Histoire de France
du Consulat(1799)
à la chute du Second Empire (1870)

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Le Directoire prend fin par le coup d'État du 18 brumaire an VIII (9 novembre 1799) de Napoléon Bonaparte qui déclare « Citoyens, la révolution est fixée aux principes qui l’ont commencée, elle est finie ». Le Consulat est mis en place, un régime autoritaire dirigé par trois consuls, dont seul le premier détient réellement le pouvoir : la France entame une nouvelle période de son histoire en s’apprêtant à confier son destin à un empereur.

Le Consulat: (1799-1804)

un consulat provisoire se met en place avec Bonaparte, Sieyès et Ducos. Les assemblées ont désigné chacune une commission pour les affaires judiciaires courantes et pour la préparation d'une nouvelle constitution, qui fut appliquée le 4 nivôse an VIII (26 décembre 1799). Son régime politique est une période sans monarchie, contrairement à la monarchie absolue (sous le règne de Louis XVI) et de la monarchie Constitutionnelle (encore sous le règne de Louis XVI).

La Constitution de l'An VIII est rédigée par Daunou, qui a déjà rédigé la constitution de l'An III. Daunou appartient au groupe des idéologues, des républicains libéraux hostiles au jacobinisme. La nouvelle constitution renforce l'exécutif et le pouvoir de représentation est confié aux seuls notables, même si le suffrage universel n'est pas officiellement aboli.

La constitution apparaît comme taillée pour Bonaparte. On y trouve même le nom de Napoléon, ce qui est très étonnant car une constitution est censée être durable. Napoléon est désigné comme premier consul donc de fait à la tête de l'exécutif. Il a le pouvoir de nommer aux principales fonctions publiques et il a un certain pouvoir d'initiative en matière législative. De même, le premier consul se retrouve doté de pouvoirs importants en diplomatie et en matière militaire. La constitution ne rompt cependant pas complètement avec la collégialité du Directoire, puisqu'il y a toujours trois consuls (bien que ces deux derniers n'aient qu'un pouvoir consultatif).

Bonaparte affiche une volonté de réconcilier les partis, de mettre un terme aux divisions nées de la Révolution. Il invite le clergé à rentrer en France et il lui accorde la liberté de culte le 7 nivôse an VIII (28 décembre 1799).

Le 29 août 1799, Pie VI meurt épuisé à Valence, après avoir été fait prisonnier par les troupes françaises. Le 1er décembre, le cardinal Chiaramonti prend part au conclave hébergé par l'Autriche, qui rassemble 35 cardinaux dans l'île de Saint-Georges-Majeur, à Venise. C'est Chiaramonti, qui est élu le 14 mars 1800, après 104 jours de conclave. Il prend le nom de Pie VII en hommage à son prédecesseur, surnommé le « pape martyr ». Le 21 mars, il est couronné à Saint-Georges-Majeur, l'Autriche lui ayant refusé la basilique Saint-Marc. En conséquence, il décline l'invitation de l'empereur François II et refuse de se rendre à Vienne. Il entre à Rome le 3 juillet 1800.

début de l'ère contemporaine

Le Consulat est officiellement installé le 1er janvier 1800 (11 nivôse an VIII). Les deux nouveaux consuls qui sont désignés sont Cambacérès et Lebrun.

En janvier 1800, la Banque de France est créée. C'est une banque privée avec le soutien du gouvernement. Elle assure aux finances de l'État des avances en attente de la rentrée des impôts ce qui renforce le crédit de l'État.

Les jacobins ne sont pas favorables au Coup d'État du 18 brumaire et souhaitent mettre Napoléon hors la loi. Ils se trouvent parmi les premières victimes de la réaction qui suit au coup d'État. Bonaparte prend un certain nombre de mesures pour écarter de la vie politique les opposants les plus farouches. Il fait publier une liste de 34 députés qui sont bannis, 19 étant emprisonnés. L'ensemble du mouvement jacobin est contrôlé par la police mais en même temps, Bonaparte cherche à se rallier le maximum des jacobins. Il se présente comme l'héritier des principes de la Révolution. Malgré ces mesures, l'opposition persiste encore quelques mois, notamment dans la presse. En janvier 1800, Bonaparte fait supprimer une soixantaine de journaux. La menace jacobine est en effet réelle, comme en témoignent plusieurs projets et conspirations contre le premier consul.

Le 17 janvier 1800 ne paraissent que 13 journaux à Paris. Parmi ceux qui sont supprimés on retrouve le Journal des hommes libres. Cependant il convient de relativiser le rôle de la presse contemporaine alors essentiellement lue par les notables. Le Journal des débats n'a guère que 10.000 abonnés en 1801. C'est quand même une élite qui participe à la vie politique. On passe à une presse de propagande (Le Moniteur Universel).

En début 1800, Bonaparte a réussi la pacification quasi-totale de l'ouest, en particulier de la Vendée, en s'appuyant notamment sur le clergé.

La loi du 28 pluviôse an VIII (17 février 1800) porte sur l'administration locale. Le point le plus important de cette loi est la création des préfets. Elle conserve les départements hérités de la Révolution mais elle redécoupe les divisions intérieures. Les districts deviennent des arrondissements, la commune est définie et le canton créé. À chaque niveau on trouve un fonctionnaire public (nommé) ainsi qu'une assemblée consultative (élue).

Jean-Baptiste Kléber se révèle un excellent administrateur et le 20 mars 1800, réalise l’exploit de vaincre les Turcs à la bataille d’Héliopolis. Cette victoire permet à la France de conserver l’Égypte, mais Kