sultan mamelouk Baybars fait peser sur les États latins d’Orient. Louis IX espère convertir le sultan hafside de Tunis au christianisme et le dresser contre le sultan d'Égypte. Les croisés s'emparent facilement de Carthage mais l'armée est victime d'une épidémie dite de peste (en réalité de dysenterie). Louis IX en meurt le 25 août 1270 sous les remparts de Tunis. Son corps est étendu sur un lit de cendres en signe d'humilité et les bras en croix à l'image du Christ. Cette défaite marque la fin des croisades, qui doit survivre à une saignée sévère dans la lignée royale. Isabelle d'Aragon, épouse de Philippe III, meurt en Sicile sur le chemin du retour. Alphonse de Poitiers et son épouse Jeanne de Toulouse, meurent à 3 jours d'intervalle en Italie. |
1332. Naissance d’Ibn Khaldun à Tunis.
1415. Les Portugais s’emparent de Ceuta (Maroc).
chute de Constantinople en 1453 lors du 6° siège ottoman de la ville.
La chute de la capitale signifiait la fin de l'empire byzantin. L'armée byzantine, dernier descendant de la Légion romaine, n'existait plus.
c'est le début des temps modernes
1497. Les Espagnols occupent Melilla (Maroc).
1518, Alger et plusieurs autres ports furent assiégés par les Espagnols; les Turcs ottomans furent appelés à la rescousse.
![]() Barberousse |
Au début du XVIe siècle, Alger subit
l'attaque des Espagnols (1514) qui occuperont la ville
jusqu'à l'arrivée des frères Barberousse, en 1516. Les
Barberousse, deux frères corsaires, dorigine grecque ou sicilienne
selon les sources et convertis à lislam, obtinrent
du sultan Soliman le Magnifique dêtre envoyés en
Afrique du Nord avec une flotte. Ces derniers s'étant placés sous
la protection de Constantinople, Alger devint la capitale d'un Etat algérien,
plus ou moins vassal de l'Empire
Ottoman. Malgré la rivalité entre les Janissaires turcs et
les "raïs", Alger connut une grande prospérité lors de l'apogée
de la "course" au XVIIe siècle.
1520 L'Empire Ottoman. contrôle Alger 1534. Khayr Al-Din (Barberousse), un corsaire ottoman, s’empare de Bizerte, La Goulette et Tunis. La Tunisie est déclarée territoire turc. |
1535. Charles Quint chasse Khayr Al-Din de Tunis. La Tunisie passe sous domination espagnole.
Les Barberousses chassèrent les Espagnols de la plupart de leurs nouvelles possessions, résistèrent au siège de Charles Quint devant Alger (1541).
1541. Les Saadiens reprennent Agadir (Maroc) aux Portugais.
1549 Naissance de Ahmad al-Mansur, sultan du Maroc
1554 Les Abdelwadides furent déposés. Khayr al-Din, le plus jeune des Barberousse, fut nommé beylerbey, c'est-à-dire représentant du sultan en Algérie
Les Abdelwadides furent déposés en 1554, et Khayr al-Din, le plus jeune des Barberousse, fut nommé beylerbey, cest-à-dire représentant du sultan en Algérie. Proconsuls militaires dAfrique, ces "rois dAlger" exercèrent leur autorité non seulement sur la zone littorale, mais sur les pachas de Tunisie et de Tripolitaine. En raison de son éloignement de Constantinople, la régence dAlger fut gouvernée comme une province autonome.
Conséquence indirecte de la Reconquista espagnole, létablissement des Ottomans en Algérie déboucha sur la mise en place dune monarchie élective et des formes de gouvernement qui marquèrent profondément lAlgérie : au XVIIe siècle, Alger choisissait son dey qui recevait ensuite linvestiture de Constantinople. Lordre était en principe assuré par deux forces militaires rivales, lodjaq, la milice des janissaires, et la taïfa des raïs, la corporation des corsaires. Mais larrière-pays, le Sud, le Constantinois, la Kabylie, échappait au pouvoir de la régence dAlger, qui fut essentiellement une "colonie dexploitation". Le pouvoir ottoman eut recours à la formation de smalas (colonies militaires) et aux maghzens, des tribus privilégiées qui faisaient rentrer limpôt.
1574 Tunis est délivrée de l'emprise espagnole par le géneral turc Sinan pacha. La Tunisie est annexée à l’Empire ottoman. En 1574, les Turcs s'emparent pour la deuxième fois de Tunis, la ” libérant des infidèles “. Le pouvoir Ottoman crée ses propres palais, mosquées, mausolées et souks. Tunis y gagne en grandeur, en cachet, en prestige, comme en témoignent encore les monuments Turcs de la médina.
Empire Chérifien 1525-2---- Maroc
1578. Défaite des Portugais à la bataille de Ksar El-Kébir. Al-Mansur instaure la dynastie chérifienne au Maroc..
1603 Mort de Ahmad al-Mansur, sultan du Maroc
1664 Moulay Rachid fonda la dynastie alaouite, qui règne encore de nos jours sur le Maroc .
1705. Le bey Hussein Ben Ali fonde la dynastie hussénite et instaure une monarchie en Tunisie (1710) placée sous la suzeraineté des Ottomans.
1769. Maroc: Sidi Mohammed Ibn Abd Allah s’empare de Mazagan, tenue par les Portugais.
début de l'ère contemporaine : sacre de Napoléon
1827 Charles X se lance dans un blocus naval et dans une expédition militaire contre Alger
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1830 Les troupes françaises s'emparent d'Alger Dominée par la forteresse de la Casbah, la ville d'Alger couvrait toutes
les pentes de l'acropole et étendait, en bordure de la mer, ses riches
quartiers commerçants semés de palais et de mosuées. Au début du XIXe
siècle (4 juillet 1830) la ville fut prise par les Français.
Après 1830, des monuments anciens furent détruits pour faire place à des
constructions administratives et militaires. Ne subsistèrent que la belle
mosquée hanafite de la pêcherie (XIVe siècle) et la grande mosquée malakite
(XIe siècle). Vers la fin du XIXe siècle, Alger devint un grand marché
de vin, un important centre financier et un grand port. |
A partir de 1832, le titre de sultan fut donc accordé à Abd El-Kader: les chefs s'inclinèrent et lui présentèrent le burnous violet. Le nouveau sultan se mit à son tour à prêcher la guerre sainte. Après que l'affaire de la Macta eut consolidé sa puissance, il songea à se créer une force militaire permanente. Voyant l'armée française composée en grande partie d'infanterie, il se forma un corps de cavalerie qui put attaquer, poursuivre ou éviter un combat inégal. Ce premier corps ne comptait d'abord que 400 hommes. Pour entretenir des bataillons réguliers, il leva des taxes sur les marchandises et des impôts ; puis il fit bâtir des magasins de vivres, d'armes et de munitions. Les premiers coups de main contre les Français dans l'ouest de l'Algérie, l'opposèrent au général Louis Alexis Desmichels gouverneur de la province d'Oran, indépendant du général en chef.
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En mai 1833, les français remportèrent plusieurs victoires sur Abd El-Kader, et Desmichel s'empara de Mostaganem. L'émir, indigné de voir les Musulmans venir approvisionner les marchés français, fit enlever le chef d'Arzew qui venait de se soumettre, et le conduisit à Mascara où il fut condamné à mort. Au mois d'octobre de la même année ses troupes attaquèrent l'escorte de la commission d'Afrique, forte de 1 800 hommes, mais fut battu près de Aïn-el-Bidha.. le 24 février 1834 signature d'un traité entre les français et le sultan Abd El-Kader. Ils arrivèrent à un accord sur les trois dispositions suivantes du traité : 1. Soumission des Arabes à la France ; Les négociateurs d'Abd El-Kader (civils et militaires de la province), amendèrent avec habileté une partie des conditions posées par les Français à Abd El-Kader et le traité fut signé. 1836. Intervention française à La Goulette pour empêcher le débarquement des troupes ottomanes. 1837 Par le traité de la Tafna, la souveraineté d'Abd el-Kader est reconnue 1839 Abd el-Kader déclare la guerre sainte contre la France |
1839 La Grande-Bretagne occupe Aden, en Somalie
1839 : La Colonisation par la France
Début de l'ère des réformes dans l'Empire ottoman.
1839 L'empire Ottoman "cède" l'Algérie à la France
1840 Bugeaud devient gouverneur général de l'Algérie
1844 Bugeaud, le gouverneur général de l'Algérie, crée les Bureaux Arabes, dont le rôle est de protéger les arabes contre les exactions commises par les colons.
1844. Maroc Défaite du sultan Abd Er-Rahman à la bataille de l’Isly, remportée par le général Bugeaud.
1845 Abd el-Kader fait reculer les troupes françaises lors de la bataille de Sidi-Brahim . Poète et savant il reste sur tout le symbole et héros de la résistance algérienne à la colonisation.
1847 Défaite de Abd el-Kader (Algérie)
1848 La France déclare que l'Algérie est un territoire français
1849 Le Nord Yémen passe sous l'autorité ottomane .
1857. Mohammed Bey promulgue, sur le modèle ottoman, un « pacte fondamental » qui établit l’égalité de tous les Tunisiens devant la loi, quelle que soit leur religion.
1858 La France crée un Ministère de l'Algérie.
1860. Les Espagnols conquièrent Tétouan et imposent de lourdes indemnités de guerre aux Marocains.
1861. Proclamation de la Constitution Tunisienne
1864. Un décret ouvre le Maroc au commerce étranger. Début de la pénétration économique européenne (Grande-Bretagne, France, Espagne, puis Allemagne à partir de 1890).
1869. Un décret du bey, en juillet, fait passer la Tunisie sous le contrôle d’une commission financière internationale présidée par la France. Début de sa mise sous tutelle.
1870 Le décret Crémieux accorde la citoyenneté française aux 32 000 juifs d'Algérie
1871 Insurrection en Kabylie
1873. Fondation du collège Sadiki, qui deviendra le vivier du nationalisme tunisien, par Kheireddine Pacha.
1878. Lors du congrès de Berlin, en juillet, l’Angleterre et l’Allemagne donnent carte blanche à la France en Tunisie.

Le Tramway d'Alger est lancé en 1880
http://encyclopedie-afn.org/index.php/TRAMWAY_Alger_electrique
1881. Signature du traité du Bardo, le 12 mai, qui institue le protectorat français sur la Tunisie. Insurrection populaire.
1883. En juin, le traité du Bardo est complété par la convention de La Marsa, qui renforce les pouvoirs de la France en Tunisie, représentée par le résident général Paul Cambon.
1906. La conférence d’Algésiras (6-7 avril) place le Maroc sous la tutelle des puissances européennes et confère à Tanger le statut de « ville internationale ».
1906. Naissance du mouvement nationaliste Jeunes-Tunisiens sous l’impulsion de Béchir Sfar.
1907. L’assassinat à Marrakech du Dr Mauchamps entraîne l’occupation
d’Oujda par la France. Emeutes contre les étrangers et pogroms antijuifs à Casablanca.
Début de la « pacification » rampante du Maroc par les forces françaises.
1911. Début d’une série d’émeutes en novembre, à Tunis et dans les grande villes. Le mouvement Jeunes-Tunisiens est interdit et l’état d’urgence décrété.
1912. Le traité de Fès (30 mars) établit un protectorat français
sur le Maroc
l’Espagne conservera une zone d’influence au Nord (Rif) et au Sud (Tarfaya),
en vertu des accords franco-espagnols du 27 novembre.
De violentes émeutes éclatent à Fès et dans les grandes villes du pays.
Le sultan Moulay Hafid est contraint d’abdiquer au profit de son frère Moulay
Youssef. La « pacification » du Maroc s’intensifie. Lyautey est nommé résident
général du Maroc.
1921. Création, le 3 juin, du Parti libéral constitutionnel tunisien, ou Parti du Destour (« Constitution »), qui réclame le rétablissement de la Constitution.
1921-1926. Maroc: Guerre du Rif. Après sa victoire sur les Espagnols à Anoual, le 21 juillet 1921, l’émir Abd El-Krim proclame la République confédérée des tribus du Rif. Défait en mai 1926 par les troupes franco-espagnoles dirigées par Pétain, il se rend puis est déporté sur l’île de la Réunion.
1927. Mort du sultan Moulay Youssef en novembre. Les Français imposent à la tête du Maroc son troisième fils, Sidi Mohammed (futur Mohammed V).
1930. Signature du dahir (« loi ») sur la juridiction berbère, le 16 mai, qui divise les deux composantes ethniques de la nation marocaine, Arabes et Berbères. Des manifestations nationalistes éclatent à Fès et dans toutes les grandes villes.
1934. Tunisie: Habib Bourguiba rompt avec la direction du Destour et fonde, le 2 mars, le Néo-Destour.
1934. Mort de Lyautey le 27 juillet. Fondation du Comité d’action marocaine (CAM) en novembre par de jeunes intellectuels, dont Allal El-Fassi, Mohammed El-Ouazzani et Ahmed Balafrej.
1936. Le général Noguès est nommé résident général du Maroc en octobre.
1937. Maroc: Scission du CAM. Après une période de troubles dans tout
le pays, les autorités françaises décident de déporter El-Fassi au Gabon et
El-Ouazzani au Sahara.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, Alger joua un rôle important dans le débarquement des troupes alliées et devint le centre des décisions politiques et militaires en Afrique du Nord.
1939. Sidi Mohammed appelle les Marocains à soutenir la France en guerre.
1940. Le général Noguès se rallie à Pétain.
1942. Débarquement allié en Afrique du Nord en novembre.
1942. Moncef Bey succède à Ahmed Bey en juin. Il est destitué un an plus tard par les autorités françaises et meurt en 1949 à Pau.
1943-1944. L’Allemagne occupe la Tunisie.
1943. 14-24 janvier : conférence des Alliés à Casablanca (Maroc), avec la participation du président Franklin Roosevelt (Etats-Unis) et de Winston Churchill (Royaume- Uni), qui promettent à Sidi Mohammed d’oeuvrer à l’indépendance du Maroc. Création du parti de l’Istiqlal (« Indépendance »).
1943 Ferhat Abbas publie le "Manifeste du peuple algérien"
1944. Le 11 janvier, l’Istiqlal publie son manifeste pour l’indépendance du Maroc..
22 mars 1945 Création de la Ligue arabe
L'Arabie saoudite, l'Égypte, l'Iraq,
la Libye, la Syrie et la Transjordanie
signent la version finale de la Constitution de la Ligue arabe. La création
de cette organisation fait suite à une conférence tenue à Alexandrie, en Égypte,
en septembre et octobre 1944.
Le Yémen se joindra rapidement à la Ligue arabe. Pour leur part, les arabes
de Palestine, présents à la rencontre, ne peuvent signer
la Constitution puisqu'ils ne représentent pas un pays. Ils se voient néanmoins
accorder le statut de membre à part entière, avec un droit de vote. Sans renoncer
à leur souveraineté, les États qui forment la Ligue arabe s'entendent pour renforcer
les liens entre eux, tant d'un point de vue politique qu'économique. Un appui
est également apporté à la cause des arabes de Palestine. À un autre niveau,
l'usage de la force est interdit pour régler un différend entre les membres,
auxquels se joindront au fil des ans la Libye, le Maroc, le Soudan, la Tunisie
et plusieurs autres pays. Le Conseil, formé de représentants des différents
membres, se réunira deux fois l'an alors que le secrétariat de la Ligue arabe
sera établi au Caire, en Égypte.
source : université
de Sherbrooke
8 mai 1945 : Massacre de Sétif
Les émeutes de Sétif et Guelma sont durement réprimandées : 8 000 morts à Sétif
Le jour de la victoire des alliés et de la fin de la seconde
guerre mondiale, une sanglante explosion de violence est durement réprimée
à Sétif (Algérie).
1945. Bourguiba quitte la Tunisie pour l'Egypte, d’où il mène la lutte anticoloniale. Il sera de retour en septembre 1949.
1946. Erik Labonne devient le nouveau résident général au Maroc. Retour d’exil d’El-Fassi.
1946. Création, le 20 janvier, de l’Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT), qui soutient le Néo-Destour. l'UGTT soutiendra également plus tard Ben Ali puis le lachera finalement favorisant sa chute
1946 Algérie : Messali Hadj fonde le Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques (MTLD)
1946 Algérie : Ferhat Abbas fonde l'Union Démocratique du Manifeste Algérien (UDMA)
1947. Massacre à Casablanca
De violentes émeutes embrasent Casablanca en avril. La répression fait plusieurs
centaines de morts.
Sidi Mohammed prononce un discours à Tanger, dans lequel il réclame l’indépendance
du Maroc. Labonne est limogé et remplacé en mai par le général Juin.
1951. Algérie: Rupture entre Sidi Mohammed et le général Juin, soutenu par les colons conservateurs et les membres du parti extrémiste Présence française. Le général Guillaume devient le nouveau résident général.
24 décembre 1951 Proclamation de l'indépendance de la Libye
La Libye, une ancienne colonie italienne occupée depuis la Deuxième Guerre
mondiale par la France et le Royaume-Uni, proclame officiellement son indépendance
le 24 décembre 1951.
Lorsque la guerre de 1939-1945 se termine, la Libye est un territoire pauvre
et peu peuplé - 1 million d'habitants - du Nord de l'Afrique dont les trois
provinces sont occupées par le Royaume-Uni (Tripolitaine, Cyrénaïque) et la
France (Fezzan). Une résolution de l'Organisation des Nations unies (ONU) prévoyant
une tutelle britannique, française et italienne est rejetée en mai 1949. Elle
est suivie par une proclamation d'indépendance de la Cyrénaïque qui pousse l'ONU
à se prononcer, le 21 novembre 1949, en faveur d'un État indépendant, incluant
les trois provinces, pour le 1er janvier 1952. La résolution est adoptée par
48 voix contre une, celle de l'Éthiopie, et neuf abstentions.
Le 24 décembre 1951, la Libye, une monarchie fédérale dont le souverain est
Idriss 1er, devient le premier pays africain à accéder à l'indépendance depuis
la fin de la guerre. Des élections législatives font de Mohammed Muntasser
le chef du gouvernement. La Libye connaîtra un essor quelques années plus tard
avec la découverte d'importantes ressources pétrolières.
source : université
de Sherbrooke
1952. Tunisie: Les principaux dirigeants communistes et néo-destouriens sont arrêtés le 18 janvier. Début de la lutte armée contre le protectorat.
1953. Le sultan du Maroc est déposé en août par les Français, condamné à l’exil à Madagascar et remplacé par son cousin Ben Arafa. Sous l’impulsion des nationalistes, les grandes villes du pays se soulèvent. En décembre, l’Assemblée générale des Nations unies adopte une résolution sur le droit à l’autodétermination du Maroc.
1954. Maroc: Francis Lacoste remplace le général Guillaume.
1954. Dans un discours prononcé à Carthage le 31 juillet, Pierre Mendès France annonce l’octroi de l’autonomie interne à la Tunisie et la formation d’un gouvernement intérimaire.
Pendant la guerre de libération contre l'occupant français (1954-1962), Alger fut un important foyer de la lutte armée. La Bataille d'Alger constitue un moment historique de grande signification.
1954 Guerre d'Algérie
01 novembre. début de la rébellion armée
1er Novembre 0 heure declenchement de la guerre d'Algerie. Le C.R.U.A. (Comité
révolutionnaire de l'unité algérienne) déclenche la rébellion armée.
-Série d'attentats ( attaques de casernes et postes militaires, incendies attaques
de fermes, jets d'engins explosifs, ...) à travers différentes régions du territoire
-Mort de Ramdane Benabdelmalek Adjoint de Ben M'hidi en Zone V, Benabdelmalek,
ancien membre de l'Organisation Spéciale (O.S) était l'un des
22 à la reunion du clos salembier (juillet 1954).
Il fut tué dans la nuit du 1er Novembre, non loin de cassaigne, a Bosquet,
qui prendra son nom apres l'indépendance, devenant ainsi le premier martyr
militaire de la revolution. Il était originaire de Constantine et, pour
échapper aux recherches de la police, avait émigré en Oranie
à l'instar de son chef Ben M'hidi et de Souidani Boudjemaa, originaires
l'un de Biskra, l'autre de Guelma.
2 Novembre
-Stupeur et consternation dans les milieux europeens.
-Arrestation de nombreux militants et dirigeant MTLD.
3 Novembre -Roger Leonard declare:<<le mot d'ordre est venu de l'etranger>>.
5 Novembre
Le gouvernement français envoie des renforts en Algérie.
-Suspention de <<l'Algérie libre>>, organe du MTLD.
-Arrestation de membres du CRUA en Oranie.
-Accrochage dans la région de Souk-Ahras.
-Francois Mitterrand declare : << contre les séparatistes, ca
ne peut etre que la guerre >>.
-Dissolution du MTLD pour :<< atteinte à l'intégrité
du territoire national et à la République >>.

7 Novembre -Perquisition aux siege d'organisations politiques et parapolitiques algerienne a Paris et en province.
Arrestations, tortures, éxécutions de rebelles, opérations militaires contre les rebelles
8 Novembre
-Arrestation de Ahmed Zabana grievement blessé, Responsable
de groupe dans l'Organisation Speciale(O,S) il fut Arreté en 1950 et
libéré en mai 1953. Se convertissant au metier de soudeur, a Sidi-Bel-Abbes,
il acquit des connaissances en matiere de fabrication de bombes artisanales.
Sous les ordres de Ben M'hidi, il organise un groupe d'action et, le 1er Novembre,
attaque la maison forestiere de St Lucien dont il abattit le gardien. Lors d'un
accrochage dans la région de St Denis du Sig, il fut blessé et
fait prisonnier.
Jugé par le Tribunal militaire d'Alger, le 3 mai 1956, et condamné
a mort, il fut guillotiné a Barberousse le 19 juin 1956. Zabana
laissa un extraordinaire souvenir de courage et de détermination a ses
camarades de détention qui furent frappés par sa capacite d'endurance
aux sévices. << En effet, témoigne un ancien détenu,
blessé aux jambes, il devait ramper pour aller chercher sa gamelle sous
les yeux de ses compagnons auxquels les geoliers imposaient cette scene pour
briser leur moral. Zabana en profitait pour les galvaniser et les exhorter a
ne pas flancher >>.
-Arrestation de Moulay Merbah a Alger.
12 Novembre -Accrochage en Kabylie.
15 Novembre -Premiere intervention de l'aviation dans l'Aurès.
20 Novembre -Mort de Badji Mokhtar, Militant MTLD des 1939, il fut elu au conseil municipal de Souk-Ahras en 1947, tout en etant responsable de la section de l'O.S. Arrete en 1950 dans l'affaire Khiari qui devoila l'organisation Spéciale, il fut condamné a 3 ans de prison. Apres sa libération en 1954, il se joignit au groupe des partisans de l'action et participe a la réunion des 22. Didouche Mourad lui confia la zone frontiere entre Souk-Ahras et la mer, qu'il dirigea jusqu'au 19 Novembre 1954 ou il fut tué dans un engagement avec les forces francaises dans la région de Medjez-Sfa, a la ferme Dali.
21 Novembre -Déclaration de F. Mitterrand au << Parisien Libere >> : << Le mouvement lancé par les émeutiers n'a pas atteint son but. Il a été déclenché trop tot, car cette opération devait etre lancée en janvier prochain. Nous le savions et avions pris toutes nos précautions >>.
23 Novembre -Le gouvernement francais accorde une aide de 34 milliards au Maroc et a la Tunisie
24 Novembre -M. Temple, ministre francais de la guerre, déclare : << les cadres de l'Indochine seront affectés a l'encadrement des Goums en Algerie.>>
26 Novembre -Voyage de F. Mitterrand en Algérie : << jusqu'au 26 novembre, il y eu 528 terroristes arretés, 60 % viennent du MTLD >>.
29 Novembre
-Mort de Grine Belgacem, jeune révolutionnaire ayant rompu avec
l'administration coloniale des 1950, a l'instar de beaucoup d'Algériens,
il gagna le maquis. On aime lui coller l'indicatif de
<<bandit d'honneur>> sans avoir jamais étudié la vie
de cet homme qui pourtant n'avait terrorisé que les gardiens du systeme.
Grine s'était mis sous les ordres de l'ALN des le 1er Novembre et sa
mort dans un accrochage fut un grand soulagement pour les autorités francaises
qui voyait en lui un des principaux chefs de l'insurrection, tant il les avait
effrayées.
-Evacuation du douar Ichmoul dans la région d'Arris, apres de violents
combats.
1 au 15 Decembre -Huit opérations d'encerclements, ratissages et controles de la population en Kabylie.
7 Decembre -F. Mitterrand déclare a l'assemblée de l'union Francaise : << Le MTLD est l'ennemi a abattre. Le gouvernement appliquera la loi sans pitié ; il n'y a pas de nuance a observer >>.
8 Decembre R. Leonard déclare a Paris-Presse : << Le Gouverneur général estime a 400 le nombre des hommes résolus qui sévissent dans l'Aures et croit que l'anéantissement de la bande de Grine Belgacem va tres sérieusement réduire les vocations.>>
10 Decembre -Le premier ministre libyen demande au gouvernement francais de retirer ses troupes du Fezzan.
20 Decembre -Opération de grande envergure dans la région de l'Ouenza avec 12 000 soldats.
22 Decembre
-Pour mettre fin aux activités clandestines du parti dissous, perquisition
aux domiciles d'anciens membres du MTLD en France et en Algérie ( 208
perquisitions, 142 arrestations ).
-Huit membres du MTLD sont arretés, tous adjoints au maire d'Alger,
il s'agit de Abdelhamid Ali, Mustapha Bouchakour, Mohamed Meftoul, Messaoud
Zitouni, Zerargui Tahar, Abdelkader Amrani, Abdelkader Doumene et Benzirag.
Les autorités francaises etaient convaincues que le MTLD etait seul capable
de déclencher un mouvement insurrectionnel. Ce qui d'ailleurs n'était
pas une erreur, dans la mesure ou presque la totalité des responsables
du déclenchement venaient de ce parti. Mais elles étaient loin
de suivre l'évolution rapide du MTLD apres les Congres de Niort et d'Alger
ou l'éclatement avait engendré la nécessité de passer
a l'action pour débloquer la situation et éviter un passage a
vide qui aurait pu durer indéfiniment.
23 Decembre
-Mise en état de siege de la région de Souk-Ahras.
-Opération Violette avec 4 000 soldats dans le Sud de l'Aures.
26 Decembre -Opération dans le djebel Ichmoul.
30 Decembre
-Opération Aloès en Grande Kabylie.
-Dépot de dossiers de torture auprès du procureur Général
à Alger, avec plaintes dument motivées.
1955
18 Janvier Mort de Didouche Mourad chef de la zone 2 (wilayaII) dans
un engagement a Boukarkar, pres de Smendou. Membre du Comité des 22,
un des principaux fondateurs du FLN, il fut le premier chef de la zone 2 a disparaitre
au cours d'un engagement avec les unites parachutistes du colonel Ducourneau,
a Oued-Boukarkour pres de Smendou.
Ses nombreuses missions a Constantine pour le compte du parti, lui permirent
d'avoir une bonne connaissance de la région. c'est pourquoi, lors de
la réunion du comite des Six a la veille du déclenchement, il
céda l'Algerois qu'il devait diriger et dont il était originaire,
a Bitat, contre le Nord Constantinois.
L'armée française est désormais résolument en guerre contre les algériens
18 Janvier au 24 Fevrier Opération Véronique dans le
Djebel Ahmar Kheddou (Aures) avec 5 000 soldats ( bombardements de villages,
incendies,massacres de civils), opération visant a l'isolement des
combattants de l'ALN par rapport a la population qui, privée de ravitaillement
par bouclages, controles et rationnements, n'apporterait plus de soutien logistique
a ces combattants. L'effet de cette opération sera insignifiant, tant
les autorités militaires et civiles de la région ignoraient presque
totalement les structures sociales des habitants de l'Aures et surtout les rapports
établis entre ces derniers et les hommes de l'insurrection qui, depuis
bien avant le 1er Novembre 1954, vivaient deja en maquisards.
Sur le plan militaire et selon la presse colonialiste, neuf combattants seulement
furent tués du cote algérien. Ce résultat montre bien l'inefficacité
des moyens mis en oeuvre face a l'ALN.
20 Janvier Jacques Chevallier, nommé ministre de la défense apres le remaniement opéré par Mendes-France.
23 Janvier Opération Violette dans l'Aures, prolongement de l'opération Véronique, avec 3 300 soldats, dirigée par le colonel Millet, l'opération n'eut selon la presse, que quatre tués parmi les combattants algériens. C'est dire que l'offenssive déclenchée par le Haut-Commandement de l'armée francaise contre l'Aures fut un échec total, et que la pratique de guérilla de l'ALN était efficace. La guerre des ombres allait désormais se reveler couteuse pour le gouvernement francais qui n'arretera pas de réclamer toujours plus de d'argent et de contingents pour la pacification.
25 Janvier
-Jacques Soustelle,nomme Gouverneur general a la place de Roger Leonard.
-Articles de presse relatifs a la torture.
Effectifs francais porte a 80 000 soldats contre 49 700 en Novembre 1954.
6 Fevrier Chute du gouvernement Mendes-France, Considere par les ultras d'Algerie, comme le liquidateur de l'Indochine, de la Tunisie et du Maroc, pour lesquels les negotiations en cours prevoyaient l'independance.
10 Fevrier 1955 : Création du FLN
-Discussion entre Ben Bella, Khider, Ait Ahmed, Boudiaf et Mezghana (Messaliste) au Caire qui aboutissent a une declaration commune annoncant la création du FLN.
-Adhesion de Abane Ramdane au FLN, c'est sans nul doute l'un des personnage les plus importants de la revolution algerienne. des sa liberation, il prit contact avec Ouamrane et rejoignit le FLN. Krim Belkacem le designa comme conseiller politique de la zone 4 (W. IV). C'est alors que Abane Ramdane commenca a s'imposer comme theoricien de la revolution. Rompant avec Messali et ses fideles partisans, il oeuvra au ralliement des autres partis et formations algeriennnes, au FLN. Mais c'est surtout au Congres de la Soummam qu'il montrera une grande habilete politique et une grande capacite d'organisateur.
11 Fevrier Ben Boulaid, chef de la zone 1 (wilaya I) fait prisonnier a la frontiere algero-libyenne, il devait prendre contact avec Ben Bella en Libye pour fixer un plan d'acheminement des armes, lorsqu'il fut reconnu sur renseignements par les autorites francaises en Tunisie. Apres un bref engagement ou il tua un soldat et en blessa un autre, Ben Boulaid fut Arrete. Incarcere d'abord en Tunisie, il fut transfere a la prison civile de Constantine.
12 Fevrier -Jaques Soustelle, Gouverneur general arrive a Alger.
22 Fevrier -Cinquante tirailleurs desertent et rejoignent l'ALN avec armes et bagages.
23 Fevrier -Second ministere Edgar Faure.
26 Fevrier
-Deux fidaine sont arretes apres un engagement avec un groupe de gendarmes pres
du Douar Maatka (commune de Tizi-Ouzou). un troisieme fut tue. L'un des deux
prisonniers derouta la police et la gendarmerie dans les interrogatoires et
s'averera un personnage d'une grande importance, apres l'arrestation le 23 mars
1955 de Rabah Bitat. Il s'agit de Aziz el-Riffi.
En effet, ce ne fut qu'apres l'arrestation de Bitat, que la presse communiqua
:<<L'agent de liaison entre Krim, Bitat et Ouamrane ne tardera pas a etre
arrete>>. En fait, il etait entre les mains de la police. Il s'agissait
de Benhamadi (ou Fettah ou Zaoui). Quelque document trouve sur Bitat fut a l'origine
de l'identification du captif Benhamadi se revela etre Hamadi Aziz el-Riffi,
originaire du Rif marocain. Il fut un des lieutenants de l'Emir Abdelkrim el
Khattabi, dans le Comite de liberation du Maghreb et, apres avoir suivi un stage
de formation militaire a Baghdad, revint au Caire avec le grade de sous-lieutenant.
Contacte en juin 1954 par Ben Bella, il fut remis a la disposition de la revolution
algerienne par Abdelkrim el Khettabi et envoye en Algerie des le debut de la
guerre pour servir de conseiller militaire a l'ALN.
Arrive a Alger le 12 novembre, il ne put prendre contact avec l'organisation
que le 9 Decembre ou il fut conduit chez Krim Belkacem avant d'etre fait prisonnier
le 26 Fevrier.
Hamadi el-Riffi fut condamne a mort le 29 janvier 1957 et execute.
3 Mars La consultation electorale prevue pour mi-mars est ajournee pour le Sud et le Sud-Est constantinois.
8 Mars -Soixante-quinze tirailleurs tuent huit soldats, emportent armes et bagages et rejoignent l'ALN.
15 Mars
-Mr. Bourges-Maunoury, ministre de l'Interieur, annonce au conseil des ministre
que d'importentes mesures militaires allaient etre proposees au Conseil superieur
de la Defense nationale, il ne s'agit pas de proclamer l'etat de siege, mais
un etat d'exception ou d'urgence.
-Soustelle, Gouverneur general, est attendu a Paris, pour en discuter avec le
ministre de l'Interieur.
Etat d'urgence
22 Mars -L'etat d'urgence en Algerie, approuve par le Conseil des ministres,
est depose le meme jour a l'Assemblee nationale francaise, le gouvernement delimitera
par decret les territoires ou l'etat d'urgence sera applique. Les nouvelles
mesures et dispositions permetront de soumettre dans certains cas les crimes
et delits a la juridiction
militaire.
23 Mars -Arrestation de Rabah Bitat, c'est le troisieme du groupe des Six et des Neuf historiques, apres Didouche et Ben Boulaid, qui disparait du theatre des operations depuis le debut de l'Insurrection, ceci sur denonciation de l'adjudant Slimane dit Djoudene. Celui-ci etait depuis longtemps un indicateur a la solde de l'administration francaise, infiltre dans le camp activiste du MTLD avant le declenchement du 1er Novembre. Il etait responsable du parti a Bouira et, beneficiant de la confiance des dirigeants du FLN, avait une certaine responsabilite au plus haut niveau de la zone 4. C'est ainsi qu'il atttira Bitat dans un guet-apens sous pretexte de lui remettre un message de la delegation exterieure.
28 Mars -Rencontre de personnalites politiques algeriennes avec Soustelle, dans l'espoir de briser la representativite unique du FLN et montrer qu'il y avait plusieurs tendances qui se declarent interlocuteurs valables. Soustelle recevra toujours dans le meme espoir, Ferhat Abbas pour l'UDMA, Toufik el Madani et Kheireddine, pour les Oulema. Mais ces personnalites etaient deja en contact direct ou non avec le FLN pour une eventuelle adhesion.
30 Mars Sur demande de Soustelle, dix huit officiers des affaires indigenes
du Maroc arrivent en Algerie, sous le commandement du Lieutenant-colonel Verlier,
ou ils vont etre en mission dans l'Aures.
1er Avril - L'etat d'urgence pour une periode de six mois, en Algerie, vote a l'Assemblee nationale par 379 voix contre 219 entre immediatement en application.
4 Avril - Decret fixant l'application de l'etat d'urgence aux regions auresienne, constantinois et kabyle qui englobent environ un million et demi de personnes.
13 Avril - Edgard Faure, president du Conseil declare : <<Il n'est pas normal qu'un pays(la Libye) qui doit son independance a l'initiative americaine, entretienne sur son territoire, pres des frontieres orientales de la Tunisie, des camps ou l'on forme des hommes pour la guerre de guerilla, pour des raids et des assassinats>>. Cette declaration avait pour but principal de susciter la reaction des pays membres de l'OTAN et surtout celle des Americains. Le Gouvernement francais, conscient de ses faiblesses sur le plan militaire, son armee etant dispersee en Indochine, en Tunisie, au Maroc et en Algerie, commencait des le declenchement de l'insurrection algerienne a regarder du cote des forces francaises de l'OTAN. Francois Mitterand l'avait explicite dans sa declaration au Parisien libere, le 21 novembre 1954.
22 Avril - Implantation permanente dans l'Aures de troupes legionnaires, et parachutistes.
23 Avril
- Resolution en faveur des pays maghebins, a la Conference de Bandung. Grace
au soutien de Nasser, une delegation Algerienne, ou figuraient M. Yazid et Ait
Ahmed, fut admise a la conference. Ce fut la premiere assise a laquelle participait
l'Algerie combattante.
- Application de la censure en vertu de l'etat d'urgence.
- Constitution de milices de colons qui entreprendront des exactions a leur compte.
24 - 25 Avril
- Soustelle, accompagne du prefet de Constantine M. Dupuch et du General Cherriere,
se rend a paris pour discuter de la situation en Algerie et surtout de celle
de l'Aures, avec le ministre de l'interieur et les
membres du Gouvernement. A la suite des entretiens Edgare Faure - Soustelle,
il fut decide la creation d'un commandement dans la zone d'urgence du Constantinois,
sous l'autorite et la responsabilite du prefet. Un officier general sera charge
de la direction de toutes les operations civiles et militaires, a compter du
1er mai 1955.
-Communique du Gouvernement general relatif a la resolution de Bandung. Le
Gouvernement general proteste contre la resolution de Bandung sur le droit de
l'independance de la Tunisie, du Maroc, et de
l'Algerie qui signifie une ingerence dans les affaires interieures francaises.
Le communique insiste sur l'attitude de certains pays du groupe afro-asiatique
qui abritent et entrainent des hommes comme Hamadi el Riffi.
28 Avril
- L'etat d'urgence est etendu aux communes de Biskra et d'El-Oued.
- Dans la zone d'urgence, les reunions publiques sont interdites dans la region
de Batna et dans les
communes mixtes de Tebessa. Le General Parlange, chef de la region d'Agadir,
nomme Commandant unique
dans l'Aures.
29 Avril Rencontre De Gaulle-Edgar Faure a l'hotel La Peyrouse a Paris ou ils s'entretiennent de la situation en Algerie.
30 Avril - Un groupe de combattants ALN attaque et desarme un goum dans la region de Philippeville.
Juin 1955. Retour de Bourguiba à Tunis, après trois ans d’emprisonnement. La Tunisie accède à l’autonomie interne
30 septembre 1955. L'Assemblée générale de l'ONU vote l'inscription à l'ordre du jour de l'affaire algérienne.
10 novembre 1955. Indépendance du Maroc
Les accords de La Celle-Saint-Cloud (6 novembre) prévoient le retour du sultan, sous le nom de Mohammed V, et l’indépendance du pays. Rentrée triomphale de Mohammed V au Maroc le 10 novembre.
12.12.1955 Les élections en Algérie sont reportées.
1956 Les algériens Ben Bella, Khider, Aït Ahmed et Boudiaf sont arrêtes; ils seront incarcérés à la prison de la Santé, en France, jusqu'en 1962
2 février 1956 : Jacques Soustelle est remplacé par Robert Lacoste.
1956. Le Maroc accède à l’indépendance le 2 mars après la signature, à Paris, de la déclaration commune mettant fin au protectorat. En avril, le Maroc récupère la zone nord, qui était jusque-là sous contrôle espagnol, et la ville de Tanger en octobre. Le pays est à nouveau unifié (à l’exception de l’enclave Ifni et de la zone de Tarfaya, demeurées sous contrôle espagnol).
1956. Proclamation de l’indépendance de la Tunisie, le 20 mars, et abrogation des traités du Bardo et de La Marsa. Bourguiba forme un gouvernement en avril et fait adopter, le 13 août, le code du statut personnel, qui instaure l’égalité juridique entre hommes et femmes.
8 avril 1956 Habib Bourguiba devient président de la 1è. Assemblée Nationale de Tunisie
11 avril 1956 Habib Bourguiba devient 1er. Ministre de la Tunisie
Avril-mai 56 : Envoi du contingent français en Algérie
20 août 1956 Les chefs F.L.N. (Front de libération nationale) de l'intérieur se réunissent pour la première fois; c'est le congrès de la Soummam d'où sortira la plate-forme du F.L.N.
15.novembre.1956 L'ONU inscrit la question algérienne à son ordre du jour.
05.décembre 1956 . Le gouvernement français dissout les conseils généraux et les municipalités en Algérie.
14 décembre 1956 : Le général Raoul Salan est nommé commandant en chef en Algérie.
1957 La bataille d'Alger les tortures et exécutions sommaires
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7 janvier : Les parachutistes du général Jacques Massu passent à l'offensive à Alger. Le général Massu est chargé du maintien de l'ordre à Alger. Héros de Diên Biên Phu, Bigeard fut en Algérie l’un des artisans de la
bataille d’Alger au cours de laquelle il est de notoriété publique que
la consommation en électricité et en eau atteignit des sommets hautement
suspects. Alors colonel sous les ordres du général Massu, Bigeard commandait
ces « paras » qui eurent à rétablir l’ordre en usant de méthodes assurément
plus policières que militaires. Pour briser le FLN et mettre fin aux attentats
à la bombe qui assassinaient des civils, l’armée française n’hésita pas
longtemps. Elle tortura. Et ce faisant, elle se déshonora. Les récits
qui ont pu être donnés de ces séances abominables se suffisent. Bigeard,
tout en parlant d’un « mal nécessaire », n’en fut jamais fier. Il nia
toujours avoir lui-même donné des ordres pour faire parler des prisonniers
ou assisté à de telles pratiques. Eu égard à son grade et à ses responsabilités,
il est permis d’en douter. Pour autant, force est de constater qu’aucune
preuve n’a jamais été rapportée contre lui jusqu’à ce jour. |
les parachutistes du général Massu parvinrent difficilement à écraser les groupes nationalistes. Les Français eurent recours à des méthodes de plus en plus coercitives. L’armée française brûlait les villages dont les habitants étaient soupçonnés d’aider les insurgés ; la torture était largement utilisée, tandis que certains villageois étaient déportés dans des camps de regroupement. Des barrages électrifiés furent plantés le long des frontières tunisienne (la ligne Morice) et marocaine, afin d’isoler le commandement général du FLN de ses unités en Algérie.

Soldats de l'armée du FLN, l'Armée de libération nationale (ALN).
Document extrait d'un reportage américain sur le quartier général des rebelles
dans le massif de l'Atlas,
tourné au début de 1957. Les armes sont des mitrailleuses britanniques.
http://membres.multimania.fr/laibml/algerie.htm
1957. Mohammed V prend le titre de roi du Maroc en août. Son fils Hassan II est désigné comme son successeur.
27 juillet 1957. Abolition de la monarchie en Tunisie, et proclamation de la République, dont Bourguiba devient le premier président.
20.09 1957. L'ONU inscrit la question algérienne à son ordre du jour.
24 septembre : Le général Massu gagne la bataille d'Alger.
Coécrit avec Franco Solinas, « La Bataille d’Alger » s’articule autour d’un
épisode précis, le moment où le 7 octobre 1957 les parachutistes français envahissent
la Casbah d’Alger pour capturer Ali la Pointe, le responsable de la guerilla
dans la ville alors en état de siège. Pour Pontecorvo et Solinas le projet du
film, qui s’intitulait alors « Paras », datait de bien avant la fin de la guerre
d’Algérie. Les deux hommes avaient même mené une enquête journalistique dans
la Casbah réputée alors comme dangereuse selon les journalistes européens. Mais
pour mener à bien leur projet, ils durent en fait attendre l’indépendance de
l’Algérie. Les nouvelles autorités algériennes aidèrent alors le film en le
subventionnant, allant même jusqu’à le superviser et contrôler son exécution
http://www.filmotv.fr/film/1184/la-bataille-d-alger.html
29.novembre. L'Assemblée nationale vote la loi-cadre et la loi électorale de l'Algérie.
La fin de la bataille d'Alger ne signifie pas la fin de la guerre

4 décembre 1957 : 3 attentats du FLN
1958
1958. Déclenchement, en janvier, de l’opération militaire franco-espagnole contre l’Armée de libération du Sud marocain (ALSM) au Sahara occidental. Accord entre l’Espagne et le Maroc sur la rétrocession de la province de Tarfaya le 1er avril. Début de l’insurrection du Rif, écrasée par les Forces armées royales (FAR) quelques mois plus tard.
7 janvier : Début de l'exploitation du pétrole saharien.
1958. bombardement de Sakiet Sidi Youssef
Tunisie: Le 8 février, l’aviation française bombarde le village de Sakiet Sidi
Youssef, qui abrite un camp du FLN algérien : près de 70 villageois sont tués.
Ce bombardement marqua un tournant dans le conflit. L’émotion fut grande dans
l’opinion internationale, déjà alertée par une partie des intellectuels français
qui dénonçaient sans relâche l’usage de la torture.
En France, le prolongement de la guerre d’Algérie contribua à la faillite de
la IVe République et au retour au pouvoir du général de Gaulle.
15 avril : Chute du gouvernement Gaillard: crise ministérielle de trente-sept jours.
26 avril. 30 000 Algérois demandent un Gouvernement de salut public après la chute du gouvernement Gaillard.
13.mai. Un Comité de salut public est créé à Alger sous la présidence du général
Massu; on fait appel à de Gaulle.
13 mai : A Alger, la foule envahit les bâtiments administratifs et applaudit
le Général de Gaulle.
15 mai. De Gaulle se déclare prêt à assumer les pouvoirs de la République.
1 juin L'Assemblée nationale investit de Gaulle par 339 voix contre 224.
4 juin : Tournée triomphale du Général de Gaulle en Algérie: "je vous ai compris!".
19 septembre : Formation du gouvernement provisoire de la République Algérienne. (G.P.R.A.)
28 septembre La nouvelle Constitution est approuvée par référendum (79 % de oui en métropole, 95 % en Algérie).
23 octobre De Gaulle propose au F.L.N. la paix des braves.
Décembre : Le Général Challe et Paul Delouvrier remplacent le général Salan.
21 décembre De Gaulle est élu président de la République.
De Gaulle, dès son entrée en fonction, promit de maintenir l’Algérie française,
mais en faisant de tous les Algériens, y compris les musulmans, des « Français
à part entière ».
1959
Janvier : Élaboration du plan Challe basé sur le principe de pacification.
1959. Maroc: Scission au sein de l’Istiqlal en décembre : Mehdi Ben Barka crée l’Union nationale des forces populaires (UNFP), d’inspiration socialiste et anti-impérialiste.
1959. Promulgation de la Constitution Tunisienne le 1er juin et instauration d’un régime présidentiel. Le 17 juin, la France signe un accord garantissant le retrait de ses troupes de tout le territoire tunisien à l’exception de la base navale de Bizerte.
22 juillet : Offensive Challe: opération "Courvoie".
16 septembre De Gaulle proclame le droit des Algériens l'autodétermination. Devant la gravité de la situation, alors que la résistance algérienne ne désarmait pas, que la lassitude gagnait la population métropolitaine et que l’isolement international de la France s’accroissait, il se prononça, en septembre 1959, en faveur du droit des Algériens à l’autodétermination. Des négociations s’ouvrirent avec le Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA), l’organe exécutif du FLN constitué dans la clandestinité.
1960
19 janvier : Le Général Massu est muté en métropole pour avoir critiqué la politique du général de Gaulle.
Indignés, les Français d’Algérie tentèrent en vain de se soulever au début de l’année 1960.
24 janvier : "Semaine des barricades"; les "ultras" tirent sur les gendarmes.
29 janvier : Discours de De Gaulle; la révolte s'éteint.
30 mars : Le général Challe démis de ses fonctions de commandant en Chef en Algérie.
25-29 juin : Les pourparlers de paix de Melun se soldent par un échec.
6 septembre : "Manifeste des 121" sur le droit à l'insoumission.
22 novembre : Création d'un poste de ministre d'état des affaires algériennes confié à Louis Joxe.
23 novembre : Départ de Paul Delouvrier.
20 décembre : Les Nations Unies reconnaissent à l'Algérie le droit à l'autodétermination.
1961
08.01. La politique algérienne du général est approuvée par référendum (75
% de oui).
25 janvier : Première manifestation de l'O.A.S.; assassinat de Me Popie.
1961. Maroc: Mort de Mohammed V le 26 février. Hassan II accède au trône le 3 mars.
En avril 1961, les généraux Challe, Salan, Jouhaud et Zeller organisèrent à Alger un putsch qui avorta. L’Organisation de l’armée secrète (OAS), regroupant des militaires et des colons extrémistes, s’associa au complot. Ils menèrent de front une violente campagne terroriste contre le FLN, la population musulmane et contre les autorités françaises. Mais la plus grande partie de l’armée française en Algérie, composée, pour l’essentiel, d’appelés, demeura fidèle au gouvernement.
25.04. Putsch des généraux à Alger; de Gaulle assume les pleins pouvoirs aux termes de l'article 16 de la Constitution.
20.05. Ouverture des pourparlers d'Evian.
20 mai-28 juillet : Échec des premiers entretiens d'Évian.
1961. Tunisie: « Crise de Bizerte » : en juillet, de violents affrontements entre l’armée française et la population autour de la base font, selon les estimations, entre 600 et 2 000 morts côté tunisien. Un cessez-lefeu est signé le 23 juillet. La France évacue Bizerte le 15 octobre.
14.07. Algérie Recrudescence des attentats de l'O.A.S. (Organisation Armée Secrète).
8 septembre : Attentat du Petit-Clamart.:
L’attentat du Petit-Clamart, désigné par ses auteurs sous le nom d’opération Charlotte Corday, est le nom d'une action d'un groupe dirigé par le lieutenant-colonel Bastien-Thiry, visant à assassiner le président Charles de Gaulle, le 22 août 1962 à Clamart. L'opération a été nommée d'après un personnage historique du XVIIIe siècle, Charlotte Corday, qui renvoie à la lutte de pouvoir s'opérant pendant la Convention nationale entre les Girondins et les Jacobins. Les Girondins proscrits et fugitifs s’étaient réfugiés dans le Calvados. Ils y tenaient des assemblées et Charlotte Corday assista plusieurs fois à ces séances. À cette époque, le député jacobin Jean-Paul Marat, représentant pour elle la tyrannie, triomphait à Paris. Le 13 juillet 1793, Charlotte Corday se rendit au domicile de Marat et l'assassina. Arrêtée, elle fut condamnée par le Tribunal révolutionnaire et exécutée. Le parallèle entre la lutte menée dans la clandestinité par l'OAS contre le président de Gaulle à Paris et celui de l'assassinat de Marat indique à la fois, le choix du nom de code de l'opération ainsi que sa nature, un assassinat politique. http://fr.wikipedia.org/wiki/Op%C3%A9ration_Charlotte_Corday
Arrêté en septembre 1962 à son retour d’une mission scientifique en Grande-Bretagne,
Bastien-Thiry est inculpé devant la Cour militaire de justice présidée par le
général Roger Gardet. Son procès se déroule du 28 janvier au 4 mars 1963. Son
avocat est maître Jacques Isorni. Il fut condamné à mort en tant que commanditaire
de cette tentative d'assassinat, tout comme les tireurs du commando. Il est
déchu de son titre de chevalier de la Légion d'Honneur et emprisonné à la prison
de Fresnes au quartier des condamnés à mort Les deux tireurs obtiennent la grâce
du Président de la République, mais le général de Gaulle refuse celle du colonel
Bastien-Thiry, décision qu'il explique par deux raisons : Bastien-Thiry a fait
tirer sur une voiture occupée par une femme et, contrairement aux autres membres
du commando, il n'a pas pris de risques directs. De Gaulle, parlant des partisans
de l'Algérie française, aurait alors eu ce mot : « Ils veulent un martyr, eh
bien, ils l'auront ! ». le colonel Jean Bastien-Thiry fut fusillé devant un
peloton d'exécution au fort d'Ivry le 11 mars 1963 à 6h39, une semaine après
que le verdict fut rendu. Son exécution donna lieu à la plus grande organisation
de l'histoire de la justice française, avec plus de 2000 policiers et 35 voitures
mobilisées pour éviter son évasion. Ce sera le dernier condamné à mort par une
cour militaire, et donc le dernier à être fusillé en France.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Bastien-Thiry
la journée sanglante du 17 octobre 1961 occupe une place d'honneur dans la
liste des atrocités commises par l'Etat français durant la guerre d'Algérie.
Ce jour-là, à l'initiative du Front de libération nationale (FLN), 30 000 Algériens
descendent manifester dans les rues de Paris pour protester pacifiquement contre
le couvre-feu décrété à leur intention par le préfet de police, Maurice Papon.
La police, chauffée à blanc par les nombreuses pertes que lui font subir les
attentats du FLN sur le territoire français, et couverte par ses autorités de
tutelle, se livre à une répression sanglante, dont le nombre de victimes est
estimé entre 80 et 200 morts. Les cadavres seront, pour certains, retrouvés
flottant dans la Seine. Aucune reconnaissance ni réparation officielles depuis
lors.
Deux documentaires inédits sortent le mercredi 19 octobre 2011, en salles. Le
premier est, à tous égards, exceptionnel. Il s'agit d'Octobre à Paris,
de Jacques Panijel. Réalisé dans la foulée de la manifestation, ce film intense
et bouleversant, aussi incroyable que cela puisse paraître, n'a jamais été exploité
en salles, même s'il a fait à plusieurs reprises l'objet de projections illégales.
Victime jusqu'en 1973 de la censure gouvernementale, le film n'est pas davantage
distribué par la suite, Jacques Panijel s'opposant à sa sortie tant qu'on lui
refusera de lui adjoindre un préambule mettant en cause un "crime d'Etat". Il
mourra donc, le 10 septembre 2010, sans avoir la satisfaction d'assister à la
sortie du film, désormais précédé d'une préface qui éclaire la responsabilité
de ce massacre programmé.
Biologiste et ancien résistant, cet homme de conviction est, en 1959, le cofondateur,
aux côtés de l'historien Pierre Vidal-Naquet et du mathématicien Laurent Schwartz,
du comité Audin, consacré à Maurice Audin, un mathématicien communiste assassiné
deux ans plus tôt à Alger par les parachutistes français. Après la manifestation
du 17 octobre 1961, ce comité charge Panijel de réaliser un film pour témoigner
de l'événement. Le tournage, doté d'un opérateur de fortune et réalisé clandestinement
grâce à l'entremise du FLN, démarre dès la fin du mois d'octobre 1961 et se
prolonge jusqu'en mars 1962.
Des hommes, des femmes et des enfants effrayés, humiliés, qui disent, quand
ils n'en montrent pas les stigmates sur leur corps, l'aveuglement d'une idéologie
et l'abjection d'une politique. Arbitraire de la répression, tabassage meurtrier
des manifestants, noyades délibérées dans la Seine, fusillades, suivis du parcage
bestial au Palais des sports, des tortures sadiques des supplétifs harkis dans
les caves de la Goutte d'or, des descentes provocatrices dans les bidonvilles
de la banlieue.
On aura beau jeu, bien sûr, de reprocher à ce film la partialité de son regard.
Après tout, on était en guerre et le FLN ne faisait pas non plus dans la dentelle.
Mais toute la beauté d'Octobre à Paris vient précisément du fait qu'il n'en
veut rien savoir. Que seules l'occupent la trahison de la démocratie, la honte
du rôle historique joué alors par la France et l'indignation face à la barbarie
civilisée qui s'abat sciemment sur des protestataires désarmés. C'est ce sentiment
de révolte morale, ce sursaut de la conscience qui confèrent au film non seulement
sa puissance émotionnelle, mais aussi sa manière incroyablement vivante de filmer
les gens, leur parole et les lieux chargés de souffrance (chambrettes, caves,
cafés, bidonvilles) qui les réunissent.
Ici on noie les Algériens, réalisé en 2011 par Yasmina Adi, jeune femme
d'une trentaine d'années, est un honorable démarquage de ce film matriciel (évocation
de l'événement selon les mêmes procédés) ou, mieux, un complément qui en actualise
douloureusement la portée (les témoins d'aujourd'hui, dont les veuves des victimes,
attendent toujours la reconnaissance officielle du préjudice qui leur a été
infligé). D'un documentaire contemporain, il était toutefois légitime d'exiger
une approche historique un peu plus fouillée. Les spectateurs qui auraient la
curiosité de voir les deux films ne manqueront pas, en tout cas, de relever
ce détail, qui n'en est pas un : tous les personnages d'Octobre à Paris parlent
français, tous ceux d'Ici on noie les Algériens parlent arabe. A croire que
le demi-siècle d'intégration qui les sépare charrie bien des cadavres.
http://www.lemonde.fr/cinema/article/2011/10/14/octobre-a-paris-et-ici-on-noie-les-algeriens-le-17-octobre-1961-la-justice-se-noya-dans-la-seine_1587857_3476.html
http://www.icionnoielesalgeriens-lefilm.com/
Le 17 octobre 1961, en pleine guerre d'Algérie, le mouvement indépendantiste
du Front de libération nationale (FLN) exhorte à manifester pacifiquement contre
le couvre-feu imposé aux travailleurs algériens par le préfet de Paris, Maurice
Papon. Contre ce qu'il qualifiait de mesure «à caractère raciste» mais qui entravait
surtout ses activités, le FLN demande aux travailleurs de sortir en famille
et de se débarrasser de tout ce qui peut être assimilé à une arme. Cet appel
se déroule dans un climat tendu : une série d'attentats contre des policiers
a fait 11 morts entre fin août et début octobre. Entre 20.000 et 30.000 personnes
convergent vers Paris et font face à une répression policière sanglante. D'après
plusieurs témoins, les forces de l'ordre tirent à balles réelles et jettent
des hommes dans la Seine. Environ 12.000 manifestants sont interpellés et regroupés.
Certains torturés. Le bilan officiel est de trois morts et 64 blessés. Mais
les historiens estiment que le décompte réel se situe probablement autour de
200 morts, voire «plusieurs centaines».
Cinquante ans après la répression de la manifestation d'Algériens du 17 octobre
1961 à Paris, la gauche a pris la tête des commémorations.
À Paris, Bertrand Delanoë a commémoré le massacre aux côtés de l'ambassadeur
d'Algérie, Missoum Sbih. Le maire de la capitale a souhaité que ce «crime couvert
ou décidé par les autorités de la France «soit reconnu par la ville de Paris
où la répression a eu lieu. «Ce sont des policiers en tenue qui ont assassiné.
Nous demandons au président de la République de dire que c'est un crime d'État
qui a été commis», a rappelé M'Hamed Kaki, «passeur de mémoire» et président
de l'association Les Oranges à Nanterre d'où étaient partis de nombreux manifestants.
La France «doit faire face à son passé» mais «ne doit certainement pas présenter
des excuses», a répondu le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant.
http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2011/10/17/01016-20111017ARTFIG00634-manifestations-a-paris-en-memoire-du-17-octobre-1961.php
1962
8 février 1962 les morts du métro Charonne
le 8 février 1962, les organisations de gauche, communistes au premier chef,
appelèrent à protester contre la campagne d’attentats que menait l’OAS en métropole.
Interdite par le pouvoir gaulliste, la manifestation rassemblant sans doute
quelque 20 000 personnes fut sévèrement réprimée, les charges de la police
causant neuf morts à la station Charonne. Au mépris de l’évidence, ce « massacre
d’Etat » fut avec constance nié par les autorités politiques et policières,
promptes à imputer la faute à l’irresponsabilité des chefs communistes, à la
violence des manifestants, voire à une provocation de l’OAS. Il n’en fut rien,
comme le démontre Alain Dewerpe dans un livre qui se pose et en leçon d’histoire
et en monument de piété filiale, puisque Fanny Dewerpe, la mère de l’auteur,
compta au nombre des victimes.
Charonne ne résulta ni de la violence première des manifestants, ni des excès
spontanés de la base policière. Car au rebours d’une légende tenace, les grilles
du métro n’avaient pas été fermées ; les morts ne furent pas provoquées par
la pression d’une foule cherchant à gagner les quais ; elles découlèrent des
charges violentes de la police (et non des CRS) qui, usant sans retenue du bidule,
se plut en outre à jeter sur les hommes et les femmes entassés dans les escaliers
les grilles qui, d’ordinaire, protègent les arbres. Ainsi, ce « massacre d’Etat
» fut dans une large mesure prémédité, même si cette violence s’accordait aux
attentes de certains policiers que l’idée de casser quelques crânes communistes
n’effarouchait guère.
Le drame suscita une vive émotion. La grève lancée le 9 février mobilisa plus
de deux millions de participants et les obsèques, le 13 février, rassemblèrent,
selon les estimations, de 125 000 à un million de manifestants. Le pouvoir s’entêta
pourtant dans ses dénis. Aux mains de l’appareil d’Etat, presse et télévision
se turent. Si une enquête policière fut menée avec rigueur, le dossier judiciaire
fut prestement classé sans suite et l’amnistie du 17 juin 1966 mit un terme
opportun à la quête des responsabilités. Sur le plan civil, victimes directes
et indirectes ne bénéficièrent que d’une faible indemnité, les tribunaux retenant
la thèse d’une responsabilité partagée : du fait de l’interdiction, les manifestants
auraient dû s’abstenir. Le pouvoir tenta de même d’effacer la mémoire du crime,
interdisant par exemple, jusqu’en 1982, de manifester sur les lieux du drame.
Brassant une réflexion de qualité sur les usages de la manifestation et les
avatars de la mémoire, ce livre maîtrisé invite surtout à réfléchir sur la violence
dont peut user un pouvoir, fût-il régulièrement élu. L’implacable démonstration
d’Alain Dewerpe suggère que la prétendue raison d’Etat a pu conduire à des crimes,
pavé terrible jeté sur l’image iconique que l’on se forge souvent de la démocratie
française en général, et du pouvoir gaulliste en particulier.
Retour sur la manifestation anti-OAS du 8 février 1962, à l’occasion de la parution
d’un livre d’Alain Dewerpe, Charonne. 8 février 1962. Anthropologie historique
d’un massacre d’Etat, Gallimard, « Folio Histoire »
http://www.ldh-toulon.net/spip.php?article1326

18.02. Pourparlers des Rousses.
18 mars 1962 Les accords d'Evian
Ces accords sont signés le 18 mars 1962 à Évian-les-Bains (Haute-Savoie, France) et se traduisent immédiatement par un cessez-le-feu applicable sur tout le territoire algérien dès le lendemain.
7-18 mars : Second entretien d'Évian: l'accord est signé.Ces accords mettaient fin à huit ans d'une guerre qui n'en portait pas encore le nom et pour laquelle la France avait déployé environ 400 000 hommes et durant laquelle de 250 000 à 400 000 algériens furent tués (plus d'un million selon le FLN).
mars 62 des décrets d’amnistie interdisent les poursuites contre les
auteurs de violence des deux camps. Les victimes ne pourront jamais attaquer
leurs bourreaux. Il reste tout de même le droit à la vérité, estiment certains.
Il y a un demi siècle, ils vivaient dans la Casbah d’Alger. Mustapha Merouane
avait 20 ans, Mohamed Abderaoui 27, Abdelkader Amour 17, Mohamed Boulay 12.
Les plus âgés militaient pour le FLN, distribuaient des tracts, portaient des
messages. Ils racontent les mêmes horreurs : la descente des paras au petit
matin, les interrogatoires, à leur domicile ou au Fort-l’Empereur, sur les hauteurs
de la ville. Le corps ligoté sur un sommier métallique, des fils électriques
dans le sexe, les orteils, les oreilles, le supplice de l’eau, les passages
à tabac… Tous nomment le même homme, qui dirigeait ces séances de torture :
Jean-Marie Le Pen.
19.03. Cessez-le-feu en Algérie.
08.04. Référendum à propos de l'Algérie (90,7 % des voix approuvent les accords d'Evian).
20 avril : Le général Salan est arrêté.
Dès juin 62, l’historien et militant Pierre Vidal-Naquet publie dans Vérité-Liberté un rapport de police daté de 57 qui accable Jean-Marie Le Pen.
17 juin : Trêve de l'O.A.S. et du F.L.N.; exode des pieds-noirs.
01.07. Référendum d'autodétermination en Algérie ; l'indépendance est approuvée par 99,72 des voix.
En juillet, l’Algérie vota à une écrasante majorité pour l’indépendance. Près d’un million de Français d’Algérie quittèrent précipitamment le pays avant la fin de l’année, dans des conditions souvent difficiles. Un grand nombre de supplétifs algériens de l'armée française (harkis), qui n'avaient pu les suivre, furent massacrés.
03.07. Le G.P.R.A. (Gouvernement provisoire de la République d'Algérie) s'installe à Alger.
5 juillet 1962 : Indépendance de l'Algérie
Les disparus d'Oran
Du 1er juillet, date du vote de l’indépendance jusqu’au 4, il n’y a en ville
que quelques défilés de voitures surchargées de musulmans, hommes et femmes
hurlant des slogans et des you-you, plutôt bon enfant… Le 5 juillet 1962, la
radio donne l'ordre aux habitants d’ouvrir les magasins, les bureaux et de reprendre
le travail.
dès le matin, une foule déferle des quartiers arabes vers les quartiers européens,
de la place Kargentah vers la Place d’Armes, «pour un défilé pacifique». La
plupart des manifestants n'en sont pas moins armés. À 11 heures, un coup de
feu retentit sur la place d’Armes, un signal sans doute. Des cris jaillissent
: «L’OAS, c’est l’OAS qui nous tire dessus !» Assertion invraisemblable car
nul n'aurait été assez fou pour provoquer ainsi une foule déjà surexcitée. C'est
le début d'un carnage : une chasse à l’Européen commence, sauvage, systématique,
dans toute la ville. On égorge, on tue au revolver ou à la mitraillette, on
prend des rues en enfilade, tuant tout ce qui bouge, on pénètre dans les restaurants,
les magasins, les appartements, assassinant les pauvres gens avec des raffinements
de cruauté, arrachant des yeux, coupant des membres.
Les auxiliaires de l'armée algérienne, les ATO, emmènent les Européens prisonniers
par longs cortèges vers le commissariat central où ils sont battus et tués,
ou vers le Petit Lac, ou vers la Ville Nouvelle. Pourtant, dans cette folie
sanguinaire, des musulmans sauvent des Européens, d’autres font délivrer des
prisonniers. Le général Joseph Katz, qui commande les 18.000 soldats français
encore à Oran, téléphone au président Charles de Gaulle pour l’informer de l’ampleur
du massacre. «Ne bougez pas !» lui est-il répondu. Les soldats restent dans
les casernes.
La tuerie dure près de six heures. Lorsque, à 17 heures, les gendarmes français
sortent enfin dans la rue, le calme revient aussitôt. Les cadavres jonchent
la ville, on en trouve pendus aux crocs des bouchers, dans des poubelles… Dans
la chaleur de juillet, la puanteur est horrible. Soldats français et algériens
déversent par camions les cadavres dans le Petit Lac et les couvrent de chaux
vive. Nul ne sait le bilan exact du massacre. On parle dans les semaines qui
suivent de plusieurs centaines de morts. Les représentants des pieds-noirs évoquent
le chiffre de 2.000 non compris quelques centaines de disparus… Des disparus
qui seront signalés plus tard dans les mines de l’Algérie, dans des prisons,
des maisons closes et des bars à soldats...
D'après Geneviève de Ternant, L'agonie d'Oran (3 volumes), édition Gandini,
Nice, 2001
http://www.herodote.net/histoire/evenement.php?jour=19620705
2 millions de français "appelés" sont allés
faire cette guerre. Mais certains réfractaires ont refusé
http://www.refractairesnonviolentsalgerie1959a63.org/spip.php?rubrique17
La rébellion indépendantiste algérienne qui n'employait pas les méthodes d'une guerre conventionnelle mais le terrorisme et la guérilla contre la population civile (assassinats, attaques d'exploitations agricoles, incendies, pose de bombes en zone urbaine, etc.) et l'embuscade de patrouilles par des commandos (plus tard par compagnies ou « katibas » de djounouds de l'ALN) était quasi assimilée à du banditisme. Le combattant ennemi était alors informellement désigné le fellagha (ou fell), mot arabe pour hors-la-loi.
de ces méthodes de guérilla sanglantes les appelés français ont ramené une rancoeur tenace : Des personnes éventrées, les organes génitaux coupés placés dans la bouche : la terreur répandue par ces méthodes de guérilla est à la mesure deplus de 100 années de colonisation, d'abus de pouvoir, de bastonnades par les colons.
Des familles françaises obligées de tout quitter après 139 années passées en Algérie, et de vivre dans la misère en France alors qu'ils connaissaient la prospérité en Algérie. c'est tout le problème de la colonisation et de l'esclavage des indigènes. C'est de la même manière qu'il faut comprendre les enlèvements et le massacre survenu à Oran. Ceux qui étaient encore là ont payé (hélas pour eux) à la place des colons qui avaient fui. Tous les français ne se comportaient pas en colons, tous ne méritaient pas la colère des algériens. Mais la colère si longtemps contenue s'est déversée de manière aveugle sur ceux qui se trouvaient là.
Lorsqu'on lit aujourd'hui les lignes écrite par certains pieds noirs et certains appelés français, on peut voir un parallèle frappant avec ce qu'écrivent les colons israéliens victimes de la lutte armée et du terrorisme palestinien. La situation est identique, elle résulte simplement de la colonisation. Lorsque j'écris ces lignes je n'oublie pas que je suis le petit fils de 2 colons, un de mes grand pères était colon français en Afrique noire et l'autre était colon français en Algérie celui-ci était même policier à Philippeville et il s'y trouvait encore pendant la guerre d'Algérie. Ils me racontaient souvent l'un comme l'autre leur écoeurement du comportement des colons à l'égard des indigènes. Un tel comportement et les brimades accumulées pendant plus de 100 ans par les indigènes suffit à expliquer ce déferlement de violence aveugle.
Lorsqu'on critique l'attitude des algériens il ne faut pas oublier l'attitude que les français ont eue à la fin de l'occupation de notre pays par les nazis. Il ne faut pas oublier que la résitance française face à l'occupant s'est traduite par la lutte armée, des attentats, des assassinats, pui des éxécutions sommaires de soldats allemands et de collabos après la libération. En quoi l'algérie occupée puis libérée serait-elle différente? nous n'avons été occupés que 4 ans. L'algérie a été occupée 139 ans.
1962 Ben Bella est élu président de l'Algérie
L’Algérie accède à l’indépendance dans un climat de guerre civile et d’intenses luttes pour le pouvoir. Incarcéré en France depuis 1956, Ahmed Ben Bella est libéré après la signature des accords d’Évian. Il s’oppose au GPRA, qu’il chasse d’Alger grâce au soutien du chef d’état-major de l’Armée de libération nationale (ALN), le colonel Houari Boumédiène ; dans le nouveau paysage politique algérien, l’armée de l’extérieur prend l’avantage sur les maquis de l’intérieur. En septembre 1962, Ben Bella est élu président de la République algérienne démocratique et populaire.
Le 2 février 1992 sur TF1, en pleine controverse sur l'immigration et à quelques mois des élections législatives de 1993, Michel Rocard avait affirmé :"j'ai fait condamner M Le Pen pour fraude électorale" et "Il faut tout de même savoir qui est M. Le Pen, et s'en souvenir. En Algérie, il a torturé." Poursuivi en diffamation par le leader d'extrême droite, l'ancien premier ministre, condamné en première instance, avait été relaxé en appel à Paris. Mais cette dernière décision qui reconnaissait la bonne foi de M. Rocard, avait été cassée, la Cour de cassation confirmant sa première jurisprudence Le Pen. Au terme d'un second procès devant la cour d'appel de Rouen, Michel Rocard avait bénéficié d'une nouvelle relaxe. Et la Cour de cassation avait fini par s'incliner.
Victoire contre l'impérialisme..."Pendant sept ans et demi d'une guerre cruelle le peuple algérien a tenu tête à l'une des plus fortes puissances coloniales du siècle: plus d'un million de soldats français ont été mobilisés à cet effet avec tout leur armement moderne: aviation, artillerie, blindés, marine. La France est arrivée à dépenser jusqu'à trois milliards de francs par jour. Elle a bénéficié de l'appui massif de l'OTAN dans tous les domaines: militaire, financier, diplomatique, moral. Elle a tenté avec l'aide d'une grande partie du peuplement européen en Algérie, de lutter désespérément pour le maintien de l'Algérie française . Face à cette puissance qu'avait à opposer le Peuple algérien ? D'abord sa foi en la justesse de sa cause, la confiance en lui-même et en ses destinées et la volonté inébranlable de briser les chaînes du colonialisme; ensuite, et surtout, son unanimité dans la lutte. Les Algériens - hommes et femmes, jeunes et vieux, d'Alger à Tamanrasset et de Tebessa à Mamia - se sont dressés dans leur totalité dans la guerre de libération. Ni les tentatives de division, ni la présence de contre-révolutionnaires et de provocateurs dans leurs rangs n'ont pu altérer leur foi et leur unité. Les Algériens se sont sentis comme les organes d'un même corps dans cette lutte gigantesque. Le F.L.N. et l'A.L.N. ont été des instruments de combat efficaces au service du Peuple, et par leur action continue ont porté des coups sérieux au colonialisme. La Révolution algérienne a forcé l'admiration de tous. Elle jouit actuellement d'un prestige universel qui lui vaut de nombreux appuis. A nos frères Maghrébins et Arabes, au pays socialistes, aux peuples du tiers monde, aux démocrates de France et d'Europe qui nous ont aidés, nous devons aujourd'hui d'exprimer notre reconnaissance pour leur soutien et leur solidarité. Cette lutte a été d'un précieux enseignement pour les peuples
subjugués encore par l'impérialisme. Elle a détruit le mythe de l'invincibilité
de l'impérialisme. Tout en conduisant à la libération de l'Afrique, elle
a démontré qu'un peuple aussi petit soit-il, et avec des moyens réduits,
peut tenir tête à un impérialisme même très puissant et arracher sa liberté." "L'Algérie, pendant l'année dont nous parlons [1961-1962],
a été une terre maudite. Tous ceux qui y ont touché se sont sali les mains.
Les responsables sont dans tous les camps. Le F.L.N., le pouvoir, les
barbouzes, les gendarmes, les autorités civiles : personne ne s'est montré
brillant, ni tout à fait honnête. Ce fut une vaste foire d'empoigne, où
le plus fort et le plus rusé a gagné. Si elle ne sut pas se montrer unie,
l'O.A.S. (1) avait au moins des motifs pour expliquer son action. L'avenir
a prouvé que les pieds-noirs avaient quelques raisons de ne pas vouloir
l'Algérie algérienne." "Les signataires d'Evian, les Français en particulier, peuvent-ils
assurer que la paix raciale est là, que la vie communautaire juste et
équitable va régner par enchantement, que les adversaires d'hier vont,
fraternellement, bâtir une Algérie nouvelle ? depuis l'indépendance, le Grand Alger, en continuel développement, abrite près de 3 000 000 d'habitants. Capitale politique et intellectuelle, Alger est aussi un imortant centre industriel. Le port d'Alger est le premier port d'Algérie. |
1963. Interdiction du Parti communiste Tunisien en janvier. Régime de parti unique.
1963. Arrestations en juillet de membres de l’UNFP et de communistes suspectés de complot contre l’Etat Marocain.
« Guerre des sables » entre le Maroc et l’Algérie en octobre-novembre.
1963. Assassinat de Salah Ben Youssef, principal opposant à Bourguiba (président Tunisien), le 12 août, à Francfort.
1963 Maroc: Ben Barka est condamné à mort par contumace le 9 novembre.
1964. Tunisie: Nationalisation des terres coloniales, en mai, et mise en place d’une économie planifiée. Le 22 octobre, le Néo- Destour est rebaptisé Parti socialiste destourien (PSD). Bourguiba est réélu en novembre.
Mars 1965. Après le soulèvement de Casablanca – réprimé dans le sang par le général Oufkir –, en mars, l’état d’urgence est décrété. Le roi est doté des pleins pouvoirs.
19 juin 1965 Algérie : Ben Bella est destitué par le Conseil de la Révolution, présidé par Boumédiène. Lequel lui reproche ses méthodes de gouvernement autoritaires. Emprisonné et assigné à résidence, il est ensuite exilé en France, puis en Suisse, où il devait fonder, en 1984, le Mouvement pour la démocratie en Algérie (MDA).
1965 Boumédiène devient le président d'Algérie
Adepte d’un socialisme autoritaire, Boumédiène gouverne le pays à partir de juillet 1965. Il met en place un pouvoir fort, appuyé par l’armée. Bâtisseur de l’Algérie moderne, il permet au pays d’acquérir une stature de premier plan sur la scène internationale
Ben Barka est assassiné à Paris le 29 octobre 1965
Mehdi Ben Barka: un crime politique non encore élucidé.
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D'une famille de petits fonctionnaires, Mehdi Ben Barka a fait des études
de mathématique à Rabat et devient professeur de lycée. Proche du Palais,
il enseigne aussi au Collège royal. Il a le futur roi Hassan II parmi
ses élèves. Représentant de l’aile gauche d’un parti qu’il juge trop conservateur,
il provoque une scission et fonde en 1959 l'Union nationale des forces
populaires du Maroc (gauche), qui se place dans l’opposition au régime
du roi Hassan II. Il devient professeur de mathématiques. Il fonde, en
septembre 1959, l'Union nationale des forces populaires (UNFP), principal
parti de gauche opposé au régime royal. Il préside l'Assemblée consultative
mise en place après l'indépendance. Le 16 novembre 1962, il échappe déjà
à un attentat fomenté par les services du général Oufkir et du commandant
Dlimi. Le 22 novembre 1963, il est condamné à mort par contumace pour
complot et tentative d'assassinat contre le roi. |
il est intercepté peu après son arrivée à Paris devant le 151 boulevard Saint-Germain,
le 29 octobre 1965, par deux policiers français l'inspecteur principal Louis
Souchon (chef du groupe des stupéfiants à la Brigade mondaine) et son adjoint
Roger Voitot, qui le font monter dans une voiture où se tient également un membre
de la pègre parisienne, Julien Le Ny. On ne le reverra jamais. Cette « interpellation
» est commanditée par Antoine Lopez, chef d'escale d'Air France à l'aéroport
d'Orly et Honorable correspondant du Service de documentation extérieure et
de contre-espionnage (SDECE). Elle implique également à des degrés divers trois
autres personnages obscurs : Georges Boucheseiche (ancien membre de la Gestapo
française sous l'Occupation, qui rallia le gang des Tractions Avant à la Libération,
il fut également, dans les années 1960, un barbouze anti-OAS, puis un actif
militant du Service d'action civique), proche de Jo Attia, et Jean Palisse et
Pierrot Dubail, ses hommes de mains. Lors du procès Ben Barka, Lopez fut fortement
soupçonné d'avoir agi sur instructions du général Oufkir, et le 7 juin 1967,
le verdict fut ainsi prononcé : les deux policiers furent condamnés à 8 ans
et 6 ans de réclusion criminelle, Antoine Lopez à 8 ans. Le général Oufkir et
les quatre membres de la pègre parisienne quant à eux, réfugiés au Maroc, furent
condamnés à la perpétuité par contumace, mais le roi Hassan II refusa toujours
d'appliquer les condamnations ou d'extrader les condamnés.
Lors de sa conférence de presse du 21 février 1966, le général de Gaulle déclare
: « Du côté français que s'est-il passé ? Rien que de vulgaire et de subalterne.
Rien, absolument rien, n'indique que le contre-espionnage et la police, en tant
que tels et dans leur ensemble, aient connu l'opération, a fortiori qu'ils l'aient
couverte. » Cette fameuse affirmation sera contredite par les découvertes ultérieures
: le SDECE (ancêtre de la DGSE) était bien au courant de l'enlèvement projeté.
Dès l'enlèvement du leader tiers-mondiste, cette affirmation nette de De Gaulle
est mise en doute : si le corps de Ben Barka a quitté la France, peut-on vraiment
transférer un cadavre (ou un homme inconscient) par avion de Paris à Rabat,
sans se faire arrêter par la police aux frontières ? En 2006, l'ex-commissaire
Lucien Aimé-Blanc publie des écoutes téléphoniques de l'époque montrant que
les services français surveillaient déjà tous les hommes ayant pris part à l'enlèvement.
5-10 juin 1967 : guerre des 6 jours
1969. L’Espagne rétrocède au Maroc l’enclave d’Ifni le 30 juin.
1969. Tunisie: Emeutes dans le Sahel, en août, contre la collectivisation des terres. Le ministre de l’économie, Ahmed Ben Salah, est limogé en septembre. Fin de l’expérience socialiste.
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Muammar al-Kadhafi |
1 septembre 1969 Renversement du roi de la Libye, Idris 1er Seul souverain de la Libye depuis la proclamation d'indépendance de 1951,
le roi Idris 1er se rend à Ankara, en Turquie, pour des raisons de santé.
Pendant son départ, un coup d'État est orchestré par un groupe d'officiers
menés par un jeune colonel de 27 ans, Muammar al-Kadhafi. Celui-ci
deviendra le président du Conseil de commandement de la révolution et
l'homme fort de la Libye, devenue une république. Le slogan « Liberté,
socialisme, unité arabe » est au coeur du programme du nouveau régime,
d'abord dirigé par des militaires et des civils, dont le premier ministre
est Mahmoud Soliman al-Maghreby. Des mesures restrictives sont adoptées
à l'endroit des compagnies de pétrole, une ressource abondante en Libye,
et Kadhafi, un admirateur du président égyptien Gamal Abdel Nasser, fait
évacuer des bases appartenant aux Britanniques et aux Américains. Le projet
d'union politique qu'il souhaite réaliser avec l'Égypte et d'autres pays
arabes ne pourra toutefois être mené à terme. |
1971 La Répression au Maroc
1971. Maroc Tentative de coup d’Etat au palais de Skhrirat, le 10 juillet (près de 100 morts). Ses instigateurs, dont les généraux Ababou et Medbouh, sont exécutés.
février 1972. Soulèvements étudiants en Tunisie.
1972. Adoption de la troisième Constitution Marocaine en mars, dont une partie sera suspendue en avril (report des élections législatives). Deuxième tentative de coup d’Etat militaire, le 16 août, menée par le général Oufkir, qui est tué le lendemain.
1973. Interdiction, en janvier, de l’Union nationale des étudiants marocains (UNEM), principal syndicat étudiant. Restriction du code des libertés publiques en avril.
Création, le 10 mai, du Front Polisario (Front populaire pour la libération de la Saguia El-Hamra et du Río de Oro) au Sahara occidental.
En août, le Maroc récupère la totalité des terres coloniales.
1973 Promulgation de la constitution au Soudan
16 octobre 1973 : premier «choc pétrolier»
Le 17 octobre 1973, l'Organisation des pays arabes exportateurs de pétrole (OPAEP) annonce qu'elle réduira de 5% par mois son débit de pétrole, tant que les États-Unis ne changeront pas leur politique au Moyen-Orient. La veille, l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) annonçait une hausse de 17% du prix du brut et une augmentation de 70% des taxes aux compagnies pétrolières.
Cette stratégie résulte d'un tournant dans la guerre du Kippour entre Israël
et les pays arabes. Après avoir été surpris par une attaque sur deux fronts,
l'État hébreu reprend rapidement le contrôle et menace à son tour les pays arabes.
C'est à ce moment que la crise pétrolière éclate. En réaction à l'évolution
du conflit, les pays membres de l'OPEP, réunis au Koweït, annoncent un embargo
sur les livraisons de pétrole destinées aux pays qui soutiennent Israël.
Ils exigent également le retrait complet des territoires occupés par Israël.
À la conférence de Téhéran, le 23 décembre 1973, l'OPEP annonce une deuxième
augmentation des prix. L'embargo, qui dure 5 mois, est levé en grande partie
le 18 mars 1974. L'OPEP justifie la crise en revendiquant une part croissante
dans les opérations de production qui sont fortement contrôlées par des compagnies
pétrolières. Bref, elle veut prendre le contrôle de la production du pétrole
pour pouvoir maintenir un prix artificiellement élevé du brut. Le résultat est
une sévère commotion pour tous les pays consommateurs de pétrole. Le prix de
l'Arabian Light, un pétrole qui sert d'indicateur, passe pendant la crise de
2,32 USD à 9,00. Durant cette même période, les revenus de l'OPEP sont multipliés
par quatre, dépassant 86 milliards dollars en 1974.
source : université
de Sherbrooke
1974. En juin, le cheikh Abdessalam Yacine publie une lettre ouverte au roi intitulée : « L’islam ou le déluge ». Il est aussitôt arrêté. La revendication marocaine sur le Sahara occidental est portée en septembre devant la Cour internationale de justice (CIJ) de La Haye : crise entre l’Algérie et le Maroc. Arrestations de nombreux opposants au régime, dont Abraham Serfaty et Abdellatif Zeroual.
1974. Réélection de Bourguiba comme président de la république Tunisienne le 3 novembre.
1975. Après un amendement à la Constitution Tunisienne, Bourguiba est nommé président à vie le 18 mars.
1975. Lancement, le 6 novembre, de la « marche verte » pour le Sahara occidental à l’initiative de Hassan II. L’accord tripartite signé à Madrid entre le Maroc, l’Espagne et la Mauritanie, le 14 novembre, consacre le partage du territoire entre le Maroc et la Mauritanie. Assassinat, en décembre, du leader de gauche Omar Benjelloun par un commando islamiste.
1976. Violents affrontements, au début de l’année, entre les troupes marocaines et algériennes à Amgalla (Sahara occidental).
Le 27 février, le Front Polisario proclame la République arabe sahraouie démocratique (RASD) à Tindouf (Algérie).
Le 7 mars, rupture des relations diplomatiques entre le Maroc et l’Algérie.
Boumédiène fut le père de la Constitution algérienne de 1976 établissant un régime de démocratie socialiste — dont il fut le premier président jusqu'à sa disparition prématurée — dirigé par le FLN avec l'islam comme religion d'État.
1977. Tenue des premières élections législatives, en juin, depuis l’adoption de la troisième Constitution. L’Istiqlal entre au nouveau gouvernement dirigé par Ahmed Osman, chef du Rassemblement national des indépendants (RNI) et beau-frère de Hassan II.
1978. « Jeudi noir » en Tunisie: le 26 janvier, la grève générale lancée par l’UGTT tourne à l’émeute à Tunis. La répression militaire fait près de 200 morts. L’état d’urgence est instauré.
1978 Mort du président algérien Boumédiène.
Sur le plan intérieur, l’ère Boumédiène est celle des nationalisations des secteurs essentiels de l’économie et de la priorité donnée au développement de l’industrie lourde, fondée essentiellement sur les hydrocarbures, au détriment du secteur fondamental de l’agriculture. Boumédiène perçoit lui-même les dysfonctionnements du système peu avant sa mort, survenue en décembre 1978. Le colonel Chadli Bendjedid lui succède.
En janvier 1979, le IVe congrès du FLN accorde les pleins pouvoirs au colonel Chadli Bendjedid, qui devient secrétaire général du Parti et est désigné comme candidat unique à la présidence de la République. Le 7 février 1979, le peuple algérien ratifie ce choix, et Chadli succède ainsi officiellement à Houari Boumédiène. Dès son arrivée au pouvoir, Chadli engage une politique de libéralisation économique et sociale.
1979. Driss Basri est nommé ministre de l’intérieur en mars.
En août, la Mauritanie se retire du sud du Sahara occidental en vertu d’un accord de paix signé avec le Front Polisario. L’armée marocaine se déploie aussitôt sur la totalité du territoire.
1980. Le Maroc commence la construction de « murs de protection » au Sahara occidental. A Fès, des incidents entre islamistes et forces de l’ordre, le 9 juin, font plusieurs victimes et conduisent à de nombreuses arrestations.
1981. Le Parti communiste Tunisien est à nouveau autorisé le 18 janvier. Constitution du Mouvement de la tendance islamique (MTI), en juin, dont les principaux dirigeants sont arrêtés et condamnés en septembre.
1981. Des manifestations populaires contre la hausse des prix des denrées de base, en juin, sont durement réprimées par les autorités (plusieurs centaines de morts à Casablanca). Le 27 juin, Hassan II accepte le droit à l’autodétermination des Sahraouis et propose l’organisation d’un référendum « confirmatif ».
1982. La RASD est admise à l’Organisation de l’unité africaine (OUA), dont le Maroc se retirera deux ans plus tard.
1982 Le Front Islamique du Salut (FIS) est formé en Algérie
1982. L’Organisation de libération de la Palestine (OLP) est accueillie à Tunis en août.
1983. Déclenchement d’« émeutes du pain » dans le sud de la Tunisie en décembre.
1984. Les « émeutes du pain », en janvier, qui secouent Marrakech et le nord du pays, font des centaines de morts. Vague d’arrestations dans les milieux contestataires.
1984. Les émeutes gagnent Tunis en janvier. Le général Zine El-Abidine Ben Ali est nommé secrétaire d’Etat à la Sécurité nationale en octobre.
1984 Chadli Bendjedid est réélu président d'Algérie pour la 2nde. Fois
1er octobre 1985 : un raid de l'aviation israélienne contre le quartier général de l'OLP à Tunis fait 70 morts.
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14 avril 1986 Bombardements américains sur la Libye les forces américaines attaquent la Libye en guise de représailles contre des actes terroristes auxquels elle aurait participé. Peu de temps avant, les États-Unis avaient adopté des mesures pour inciter la Libye à cesser de se livrer à des activités terroristes anti-américaines. En mars 1986, des vaisseaux américains et libyens se sont affronté directement dans le golfe de Sydra, au large de la Libye. Puis, le 5 avril, une explosion dévaste une discothèque de Berlin-Ouest fréquentée par des soldats américains. En guise de représailles, le président Ronald Reagan autorise le bombardement de cibles situées dans les villes de Tripoli et Benghazi. Une trentaine d'appareils prennent part à l'opération qui se solde par la mort de dizaines de civils, dont la fille adoptive du président Muammar al-Kadhafi. Les deux occupants d'un bombardier américain perdent également la vie. Cette attaque éclair, qui se déroule pendant la nuit, s'est faite sans la collaboration de la France qui a refusé que les avions survolent son territoire. Après plusieurs années de tensions, les relations entre la Libye et les États-Unis prendront une nouvelle tournure avec la décision du président Kadhafi de renoncer au terrorisme. Ces frappes ont passablement affaibli l'image du dirigeant libyen. Un
journaliste avait fait remarquer à l'époque que le raid « a cassé le ressort
psychologique qui avait permis à Kadhafi d'intimider une grande partie
du monde et a révélé que, loin d'être un géant international, Kadhafi
était faible, vulnérable et isolé ». De fait, à partir de là, on observe
une évolution étonnante chez le leader libyen. Kadhafi fera ériger le "Monument de la souffrance du peuple libyen" à la mémoire des victimes du raid américain de 1986 |
![]() "Monument de la souffrance du peuple libyen" |
1986. Tunisie: M. Ben Ali devient ministre de l’intérieur le 28 avril. Lors des élections législatives de novembre, le PSD remporte la totalité des 125 sièges au Parlement.
1986. Rencontre à Ifrane entre Hassan II et le premier ministre israélien Shimon Pérès (22-23 juillet).
1987.
Attentats islamistes à Monastir en août.
Tunisie : M. Ben Ali est nommé
premier ministre de Tunisie le 2 octobre 1987.
Le 7 novembre 1987, il dépose Bourguiba et le remplace à la tête de l’Etat.
février 1988. Tunisie: le PSD se transforme en Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD).
1988. Rétablissement des relations diplomatiques entre le Maroc et l’Algérie le 6 mai. En août, le Maroc et le Front Polisario acceptent un plan des Nations unies prévoyant un cessez-le-feu et la tenue d’un référendum d’autodétermination.
1988 Emeutes à Alger, durement réprimées
7 novembre 1988 , signature du Pacte national entre le pouvoir Tunisien et les principales forces politiques à l’exception des islamistes.
21 décembre 1988 Explosion d'un Boeing 747 au-dessus de Lockerbie, en Écosse
L'explosion d'un Boeing 747 de la compagnie Pan Am au-dessus du village de Lockerbie, en Écosse, entraîne la mort de 270 personnes. Une enquête révélera qu'il s'agit d'un attentat pour lequel deux Libyens seront jugés plusieurs années après.

http://www.20minutes.fr/monde/342419-Monde-Lockerbie-Abdelbaset-Ali-Mohamed-Al-Megrahi-est-libre.php
Tous les occupants de l'avion, 259 personnes incluant les membres de l'équipage,
ainsi que 11 villageois frappés par les débris, succombent des suites de cette
tragédie qui survient quelques jours avant les célébrations de Noël. Du nombre,
on compte 170 Américains. L'hypothèse d'un attentat est rapidement considérée
par les enquêteurs et une chasse lancée afin de connaître les auteurs de cet
acte ainsi que ceux qui l'ont planifié.
Plusieurs théories sont avancées - Syrie, Iran, groupe palestinien, etc.
- , mais la piste privilégiée est celle de la Libye, dont le président Muammar
al-Kadhafi est identifié comme une des figures de proue du terrorisme international.
Une demande d'extradition est déposée à l'endroit de deux suspects libyens et
des sanctions sont imposées contre la Libye par les États-Unis ainsi que les
Nations unies (ONU). Il faudra attendre 2001 avant que les deux individus soient
jugés aux Pays-Bas. L'un d'eux est acquitté alors que l'autre, Abdelbaset Ali
al-Megrahi, est emprisonné. En août 2003, la Libye reconnaît finalement sa responsabilité
pour l'attentat de Lockerbie et s'engage à verser des compensations monétaires
aux familles des victimes (2,7 milliards de dollars). Ce geste ne met toutefois
pas fin à la controverse puisque des observateurs continuent de douter de la
preuve présentée contre la Libye, pensant que celle-ci a simplement reconnu
sa responsabilité - et non sa culpabilité - afin de faire lever les sanctions
à son endroit. Ce qui s'est produit. L'affaire connaîtra un autre rebondissement
en 2009 alors que Ali al-Megrahi, gravement malade, sera relâché. L'accueil
triomphal qu'il recevra à Tripoli suscitera de vives réactions dans plusieurs
pays où le souvenir de l'attentat de 1988 est encore vivant.
source : université
de Sherbrooke

L'avion
s'est écrasé sur le village
1989. Tunisie: Le MTI devient le Hizb En-Nahda (« Parti de la renaissance »), en janvier, et demande sa légalisation, qui lui sera refusée quelques mois plus tard.
1989. Création, le 17 février, de l’Union du Maghreb arabe
(UMA),
qui rassemble le Maroc, l’Algérie, la Tunisie, la Mauritanie et la Libye. Le
cheikh Yacine est placé en résidence surveillée en décembre, et le mouvement
Justice et bienfaisance est dissous.
2 avril 1989: M. Ben Ali, candidat unique, est élu président de la République Tunisienne avec 99,27 % des suffrages.
Chadli fait adopter par référendum une nouvelle Constitution algérienne en février 1989, qui ouvre l’Algérie au multipartisme.
1990. Le Maroc se range aux côtés de la force multinationale envoyée dans le Golfe, en août, malgré le soutien de la population à l’Irak. Grève générale, en décembre, à l’appel des organisations syndicales, accompagnée de violentes émeutes dans plusieurs villes du pays (Tanger, Fès, Kenitra). Crise diplomatique, en novembre, entre Paris et Rabat après la publication du livre de Gilles Perrault, Notre ami le roi, qui dénonce les violations systématiques des droits humains par le régime marocain.
1990 En juin 1990, le Front islamique du salut (FIS), qui a su exploiter le désarroi d’une partie de la population algérienne, remporte les premières élections municipales démocratiques.
1991 début de la Guerre civile en Algérie
La guerre civile algérienne (« décennie noire », « décennie du terrorisme », « années de braise » selon Hamit Bozarslan) opposa le gouvernement algérien, disposant de l’armée nationale populaire et divers groupes islamistes à partir de 1991. On estime qu'elle coûta la vie à plus de 60 000 personnes, d'autres sources avancent le chiffre de 150 000 personnes. Le conflit armé se termina par la victoire du gouvernement, suivi de la reddition de l'armée islamique du salut et la défaite en 2002 du groupe islamique armé (GIA). Cependant, des combats continuent toujours dans certains secteurs.
décembre 1991 Le premier tour des élections législatives est remporté par le Front Islamique du Salut (FIS)
le pouvoir algérien annule les élections législatives qui avaient vu la victoire du FIS, le Front islamique du salut. A partir de cette date, l’Algérie s’enfonçe dans une guerre civile où s’affrontent forces de sécurité et groupes islamistes armés, dont le plus puissant devient le GIA. Les civils sont les principales victimes d’affroyables massacres qui durent près de 10 ans.
1991. Plus de 300 000 personnes manifestent à Rabat, le 3 février, leur soutien au peuple irakien. Au Sahara occidental, un cessez-le-feu est proclamé en septembre sous l’égide des Nations unies. Ce même mois, Abraham Serfaty est libéré de prison et expulsé du pays ; le bagne de Tazmamart est fermé et ses détenus transférés dans d’autres prisons du royaume.
Le président Chadli Bendjedid est déposé le 11 janvier 1992 par un coup d’État militaire ; le processus de démocratisation est interrompu : le second tour des législatives est annulé, le Parlement et la Constitution sont suspendus.
Le 16 janvier, Mohamed Boudiaf, l’un des dirigeants historiques du FLN, en exil au Maroc, est porté à la tête d’un Haut Conseil de sécurité (HCS). Une nouvelle fois, il est fait appel à un héros de la guerre d’indépendance pour tenter d’apaiser la situation. Mohamed Boudiaf est placé par le HCS à la tête d’un Haut Comité d’État (HCE), détenteur du pouvoir exécutif.
un groupe armé, Les Fidèles au serment, annonçait le déclenchement du djihad (guerre sainte) à partir des Aurès, berceau de la guerre d'indépendance contre la France dans l'est algérien, où des heurts violents venaient de se produire entre militants islamistes et forces de l'ordre.
Le 7 février, jour de la grande prière hebdomadaire du vendredi, ces affrontements s'étaient propagés à travers tout le pays, notamment à Alger, faisant plus de 50 morts et 200 blessés.
Le 9 février 1992, le Haut Comité d'Etat (HCE) la présidence collégiale algérienne), décrétait l'état d'urgence, moins d'un mois après avoir succédé au président Chadli Bendjedid, poussé à la démission par l'armée, à la suite du triomphe électoral du Front Islamique du salut (FIS) qui promettait d'instaurer une république islamique en Algérie. Avec cette disposition, le HCE voulait étouffer la guérilla dans laquelle se sont lancés les islamistes privés de leur victoire avec l'annulation du premier tour des législatives de décembre 1991.Prévu dans un premier temps pour un an, l'état d'urgence qui donne à l'armée des pouvoirs de police, devait ramener le calme et éviter au pays de plonger dans la violence des groupes armés islamistes.
le 4 mars 1992 Le FIS est officiellement dissous en Algérie . La répression
s’abat sur les islamistes, qui répliquent par le terrorisme.
1992 Adoption de la loi fondamentale
29 6 1992 Assassinat de Mohamed Boudiaf, président du Haut Comité d'Etat (HCE) Algérien. Ali Kafi lui succède à la présidence du HCE.
Un sous-lieutenant du groupe d'intervention spécial (GIS), Lambarek Boumaarafi,
jeta une grenade pour faire diversion et tira à bout portant sur le président
le tuant sur le coup. La motivation de son assassinat est sujette à controverse,
entre la piste d’une action isolée commise par un militaire ayant des sympathies
islamistes et celle d’un complot plus vaste impliquant des généraux de l'armée.
Sans faire la lumière sur l'assassinat de Boudiaf, la commission d’enquête instituée
par le gouvernement algérien écarte la thèse de l’« action isolée » d’un officier
de l’armée ayant agi pour des motifs strictement religieux.
Lambarek Boumaarafi est toujours en prison.
Boudiaf assassiné en direct devant les caméras
Ses Premiers ministres successifs (Belaïd Abdesselam, le père de l’industrialisation algérienne, Redha Malek, Mokdad Sifi) mènent une politique de répression anti-islamiste systématique. Les dirigeants du FIS, Abassi Madani et Ali Benhadj, sont emprisonnés. Les éléments les plus radicaux de la mouvance islamiste (constitués en Groupes islamiques armés, GIA) répliquent par le recours au terrorisme et engagent la lutte armée contre les autorités. Le pays plonge dans une guerre civile, où la violence procède autant des groupes islamistes armés (GIA et AIS), qui portent également le terrorisme sur le sol français, que des forces militaires et paramilitaires. Elle ne cesse de s’étendre, pour toucher la Kabylie, d’abord épargnée, mais n’atteint pas les régions sahariennes où se trouvent les gisements d’hydrocarbures sécurisés par l'armée, ni la frontière marocaine.
1992. Hassan II présente en août un projet de réforme constitutionnelle destinée à « démocratiser » le régime. La réforme est approuvée par référendum le 4 septembre.
1993. Elections législatives au Maroc en juin. L’opposition, menée par l’Union socialiste des forces populaires (USFP) et l’Istiqlal, refuse de participer au gouvernement.
1994. Affrontements entre forces de l’ordre et étudiants au Maroc, de janvier à mars, dans les universités de Fès et Casablanca.
30 1 1994 Fin du mandat du HCE. Liamine Zeroual est désigné Chef de lEtat algérien
Liamine Zéroual, nommé « président de l’État » par la conférence nationale « de consensus » en janvier 1994. Le discours nationaliste dont il use à cette occasion contribue à son élection à la présidence, le 16 novembre 1995
1994. Tunisie Le 20 mars, M. Ben Ali, seul candidat en lice, obtient 99,9 % des voix à l’élection présidentielle.
Les privatisations et la libéralisation du commerce entamées en avril 1994 permettent des ascensions sociales fulgurantes, servies par une corruption criante, alors que l’économie parallèle, symbole de la pauvreté du plus grand nombre, subsiste. L’État algérien, que l’on croyait au bord de l’effondrement en 1994-1995, tient « l’Algérie utile » et porte des coups sévères aux maquis islamistes, sans pour autant être capable de les éradiquer complètement.
Le 8 mai 1994, deux religieux français sont assassinés par le GIA dans le quartier de la Casbah à Alger
18 mai 1994 Création du Conseil National de Transition en Algérie
Le 3 août 1994, Assassinat à Alger de trois gendarmes français et de deux agents de l’ambassade de France par le GIA.
Le 24 août 1994 , deux touristes espagnols sont tués au cours d’une attaque terroriste à Marrakech.
Le 24 décembre 1994, un commando du GIA détourne le vol AF 8969 qui s'était envolé d'Alger, avec pour but de le faire s'écraser sur Paris si les autorités algériennes ne libéraient pas deux des responsables du FIS : Abbassi Madani et Ali Belhadj. Le GIGN réussit à reprendre le contrôle de l'avion à l'aéroport de Marseille-Marignane en tuant les quatre preneurs d'otages.
Le 27 décembre 1994, Quatre Pères Blancs, dont trois Français, sont assassinés à Tizi-Ouzou, en Kabylie par le GIA
janvier 1995 La Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme et sept formations politiques — dont le FLN, le Front des forces socialistes (FFS), dirigé par Hocine Aït Ahmed, et l’ex-FIS —, se faisant les porte-parole de la société civile prise au piège de l’affrontement entre pouvoir et islamistes, refusent la logique de guerre et prennent position pour l’ouverture de négociations politiques, préalablement à la future élection présidentielle. La « plate-forme pour une solution politique et pacifique de la crise algérienne », signée à Rome en janvier 1995, demande, entre autres, la libération des responsables du FIS et de tous les détenus politiques, ainsi que l’annulation de la décision de dissolution du FIS. Elle est rejetée par Liamine Zéroual
1995. Sept militaires tunisiens sont tués, en février, par un commando du Groupe islamique armé (GIA) algérien au poste frontière de Tamerza.
1995 Signature, en avril, d’un accord de partenariat et de libre-échange entre la Tunisie et l’Union européenne.
Le 5 mai 1995, 5 coopérants dont 2 Français sont assassinés par le GIA dans les locaux d’une société algérienne
Le 11 juillet 1995, le cheikh Abdelbaki Sahraoui est abattu d’une balle dans la tête dans la salle des prières de la mosquée de la rue Myrha ainsi que l'un de ses proches tentant de s'interposer. C'est le début des attentats qui touchèrent la France en 1995.
En 1995 le GIA organise une série d’attentats. Celui de la station Saint-Michel fera huit morts et une centaine de blessés le 25 juillet 1995. L'objectif aurait été de faire participer la France plus activement dans la lutte anti-islamiste, et ainsi couper le mouvement de son principal soutien à l'étranger
16 novembre 1995 Liamine Zeroual élu Président de la République Algérienne avec 61 % des suffrages exprimés, mais le scrutin est boycotté par l'opposition.
Le 23 mai 1996, 7 moines trappistes français sont enlevés dans
leur monastère de Tibehirine, ils sont retrouvés morts.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Groupe_islamique_arm%C3%A9#L.27affaire_des_moines_assassin.C3.A9s
1996. Adoption, le 13 septembre, d’une nouvelle réforme constitutionnelle, qui institue notamment une Chambre des conseillers – à côté de la Chambre des représentants – et renforce les prérogatives du roi Mohamed VI.
28 novembre 1996 Référendum sur la cinquième Constitution de l'Algérie
1996 Lybie le massacre d'Abou Salim
Abou Salim, le nom donne la chair de poule à tous les opposants en Libye. Nous
sommes en 1996, les détenus de la prison d’Abou Salim se mutinent. Ils ne réclament
pas un droit au parloir ou l’accès aux journaux. Non, nous sommes dans la Libye
de Kadhafi. Les prisonniers veulent qu’on arrête de les affamer, de les battre,
de les torturer jusqu’à la mort. C’est un combat pour la survie. La réponse
est à la hauteur de la brutalité du régime. On aligne les détenus dans la cour
et on fait venir des militaires. Puis on ouvre le feu, au fusil et à la mitrailleuse
lourde, avant de jeter des grenades pour être sûrs qu’il n’y ait pas de survivants.
Un massacre sur des prisonniers, des hommes désarmés. Tués, tous, jusqu’au dernier.
En 2011, sur les lieux de la prison, les autorités du CNT annoncent avoir découvert
les restes de 1700 corps.
http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/carnets-de-libye/20110926.OBS1112/libye-charniers-d-abou-salim-le-crime-du-fils-le-plus-fou.html
5 6 1997 Elections législatives pluralistes en Algérie
En quatre ans, vraisemblablement plus de 100 000 personnes
trouvent la mort dans le conflit algérien ,
qui aurait aussi causé 10 milliards de pertes matérielles.
Les élections législatives du 5 juin 1997 sont précédées d’un renforcement des opérations de police destinées à nettoyer les maquis et à inciter la population à se rendre aux urnes. Remportées par le Rassemblement national démocratique (RND), parti créé quatre mois avant le scrutin pour soutenir le président Zéroual, elles permettent l'entrée massive de l'opposition au Parlement. Le RND, qui n’obtient pas la majorité absolue (155 sièges sur 380), doit composer avec le FLN (64 sièges) et, surtout, avec deux mouvements islamistes modérés : le Mouvement de la société de la paix (69 sièges) et le mouvement Ennahda (34 sièges). L’émergence d’un mouvement islamiste conservateur lié à l’État permet aux autorités algériennes de contrôler le jeu politique.
En 1997, l'Armée islamique du salut (AIS) déclare un cessez-le-feu unilatéral avec le gouvernement algérien, alors que le Groupe islamique armé (GIA) se déchire suite à sa nouvelle politique de massacre.
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En juillet 1997, le président Zéroual libère, après six ans de détention, l’ancien leader du FIS, Abbassi Madani, qui est néanmoins remis en résidence surveillée en septembre 1997. 23 10 1997 Elections locales pluralistes en Algérie la désignation par le président du tiers des représentants du Conseil de la nation et l’élection du 25 décembre 1997 assurent au RND le contrôle de 80 des 96 sièges qui composent le Conseil de la nation, la Chambre haute du Parlement algérien. Ce semblant de jeu démocratique ne règle pas pour autant le problème fondamental de la société algérienne : la guerre civile ouverte qui dure depuis cinq ans. Les autorités accroissent leurs capacités de répression en développant les milices. En même temps, la guerre prend un tournant difficilement analysable, celui des massacres collectifs. Ces massacres de villages entiers, qui ont commencé dans la plaine de la Mitidja, se produisent en priorité dans des régions qui ont voté massivement pour le FIS et qui sont très contrôlées par l'armée. Ils ont ensuite atteint d’autres régions de l’Est et de l’Ouest algérien. Ils suscitent une grande émotion dans l’opinion publique internationale. En juin 98 , à la guerre civile vient se surimposer une tension en Kabylie, provoquée par l’assassinat du très populaire chanteur kabyle Lounès Matoub (opposé aux islamistes, critique à l’égard du pouvoir et défenseur de l’identité berbère) et par la mise en vigueur de la loi sur l’arabisation dans l’administration. Un groupe dissident du GIA, le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), basé principalement à la périphérie de la Kabylie, est constitué en 1998, se dissociant des massacres. Visant l'armée et la police pour la plupart, il rejette l'amnistie et poursuit son combat. |
1998. Maroc: M. Abderrahmane Youssoufi, secrétaire général de l’USFP, est nommé premier ministre d’un gouvernement d’alternance le 4 février. Driss Basri est maintenu à l’intérieur.
1998. Tunisie Le vice-président de la LTDH, Khemais Ksila, est condamné à trois ans de prison le 11 février. Au cours de l’été, M. Ben Ali fait adopter un amendement permettant à l’opposition de présenter des candidats aux élections présidentielles prévue pour l’année suivante.
En 1998, une scission s’opère au sein du GIA. Le GSPC, le Groupe salafiste pour la prédication pour le combat, juge les méthodes du GIA trop violentes et trop dirigées contre la population civile. Il est créé après l’appel de Oussama Ben Laden à un djihad global.
11 9 1998 Liamine Zeroual annonce des élections présidentielles anticipées en Algérie
En septembre 1998, une forte opposition de la haute hiérarchie militaire, qui avait été à l'origine de la venue au pouvoir de Liamine Zeroual, aboutit à l'annonce par ce dernier de son départ du pouvoir en février 1999. Cette démission anticipée, suivie un mois plus tard de celle de son conseiller et du ministre de la Justice, révèle l'impuissance de l'État à rétablir la paix et à tracer une ligne politique propre à redonner confiance aux diverses composantes de la population.
15 4 1999 Abdelaziz Bouteflika élu Président de la République Algérienne
Aux élections du 15 avril 1999, l'opposition se présente divisée, avec plusieurs listes dirigées par Hocine Aït Ahmed du Front des forces socialistes (FFS), Abdallah Djallabah du Mouvement de la réforme nationale (MRN), représentant Ennahda, l'ancien ministre réformateur Mouloud Hamrouche, Ahmed Taleb Ibrahimi, un islamiste modéré, Youssef El Khatib, un ancien maquisard, dont la candidature vise surtout à s'opposer à celle d'Abdelaziz Bouteflika, candidat des militaires. Dénonçant les « fraudes massives », les six candidats de l'opposition se retirent à la veille du scrutin, laissant seul en lice Abdelaziz Bouteflika, qui a été élu.

Sarkozy et Bouteflika en 2007
1999. Décès de Hassan II le 23 juillet. Son fils Mohammed VI est intronisé le 30.
Dans un discours, le nouveau roi évoque « les disparus et les victimes d’arrestations arbitraires ». Abraham Serfaty est autorisé à rentrer d’exil en septembre. La famille Ben Barka regagne le Maroc deux mois plus tard, après trentesix ans d’absence. Les émeutes qui éclatent à El-Ayoun, au Sahara occidental, sont durement réprimées. Driss Basri est limogé le 9 novembre.
Ministre des Affaires étrangères sous Boumédiène pendant seize ans, Abdelaziz Bouteflika se présente comme celui qui pourrait redonner à l'Algérie son prestige et son essor. Peu après son élection, l’AIS, avec l’appui « total et sans réserve » d’Abassi Madani, se dit prête à déposer les armes et à participer à la lutte contre le GIA. Abdelaziz Bouteflika annonce alors la tenue d'un référendum sur la « concorde civile », visant à instaurer une mesure d’amnistie pour les islamistes n’ayant pas commis de crimes de sang.
16 9 1999 Référendum sur la loi sur la concorde civile en Algérie
la victoire écrasante du « oui » (98,6 % des suffrages exprimés) est interprétée par le président comme une approbation de sa politique. Le chef de l'État y trouve une occasion de faire valoir une légitimité contestée en raison des conditions de son élection.
En 1999, on ne dénombrait plus que 600 terroristes des GIA. Ces groupes terroristes, étrangers au peuple algérien, ont disparu petit à petit durant ces dernières années. Les partisans du FIS, l'AIS, ont bénéficié d'une amnistie présidentielle suite à la loi sur la concorde civile proposée par le président Abdelaziz Bouteflika. Cette volonté du pouvoir de se réconcilier avec le FIS, pose la question de la culpabilité de ce parti quant à cette décennie de massacres de civils.
1999. Le 24 octobre, M. Ben Ali remporte 99,4 % des voix à l’élection présidentielle Tunisienne.
La fin du GIA et de l'AIS et de la guerre civile en Algérie
1er janvier 2000 L'Armée Islamique du Salut (AIS) fut entièrement dissoute le 1er janvier 2000, ayant négocié une amnistie spéciale avec le gouvernement. Le GIA, déchiré par les dissensions et les abandons et dénoncé de tous les côtés et même par le mouvement islamiste, fut lentement détruit par des opérations militaires au cours des années suivantes ; à la mort d'Antar Zouabri au début 2002, elle était incapable de poursuivre son action. Les efforts du gouvernement furent davantage soutenus au lendemain des attentats du 11 septembre 2001 ; les États-Unis manifestèrent leur soutien vis-à-vis du gouvernement algérien, en gelant les avoirs du GIA et du GSPC et en fournissant des lunettes infrarouges à l'armée.
2000. Maroc : Partisans et adversaires de la réforme prévue du code de la famille défilent le 12 mars, les uns à Rabat, les autres à Casablanca. Le texte sera finalement retiré.
juin 2000 , témoignage de Louisette Ighilahriz, dans Le Monde. Jacques
Massu allait exprimer des regrets à l´égard de l´emploi de la torture
en Algérie. « Non, la torture n´est pas indispensable en temps
de guerre, on pourrait très bien s´en passer, confiait le vainqueur de la bataille
d´Alger. Quand je repense à l´Algérie, cela me désole, car cela faisait
partie (
) d´une certaine ambiance. On aurait pu faire les choses autrement
» (Le Monde du 22 juin).
Le quotidien publie également une interview du général Paul Aussaresses,
ancien responsable des services de renseignement à Alger, qui reconnaît avoir
pratiqué des "exécutions sommaires" : "la torture ne m'a jamais
fait plaisir, mais je m'y suis résolu", dit-il. Il nie avoir pratiqué la
torture lui-même, mais reconnaît avoir procédé à 24 "exécutions sommaires"
Malgré une évolution du régime et une amélioration de la situation sur le plan des attentats, des querelles au sein du pouvoir conduisent à un remaniement ministériel. Le 26 août 2000, le Premier ministre Ahmed Benbitour démissionne de ses fonctions. En désaccord avec le chef de l'État sur le rythme de privatisation des entreprises publiques, Ahmed Benbitour n'accepte pas, par ailleurs, la mainmise d'Abdelaziz Bouteflika sur tous les dossiers. Le président nomme pour le remplacer son directeur de cabinet Ali Benflis, réputé pour être un réformateur. Dans le même temps, afin de rallier les islamistes modérés, le régime prône un retour à certaines valeurs religieuses notamment sur le plan de la morale.
31 octobre 2000 . L'Humanité publie l'appel de 12 intellectuels, parmi lesquels Pierre Vidal-Naquet et Henri Alleg, qui réclament la reconnaissance et la condamnation par l'Etat français de l'usage de la torture en Algérie.
9 novembre 2000 . Le Monde révèle "l'affaire Mohamed Garne", né d'un viol collectif de sa mère par des soldats français, en août 1959 en Algérie. Ce "Français par le crime" demande la reconnaissance par la justice française du préjudice subi.
Comme chaque année, la période du ramadan, en décembre 2000, entraîne un regain d’assassinats et d’actions terroristes, alors que certaines révélations d’anciens militaires incriminent la responsabilité de l’armée dans plusieurs massacres attribués au GIA.
28 décembre 2000 . Enquête du Monde sur les troubles psychiques liés à la guerre d'Algérie. 350 000 anciens d'Algérie seraient concernés.
En avril 2001, après la mort d'un adolescent de 18 ans placé en détention à Beni Douala et abattu par un gendarme, d’importantes émeutes ont lieu, notamment à Tizi Ouzou, entraînant la mort d’une quarantaine de personnes et le retrait du RCD (Rassemblement pour la culture et la démocratie), parti berbère, de la coalition gouvernementale.
Mai 2001 . publication du livre du général Aussaresses, Services spéciaux Algérie, 1955-1957.
27 juin 2001 . Trois anciens militants du FLN accusent sur France 3 le général Maurice Schmitt, ancien chef d'état-major, d'avoir été le "chef d'orchestre" de leurs tortures, en 1957, à Alger.
juin 2001 La plus haute juridiction française, la Cour de cassation, a ainsi confirmé, en juin 2001, un arrêt de la cour d'appel de Paris en faveur de Pierre Vidal-Naquet. Quelques mois auparavant, elle avait pris la même décision en faveur de Michel Rocard, qui, en 1992, à la télévision, avait déclaré: "Il faut tout de même savoir qui est M. Le Pen, et s'en souvenir. En Algérie, il a torturé."
12 octobre 2001 . Publication par Le Monde d'une enquête sur les viols pendant la guerre d'Algérie.
22 novembre 2001 . Mohamed Garne se voit accorder une pension de l'Etat français.
26 novembre 2001 . Procès du général Aussaresses au tribunal correctionnel de Paris. Il est poursuivi pour "complicité d'apologie de crimes de guerre" et sera condamné en janvier 2002 à 7 500 euros d'amende (peine confirmée en appel en avril 2003.)
Au mois de novembre 2001, alors que des pluies torrentielles s’abattent sur l’Algérie — les inondations causent la mort de plusieurs centaines de personnes, en particulier à Alger, dans le quartier de Bab el Oued —, le gouvernement est confronté à la colère de la population, attisée par l’incurie des secours, lents et inadaptés.
7 avril 2002. Une manifestation de soutien à la Palestine rassemble plus d’un million de personnes à Rabat.
En avril 2002, le Parlement vote à l’unanimité un amendement à la Constitution qui institue le berbère comme langue nationale en Algérie. Ce geste historique, qui revêt une dimension symbolique importante dans le processus de reconnaissance de l’identité berbère, intervient à l’approche des élections législatives, dans un climat tendu par les manifestations et les revendications qui continuent de remettre en cause l’autorité de l’État en Kabylie.
11 avril 2002. des attentats islamistes à Djerba (Tunisie) causent la mort de quinze personnes.
Un camion-citerne de gaz naturel bourré d’explosifs saute à 9 h 35 devant la synagogue de la Ghriba à Djerba en Tunisie le 11 avril 2002, tuant 21 personnes (quatorze touristes allemands, cinq Tunisiens et deux Français) et faisant trente blessés.
L'Allemand converti à l'islam Christian Ganczarski a été condamné par la justice
française à 18 ans de réclusion pour complicité dans l'attentat contre la synagogue
de Djerba en avril 2002, qui a fait 21 morts.
Aux termes de sept heures de délibérations, la cour spéciale de Paris, composée
de sept magistrats professionnels et spécialisée dans les affaires de terrorisme,
a également condamné Walid Nawar, frère du jeune kamikaze tunisien Nizar Nawar
qui s'est fait sauter au volant de son camion piégé, à douze ans de réclusion.
L'attentat de Djerba en avril 2002 avait fait 21 morts dont 14 touristes allemands,
5 Tunisiens et 2 Français. C'est la présence de Français parmi les victimes
qui a permis le déclenchement d'une procédure en France. source
Dans le procès de l’attentat contre la synagogue de Djerba en Tunisie en 2002, la cour d’assises de Paris a décidé de disjoindre le cas de Khaled Cheikh Mohammed, actuellement détenu à Guantanamo, de celui des deux autres accusés. "La cour dit que le cas de Khaled Cheikh Mohammed sera examiné au cours d'une autre session", a ajouté le président, sans davantage de précision. Khaled Cheikh Mohammed était, avec Christian Ganczarski et le jeune Tunisien Walid Nawar, frère du kamikaze Nizar Nawar qui s'est fait sauter au volant d'un camion piégé contre la synagogue de Djerba en avril 2002, l'un des trois accusés de ce procès en "complicité d'assassinat terroriste", qui devrait s'achever le 6 février. La découverte du téléphone satellitaire de Nizar Nawar, après l'attentat, avait permis de découvrir qu'il avait parlé avec Christian Ganczarski quelques heures avant l'attaque, et qu'il avait ensuite vainement tenté de contacter Khaled Cheikh Mohammed.source
les 4 mai et 4 juin 2002 articles sur la torture en Algérie publiés par Le Monde, avant le premier tour de l'élection présidentielle et le deuxième tour des législatives. Signés par Florence Beaugé, spécialiste de l'Algérie au Monde, ils faisaient état, sur la foi de témoignages concordants, de la participation de M. Le Pen à la torture pendant la guerre d'Algérie.
juillet 2002, crise hispano-marocaine au sujet de l’îlot Peregil/Leïla, situé à 200 mètres des côtes du Maroc. Les deux pays normaliseront leurs relations six mois plus tard. Les élections législatives du 27 septembre voient l’accession de 35 femmes au Parlement, tandis que les islamistes du Parti de la justice et du développement (PJD), avec 41 sièges, deviennent la première force d’opposition du pays. M. Youssoufi est remplacé par M. Driss Jettou, qui n’appartient à aucun parti.
Juin 2003 : La 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris a relaxé, jeudi 26 juin, le quotidien Le Monde de la plainte déposée contre lui par Jean-Marie Le Pen. Le président du Front national s'estimait diffamé par des articles parus dans le quotidien en mai et juin 2002, dans lesquels Florence Beaugé, spécialiste de l'Algérie, faisait état, sur la foi de témoignages concordants, de la participation de Jean-Marie Le Pen à la torture pendant la guerre d'Algérie. Le tribunal, estimant l'enquête menée « particulièrement sérieuse et approfondie » et son « caractère de contradiction suffisant », a débouté M. Le Pen de sa plainte, reconnaissant « la bonne foi » du journal.
Le 16 mai 2003. des attentats terroristes font 45 morts à Casablanca (Maroc) , dont les 12 kamikazes. Ils se sont produits quelques jours après des attaques visant des intérêts occidentaux à Riyad en Arabie saoudite, et furent perpétrés par une dizaine d'islamistes radicaux originaires du bidonville Thomas, faisant un total de 41 victimes et d'une centaine de blessés. Ces attentats visaient précisément des lieux soigneusement sélectionnés par les terroristes : un hôtel et un restaurant accueillant des clients internationaux, le bâtiment de l'alliance israélite et le cimetière juif de la ville ainsi que le consulat de Belgique.
Reportage consacré à une série d'attentats au Maroc à Casablanca. Commentaire
sur images des dégâts au seuil d'un hôtel, à "La Casa de España", un restaurant,
à l'Alliance israélite, et au cimetière juif, en alternance avec les interviews
d'un membre du personnel de l'hôtel, un témoin Marocain dans la foule, et les
réactions lors d'une conférence de presse du Ministre de l'Intérieur du Maroc.
Evocation de l'implication du terrorisme international, de la surprse du peuple
et des autorités, bilan des victimes. Conclusion sur place de Kristian AUTAIN.
http://www.ina.fr/economie-et-societe/justice-et-faits-divers/video/2297842001008/serie-d-attentats-a-casablanca.fr.html
violent tremblement de terre le 21 mai 2003, dans la région d’Alger.
Ce séisme, l’un des plus meurtriers jamais enregistrés en Algérie — 2 300 morts et plus de 10 000 blessés —, provoque la colère de la population, tant face à l’inertie des pouvoirs publics après le sinistre que face à leur incurie dans l’aménagement du territoire. Ces manquements, ajoutés aux pratiques frauduleuses des entreprises de construction (emploi de matériaux inadaptés, non-respect des normes techniques, corruption), auraient lourdement contribué au nombre de logements détruits (20 000) et de personnes sinistrées (plus de 100 000).
Diaporama sur le séisme
Le Parlement marocain adopte le 28 mai 2003 une loi antiterroriste. Le roi annonce la « fin de l’ère du laxisme ». Dix peines de mort sont prononcées le 11 juillet contre des membres de la Salafia Jihadia, impliquée dans les attentats. Une centaine d’autres sont condamnés en août et en septembre.
Avec le déclin du GIA, le GSPC subsistait en tant que groupe rebelle le plus actif, avec environ 300 combattants en 2003 (BBC ). Il continua une campagne de tueries de policiers et de militaires dans son secteur, parvenant même à progresser au Sahara, où sa division, menée par Amari Saifi (surnommé « Abderrezak el-Para »), enleva des touristes allemands en 2003, avant d'être forcé de fuir dans des secteurs dépeuplés du Mali, et plus tard au Niger et au Tchad, où il fut capturé. À la fin 2003, le fondateur du groupe fut supplanté par l'encore plus radical Nabil Sahraoui, lequel annonça son soutien à Al-Qaida, renforçant des liens les gouvernements des États-Unis et d'Algérie. Il aurait été tué peu de temps après.
2004. Le 7 janvier, le roi du Maroc accorde la grâce à 33 prisonniers politiques, dont le journaliste Ali Lmrabet, et annonce la création de l’Instance équité et réconciliation (IER), chargée de recueillir les témoignages des victimes des « années de plomb ». Le 16, les députés adoptent à l’unanimité l’égalité juridique entre hommes et femmes. Le 22 juin, l’envoyé spécial des Nations unies au Sahara occidental, M. James Baker, démissionne. Rabat se prononce pour une solution « définitive et globale fondée sur une large autonomie ».
Lors de l’élection présidentielle d’avril 2004, Abdelaziz Bouteflika est réélu dès le premier tour avec près de 85 % des suffrages — son rival Ali Benflis en recueille 6,42 %. Tandis que la campagne électorale a laissé espérer un scrutin relativement ouvert — l’armée ayant officiellement affirmé sa neutralité —, l’opposition dénonce une fraude massive devant le score du président sortant. Le Premier ministre Ahmed Ouyahia est reconduit dans ses fonctions.
En septembre 2005, un référendum proposant l'amnistie fut soumis par
le gouvernement de Bouteflika, comme la loi de 1999, pour mettre un terme aux
poursuites pour les personnes qui n'avaient plus d'activités militaires et pour
offrir des compensations aux familles des personnes tuées par les forces gouvernementales.
La proposition fut acceptée par 97 % des votants. Ces résultats restent mitigés.
Depuis l'amnistie de 2005, les services de sécurité ont arrêté 1 290 terroristes
jusqu’à septembre 2010, tandis que 7 540 autres, dont 81 émirs, à leur tête
Hassan Hattab, se sont rendus et ont bénéficié de la cessation de l’action publique.
2004. Tunisie M. Ben Ali est réélu avec 94,5 % des suffrages le 24 octobre.
2005. Quatorze migrants africains sont tués en octobre par les forces marocaines et espagnoles alors que des centaines d’entre eux tentaient de pénétrer dans les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla. L’armée marocaine réprime violemment les manifestations sécessionnistes qui se succèdent depuis plusieurs mois au Sahara occidental.
Torture en Algérie
: deux généraux français affrontent leur mémoire
Un débat sur la condamnation par l´Etat français des pratiques de l´armée pendant
la guerre d´Algérie s´est ouvert depuis la publication du témoignage d´une militante
du FLN, torturée en 1957. Le général Jacques Massu se dit favorable à cette
repentance officielle.
QUARANTE ANS après, la mémoire de la guerre d´Algérie sursaute. Profondément
enfouis dans l´inconscient national au nom de la paix sociale, les douloureux
souvenirs d´un drame de huit ans (1954-1962) qui a déchiré la France et failli
emporter la République, émergent à l´heure où ses acteurs vieillissants dressent
l´inventaire de leur vie. Ce processus avait fait un bond avec la publication,
dans Le Monde du 20 juin, du témoignage de Louisette Ighilahriz, une militante
algérienne indépendantiste. Pendant trois mois, à la fin de 1957, à Alger, cette
jeune fille alors âgée de vingt ans, fut atrocement torturée à l´état-major
de la 10e division parachutiste du général Massu. Depuis lors, elle recherchait
désespérément le médecin militaire français qui, pris de compassion, l´avait
finalement sauvée en la transférant à l´hôpital.
Nommément mis en cause dans ce témoignage, les généraux
Massu et Bigeard avaient réagi immédiatement : tandis que Marcel Bigeard
qualifiait de « tissu de mensonges » le récit de la militante algérienne, Jacques
Massu allait jusqu´à exprimer des regrets à l´égard de l´emploi de la torture.
« Non, la torture n´est pas indispensable en temps de guerre, on pourrait très
bien s´en passer, confiait le vainqueur de la bataille d´Alger. Quand je repense
à l´Algérie, cela me désole, car cela faisait partie (
) d´une certaine
ambiance. On aurait pu faire les choses autrement » (Le Monde du 22 juin). Cette
étonnante déclaration de repentance avait fait grand bruit, notamment parmi
les millions de personnes anciens appelés, pieds-noirs, anciens harkis
et Algériens de France dont la jeunesse a, d´une façon ou d´une autre,
été salie par le conflit algérien. Parmi l´abondant courrier que Le Monde a
alors reçu, une partie reprochait au journal d´avoir rouvert des plaies encore
à vif, oublié les atrocités commises par le FLN et mis en cause l´armée, en
publiant la confession de « Louisette » ; une autre contenait de multiples témoignages
sur l´utilisation de la torture et les exécutions sommaires. Les regrets du
général Massu étaient salués particulièrement par le père Alain Maillard de
La Morandais, ancien officier en Algérie, qui invitait l´Eglise à la repentance
vis-à-vis des « crimes de la torture depuis l´Indochine jusqu´à l´Algérie ».
ACCUMULATION DE CONFESSIONS
Le travail de mémoire s´accélérait, un an après le vote historique des députés,
le 10 juin 1999, permettant de qualifier de « guerre »des événements qui, officiellement,
n´avaient consisté qu´en des opérations de « maintien de l´ordre ». Depuis lors,
l´accumulation de confessions reflète un mouvement inédit de retour sur un «
passé qui ne passe pas », rappelant la résurgence de la mémoire de l´occupation
nazie à partir des années 70.
Cette aspiration n´a pas échappé au journal L´Humanité, qui a publié, le 31
octobre, un appel d´intellectuels demandant une reconnaissance et une condamnation
officielles de la torture pendant la guerre d´Algérie. Signé par douze des principales
personnalités ayant milité contre cette « gangrène », le texte invoque le «
devoir de mémoire auquel la France se dit justement attachée ». Les signataires
demandent à Jacques Chirac et à Lionel Jospin,« de condamner ces pratiques par
une déclaration publique » et invitent « les témoins, les citoyens à s´exprimer
sur cette question qui met en jeu leur humanité ».
A cet appel, Lionel Jospin a partiellement répondu, le 4 novembre. Rendant hommage
au discours de Jacques Chirac reconnaissant la responsabilité du pays dans la
persécution des juifs sous l´Occupation, M. Jospin a estimé que « d´autres moments
sombres de notre histoire nationale »devaient faire l´objet du « même effort
». Le premier ministre, qui s´exprimait lors du dîner annuel du Conseil représentatif
des institutions juives de France, a évoqué l´appel publié dans L´Humanité,
s´affirmant « convaincu que ce travail de vérité n´affaiblit pas la communauté
nationale. Au contraire, il la renforce en lui permettant de mieux tirer les
leçons de son passé, pour construire son avenir ».
Philippe Bernard
Le Monde daté du jeudi 23 novembre 2000
Le quotidien publie également une interview du général Paul Aussaresses, ancien responsable des services de renseignement à Alger, qui reconnaît avoir pratiqué des "exécutions sommaires" : "la torture ne m'a jamais fait plaisir, mais je m'y suis résolu", dit-il. Il nie avoir pratiqué la torture lui-même, mais reconnaît avoir procédé à 24 "exécutions sommaires"
L'alliance entre le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) et AQMI en janvier 2007 conduit à la création du Groupe salafiste libre (GSL), un autre groupe de militants opposés au gouvernement algérien et aux intérêts occidentaux. Le conflit est une continuation de la guerre civile algérienne qui a pris fin en 2002 et s'est depuis propagée à d'autres pays voisins.
Depuis février 2007, dans le cadre de l'opération Enduring Freedom - Trans Sahara, des conseillers américains et britanniques viennent épauler les armées mauritanienne, malienne et nigérienne contre AQMI.
Selon la Protection civile, un attentat visant le Palais du gouvernement, dans le centre d'Alger, fait 12 morts et 135 blessés le 11 avril 2007. Un autre attentat perpétré à l'aide de trois voitures piégées contre le commissariat de police de Bab Ezzouar, dans la banlieue d'Alger fait 12 morts et 87 blessés. Une des trois explosions a détruit un poste électrique de la compagnie publique algérienne Sonelgaz et les deux autres ont endommagé gravement le commissariat de ce quartier populeux, comptant des dizaines d'immeubles à plusieurs étages. Les deux attentats à l'explosif ont eu lieu quasi-simultanément vers 10 heures 45 (heure locale) (9 heures 45 UTC). L'attentat est revendiqué par le groupe « al-Qaida pour le Maghreb islamique », ex-GSPC, qui s'était peu de temps avant affilié à al-Qaida
Un attentat-suicide est commis peu de temps avant l'arrivée du président Abdelaziz Bouteflika à Batna le 7 septembre 2007.
L'explosion fait 22 morts et 107 blessés. Un kamikaze, présumé islamiste, avait dissimulé la bombe dans un sac en plastique qu'il portait et s'était joint à un rassemblement près de la mosquée Djamaa Atik, attendant l'arrivée du président Bouteflika. Ce dernier a été repéré par la population, il a tenté de prendre la fuite et a été poursuivi par un policier. C'est à ce moment qu'il a actionné la bombe. L'assaillant a précipité son action avant l'arrivée du président de la République sur les lieux.
Une première voiture piégée frappe un bus de transport d'étudiants à Ben Aknoun, sur les hauteurs d'Alger, devant le Conseil constitutionnel et à proximité de la Cour suprême le 11 décembre 2007. Une seconde voiture conduite par un kamikaze a explosé devant le siège du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) dans le quartier résidentiel de Hydra, qui abrite également les ministères de l'Énergie et des Finances, ainsi que plusieurs chancelleries et résidences diplomatiques.

Alger 11 décembre 2007 : Crédits photo : Larbi/Reuters
En avril 2010, les chefs d’états major des pays du Sahel, regroupant l’Algérie, la Mauritanie, le Mali, le Niger et le Tchad décident d’augmenter le nombre d’effectifs des forces chargées de la lutte contre le terrorisme de 25 à 75 000 éléments, dans les 18 mois à venir. Un plan sécuritaire permettant aux pays du Sahel cités de bénéficier d’aides militaires de l'armée algérienne. Le bureau de coordination sécuritaire entre les armées des pays du Sahel, installé dans la wilaya de Tamanrasset, est promu à une antenne de commandement habilité à émettre des ordres et faire le suivi des opérations militaires sur zone.
Le 8 janvier 2011, Al-Qaida au Maghreb Islamique enlève deux Français au Niger, l'un faisant partie d'une ONG ; l'autre était un ami du premier. La revendication est authentifiée le 12 janvier 2011 par un document audio. Au cours d'une tentative de libération par les forces françaises, les deux otages, Antoine de Léocour et Vincent Delory, sont tués.
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L’immolation par le feu du jeune Mohamed Bouazizi à Sidi Bouzid le 17 décembre 2010 a été le déclencheur de la révolte. Le mouvement a démarré de la ville de Sidi Bouzid en décembre dernier, après qu'un jeune diplômé du nom de Mohamed Bouazizi se soit immolé par le feu lorsque la police a tenté de lui interdire de tenir son petit stand de vendeur de rue. C'est cet acte qui a été le déclencheur de manifestations dans tout le pays contre la misère, le chômage et le manque de droits démocratiques. 19 auto immolations en Tunisie pendant la révolution Dans un communiqué exclusif d’Attounissia, le Centre de traumatologie et des grands brûlés de Ben Arous, baptisé récemment, « Hôpital Mohamed Bouazizi » confirme que la liste des personnes qui se sont immolées par le feu compte 19 cas ayant des brûlures à différents degrés. Certains d’entre eux ont été hospitalisés et ont pu quitter le centre. Malheureusement d’autres cas n’ont pas pu échapper à la mort. La liste nominative des victimes d'auto immolation par le feu a été clôturée le 19 février 2011: |
Janvier 2011 La révolution du jasmin
répression des manifestants en Tunisie: À quoi ressemble
le climat dans le pays ? « Dans toutes les manifestations, tout le monde demande
le départ de Ben Ali, souligne Radhia Nasraoui. Le peuple veut un nouveau régime
démocratique. » Le mouvement continue-t-il de s’étendre ? « Il monte de plus
en plus du sud vers le nord du pays, constate l’avocate. La capitale est atteinte
depuis deux jours. Une grève générale pourrait frapper Tunis ce vendredi. »
Dans la rue, la situation est très dangereuse. Des militaires occupent les rues.
Cependant…. « L’armée est passive, commente Radhia Nasraoui. Elle n’intervient
pas, même quand il y a du grabuge ou des tirs. » Le bras armé surpuissant de
la répression demeure la police. « Mais malgré les tirs, malgré les morts, les
protestations continuent », reprend la militante des droits de l’homme pour
qui les annonces de libération d’émeutiers ne signifient pas grand-chose : «
Il y a de nombreuses personnes disparues. Personne n’est en sécurité. »
http://berthoalain.wordpress.com/2011/01/09/emeutes-en-tunisie-decembre-2010janvier-2011/
répression des blogueurs en Tunisie: http://www.wat.tv/video/buzz-2-tunisie-repression-3a2c9_2exyh_.htm
La situation en Tunisie tourne au carnage.
![]() |
En raison du black-out imposé par la police politique tunisienne, il existe très peu d’images relatant l’effroyable drame quotidien vécu par la jeunesse de ce pays. Alors que le régime de Ben Ali tente de désamorcer la contestation sociale
qui dure depuis trois semaines en maniant la carotte et le bâton, le bilan
de la répression policière s’est encore alourdi, hier, à au moins 35 morts
identifiés. |
Devant les grands médias français enfin attentifs, l’histoire bascule en Tunisie. A l’heure où nous enregistrions cette émission, l’avenir du régime de Ben Ali semblait encore sur le fil du rasoir. A l'instant même où nous la mettons en ligne, on apprend que Ben Ali a abandonné le pouvoir, et quitté le pays. Nous revenons dans cette émission sur un mois de soulèvement tunisien et la manière dont les médias l’ont traité ou ne l’ont pas traité. On parlera aussi du rôle joué par internet dans cette médiatisation.
Les
dernières heures de Ben Ali en débat par asi
15 Janvier Ben Ali chassé du pouvoir en Tunisie, après un mois de manifestations, et dans l'indifférence des médias français, après une répression qui a fait des dizaines de morts, Ben Ali s'enfuit emportant au passage une fortune en lingots d'or.
et l'impossible arriva: http://www.monde-diplomatique.fr/2011/02/HALIMI/20112
![]() Leïla Ben Ali |
Elle se serait réfugiée à Dubaï à la mi-décembre, dès les premières manifestations hostiles au régime. Trois semaines avant que son président de mari ne l’imite et ne la rejoigne. A Tunis, la rumeur prétend qu’elle aurait emporté dans ses bagages 1.500 lingots d’or subtilisés, avant son départ, dans les coffres de la banque centrale. Elle, c’est Leïla Ben Ali, la seconde épouse du leader tunisien, surnommée la « régente », la femme la plus détestée du pays.
Le lendemain le monde publie (très tardivement) un cable de Wikileaks :
Memo numéro 08 Tunis 679 DATE : 23 juin 2008 ORIGINE : AMBASSADE DES ETATS-UNIS A TUNIS CLASSIFICATION : SECRET
"La famille élargie du président Ben Ali est fréquemment présentée comme
le carrefour de la corruption en Tunisie. Souvent qualifiée de quasi
mafia, une vague allusion à"la Famille"suffit à indiquer de laquelle vous
voulez parler. Il semble que la moitié de la communauté tunisienne des affaires
peut se targuer d'être lié aux Ben Ali par un mariage, et nombre de ces
relations ont su profiter à plein de leurs connexions familiales.
Ce sont surtout l'épouse de Ben Ali, Leila Ben Ali, et sa famille élargie –
les Trabelsi – qui provoquent la colère des Tunisiens." LeMonde.fr "Le frère
de Leila, Belhassen Trabelsi, est le membre le plus connu de la famille et passe
pour avoir trempé dans un grand nombre d'affaires de corruption, depuis
la réorganisation récente du conseil d'administration de la Banque de Tunisie[au
sein duquel Trabelsi s'est fait coopter avant d'y acquérir un poids déterminant
durant les mois suivants]jusqu'à des opérations d'expropriation et d'extorsion
de pots-de-vin." "En dépit de ce que l'on entend dire sur le miracle économique
tunisien et les statistiques positives, le fait que les investisseurs tunisiens
eux-mêmes se tiennent en retrait en dit long. La corruption est un problème
énorme et flagrant, mais nul n'est prêt à en reconnaître publiquement l'existence."
MAM veut aider le dictateur à mater le peuple tunisien
Dans une prise de position remarquée à l'époque, et ce lors d'une visite à M. Ben Ali qu'il qualifie d’ami, Nicolas Sarkozy avait jugé qu'en Tunisie « l'espace des libertés progresse ». http://www.assemblee-nationale.fr/13/cri/2010-2011/20110091.asp#INTER_5
Quand Dominique Strauss-Kahn saluait la politique économique de la Tunisie, après avoir été décoré par le président Ben Ali, en 2008. "L'économie tunisienne va bien (...) la politique économique qui est conduite est saine, et je pense que c'est un bon exemple à suivre pour les pays émergents" déclare DSK avant d'ajouter "Le jugement que le FMI porte sur la politique tunisienne est très positif (...) en Tunisie les choses continueront de fonctionner correctement"
La
chanson à faire circuler en Tunisie par asi
(un petit résumé en chanson et en images)
Tunisie : une évolution historique naturelle selon Emmanuel
Todd : « Une évolution déterminante, car l'histoire montre la concomitance
de trois phénomènes : alphabétisation, baisse de la fécondité et révolution.
» Or, note Todd, la Tunisie a pratiquement achevé son alphabétisation (94,3%
pour les 15-24 ans) et le taux de fécondité y est un des plus faibles au monde.
http://www.rue89.com/yeti-voyageur/2011/01/19/tunisie-une-evolution-historique-naturelle-selon-emmanuel-todd-186447
Clandestin
tunisien: "Des situations inhumaines" par asi
Algérie : "Pas un seul mot n’a été dit sur cette petite
révolution qui a lieu chez nos voisins de l’est, qui polarise pourtant l’actualité
internationale. Il est en effet assourdissant, ce silence des autorités algériennes
qui, de par la proximité historique et géographique avec la Tunisie, auraient
dû jouer le voisin «protecteur» d’un pays «frère et ami» dont le sort s’annonce
en pointillé… Après tout, c’est aussi cela, le «bon voisinage». Mais est-ce
vraiment une surprise qu’Alger observe ce silence de cathédrale? Pas tout à
fait. Il n’est un secret pour personne que les deux régimes, algérien et tunisien,
sont pratiquement les deux faces d’une même médaille." "La répression des
opposants et la fermeture de tous les espaces d’expression à l’opposition et
aux sociétés civiles sont consubstantielles aux régimes de Ben Ali et de Bouteflika.
Ce dernier n’a jamais caché son admiration pour l’Etat policier de «Zinochet»
érigé par la France et les Etats-Unis au rang de «régime stable» avec une façade
faussement moderniste qui profite à la seule clientèle qui gravite autour de
la famille Ben Ali." "C’est, tout compte fait, une bien délicate posture
que celle de l’Algérie officielle, réduite à gloser sur le Soudan et les prix
de la farine et de la semoule pendant que le monde entier – y compris l’Egypte
et l’Arabie Saoudite –salue, même à voix basse, le choix du peuple tunisien."
El Watan dimanche 16 janvier 2011
Manifestations en Algérie 4 morts et 800 blessés:http://berthoalain.wordpress.com/2011/01/07/emeutes-en-algerie-janvier-2011/
16 janvier 4 Personnes ont tenté de s’immoler par le feu
en 48h en Algérie,Faut-il craindre le syndrome de Sidi Bouzid
http://www.algerie360.com/algerie/4-personnes-ont-tente-de-simmoler-par-le-feu-en-48h-en-algeriefaut-il-craindre-le-syndrome-de-sidi-bouzid/
11 Février : Révolution en Egypte : démission du président Hosni Moubarak.
15 février 2011 Chronologie de la révolte Libyenne
d'après http://www.europe1.fr/International/Kadhafi-politiquement-mort-434033/ et http://www.arte.tv/fr/3733356,CmC=3736080.html
les gardes ouvrent le feu à balles explosives sur la foule de civils
Le 15 février, quinze ans après le massacre d'Abou Salim, l’avocat des proches des victimes est enlevé par les sbires de Kadhafi. C’en est trop. Les familles se révoltent et osent manifester devant le siège de la sureté nationale. La réponse du régime est toujours la même, massive, extrêmement brutale, démesurée : les gardes ouvrent le feu à balles explosives sur la foule de civils. Et pour faire bonne mesure, l’aviation intervient et mitraille la manif de l’opposition qui fait mine de marcher sur le Q.G du dictateur. Deux jours plus tard, c’est le début des grandes manifestations. Après la chutte de Khadafi, le CNT annoncera avoir retrouvé 1700 cadavres dans les charniers d'Abou Salim
La Libye : une révolution différente : À la suite du changement de régime qui eut lieu en Égypte, les manifestations se sont intensifiées en Libye. Cependant, la tournure des événements prend une tout autre allure de celle qu'on a pu observer jusqu'à maintenant dans les autres États arabes. Le cas de la Libye est donc à part, tant par la violence de la répression du gouvernement que par le type de régime en place. http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMAnalyse?codeAnalyse=1292
![]() |
Alors que la photo de Khadafi avec Sarkozy
a été supprimée du site de l'Elysée d'après
l'express . Rappelon nous en 2007, Sarkozy invite Kadhafi 5 jours
durant. Et quelle invitation ! 400 personnes débarquent tous frais payés
(à confirmer mais le doute est mince) dans les plus beaux palais de la
République (Hôtel Marigny notamment). Une quarantaine d'amazones pour
la sécurité, forcément... et pour le plaisir des yeux, quelques chameaux
! 5 avions réquisitionnés pour transporter tout ce beau monde. La troupe
est au complet, le spectacle peut commencer ! Quand la France décide de fournir en douce la technologie nucléaire
à des fins civiles et pacifiques à la Libye, elle prétend que c’est pour
dessaliniser de l’eau de mer. Ben voyons…Le 25 juillet 2007, soit
au lendemain de la libération des infirmières bulgares et du médecin palestinien,
la France signait avec la Libye un mémorandum d’entente sur la coopération
nucléaire. Aussitôt, le discours officiel français donne le ton : la Libye
pourra ainsi dessaler de l’eau de mer. Alors que les Français s’interrogent
sur les contreparties de la remise en liberté des soignants, un communiqué
du Quai d’Orsay précise : « comme l’a souligné le
président de la République lui-même, ce texte est destiné à donner
un objectif précis à la coopération franco-libyenne : l’installation en
Libye d’un réacteur nucléaire destiné à la production d’eau potable par
le dessalement d’eau de mer. » |
alors que d'après le Figaro, le nouveau ministre de l'intérieur Henri Gaino a passé ses vacances de Noël en Libye, bien avant le début de la révolte populaire qui menace le régime du colonel Mouammar Kadhafi, lors d'un séjour privé, révèlent Les Inrockuptibles à paraître mercredi. Dans un entretien accordé au mensuel, M. Guaino confirme avoir passé "quatre jours et quatre nuits" autour de la Saint-Sylvestre chez l'ambassadeur de France à Tripoli à titre "privé". "Je n'ai rencontré personne, sur le tarmac, qui m'a offert de me transporter en avion privé", a assuré la "plume" du chef de l'Etat en référence à la polémique sur les vacances de Noël tunisiennes qui ont provoqué le départ du gouvernement, dimanche, de Michèle Alliot-Marie.

15 février : La police disperse par la force un sit-in contre le pouvoir à Benghazi, deuxième ville du pays et bastion de l'opposition.
17 février : La journée de la colère début de la révolte Libyenne
Une "Journée de la colère" est lancée sur Facebook. Des victimes
commencent à être signalées dans l’est du pays.
Un vent de révolte souffle également sur la Libye. Inspirée par les événements
en Tunisie et en Égypte, la jeunesse libyenne a appelé à une "journée de la
colère" contre le régime du colonel Kadhafi -au pouvoir depuis près de 42 ans.
Le mouvement de contestation a débuté mardi, à Benghazi, la deuxième ville du
pays. 6 manifestants y ont été tués aujourd'hui lors d'affrontements avec les
forces de l'ordre, selon des sites d'opposition. Difficile d'avoir des informations
précises : les milices des comités révolutionnaires veillent au grain, les médias
sont muselés et les réseaux téléphoniques, très perturbés depuis hier soir...
Journée de la colère... Hier, un sit-in pacifique contre le pouvoir y aurait
été brutalement dispersé par les forces de l'ordre- au moins 14 manifestants
auraient été tués et 38 blessés selon des organisations de défense des droits
de l'homme et des sources hospitalières. Une répression qui a fait le tour de
l'internet. Alertés par les réseaux sociaux, de nombreux jeunes auraient répondu
à l'appel à manifester pour "la journée de la colère" ce jeudi. L'Union européenne,
Londres et l'organisation de défense des Droits de l'Homme, Amnesty international
demandent à Tripoli de ne pas recourir à la force. Même ton du côté de Washington,
les États-Unis demandent au régime libyen de " prendre des mesures spécifiques
qui répondent aux aspirations et aux besoins et aux espoirs de leur peuple".
...et de la répression Le régime a aussitôt lancé sa machine de répression contre
ceux qu'il qualifié de "saboteurs". Zenten, à 145 kilomètres de Tripoli, a été
le théâtre de violentes manifestations. Des locaux de la police et des comités
révolutionnaires ont été incendiés par les protestataires. Plusieurs dizaines
de personnes auraient été arrêtées. Des émeutes se sont également produites
dans la ville d'Al-Baïda, à 1200 km à l'est de la capitale, les forces de la
Sécurité intérieure et les milices des comités révolutionnaires auraient dispersé
la foule en usant de balles réelles - bilan officiel : deux morts. les sites
d'opposition et de défense des droits de l'homme libyens font état de 4 à 13
manifestants tués. Des dizaines de blessés ont également été signalés ainsi
que de nombreuses arrestations.
ARTE Journal du 17
février 2011
18 février : Des sources médicales font un premier bilan de 24 morts, dont 14 victimes pour la seule ville de Benghazi.
La révolte se poursuit en Libye ce vendredi. Selon des informations de l'organisation Human Rights Watch, au moins 24 personnes y ont été tuées et des dizaines d'autres blessées depuis mardi soir, à la suite "d'attaques sauvages des forces de sécurité sur des manifestants pacifiques".
Tirs à balles réelles contre les manifestants
Hier, plusieurs centaines de manifestants ont défilé à Al-Baïda, Benghazi, Zenten,
Derna et Adjabiya. Selon de nombreux témoins, les forces de sécurité ont tiré
à balles réelles pour disperser la foule. C'est dans la ville d'Al-Baïda, à
1200 km de Tripoli, que le plus grand nombre de blessés à été signalé : des
sources hospitalières affirment avoir accueilli 70 personnes, dont la moitié
seraient dans un état grave en raison de blessures par balles.
Extrême violence aussi à Benghazi, bastion de l'opposition libyenne
situé à un millier de kilomètres de la capitale. Au moins 8 personnes y ont
été tués, jeudi. Des manifestants affirment que des hommes en civil, armés
de couteaux, se sont joints au cortège pour s'attaquer aux protestataires.
Ce matin, l'armée a été déployée dans les rues de Benghazi, où aucune nouvelle
manifestation n'est signalée pour l'instant. Selon la radio libyenne, Saadi
Kadhafi, l'un des fils du colonel Mouammar Kadhafi, aurait pris la fonction
de maire dans la ville "afin d'assurer la sécurité de la population".
ARTE Journal du 18
février 2011
19 février : Au-delà de l’armée, des "mercenaires africains" participent à la répression contre les manifestants. Des témoins les décrivent tirant sur la foule.
20 février : Alors que son père ne s’est pas exprimé depuis le début du mouvement de révolte, Seif Al-Islam, le fils du colonel Kadhafi, brandit la menace d'un bain de sang et promet des réformes, en direct à la télévision. Sur le terrain, des heurts sanglants sont signalés à Benghazi, à Al-Baïda et à Tripoli.
21 février : Insurrection armée
Comme des dominos, plusieurs villes tombent
aux mains des manifestants après des défections de l'armée,
selon la Fédération internationale des ligues de droits de l'Homme. Dans le monde, plusieurs hauts dignitaires libyens, notamment des ambassadeurs, commencent à prendre leurs distances avec le régime. Le colonel Kadhafi fait une apparition à la télévision pour démentir les rumeurs d'une fuite à l'étranger.
Benghazi, Darna, El Beïda, Ajdabia, El Kouba, Kabarka, Zenten, Tajoura, Sedrata, Ifran, Jado et désormais Tripoli, depuis ce weekend le mouvement de contestation s'étend toujours plus en Libye. Et c'est par un déluge de feu que le régime Kadhafi répond aux manifestants. Ce matin, Human Right faisait état de 233 morts, un bilan humain qui s'alourdit encore d'heure en heure. Des rumeurs ont fait état de la fuite du colonel Kadhafi au Venezuela, Caracas a démenti.
"Benghazi libérée''
Le drapeau de l'indépendance flotte sur Benghazi. En révolte depuis le 15 février
dernier, ce fief de l'opposition, situé à un millier de kilomètres de Tripoli,
est passé aux mains des protestataires ce lundi. Depuis dimanche, la ville est
le théâtre de très violentes émeutes. Les manifestants ont incendié la station
de radio locale ainsi que plusieurs postes de police et des locaux des comités
révolutionnaires. Ils ont également investi et bloqué l’aéroport de la ville.
Selon la chaîne américaine CNN, des tireurs d'élite ont tiré sur la foule depuis
des hélicoptères déployés par l'armée libyenne. Selon plusieurs autres sources
concordantes, le régime libyen aurait même engagé des "mercenaires africains"
pour appuyer ses forces de sécurité. De source médicale, plus de 300 personnes
y ont été tuées et 2000 autres blessées au cours de ces trois derniers jours.
Les forces spéciales de l'armée ont fini par rejoindre les manifestants pour
livrer bataille aux milices du colonel Kadhafi. Et ce soir, des chants de victoire
résonnent dans tout Benghazi. D'autres villes de l'est de la côte libyenne seraient
également passées dans le camp de l'opposition, difficile de vérifier ces informations,
les liaisons restent très perturbées.
Les affrontements ont gagné Tripoli
Jusqu'ici relativement épargnée par les manifestations, la capitale libyenne,
à son tour, est le théâtre d'émeutes entre opposants et forces de sécurité.
Des tirs nourris ont été entendus, la nuit dernière, dans plusieurs quartiers
de Tripoli. Des heurts entre contestataires et sympathisants du régime ont notamment
eu lieu sur la Place verte, au centre ville. De source médicale, plus de 60
personnes ont été tuées au cours de la nuit dernière dans la capitale. Les affrontements
se sont poursuivis ce lundi- aucun bilan n'est encore disponible. Pendant ce
temps, la télévision d'État diffuse en boucle images censées être filmées "en
direct" de manifestants pro-Kadhafi sur la principale place de Tripoli. Elle
multiplie également les communiqués sur des "opérations anti terroristes" menées
par les forces de sécurité.
Le fils Kadhafi promet une "rivière de sang"
Mais le régime reste sourd à l'appel des religieux comme aux revendications
de la population. Seïf Al-Islam a annoncé, dimanche soir dans un discours à
la télévision d'état, que l'armée défendrait le régime jusqu'au bout, évoquant
même des "rivières de sang". Le fils de Mouammar Khadafi a également déclaré
que le peuple devait choisir soit de construire une "nouvelle Libye", soit de
plonger dans la "guerre civile" avant d'ajouter : "Notre moral est au plus haut
et le leader Mouammar Kadhafi, ici à Tripoli, conduit la bataille et nous le
soutenons ainsi que nos forces armées (...) Nous ne lâcherons pas la Libye et
nous combattrons jusqu'au dernier homme, jusqu'à la dernière femme et jusqu'à
la dernière balle." Le ton de Seïf Al-Islam s'est également fait accusateur
: selon lui, les affrontements sont provoqués par "des éléments libyens et étrangers
visant à détruire l'unité du pays et instaurer une république islamiste", selon
ces déclarations retransmises par la télévision d'État libyenne. Ce soir, le
fils du dictateur libyen a annoncé une commission d'enquête sur les violences.
ARTE Journal du 21 février 2011
22 février : Dans un discours à la télévision enflammé, souvent confus, le colonel Kadhafi assure qu'il se battra jusqu'à la mort, menace d'un bain de sang et appelle ses partisans à lui exprimer leur soutien. Le Conseil de sécurité de l'ONU exige "la fin immédiate" des violences.

300 à 400 morts au bout d'une semaine.
Selon les organisations de défense des droits de l'Homme, c'est
un véritable bain de sang qui est perpétré actuellement en Libye. La Fédération
internationale des ligues de droits de l'Homme (FIDH) avance un bilan de 300
à 400 morts depuis le début de la contestation, le 15 février ( soit en une
semaine seulement ) . Human Rights Watch, de son côté, fait état d'au moins
soixante-deux morts à Tripoli, depuis dimanche. Les Nations-Unies confirment
des bombardements, l'utilisation d'avions et d'armes lourdes pour tirer sur
la foule. Des bilans qui pourraient encore être revu à la hausse mais il est
difficile d'obtenir des informations précises sur le nombre de victimes - les
communications avec la Libye sont interrompues ou coupées suivant les zones.
Plusieurs villes de l'est du pays, seraient désormais passées sous le contrôle
des protestataires.
Kadhafi prêt à se battre jusqu'à la dernière goutte de son sang
Mouammar Kadhafi s'est adressé à son peuple, en fin d'après-midi. Dans son discours,
diffusé en direct par la télévision d'État, le leader libyen a affirmé qu'il
resterait en Libye, en tant que "chef de la révolution''. Il ordonne à l'armée
et la police de reprendre la situation en main tout en menaçant les manifestants
armés de la peine de mort. Il menace les "rebelles" d'une riposte "similaire
à Tiananmen, en Chine et Falloudjah en Irak et dit prêt à "purger la Libye maison
par maison" pour mater la révolte. Kadhafi appelle également ses partisans à
manifester à partir de mercredi. Hier soir, pour la première fois depuis le
début de la révolte, le leader libyen a fait une brève apparition à la télévision
d'état, mettant ainsi fin aux rumeurs sur son départ au Venezuela. La télévision
officielle libyenne dément les informations sur les massacres contre les manifestants
anti-régime et évoque des "mensonges et des rumeurs" destinés à "détruire le
moral, la stabilité et la richesse de la Libye".
ARTE Journal du 22
février 2011
23 février : Après l’Est de la Libye, c’est peu à peu l’Ouest du pays qui tombe aux mains des manifestants.
Face à cette vague de violence, des milliers de personnes, Libyens et étrangers vivant sur place, quittent le pays.
Après Benghazi, la ville de Tobrouk (est de la Libye) est à son tour est passée sous le contrôle de l'opposition. Une "libération", au terme de trois jours de combats contre les milices de Kadhafi, que la population accueille dans la liesse. Désormais, la quasi-totalité de la partie orientale de la Libye échapperait au contrôle du régime, en partie grâce à l'armée qui a soutenu les manifestants. Les défections de soldats et officiers libyens semblent se multiplier. Dans le reste du pays, les violences se poursuivent. Un bain de sang que le régime continue à nier. Le président du parlement libyen a ainsi assuré ce matin que le calme avait été "rétabli dans la plupart des grandes villes" du pays, où "les forces de sécurité et de l'armée ont repris leurs positions".
Le ministre de l'Intérieur libyen change de camp
Selon une information de la chaîne qatarie Al-Jazira, le ministre libyen de
l'Intérieur, Abdel Fatah Younes, s'est rallié, hier "à la cause du peuple" avant
de réclamer le départ du numéro un Mouammar Kadhafi. Plusieurs hauts responsables
libyens, dont le ministre de la Justice et de nombreux militaires, ont également
changé de camp au cours de ces trois derniers jours, selon des informations
concordantes.
Premier bilan officiel
Le ministère libyen de l'Intérieur a communiqué son premier bilan hier sur le
nombre de victimes de la répression, il évoque 300 morts - 242 civils et 58
militaires. Des sources hospitalières font quant à elles état de plus d'un millier
de morts. Des informations toujours difficiles à vérifier : les médias libyens
restent contrôlés par le régime, aucun média privé n'existe en Libye et les
communications sont coupées ou très perturbées sur l'ensemble du territoire.
Ce mercredi, la Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme a
annoncé que les violences liées au soulèvement anti-Kadhafi ont fait deux fois
plus de victimes que le bilan oublié par Tripoli : au moins 640 morts, dont
275 à Tripoli et 230 à Benghazi.
L'ONU exige la fin des violences, La Ligue Arabe dénonce une "grave violation des droits de l'Homme", Paris et Berlin se déclarent "révoltés", L'UE annonce qu'elle pourrait prendre des sanctions, Les évacuations de ressortissants se poursuivent.
ARTE Journal du 23 février 2011
24 février : Au total, plus de 30.000 Tunisiens et Egyptiens ont déjà fui la Libye pour échapper à la répression. Dans un nouveau message, sonore et enregistré celui-ci, Kadhafi affirme que les manifestants sont "drogués" et servent les intérêts du chef d'Al Qaïda Oussama Ben Laden.
La Libye est coupée en deux. Dans la partie est l'opposition gagne toujours plus de terrain, alors que l'ouest reste aux mains du régime Kadhafi et de ses milices et mercenaires sanguinaires. Selon plusieurs témoignages, les morts se compteraient désormais par milliers...
Contre attaque à Zaouia
L'ancien drapeau libyen, rouge, noir et vert, flotte désormais sur Tobrouk,
Benghazi et Zaouia, désormais sous contrôle de l'opposition. Mais le calme n'y
règne pas pour autant. Ce matin, selon des témoins, une unité de l'armée libyenne
a attaqué à l'armée lourde une mosquée de Zaouia où étaient réunis des dizaines
de manifestants. le minaret aurait été détruit par un tir de missile anti-aérien.
Il y aurait au moins 10 morts et des dizaines de blessés, selon la presse libyenne.
Plusieurs habitants affirment qu'un représentant du régime s'était rendu dans
la ville mercredi pour menacer la population...
Les insurgés avancent vers Tripoli
L'opposition est désormais rejointe par un nombre croissant de civils et de
chefs de clans, un appui décisif, car ces derniers rallient à chaque fois des
milliers de personnes. Les insurgés promettent de" libérer" la capitale. À chaque
ville ou village qui tombe, le régime réplique par des bombardements ou des
descentes de miliciens. Un nouveau bain de sang aurait notamment été perpétré
près de Mirsuta, dans l'ouest de la Libye. Des habitants qui avaient pris possession
d'un petit aéroport auraient été attaqués au lance-roquettes et au mortier.
Un peu partout en Libye, des témoins font également état de viols perpétrés
par les mercenaires qui combattent aux côtés des troupes fidèles au général
Kadhafi.
ARTE Journal du 24 février 2011
25 février : Kadhafi a fait une apparition à Tripoli et appelé ses partisans à prendre les armes pour défendre la Libye. Les combats continuent dans l'Ouest du pays et gagnent les environs de la capitale.
Au 11ème jour de l'insurrection en Libye, la répression du régime s'intensifie. Selon des témoins joints au téléphone par l'AFP, les forces de l'ordre ont tiré à sur des manifestants dans plusieurs quartiers de Tripoli, faisant de nombreuses victimes. L'ONU dénonce une situation alarmante et évoque désormais des milliers de blessés et de tués. Toujours selon les Nations-Unies, la chaîne d'approvisionnement de nourriture en Libye serait au bord de l'effondrement. Selon l'OIM, l'Organisation Internationale pour les Migrations, entre 40.000 et 50.000 migrants ont fui la Libye depuis lundi. En fin d'après-midi, la télévision libyenne a diffusé des images de Mouammar Kadhafi sur la Place Verte à Tripoli.
L'est sous contrôle de l'opposition,
combats à l'ouest L'étau se resserre toujours plus autour du régime du général
Kadhafi. L'opposition a pris le contrôle des principales villes de la partie
orientale et pétrolière du pays. Hier soir, l'ambiance était à la fête à Benghazi,
berceau de la révolution libyenne. Les insurgés craignent toutefois de nouvelles
attaques des milices du régime. Dans la partie ouest, les combats se poursuivent,
notamment à Musratah, à 150 kilomètres de Tripoli et Zawiyah, à une soixantaine
de kilomètres de la capitale. La ville de Zouara (120 km à l'ouest de Tripoli)
serait en revanche passée sous le contrôle des opposants au régime. Ces derniers
se disent toujours déterminés à marcher sur Tripoli.
Situation confuse dans la capitale
Difficile d'obtenir des informations précises sur la situation sécuritaire à
Tripoli, où les partisans du "Guide" se concentrent, comme son appareil de répression.
La milice terrible milice Khami, aux ordres de Kadhafi, disposerait notamment
de 9.000 combattants, de chars et d'avions. L'opposition a appelé à une nouvelle
manifestation aujourd'hui dans la capitale. Selon des témoins, plusieurs manifestants
ont été tués et blessés par des tirs, y compris à l'arme lourde.
Abandon du poste-frontière avec l'Égypte
Le drapeau de la monarchie libyenne, emblème de la révolte, flotte sur la guérite
du poste frontière d'Amsaad. Les lieux sont désormais gardés par des soldats
rebelles libyens. Le retour des milliers d'Égyptiens (2 millions de travailleurs
Égyptiens étaient présents en Libye) est désormais largement facilité. La situation
est en revanche beaucoup plus difficile pour des milliers de travailleurs asiatiques,
bloqués à cette frontière, dans l'attente d'un visa pour l'Égypte.
ARTE Journal du 25 février 2011
26 février : L'ONU, les Etats-Unis et l'UE commencent à prendre des sanctions contre le régime libyen, bloquant notamment les avoirs à l'étranger du clan Kadhafi.
28 février : Les Etats-Unis ont envoyé des forces aériennes et navales près de la Libye en écartant toutefois toute intervention armée, pour le moment. Mouammar Kadhafi, dans une interview accordée à la chaîne ABC, a déclaré être aimé par son peuple. Des déclarations jugées "délirantes" par l'ambassadrice des Etats-Unis à l'ONU, qui réclame le départ du dirigeant libyen.
"Tout est sous contrôle", dixit le colonel Kadhafi. Une affirmation qui n’a rien à voir à ce qu’il se passe sur le terrain. Jour après jour, l’opposition gagne du terrain. Dans l’est de la Libye, l’opposition a pris son destin en main. A Benghazi, berceau de la révolte libyenne, un Conseil national indépendant a été mis en place. Son rôle : coordonner les villes libérées. Nafusa, Nalout, désormais c’est plus à l’ouest du pays que les villes sont libérées, les unes après les autres. L’opposition se prépare à marcher sur Tripoli.
La communauté internationale au chevet de la Libye
Sur le plan international, Bruxelles a adopté lundi un embargo sur les armes
et des gels d’avoirs visant vingt-siw responsables libyens. "Insuffisant", estiment
plusieurs pays européens, qui réclament un gel de tous les paiements en faveur
de Tripoli. Dès vendredi, le conseil de sécurité de l’ONU a adopté une série
de sanctions contre le dictateur libyen. Gel des avoirs, interdiction de voyager
et embargo sur les ventes d’armes à la Libye, d’autres mesures contre le Guide
de la révolution libyenne et ses proches sont à l’étude.
ARTE Journal du 28 février 2011
29 février Le bilan des violences en Libye reste difficile à évaluer.
Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a parlé d'un millier de morts. A Benghazi seule, 256 personnes ont été tuées et 2000 blessées, selon des médecins de cette ville cités dimanche par le Comité international de la Croix Rouge. Face à ce bain de sang, la communauté internationale presse de plus en plus Kadhafi de quitter le pouvoir.
11h30 : Des combats opposent à Misrata anti-Kadhafi et forces gouvernementales. Les insurgés ont abattu un avion militaire, a déclaré un témoin à Reuters. "Les forces de Kadhafi ne contrôlent qu'une petite partie de la base. Les manifestants contrôlent une grande partie de la base, celle où se trouvent les munitions", a-t-il ajouté. Misrata, située à 200 km à l'est de Tripoli, est sous le contrôle des opposants au régime.
13h50 : l'opposition affirme avoir abattu un hélicoptère. Des opposants au régime ont affirmé avoir touché lundi un hélicoptère militaire près de la ville de Misrata (150 km à l'est de Tripoli) après que l'appareil eut tiré des roquettes sur l'antenne de transmission de la radio locale. "L'hélicoptère a tiré trois roquettes sur l'antenne de transmission de Radio Misrata. Il a été touché par des tirs de canons antiaériens en riposte", a déclaré un porte-parole de l'opposition joint par téléphone, sans être en mesure de confirmer des informations faisant état de la chute de l'appareil.
15h20 : Kadhafi ne contrôle plus les champs de pétrole. Le régime de Mouammar Kadhafi ne contrôle plus les principaux champs de pétrole de Libye, désormais entre les mains de l'insurrection, a indiqué lundi le commissaire européen à l'Energie Gunther Oettinger. Dans ces conditions, "nous avons décidé de ne pas imposer un blocus pour ne pas pénaliser les personnes qui ne seraient pas celles visées par des sanctions", a-t-il ajouté en marge d'une réunion des ministres européens de l'Energie. En Libye, "la production (pétrolière) a subi un coup d'arrêt, mais les exploitations devraient reprendre", a-t-il précisé. "Les exportations de gaz et de pétrole de la Libye ne sont pas négligeables, mais elles ne sont pas énormes. Le gaz (libyen) représente moins de 3% du volume total du marché de l'UE et le pétrole moins de 10%", a souligné le commissaire.
15h28 : une manifestation anti-Kadhafi à Tripoli. Quelque 400 manifestants ont scandé lundi des slogans hostiles au dirigeant libyen Mouammar dans le quartier de Tadjoura, dans l'est de Tripoli, a rapporté une journaliste de Reuters présente sur place. Peu après, plusieurs véhicules 4X4 ont fait irruption sur la place sur laquelle se tenait la manifestation et les occupants, coiffés de bandanas vertes, ont sauté dehors et tiré en l'air pour tenter de disperser les manifestants.
15h59 : des dépôts de munitions bombardés. Des dépôts de munitions dans des zones sous le contrôle de la rébellion dans l'est de la Libye ont été visés lundi par des raids aériens des forces du dirigeant Mouammar Kadhafi, selon des sources concordantes à Benghazi. Des avions ont frappé un dépôt à Adjabiya, à une centaine de km au sud de Benghazi, selon un témoin joint par téléphone, qui n'était pas en mesure de préciser l'étendue des dégâts. Un militaire de réserve à Benghazi, prénommé Adel, a pour sa part fait état de raids menés par deux avions sur Adjabiya et Rajma, à 15 km au sud de Benghazi, affirmant qu'ils avaient été repoussés par les tirs de la DCA. Selon lui, le raid à Adjabiya a détruit une citerne d'eau sans toucher le dépôt, ni faire de victime.
21h53 : au moins deux morts. Des forces fidèles à Mouammar Kadhafi ont tiré lundi soir sur des passants à Misrata, faisant au moins deux morts et un blessé grave, a indiqué à l'AFP un témoin joint par téléphone. "Des hommes armés pro-Kadhafi ont tiré sur des passants depuis leur véhicule. Deux martyrs et un blessé grave ont été admis au Complexe des cliniques de Misrata", à 150 km à l'est de Tripoli, a indiqué à l'AFP ce témoin sous couvert de l'anonymat. "Ils tirent encore sur les gens", a-t-il dit. On distinguait des coups de feu au téléphone. "Les habitants ont toujours le contrôle de la ville. Mais ils ne sont pas armés et nous sommes encerclés par les forces de Kadhafi". Les villes de Zliten, à l'ouest de Misrata, et Syrte, ville natale du colonel Kadhafi, à l'est, sont toujours sous contrôle du régime, a-t-il rappelé.
1 mars
début en Mars de la révolte et de la répression en Syrie
Alors que Mouammar Kadhafi campe sur ses positions, l'armée américaine prend de plus en plus place en Libye. La France, de son côté, lance une opération humanitaire. En attendant, l'opposition au leader libyen accroît son emprise et se renforce dans le pays, contrôlant de plus en plus de zones, y compris les principaux champs de pétrole.
11h02 : L'armée libyenne a renforcé sa présence à Dehiba, poste-frontière avec la Tunisie, dans l'ouest de la Libye. Les militaires de Mouammar Kadhafi se sont aussi déployés à Nalout pour ne pas voir la ville tomber aux mains des insurgés.
11h23 : La situation à la frontière entre la Libye et la Tunisie a atteint un niveau de "crise", s'est alarmé le Haut commissariat des Nations unies aux Réfugiés (HCR). Depuis le 20 février, 70.000 à 75.000 personnes y sont passées, fuyant la répression de Tripoli.
13h15 : Kadhafi est "politiquement mort", d'après une source au Kremlin citée par l'agence Interfax. Le dirigeant libyen "n'a pas sa place dans le monde civilisé" et doit quitter le pouvoir, a ajouté cette source.
mardi 1 mars : 15° jour de révolution en Lybie
les soulèvements du monde arabe ont rendu obsolètes la lecture du monde en termes de choc des civilisations

L'opposition contrôlait lundi de vastes zones en Libye, y compris les principaux champs de pétrole, alors que le colonel Kadhafi, au pouvoir depuis plus de 40 ans, restait sourd à la pression internationale. Au 14e jour de l'insurrection, ses forces ne contrôlaient plus que Tripoli et sa région. Après l'ONU et les Etats-Unis, l'Union européenne a adopté lundi un embargo sur les armes contre la Libye ainsi qu'un gel des avoirs et des interdictions de visa contre le colonel Kadhafi et 25 de ses proches. Partout dans le monde les avoirs de Khadafi et de ses proches sont gelés.
C'est une guerre qui se déroule là-bas, avec bombardements de dépots de munitions, d'antennes télés, de mosquées etc, mercenaires étrangers, tirs sur la foule à balles réelles. Les révoltés attaquent les casernes, saisissent les armes et les chars. Une enquete va être ouverte par le tribunal pénal international pour crime contre l'humanité.
2 mars contre offensive d'envergure des troupes de kadhafi
« Des milliers de morts en cas d'une intervention militaire étrangère.
» Mouammar Kadhafi, au pouvoir depuis près de 42 ans, persiste et signe. Le
dirigeant libyen s’est exprimé une nouvelle fois dans une intervention télévisée.
Il s’est dit prêt à combattre « jusqu’au dernier homme et jusqu’à la dernière
femme ». Au seizième jour de la révolution libyenne les forces loyales au colonel
Kadhafi ont lancé une contre-offensive, des combats ont eu lieu dans plusieurs
villes de l'Est du pays. Selon des témoins il y aurait eu des bombardements
aveugles dans les villes rebelles D’Ajdabiya et de Marsa el Brega. Ajdabiya
est connue pour abriter une caserne et un dépôt de munitions et Marsa el Brega
un important terminal pétrolier.
Aux frontières libyennes la situation est critique. Des dizaines de milliers
de réfugiés s’entassent dans des camps de fortune. Une grande partie d’entre
eux dorment en plein air. Dans la journée, Londres et Paris ont lancé une opération
d’envergure avec des ponts aériens pour rapatrier des réfugiés vers Le Caire,
Tunis et Djerba.
3 mars : 6000 morts depuis le début de la révolution
Mercredi et jeudi, la ville de Brega a été bombardée par les troupes
libyennes faisant au moins 12 victimes. Selon la Ligue libyenne des droits de
l’homme les violences auraient fait au moins 6.000 morts depuis le début de
l’insurrection.
Gels des avoirs et interdictions de visas Les sanctions européennes qui visent
le clan Kadhafi sont entrées jeudi en vigueur. Elles ciblent plusieurs proches
du colonel Kadhafi. Désormais, toute arme ou équipement permettant de réprimer
ne devrait plus être livré à Tripoli.
La pression s’accentue aussi du côté de la Cour pénale internationale. Le
procureur, Luis Moreno-Ocampo a annoncé l’ouverture d’une enquête pour crimes
contre l’humanité contre le colonel Kadhafi et ses fils. Il s’agit de la
première enquête de la CPI lancée à l’encontre d’un dictateur en fonction.
ARTE Journal du 3 mars
2011
Réécoutez le reportage de Richard Place entre Ajdabiya et Brega diffusé le 3 mars sur France Info (1'56")
4 mars
De violents combats entre force loyales au colonel Kadhafi
et les insurgés ont fait de nombreux morts à Ras Lanouf- le bilan n’est pas
connu pour l’instant. Alors que la révolte libyenne est entrée dans sa troisième
semaine l’armée poursuit sa contre-offensive dans l’Est du pays. L’aviation
a une nouvelle fois bombardée les villes de Brega et d’Ajdabiyah. L’appel lancé
par l’opposition pour manifester dans la capitale Tripoli a été entendu. Tout
de suite après la prière une centaine de personnes se sont rassemblées dans
le quartier rebelle de Tajoura. Ils ont été dispersés à coup de gaz lacrymogène.
Le Colonel Kadhafi et 15 autres Libyens sont dans le collimateur d’Interpol.
Une alerte a été lancée auprès des 188 Etats membres de son organisation afin
de veiller notamment à ce que les interdictions de voyager et le gel de leurs
avoirs soient respectés. Une manière aussi pour les policiers d’Interpol dont
le siège est à Lyon, d’épauler la Cour pénale internationale à la Haye dans
son enquête pour crimes contre l’humanité en Libye.
ARTE Journal du 4 mars
2011
8 mars
Alors que le régime Kadhafi lance de nouveaux raids aériens
sur la région de Ras Lanouf dans l'est de la Libye, la communauté internationale
se positionne de plus en plus en faveur de l'établissement d'une zone d'exclusion
aérienne sur la Libye. Et cette information à prendre encore avec précaution
: selon le quotidien arabe Al Bayan publié a Dubaï et Al Jazeera, la chaîne
de télévision qatarie, Mouammar Kadhafi chercherait une issue "honorable" à
la crise civile qui frappe son pays. Le numéro un libyen aurait évoqué une réunion
du Congrès Général du Peuple, l'équivalent du parlement, pour examiner les conditions
de son départ contre des garanties financières.
Pilonage intensif à l'ouest de Ras Lanouf, L'armée de l'air libyenne
a débuté, cet après-midi, un pilonnage intensif de la base avancée des insurgés
à proximité de la ville. Plusieurs raids, ce matin, ont également visé les positions
rebelles près du port pétrolier.
Selon l'opposition libyenne, Zenten située à 120 km au sud-ouest de Tripoli est désormais sous contrôle des insurgés. Mais les forces loyalistes encercleraient la ville et auraient déployé l'artillerie lourde, selon Florent Marcie, un réalisateur de documentaires présent sur le terrain. Selon cette même source, les opposants contrôleraient désormais toutes les villes jusqu'à Nalout, près de la frontière tunisienne,Zenten étant la position rebelle la plus proche des troupes pro-Kadhafi. Dimanche la contre-attaque des pro-Kadhafi y avait été particulièrement violente.
Désorganisation de la rébellion
Entre deux frappes aériennes le long des positions rebelles dans l'est de la
Libye, les insurgés se divisent sur la stratégie à suivre. Le soulèvement se
militarise toujours plus, mais aucune planification ou commandement unifié ne
lui permet de s'organiser de manière coordonnée. De plus, bon nombre de ces
hommes n'ont jamais combattu, ce qui génère de nombreuses pertes humaines. Selon
les estimations, entre 6000 et 8000 Libyens sont spontanément monté au front,
souvent avec leur véhicule et leur équipement militaire personnel. Ils puisent
également dans les stocks d'armes des villes dont ils ont réussi à prendre le
contrôle.
10 mars
Recul des insurgés
C'est une défaite importante pour les insurgés qui semblent en passe de perdre
Ras Lanouf. Ces derniers jours, ils s'étaient pourtant montrés déterminés à
se battre pour conserver ce port pétrolier stratégique, point le plus avancé
de leur progression vers Tripoli. Mais la riposte des forces fidèles au colonel
Kadhafi aura eu raison de leur détermination. Face aux tirs nourris de roquette
et aux raids aériens, ils ont du faire marche arrière aujourd'hui. La Croix
rouge internationale craint le pire et n'hésite plus à parler de guerre civile.
Zawiyah retombe sous le joug de Kadhafi
Autre défaite de poids : Zawiyah, à 40 km à l'Ouest de Tripoli. Ici aussi, les
insurgés ont perdu la bataille. En représailles, les forces de Kadhafi ont procédé,
toute la journée, à des vagues d'arrestations, afin de punir les responsables
de l'insurrection. Des immeubles et des maisons du centre ville ont été prises
d'assaut.
15 mars Les forces pro-Kadhafi poursuivent leur avancée vers l'Est.
Les villes tenues par les rebelles tombent les unes après les
autres sous les bombardements. C'est maintenant la bataille de Benghazi, fief
des insurgés, qui se profile. Pendant ce temps-là, la communauté internationale
n'en finit pas de discuter d'une éventuelle zone d'exclusion aérienne.
L'armée libyenne déterminée L'inquiétude grandit dans les rangs des
insurgés.
Jour après jour, ils perdent du terrain, acculés par l'offensive massive des
forces pro-Kadhafi. Après Ras Lanouf et Brega, c'est désormais Ajdabiya qui
est menacée. Ce matin quatre obus sont tombés à 6 km à l'ouest de l'entrée de
la ville, selon des rebelles sur place. 5 personnes auraient été blesses. Les
civils commencent à fuir. Si Ajdabiya tombait, toute la Cyrénaïque serait menacée.
Car d'Ajdabiya, une route mène directement à Tobrouk, la ville la plus à l'est
du pays. Benghazi, fief des insurgés, se retrouverait alors piégée. L'armée
libyenne s'est dite déterminée à «purger» l'ensemble du pays.
ARTE Journal du 15
mars 2011
16 mars
Tandis que les forces pro-Kadhafi avancent vers Benghazi, refuge de l'opposition, les occidentaux tergiversent. Certains comme la France, sont prêts à intervenir, avec l'appui de quelques pays arabes. Vingt-six personnes ont été tuées depuis mardi à Ajdabiya, dernier verrou des rebelles à 160 km au sud de leur fief de Benghazi, dans des combats entre insurgés et forces gouvernementales.
Benghazi, dernier rempart contre la dictature
Le dirigeant Mouammar Kadhafi a affiché sa détermination à "écraser l'ennemi",
l'armée libyenne annonçant son arrivée imminente à Benghazi, ville symbole de
la révolte, l'Occident restant impuissant à stopper la répression sanglante
de l'insurrection. L'ONG Médecins sans Frontières (MSF) a retiré son personnel
de la ville, soulignant que "tout le monde évacue Benghazi, humanitaires comme
journalistes".
Misrata sur le point de tomber
Les forces fidèles au dirigeant libyen Mouammar Kadhafi ont mené mercredi une
offensive sur la ville de Misrata (ouest) contrôlée par la rébellion, faisant
au moins quatre morts et une dizaine de blessés.
Kadhafi et son ami Sarkozy
«Mon ami» le président français Nicolas Sarkozy est «fou», estime le
dirigeant libyen Mouammar Kadhafi dans une interview qui devait être diffusée
mardi soir par une télévision allemande. «C'est mon ami, mais je crois qu'il
est devenu fou. Il souffre d'une maladie psychique. C'est ce que dit son entourage.
Ses collaborateurs disent qu'il souffre d'une maladie psychique», affirme le
dictateur.
17 mars La rébellion en passe d'être matée
Les forces de Mouammar Kadhafi devaient livrer jeudi une bataille "décisive" pour reprendre Misrata, une ville de 500,000 habitants, l'un des derniers bastions aux mains des insurgés en Libye, à quelques heures d'un vote à l'ONU sur une zone d'exclusion aérienne visant à freiner la répression de la révolte. Les loyalistes ont mené une offensive sur Misrata, une ville sur la route de Benghazi, faisant au moins quatre morts et une dizaine de blessés. Mais les rebelles ont tenu bon. Fort des succès de ses forces nettement mieux armées que les rebelles, M. Kadhafi a affirmé que ses troupes allaient livrer "une bataille décisive" pour prendre définitivement Misrata, à 150 km à l'est de Tripoli.
L'ouest également sous les bombes
Dans l'Ouest, les troupes régulières ont aussi attaqué à l'arme lourde la localité
de Zenten, à 145 km de Tripoli, selon un témoin. "Ils pratiquent la politique
de la terre brûlée", selon Jamal Mansour, commandant des rebelles dans la ville,
"les chars bombardent de manière intense et soutenue, et il y a des raids aériens".
Le vote attendu de l'ONU
Alors que la révolte s'est transformée en guerre civile au prix de centaines
de morts, la communauté internationale, après des semaines d'hésitation, a finalement
décidé de soumettre au vote à l'ONU ce soir à 22H00 GMT, un projet de résolution
prévoyant de protéger les civils par "tous les moyens", à l'exclusion d'une
"force d'occupation terrestre. "A partir du moment où la résolution est adoptée,
des actions militaires peuvent e;tre engagées dans les heures qui suivent. Ce
qui veut dire que la menace est là pour Kadhafi, n'importe où sur son territoire",
selon des diplomates français. "Mais cela ne veut pas dire que (le projet) est
gravé dans le marbre", a souligné un diplomate onusien, précisant que les 15
pays membres du Conseil de sécurité pouvaient encore le modifier.
Le premier pas de Kadhafi
Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a, de nouveau exigé l'arrêt des violences
et averti que "tuer des gens innocents et désarmés est un crime contre l'humanité".
En réponse, à quelques heures du vote à l'ONU destiné à freiner la répression,
l'armée libyenne a annoncé l'arrêt à partir de dimanche de ses opérations militaires
contre l'insurrection, affirmant vouloir donner une "chance" aux rebelles pour
qu'ils se rendent.

Frappes ciblées, zone d’exclusion aérienne, et — tant qu’on y est — se payer
enfin la tête de Kadhafi : les chasseurs Rafale ont fait leurs premiers
raids dans le ciel de la Libye samedi en début d’après-midi, inaugurant la campagne
de pilonnage menée également par des chasseurs britanniques et des navires américains.
La France, revenue des petites compromissions et des grands aveuglements de
ce début d’année sur la portée du « réveil arabe », tient enfin sa « grande
cause » de salubrité publique internationale, retrouve ses antiennes sur les
droits humains, peut mettre en musique l’ingérence à la mode Kouchner.
http://blog.mondediplo.net/2011-03-19-Guerre-en-Libye-la-furia-francaise
L'émissaire du clan Sarkozy en Libye rétribué
secrètement par Total
En 2009, le groupe Total a versé 6,9 millions d'euros à l'homme d'affaires franco-libanais
Ziad Takieddine pour un contrat gazier en
Libye. Le directeur général du groupe, Christophe de Margerie, a personnellement
supervisé l'opération, avec le feu vert de Claude Guéant, alors secrétaire général
de l'Elysée. Mediapart publie les documents.
http://www.mediapart.fr/journal/international/180811/les-documents-takieddine-lemissaire-du-clan-sarkozy-en-libye-retribue-s
24 mars
Au sixième jour de l'intervention de la coalition internationale, la pression sur le colonel Mouammar Khadafi continue.
De nouveaux raids aériens de la coalition ont touché plusieurs cibles dans la région de Tajoura, située à une trentaine de kilomètres de Tripoli. D'autres ont eu lieu sur Sehba, une ville du sud, considérée comme le fief de la tribu de Mouammar Khadafi. Du coté des troupes rebelles, les combats continuent pour reprendre le pouvoir sur la ville d'Ajdabiya, au sud de Benghazi (Est). A Misrata, les forces loyales au colonel Kadhafi poursuivaient leur offensive avec des chars et de tireurs embusqués, des combats qui ont fait au moins deux morts.
28 mars
L'avancée des rebelles a été stoppée ce lundi matin par les forces de Mouammar Kadhafi à 140 km à l'est de sa ville natale Syrte, bombardée dans la nuit par la coalition dont les opérations sont désormais commandées par l'Otan. Sur le plan politique, le Qatar, premier pays arabe à participer à l'intervention internationale en Libye a reconnu le Conseil national de transition, qui dirige la rébellion. Il devient ainsi le premier pays arabe et le deuxième Etat après la France à lui apporter son appui. Le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a offert sa médiation entre le colonel libyen Mouammar Kadhafi et la rébellion afin d'éviter que le pays ne se transforme en un "nouvel Irak ou Afghanistan". Ankara prévoit de se charger de la gestion de l'aéroport de Bengazi, aux mains des insurgés, pour faciliter le transport de l'aide humanitaire.
30 mars
Une quarantaine de pays et d'organisations régionales ont entamé ce mardi dans la capitale britannique la première réunion du "groupe de contact" sur la Libye. Ce groupe est chargé du "pilotage politique" de l'opération internationale dont l'Otan doit prendre en main le volet militaire à partir du 31 mars. Se son côté Mouammar Kadhafi a exhorté mardi la coalition internationale à cesser les frappes, qualifiées de barbares, contre ses forces qui repoussent vers l'est les rebelles sur la route de Syrte, ville natale du leader libyen.
1 avril : effondrement du régime
Le régime libyen de Mouammar Kadhafi "s'effondre" après la démission et l'arrivée en Grande-Bretagne du ministre des Affaires étrangères Moussa Koussa, à qui Londres "n'offrira pas d'immunité", a affirmé le chef de la diplomatie britannique, William Hague, jeudi à Londres. Moussa Koussa était une des principales figures du régime Libyen.
Par ailleurs, le secrétaire général de l'Otan Anders Fogh Rasmussen s'est opposé à l'idée d'armer les rebelles libyens, estimant que l'Otan intervient militairement "pour protéger le peuple libyen, et non pour armer le peuple". L'Otan a pris le commandement de toutes les opérations menées en Libye ce jeudi à 06H00 GMT.
Sur le terrain, de "petits groupes" d'agents de la CIA sont déployés en Libye pour prendre contact avec la rébellion et guider les frappes de la coalition, a affirmé mercredi le New York Times. La chaîne ABC a assuré que le président Barack Obama avait donné l'autorisation d'aider secrètement les rebelles. L'avancée des insurgés a été stoppée puis inversée ces deux derniers jours par les forces du régime libyen. Les loyalistes, revigorées par l'absence de frappes aériennes depuis plusieurs jours, ont repris mercredi matin le port pétrolier de Ras Lanouf et progressé vers Brega, à environ 80 km à l'ouest d'Ajdabiya. Les rebelles ont multiplié les appels à l'aide à la coalition internationale.
11 avril : Les rebelles exigent le départ de Kadhafi comme préalable à toute solution diplomatique et rejettent un cessez-le-feu proposé par l'Union Africaine et accepté par Kadhafi. Après d'intenses combats, les insurgés reprennent Ajdabiya.
14 avril : Les forces loyalistes lancent une offensive sur Misrata : 13 morts. Anders Fogh Rasmussen, secrétaire général de l'OTAN déclare que l'alliance a besoin d'avions supplémentaires et demande le départ du colonel Kadhafi. Washington promet son soutien aux opérations jusqu'à ce que cet objectif soit rempli. Le Guide parade dans les rues de Tripoli malgré les frappes de l'OTAN.
15 avril : Dans une tribune commune, Nicolas Sarkozy, David Cameron et Barack Obama affirment que la Libye n'a pas d'avenir avec Kadhafi. Les rebelles et l'organisation Human Rights Watch accusent l'armée régulière d'utiliser des bombes à sous-munitions à Misrata.
17 avril : Ecoutez ou réécoutez le reportage "Tripoli street, 17 avril", signé Etienne Monin diffusé le 18 avril sur France Info (3'46") réalisé à Misrata, en Libye. Une plongée sonore dans l’une des plus importantes offensives du conflit libyen, une scène de guérilla urbaine qui durera plus d’un mois entre insurgés et loyalistes.
Le 17 avril 2011, 20 soldats algériens sont tués et 22 blessés dans trois attaques distinctes revendiquées par Al-Qaida. 11 islamistes sont également tués dans les échanges de tir
18 avril : Depuis la fin février, on dénombre 1000 morts dont 80% de civils à Misrata, assiégée et bombardée par les troupes de Kadhafi. De graves blessurs sont provoquées par les bombes à sous-munitions utilisées par les troupes loyalistes. On décompte également plus de 100 tués en deux jours à Yefren et Nalout, pilonnées par les forces pro-Kadhafi
19 avril : Un nouveau bilan du conflit est publié par le Conseil National de Transition : environ 10 000 morts et de 50 000 à 55 000 blessés en deux mois.
Un couloir humanitaire est ouvert dans l'ouest de la Libye.
23 avril : L'OTAN mène de nouveaux raids sur Tripoli. Le régime du colonel Kadhafi veut confier l'administration de la ville de Misrata à des tribus qui lui sont loyales. 25 personnes ont encore été tuées dans cette ville où d'intenses combats opposent rebelles et forces loyalistes.
24 avril : L’OTAN intensifie ses frappes. La résidence du colonel Kadhafi à été touchée. Tripoli dénonce une tentative d'assassinat du guide libyen. Les combats continuent à Misrata, toujours pilonnée par les forces loyalistes.
28 avril : L'essentiel des combats autour de la ville rebelle libyenne de Misrata, assiégée depuis deux mois par les forces pro-Kadhafi, se déroule désormais autour de l'aéroport, selon la rébellion qui juge la victoire "très proche".
Un attentat est perpétré le 28 avril 2011 dans
le café Argana situé sur la place Jamaâ El Fna dans la ville de Marrakech au
Maroc
et fait 17 morts ainsi que 20 blessés de nationalités différentes.
Une semaine après, le ministère marocain de l'Intérieur annonce que trois suspects
marocains ont été arrêtés, dont l'acteur principal présumé de l'acte terroriste
qui serait imprégné de l'idéologie jihadiste et affilié à Al Qaida. À la date
du 28 septembre 2011, neuf suspects sont jugés pour acte de terrorisme. Le Maroc
n'avait pas connu une telle attaque meurtrière depuis mai 2003 lorsque des attentats
commis par des extrémistes islamistes avaient fait 45 morts à Casablanca.

Le café-restaurant Argana de la place Djema'a el-Fna, à Marrakech
1er mai : un des fils et trois petits-enfants de Kadhafi tués par une frappe de l'OTAN, selon le régime
4 mai Misrata assiégée depuis des semaines
Le régime libyen a proposé une prolongation de l'ultimatum fixé aux rebelles de Misrata pour se rendre, plus de six semaines après le début de l'intervention internationale en Libye où la France refuse de parler d'"enlisement" espérant un terme dans quelques mois "au plus".
A Misrata, troisième ville du pays assiégée depuis des semaines et théâtre d'âpres combats entre pro et anti-Kadhafi, au moins cinq personnes sont mortes mercredi dans un bombardement visant le port, selon un porte-parole de la rébellion à Benghazi (est).
Dans la ville, cernée par les chars des forces loyales au dirigeant libyen Mouammar Kadhafi et dont le port, seule voie d'approvisionnement en vivres et armes, est bloqué depuis plusieurs jours, la pénurie de produits de première nécessité s'aggrave. Après une journée marquée par un lourd climat d'inquiétude, le régime a annoncé, à l'expiration à minuit d'un ultimatum qu'il avait fixé aux rebelles de Misrata pour qu'ils se rendent, qu'il songeait à le prolonger "d'un ou deux jours".
Le 12 mai 2011, 7 soldats algériens et trois terroristes sont tués lors d'une attaque contre un avant-poste militaire dans la région de Jijiel
13 Mai
Les dirigeants des rebelles libyens cherchent à asseoir leur légitimité
internationale en multipliant les visites à l'étranger après avoir enregistré
sur le terrain des succès face aux troupes loyales au colonel Mouammar Kadhafi.
Au moins 16 "civils" ont été tués dans une frappe de l'Otan à Brega, dans l'Est
libyen, a affirmé vendredi la télévision d'Etat libyenne citant une source militaire.
Mais malgré cet incident, L'Otan a affirmé vendredi que les coups qu'elle a
portés ces trois derniers jours aux forces loyales au colonel Kadhafi les ont
sérieusement affectées, soulignant qu'elles n'avaient tiré jeudi aucun obus
sur Misrata, qu'elles assiégeaient depuis deux mois. Sur place les rebelles,
appuyés par les frappes de l'Otan, ont en effet réussi à prendre l'aéroport
et à faire reculer les pro-Kadhafi suffisamment pour que la grande ville côtière
soit hors de portée de leurs roquettes.
Premier signe d'infléchissement du régime, le vice-ministre libyen des Affaires
étrangères, Khaled Kaïm, a affirmé que l'armée ne tenterait pas de reprendre
par la force l'Est du pays actuellement aux mains des rebelles. Dopés par leurs
succès à Misrata (ouest) sur les forces loyalistes, les rebelles s'apprêtent
à marcher sur Zliten, avec en ligne de mire Tripoli, à 200 km à l'ouest.
16 Mai : Le procureur de la cour pénale internationale a demandé aux juges de délivrer des mandats d'arrêt pour crimes contre l'humanité contre Mouamar kadhafi, son fils Seif Al-islam et le chef des renseignements libyens.
Cette action de la CPI intervient trois mois aprés le début de
la révolution libyenne. Les preuves recueillies montrent que Kadhafi a personnellement
commandé des attaques contre des civils libyens non armés a déclaré le procureur
Luis Moreno-Ocampo. Il a précisé lors d'une conférence de presse que ses
forces ont attaqué des civils chez eux et dans des lieux publics et qu'elles
avaient utilisé des armes lourdes contre des participants à des funérailles.
Le fils de Kadhafi est poursuivi pour avoir organisé le recrutement de
mercenaires particulièrement cruels.
La demande de mandat est un premier pas vers la justice a réagi l'organisation
de défense des droits de l'homme Human Rights Watch. "Les civils libyens qui
ont vécu un cauchemar méritent une réparation par un processus judiciaire indépendant
et impartial.
Pendant ce temps l'OTAN a mené de nouvelles frappes dans la banlieue est de
Tripoli où un site de radars a été totalement détruit.
23 Mai : Une épuisante guerre de mouvement
Un jour ils avancent, le lendemain ils reculent. Si sur le terrain militaire, les insurgés libyens s'enlisent dans une épuisante guerre de mouvement face aux forces du colonel Khadafi, sur le terrain diplomatique ils engrangent les succès.
3 Juillet 2011: « Dégage ! » À grands cris, la rue syrienne résiste depuis 5 mois déjà Repression : 1300 civils tués depuis le début de la révolte
Le 5 juillet 2011, Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI) affirme avoir attaqué une base de l'armée mauritanienne au Mali, tuant 20 soldats et détruisant 12 véhicules. Un porte-parole de l'armée mauritanienne a pour sa part indiqué qu'ils avaient tué 15 militants et perdu 2 hommes durant les affrontements
6 juillet : offensive rebelle depuis les montagnes de Nefoussa (au sud-ouest de Tripoli)
28 Juillet : le général Abdel Fatah Younès, ex-ministre de l'Intérieur de Kadhafi devenu chef militaire des insurgés, est abattu dans des circonstances obscures
15 aout : percée des insurgés à Gharyane et Sorman (ouest)
18 aout : le régime propose de nouveau un cessez-le-feu tout en excluant un départ de Kadhafi. Les rebelles contrôlent la raffinerie de Zaouïa, à l'ouest de Tripoli
19 aout : les insurgés prennent Zliten et Zaouïa
20 aout : la rébellion lance en soirée l'offensive contre Tripoli, où des quartiers se soulèvent déjà
21 aout : les rebelles entrent dans la capitale, prenant
le contrôle de plusieurs quartiers.
Alors que Kadhafi appelle ses partisans à "nettoyer" la capitale des "rats",
les insurgés capturent deux de ses fils, Seïf al-Islam et Mohammed
22 aout 2011 la bataille de Tripoli
On ne peut pas encore dire à l'heure actuelle si les insurgés
ont véritablement pris le dessus sur les troupes du colonel Khadafi, car Saïf
Al-Islam aurait en effet déclaré que la ville était toujours sous le contrôle
du gouvernement. Pourtant les experts en matière d'analyse du régime de Khadafi
affirment que ce n'est plus qu'une question de temps avant que le dernier bastion
de l'ancien régime ne tombe.
http://www.melty.fr/libye-la-bataille-de-tripoli-video-actu68939.html
23 aout 2011 Les rebellent pénètrent dans le bunker de Khadafi

les insurgés sont entrés dans Tripoli, et ont réussi à pénétrer
dans le complexe ultra-sécurisé de Bab al-Azizya, le palais-forteresse de Muhammar
Khadafi. Dans cette vidéo de France 24 , les rebelles s'en donnent à coeur joie.
Les symboles du régime sont pris d'assaut, dont le symbole des
bombardements de 1986 : le poing écrasant un avion de chasse US.
http://www.melty.fr/Libye-les-rebelles-prennent-le-bunker-de-actu69081.html
A Tripoli, la citadelle du colonel Kadhafi est tombée : http://www.lemonde.fr/libye/article/2011/08/24/a-tripoli-la-citadelle-du-colonel-kadhafi-est-tombee_1562794_1496980.html
Des réseaux de tunnels ont été découverts, Khadafi se serait enfui.
«Comment j'ai mis 8 millions de Libyens sur
écoute» :
Les services de renseignement de Kadhafi ont été formés dans le plus grand secret
par des cadres d'Amesys, une filiale de Bull, ainsi que par des militaires
de la direction du renseignement militaire (DRM). L'information avait été dévoilée
mardi par le Wall Street Journal . Le Figaro a retrouvé l'un des militaires
chargés de cette formation. «Nous avons mis en route le système d'écoute libyen
fin juillet 2008, explique-t-il, sous couvert d'anonymat. Les cadres de Bull
étaient très attachés à cette mission qui avait été facturée environs 10
millions d'euros.» Selon lui, c'est l'homme d'affaire franco-libanais Ziad
Takieddine qui a fait l'intermédiaire et a géré le volet commercial du produit.
http://www.lefigaro.fr/international/2011/09/01/01003-20110901ARTFIG00412-comment-j-ai-mis-8-millions-de-libyens-sur-ecoute.php
Paris, 19 octobre 2011 – La FIDH et la LDH ont déposé ce jour une plainte contre X avec constitution de partie civile auprès du Tribunal de grande instance de Paris mettant en cause la société Amesys, filiale de Bull, pour complicité d’actes de torture en Libye. Il s'agit de faits commis à travers la fourniture au régime de Mouammar Khadafi, à partir de 2007, d’un système de surveillance des communications destiné à surveiller la population libyenne.
Libye : Espionnés grâce à la France, ils parlent (Canal+)
Les "traqués" parlent. Dans un documentaire diffusé ce soir sur
Canal +, le journaliste Paul Moreira enquête sur la façon dont le régime de
Kadhafi a pu espionner les internautes libyens, pour mieux organiser sa répression.
Une chasse aux dissidents qui a été rendue possible grâce à Amesys, filiale
de la société française Bull. Et avec l'accord du gouvernement français, affirme
Moreira. Ils sont trois. Journaliste, écrivain, blogueur. Ils racontent comment
ils ont été arrêtés, interrogés, torturés, par la police politique de Kadhafi,
après que leur correspondance internet et leurs SMS ont été interceptés, grâce
au logiciel espion Eagle, de fabrication française. "Le mot internet était devenu
synonyme de danger pour Kadhafi", explique ainsi Habib Al Amin. Qui dénonce
: "Vous l’avez aidé à accéder à notre vie privée. Vous avez facilité les arrestations
et les exécutions. C’est une honte, c’est immoral, inhumain que ces entreprises
fonctionnent toujours, qu’elles ne se soient pas excusées."
Le site Owni, dont les enquêtes sur le sujet ont largement alimenté le travail
de Moreira, relaye des extraits du documentaire et indique qu'il "publiera demain
un livre consacré à ce scandale, avec de nouvelles preuves de l’implication
“personnelle” de Claude Guéant, Brice Hortefeux et Nicolas Sarkozy dans ce projet
de «surveillance massive» de l’Internet libyen", qui aurait été "pensé et
conçu par les services de renseignement français comme un «test» susceptible
d’être déployé ailleurs".
http://www.arretsurimages.net/vite.php?id=13399
Livré par le clan
Sarkozy, le 4×4 français qui protège Kadhafi
Avec la bénédiction de Nicolas Sarkozy, Ziad
Takieddine a fourni en 2008 au dictateur libyen un 4×4 ultra-sécurisé fabriqué
par la société française Bull-Amesys. Vendu 4 millions d'euros, ce véhicule
furtif devait permettre à Mouammar Kadhafi de passer entre les bombes.
http://www.mediapart.fr/journal/international/180911/les-documents-takieddine-livre-par-le-clan-sarkozy-le-4-4-francais-qui-
Le 27 août 2011, un attentat-suicide contre l'Académie militaire de Cherchell, à une centaine de kilomètres d'Alger, font 18 morts (dont 16 officiers et 2 civils) et 20 blessés. L'attaque s'est produite moins de 10 minutes après la fin du Ramadan (à 19H30 heure locale)
attentat-suicide contre l'Académie militaire de Cherchell http://www.youtube.com/watch?v=cZvPzO5EolE
20 septembre 2011 la "révolution" libyenne a
fait 25.000 morts
Près d'un mois après la chute de Tripoli, M. Abdeljalil, chef du
Conseil national de transition (CNT) a remercié l'ONU et les Etats ayant soutenu
le combat des ex-rebelles et promis que les membres de l'ancien régime recevraient
"un procès équitable", lors d'un sommet à New York des pays "amis" de la Libye.
M. Abdeljalil, qui s'est entretenu en tête-à-tête avec le président américain
Barack Obama, a promis "un procès équitable" pour les membres du régime déchu,
tout en précisant que la "révolution" libyenne avait fait 25.000 morts.
http://www.lepoint.fr/monde/libye-le-nouveau-regime-triomphe-a-l-onu-sous-les-quolibets-de-kadhafi-20-09-2011-1375653_24.php
6 octobre 2011: récit d'une journée à Syrte par Jean-Paul Mari-Le Nouvel Observateur
Hier les forces de Kadhafi encerclaient Misrata. Aujourd'hui les rebelles, forts de 9 000 hommes et de 1 500 pick-up, cernent leur fief, Syrte. Juste revers de l'histoire. Voilà vingt ans que le commandant attendait ce moment. Il porte encore sa combinaison d'ancien pilote de chasse sur Mirage 2000. En 1990, il avait démissionné pour ne plus servir le régime de Mouammar Kadhafi. Dès les premiers signes de la révolte, il a enflé son gilet de combat, coiffé son foulard à carreaux noirs et blancs de Bédouin et pris la tête de la défense de Misrata.
Quinze mille hommes transformés en combattants du désespoir La ville a enduré six mois de siège, les tanks, les hélicoptères de combat, les roquettes Grad et l'artillerie lourde qui ont pilonné la cité encerclée. Quinze mille hommes, civils en armes, transformés en combattants du désespoir, 1 400 morts, près de 10% de pertes, un ennemi qui progresse en écrasant tout sur son passage, une ville martyre qui brûle, s'effondre par pans entiers mais tient bon. La ville et les hommes de Misrata en portent encore la trace, sur le visage des hommes blessés, le corps des invalides ou dans les yeux durs de ces adolescents vieillis avant l'âge. Les survivants racontent que les femmes saluaient le décès des jeunes par les youyous de mariage, façon de célébrer leurs premières noces avec la mort. “La meilleure chose que Dieu peut nous envoyer, c'est l'oubli, dit le commandant Salaheddine. Si on se souvenait de tout, on deviendrait fou !” Une fois la ville libérée, les combattants aguerris de Misrata n'ont pourtant rien oublié. Ses katibas deviennent la première force du pays, remontent vers l'ouest, font tomber en trois jours Zliten et tous les bastions loyalistes de la côte, débarquent par bateau un millier d'hommes dans le port de Tripoli et foncent droit sur Bab al-Azizia, la résidence de Kadhafi, traquer “le diable dans sa grotte”. Le tyran a fui, la capitale est tombée, il est temps de faire volte-face pour s'attaquer à son fief, une ville bastion peuplée de 70 000 habitants et devenue le refuge des éléments les plus durs du régime : Syrte.
A 25 kilomètres de Misrata, des colonnes de fumée noire s'élèvent de la première ville rencontrée. Thawarga, autrefois 30 000 habitants, est devenue une ville fantôme. Plus aucun humain dans ses rues désertes, des chèvres, des ânes et quelques vaches qui errent à l'abandon, un mouton mort de soif couché sur le tapis du salon d'une villa... la mort et la désolation.
Encore quelques checkpoints, méfiants et tendus, et voilà “Talatine”, un poste à la limite du front. L'heure est à l'embouteillage. Une centaine de pick-up attendent le départ, rangés en désordre. Mitrailleuses lourdes antiaériennes de 12,7 mm, bitubes de 23 mm, canons antichars de 106 mm, multilance-roquettes Grad, toute une forêt de tubes métalliques prêts à cracher le feu. Dans leurs véhicules, des rebelles attendent, mi-soldats mi-Bédouins, certains en tenue militaire, en gilet de combat, sans casque, d'autres en jean et casquette, en chèche et savates. Il fait 43 degrés et le sol est tapissé de douilles brûlantes.
C'est l'heure. Les moteurs sont en marche, les pick-up démarrent en trombe aux cris d'“Allah akbar !”, la progression a des allures de cavalcade dans le désert aux temps de Moktar le rebelle. La noria fonce sur Syrte. Des chevaux légers qui remontent le long des grands champs bordant la ville, passent un grand rond-point, piquent vers le front de mer et tirent en roulant. On cherche en vain l'ordre de bataille. Les hommes s'accrochent au rebord des plateformes, les pick-up virevoltent, frappent, s'enfoncent dans une rue, une place, un terrain vague, font volte-face, et frappent encore. En face, la défense est bien assurée. Dans les maisons basses, des tireurs embusqués, leur RPG sur l'épaule, tirent leur roquette et sautent d'une villa à l'autre. Ils sont couverts par des snipers, des tireurs d'élite professionnels de la brigade “Saadi”, la plus forte de l'armée, postés sur les hauteurs des grands immeubles en retrait. Une balle en pleine tête ou à hauteur du coeur, jusqu'à 800 mètres de distance : leurs fusils Dragunov font des ravages. Pour compléter le tableau, des mortiers de 40 mm, postés derrière les lignes, arrosent tout ce qui bouge dans les parages. Olivier Sarbil, cameraman français, en a fait la cruelle expérience. Il s'était avancé à découvert sur le front de mer. Il était 5 heures de l'après-midi, la lumière était bonne. Repéré. Un obus de mortier l'a criblé d'éclats des pieds à la tête. La chevauchée des pick-up va durer toute la journée. Elle n'est pas sans efficacité. Les rebelles progressent, et puis juste avant la nuit... tout le monde se retire ! Personne ne tient plus le terrain. Du coup, à la faveur de l'obscurité, les kadhafistes reprennent les positions perdues. Et tout est à recommencer le lendemain. Absurde ? “Pas du tout, balaie le commandant Salaheddine, c'est notre façon de frapper, à l'improviste, de tester leur résistance.”
Après 200 morts et des centaines de blessés, il est temps de tirer la leçon des combats. Le commandant pointe le plan de la ville de Syrte divisée en trois secteurs : “A l'ouest, le secteur n° 2, peuplé de gens originaires de Beni Walid, fidèles à Kadhafi. Renforcés par tous les criminels de Thawarga et les mercenaires africains en fuite. Convaincus qu'on va les égorger, ils n'ont plus rien à perdre.” Il montre la vieille médina : “Secteur n° 1. Habité par des gens de Misrata, les nôtres.” Son doigt se déplace à l'est : “Secteur n° 3. Les familles venues de Tarhuna. Opinion mitigée.”
Dans Syrte assiégée, tout manque, l'eau, l'électricité, le téléphone, la nourriture et les médicaments. Les milliers de civils qui s'enfuient décrivent des hôpitaux où les blessés meurent à cause du manque d'oxygène et de carburant. Les loyalistes se battent au milieu de la population en l'utilisant comme bouclier humain. Aux obus des rebelles s'ajoutent les bombardements de l'Otan, qui ont rasé un immeuble de 600 appartements en un seul raid. “Les hommes de Kadhafi ne mangent que du pain et manquent de munitions”, a confirmé un officier capturé. Cinq mille combattants à court de munitions et sans issue possible, une population affamée, assommée par un déluge de fer et de feu, le coeur de la médina prêt à se soulever... la situation de Syrte est désespérée. La chute du fief de Kadhafi n'est plus qu'une question de temps. Et de sang.
10 octobre 2011 Libye : à Bani Walid, les forces pro-CNT paient cher leurs cafouillages
A Bani Walid, un des derniers bastions de Mouammar Kadhafi assiégé
depuis plus d'un mois par les forces du nouveau régime, le dernier cafouillage
en date a coûté cher: 17 combattants ont été tués dimanche et l'aéroport, sitôt
pris, a dû être abandonné. La journée de dimanche aurait pu marquer une véritable
avancée stratégique avec la prise de contrôle du petit aéroport de Bani Walid,
vaste oasis au relief escarpé à 170 kilomètres au sud-est de Tripoli. Mais faute
de coordination entre les brigades impliquées dans l'assaut, les troupes ont
dû reculer dimanche soir, faute d'avoir pu sécuriser les positions conquises
dans la journée.
"Les gens arrivent spontanément de différentes villes pour se battre ici, mais
personne ne les contrôle", se désespère Wasef Badrani, médecin sur le front.
Pour les combattants entrés à l'intérieur de la ville-fantôme de Bani Walid,
l'expédition a vite tourné au cauchemar. "Des gens habillés en civil nous ont
accueillis en nous acclamant. Mais c'était une embuscade. Très vite, ils se
sont mis à nous tirer dessus, des hommes mais aussi des femmes", raconte Mohamed
Saoud, un médecin lui-même blessé à l'avant-bras dans la bataille. "Ils ont
tiré sur notre ambulance", assure-t-il en montrant du doigt le pare-brise de
son véhicule criblé de cinq balles. Selon un autre médecin, Moez Al Mehdawe,
"trois véhicules ont été détruits par des missiles à guidage thermique" lancés
par les forces pro-Kadhafi.
Cernés par les tireurs embusqués, attaqués à l'arme lourde, les combattants
ont finalement battu retraite à la tombée de la nuit. "Nous avons dû abandonner
certains de nos camarades blessés sur place", confie Mohamed Saoud. "C'était
un vrai massacre. Nous n'étions pas organisés". Le bilan est lourd: 17 morts
et plus de 80 blessés, évacués vers les hôpitaux environnants, et jusqu'à Tripoli
pour les plus touchés. AFP
http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5hpr7Gy5H8FcTMPl6v14YlzWREopQ?docId=CNG.c59ab32ae1fa0a18647d81427074c8ae.171
17 octobre 2011 Libye : le drapeau du nouveau pouvoir flotte sur Bani Walid
Après six semaines de combats, le drapeau de Conseil national
de transition (CNT) libyen flotte ce lundi sur plusieurs bâtiments et mosquées
de l'oasis de Bani Walid, jusqu'ici contrôlée par les hommes de l'ex-dirigeant
Muammar Kadhafi. Un chef militaire du nouveau pouvoir libyen a annoncé que ses
forces contrôlaient «totalement» cette ville à 170 km au sud-est de Tripoli.
D'autres militaires affirment à Al Jazeera, que 95% de la ville est entre leurs
mains, alors que subsistent quelques poches de résistance. Syrte, la ville natale
de l'ancien «Guide», serait désormais l'unique bastion de résistance au nouveau
pouvoir.
Une percée après une semaine sans assaut. Dimanche, les combats avaient repris
après avoir été suspendus il y a une semaine par les commandants du CNT. Ceux-ci
souhaitaient mettre de l'ordre dans leurs rangs après de lourdes pertes dues
à la désorganisation face aux pro-Kadhafi retranchés dans la ville. Les forces
du nouveau pouvoir comptaient sur la chute de Syrte, à 360 km de Tripoli, pour
rassembler leurs forces sur le front de Bani Walid, mais elles font face depuis
une semaine à une résistance acharnée du dernier carré loyaliste dans cette
ville-symbole.
http://www.leparisien.fr/intervention-libye/libye-le-drapeau-du-nouveau-pouvoir-flotte-sur-bani-walid-17-10-2011-1657584.php
Les dernières semaines de Mouammar Kadhafi ont été celles d'un
fugitif, terré dans une maison de sa ville natale de Syrte, entouré de quelques
centaines, puis de quelques dizaines d'hommes. Les derniers jours, il
attendait la mort, résigné. C'est le récit de ses longues journées, et des
dernière heures du dictateur, que livre Paris Match dans sa dernière édition.
Sur certains détails, sa version diffère de celle du New York Times. Match dit,
par exemple, que Kadhafi et sa petite troupe de fidèles avaient un téléphone
satellite mais qu'ils ne l'utilisaient pas, par peur d'être repérés par les
services d'écoutes américains. Le New York Times assure au contraire que Mansour
Daw téléphonait, et que Kadafi utilisait aussi régulièrement l'appareil, tout
en mentionnant que l'électricité était très rare.
Kadhafi a fui Tripoli en catastrophe fin août avec sa garde rapprochée. A Syrte,
il vivait loin des fastes de ses palais : "Dans la dernière maison, ils ne
sont plus que douze autour de leur Guide, raconte Paris Match. Quand le
cuisinier est blessé par une roquette, ils se mettent à la popote à tour de
rôle : rations de riz, macaronis. Rapidement, la nourriture vient à manquer.
«El Kadhafi restait le maître, mais dans la maison nous étions tous égaux »,
explique Mansour, racontant comment le groupe finit par ne se partager que
du pain coupé d’eau sucrée. « Le Guide lisait le Coran et ne parlait presque
plus.»"
http://www.arretsurimages.net/vite.php?id=12337
Jeudi 20 octobre 2011 : Syrte est tombée et Kadhafi est mort
Le jour de sa mort, le 20 octobre, Kadhafi a tenté de s'échapper
dans un convoi d'une quarantaine de voitures. Le départ du convoi, prévu à 3
heures du matin, a été retardé jusqu'à 8 heures, à cause de la désorganisation.
"«La voiture où je suis monté avec El Kadhafi était vers l’arrière du convoi.
Le Toyota Land Cruiser n’avait rien de particulier, à part un léger blindage»,
explique Mansour Daw, bras droit du dictateur et l’un des seuls survivants
de l’expédition. Sans presque ouvrir le feu, la colonne parvient à sortir du
centre-ville. Mais si les premières lignes rebelles, épuisées par des semaines
de combat, ne voient rien passer, un drone américain repère la troupe qui tente
de filer", raconte Match.
"Dans la banlieue de Syrte, le drone Predator tire un missile en travers de
la route, frappant trois des voitures. L’Otan ne sait pas qu’il s’agit du convoi
de Kadhafi et le missile rate sa voiture. Mais le souffle enclenche les airbags,
et Mansour Daw est touché." "Presque hors de Syrte, dans la banlieue de Mazrat
Zafaran, à 5 kilomètres du centre-ville, ils tombent sur la position de la Khatibat
Nimr, la «brigade du tigre»", composée d'ex-rebelles de Misrata, qui "cloue
la caravane sous un déluge de feu". (...) Les jets français de l’Otan interviennent.
«Ils ont largué deux bombes au milieu de notre troupe. Ça a fait un carnage»,
se souvient Mansour Daw."
"Blessé à la tête lors de l’explosion, Kadhafi saigne abondamment. Il tient
debout mais ne peut plus courir. Son fils Moatassem et les derniers hommes valides
l’abandonnent pour fuir à pied, talonnés par les rebelles de la «brigade du
tigre». Mansour Daw reste avec son maître." Il se dirigent alors vers les fameux
tunnels, où les rebelles les débusqueront finalement: "«J’ai vu qu’il y avait
quelqu’un qui ne tirait pas dans le tunnel de gauche, alors j’y suis allé»,
explique Omrane Shaabane, un étudiant en électricité de 21 ans. Le jeune homme
s’enfonce dans le tunnel. «On l’a entendu crier : “C’est Muammar, c’est Muammar
!” Je n’y croyais pas», raconte Ahmed Ghazal, le vendeur de kebabs de 21 ans
qui gardait l’entrée."
En sortant du tunnel, il était blessé à la tête, mais pas mortellement touché."Mohamed
Lahwek, qu’on voit sur nombre de vidéos essayant de protéger Kadhafi contre
la foule enragée, déclare qu’il était encore semi-conscient quand il l’a pris
dans son pick-up. Ni lui ni ses hommes ne veulent expliquer les deux balles
qu’il a reçues dans le poumon droit. Le regard un peu fuyant, ils affirment
ne pas se souvenir des coups de poing et de pied qu’on voit pleuvoir sur Kadhafi
dans une des vidéos qui circulent sous le manteau dans Misrata. Ni des mains
arrachant des touffes de cheveux de la tête ensanglantée du dictateur à genoux,
vomissant de gros caillots de sang. Ni d’un jeune rebelle qui affirme, dans
une autre vidéo, avoir tiré à bout portant sur le prisonnier."
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le ministre de la défense, ainsi que le ministre de l'éducation auraient également été tués
"Nous annonçons au monde que Kadhafi a été tué aux mains des
révolutionnaires", a indiqué à la presse le porte-parole officiel du Conseil
national de transition (CNT) à Benghazi (est), Abdel Hafez Ghoga. "C'est un
moment historique, c'est la fin de la tyrannie et de la dictature. Kadhafi a
rencontré son destin." "Kadhafi a été arrêté. Il est gravement blessé mais il
respire encore", avait déclaré auparavant à l'AFP Mohamed Leith, un des commandants
des forces nouvelles, affirmant avoir vu Mouammar Kadhafi de ses propres yeux,
qui portait un costume kaki et était coiffé d'un turban. D'après la télévision
libyenne "Libye Libre" à Tripoli, Muammar Kadhafi aurait été arrêté "en même
temps que son fils Mouatassim ainsi que Mansour Daou (le chef des services de
sécurité intérieure), et Abdallah Senoussi", le chef des renseignements libyens.
http://www.la-croix.com/Actualite/S-informer/Monde/L-ex-leader-libyen-Mouammar-Kadhafi-a-ete-tue-a-Syrte-_NG_-2011-10-20-725459
Un officier des services de renseignement militaire fait un récit
détaillé du lynchage de Kadhafi dans Le Canard, lequel précise par ailleurs
que ni la France, ni les Etats-Unis ne voulaient le capturer vivant.
Il n'y avait pas qu'un drone américain et deux Mirage français pour stopper
le convoi de Kadhafi. D'après Le Canard enchaîné (article intégral disponible
sur ce blog), "des commandos des forces spéciales américaines et françaises
participaient ensemble à cette chasse au Kadhafi. A Paris, au Centre de
planification et de conduite des opérations (CPCO), à la Direction du renseignement
militaire (DRM) et au service action de la DGSE, plusieurs officiers évaluaient
à une cinquantaine de membres du COS (Commandement des opérations spéciales)
les militaires présents à Syrte". Que font ces forces spéciales ? Aider les
forces du CNT à traquer Kadhafi et selon une formule prêtée à la DGSE par Le
Canard, "livrer le colis à Renard", c'est-à-dire faire "en sorte que Kadhafi
n'échappe pas à ses poursuivants (une unité du CNT baptisée Renard ?)".
Car selon l'hebdomadaire, "à l'Elysée, on savait depuis la mi-octobre que Kadhafi
et l’un de ses fils s’étaient réfugiés à Syrte, avec gardes du corps et mercenaires.
Et Sarko avait chargé le général Benoit Puga, son
chef d’état-major particulier, de superviser la chasse à l’ancien dictateur".
"Obama et Sarkozy
ne voulaient pas qu'il en sorte vivant", poursuit l'auteur de l'article, Claude
Angeli, qui tient un scoop : lorsque le convoi de Kadhafi est arrêté, "des
membres de force spéciales françaises sont alors présents sur les lieux".
Mais "l'histoire ne dit pas à quelle distance de ce qui va survenir, et que
raconte avec une abondance de détails un officier des services de renseignements
militaires : « Il est capturé vivant par des combattants surexcités. La foule
scande "Allah Akbar !" à pleins poumons, le menace de ses armes et se met à
le tabasser pendant que d'autres combattants, qui peinent à prendre le dessus,
crient de le maintenir en vie »". On connaît la suite avec la diffusion
des images de son lynchage.
http://www.arretsurimages.net/vite.php?id=12349
le corps de l'ex-dirigeant libyen traîné dans la rue à Syrte.
Le Guardian cite Guma el-Gamaty, l'ancien coordinateur du CNT
au Royaume-Uni, qui assure que Kadhafi était en train de fuir de Syrte et que
des combattants du CNT l'ont arrêté, après un échange de coup de feu.
Un porte-parole du CNT confie à Sky News que Kadhafi est mort et que sa dépouille
va arriver à Misrata sous peu.
«Syrte a été totalement libérée et avec la confirmation de la mort de Kadhafi»,
la Libye a été totalement libérée, assure Khalifa Haftar, un haut responsable
militaire du CNT affirmant que «ceux qui combattaient aux côtés de Kadhafi ont
été soit tués, soit capturés».
Selon Al Arabya, le corps de Kadhafi a été transporté à Misrata.
Mouatassim, un fils de l'ex-«Guide» retrouvé mort à Syrte. C'est ce qu'affirme
à l'AFP à Mohamed Leith, un commandant des forces du nouveau régime qui combattait
dans la ville. «Nous l'avons retrouvé mort. Nous avons mis son corps ainsi que
celui du (ministre de la Défense du régime déchu libyen), Aboubakr Younès Jaber,
dans une ambulance pour les emmener à Misrata».
Liesse à Tripoli. De nombreux libyens se rassemblent sur la symbolique place
des Martyrs à Tripoli, selon la BBC.
http://www.leparisien.fr/intervention-libye/en-direct-libye-le-cnt-annonce-la-mort-de-mouammar-kadhafi-20-10-2011-1676620.php
Kadhafi était vivant au moment où il a été capturé selon les vidéos disponibles qu'on peut voir par exemple ici : http://www.lepoint.fr/monde/libye-muammar-kadhafi-est-mort-20-10-2011-1386906_24.php
Cette nouvelle vidéo le montre bien vivant, la tête ensanglantée, il se passe la main sur le visage pour enlever le sang de son oeil gauche:
Un Mirage-2000 français a, selon
le ministre de la Défense Gérard Longuet, stoppé un convoi qui fuyait la ville
assiégée. Lors d'accrochages au sol, les combattants libyens ont alors détruit
certains véhicules et en ont «sorti le colonel Kadhafi». Un drone américain
a également bombardé le convoi.
«Quand il (Mouammar Kadhafi, ndlr) a été retrouvé, il était en bonne santé et
portait une arme», explique le chef de l'exécutif du CNT, Mahmoud Jibril lors
d'une conférence de presse à Tripoli, ajoutant qu'il avait ensuite été conduit
vers un pick-up. «Quand le véhicule a démarré, il a été pris dans un échange
de tirs entre des combattants pro-Kadhafi et des révolutionnaires, et il a été
tué d'une balle dans la tête», a-t-il ajouté. «Il était vivant jusqu'à son arrivé
à l'hôpital» de Misrata, précise-t-il encore.
La correspondante de France 24 a vu les dépouilles de Mouammar Kadhafi et de
son fils Mouatassim déposées dans une villa privée de Misrata. Des impacts de
balles étaient visibles sur les deux corps. Selon l'AFP, des témoins assurent
que la dépouille de l'ex-dirigeant se trouve dans la ville-symbole de la révolution.
«J'ai vu le corps de Mouammar Kadhafi en fin d'après-midi» dans un centre commercial
en périphérie de Misrata, affirme un homme. Il était dans une ambulance. Il
avait une blessure à la tête, il avait du sang sur le corps et portait un bandage
sur le ventre.» «Les gens ont commencé à affluer et former une foule, c'est
là qu'ils ont décidé d'emmener le corps dans un autre endroit», poursuit-il.
http://www.seneweb.com/news/Afrique/la-depouille-de-mouammar-kadhafi-exposee-a-misrata_n_52959.html
Les accusations de financement de la campagne présidentielle 2007 de Nicolas Sarkozy par Kadhafi dans une note évoquée par Mediapart ont été reprises dans de nombreux pays, du Canada à l'Autriche, de la Malaisie à la Finlande.
Mais comme le souligne Mediapart, qui a fait le décompte des reprises
internationales, en France, l'info n'a pas franchement bouleversé la campagne.
"La police enquête pour savoir si le Président français a touché 50 millions
d'euros du tyran libyen Mouammar Kadhafi", titre aujourd'hui le quotidien finlandais
Iltalehti.
"Kadhafi «a mis 42 millions de livres dans la campagne présidentielle de Sarkozy»",
assure le britannique Daily Mail, en utilisant des guillemets, pour bien souligner
que les accusations sont sourcées. "Sarkozy et Kadhafi - une amitié à 50 millions
d'euros", affirme aussi, sans prendre de précautions particulières, Nezavisimaya
Gazeta (Russie).
"Un secret libyen sorti de la tombe vient hanter Sarkozy", titre en page 3 le
réputé Globe and Mail (Canada), en précisant qu'aucune preuve ne vient pour
l'instant étayer ces accusations, avant de citer la réponse de Sarkozy à Laurence
Ferrari sur TF1 : "S'il a financé, je ne lui en ai pas été reconnaissant", en
faisant allusion à l'intervention militaire, menée notamment par la France,
contre le régime de Kadhafi. L'article canadien se termine par une mention de
l'affaire Karachi, ces rétrocommissions sur la vente de sous-marins au Pakistan
qui auraient pu financer la campagne présidentielle d'Edouard Balladur en 1995.
L'affaire est reprise dans bien d'autres pays : voir le quotidien espagnol El
Pais et l'italien Il Fatto Quotidiano. Les autres mentions de l'article de Mediapart
sont nettement plus succinctes : une brève dans le New York Times. Et bien d'autres
dans le San Jose Mercury News (Californie), en Inde dans l'Hindustan Times et
le Times of India , en Chine avec le South China Morning Post, en Australie
avec The Australian, le Sydney Morning Herald et The Age, aux Philippines avec
le Philippine Star qui a repris une dépêche AFP, ou au Danemark avec le Berlingske
Tidende.
http://www.arretsurimages.net/vite.php?id=13396
23 octobre 2011 Election d'une assemblée constituante en Tunisie
Neuf mois après une révolution populaire qui a chassé Ben Ali
du pouvoir, les Tunisiens ont commencé à voter librement dimanche pour élire
une assemblée constituante. Les quelque bureaux ont ouvert à 7 heures et fermeront
à 19 heures. Plus de 7 millions d'électeurs sont appelés à élire les 217 membres
d'une assemblée constituante, qui devra rédiger une nouvelle constitution et
désigner un exécutif provisoire jusqu'à la tenue d'élections générales. Le pays
est divisé en 33 circonscriptions électorales (27 en Tunisie et 6 à l'étranger,
où les opérations de vote ont déjà débuté). Les premiers résultats seront annoncés
tard dimanche soir ou lundi, selon les autorités électorales. Le scrutin sera
sécurisé par plus de 40 000 forces de l'ordre, surveillé par des observateurs
locaux (13 000) et internationaux (plus de 600).
http://www.lemonde.fr/afrique/article/2011/10/23/les-bureaux-de-vote-ont-ouvert-en-tunisie_1592563_3212.html
27 octobre 2011 : Tunisie manifestations et pillages de batiments administratifs à Sidi Bouzid
Des manifestations ont débuté jeudi soir à Sidi Bouzid, après
l'annonce de la large victoire d'Ennahda à l'élection de l'Assemblée constituante
le 23 octobre et l'invalidation du succès de listes locales, dans cette ville
du centre de la Tunisie, symbole du début du printemps arabe. C'est là que la
mort d'un vendeur ambulant, en décembre 2010, avait provoqué l'insurrection
qui fit chuter contre un mois plus tard le régime du président Zine El Abidine
Ben Ali.
Plusieurs milliers de contestataires y ont attaqué des bâtiments administratifs
--dont le gouvernorat, le tribunal et le siège d'Ennahda--, s'y livrant, selon
un corresponsant de l'AFP, à des pillages et déprédations.
Samedi matin, le calme était revenu après une première nuit placée sous couvre-feu
(de 19H00 à 05H00, 18H00 à 04H00 GMT), a constaté l'AFP. Le grand marché hebdomadaire
était ouvert et les habitants de la ville et de la région s'y pressaient. Des
équipes d'hommes, dont des militaires, procédaient au nettoyage des édifices
vandalisés alors que les terrasses des cafés se remplissaient de monde. Quelques
blindés stationnaient cependant encore aux abords du commissariat et du gouvernorat
tandis que les lycées et collèges sont demeurés fermés.
http://www.liberation.fr/depeches/01012368544-tunisie-retour-au-calme-et-activite-normale-a-sidi-bouzid
29 octobre : Libye : Saïf al-Islam Kadhafi clame son innocence
Le fils du feu Mouammar Kadhafi craindrait pour sa sécurité, une
semaine après la mort de son père. Celui qui est poursuivi pour crimes contre
l'humanité a indiqué à la Cour pénale internationale (CPI) qu'il était innocent
des crimes, dont il est soupçonné, a indiqué le procureur de la CPI samedi.
La cour a précisé que le fils en fuite a établi un contact informel avec l'instance
juridique.
Installée à La Haye, la cour souhaite la reddition de Saïf al-Islam en vue d'un
procès, tout en notant que des mercenaires semblaient chercher à le transférer
dans un pays africain ami. Ce qui corrobore des informations du Conseil national
de transition (CNT) libyen et de pays africains voisins selon lesquelles il
aurait trouvé refuge auprès de nomades touareg aux confins de la Libye et du
Niger.
La CPI a encore prévenu le fils de l'ancien dirigeant libyen qu'elle pourrait
ordonner une interception aérienne s'il tentait de quitter le Sahara par avion
pour gagner un lieu sûr. La CPI avait émis des mandats d'arrêt contre Kadhafi,
son fils Saïf et l'ancien chef de renseignement, pour avoir bombardé leur propre
peuple et ouvert le feu sur des civils lors de manifestations en février.
http://www.francesoir.fr/actualite/international/libye-saif-al-islam-kadhafi-clame-son-innocence-151894.html
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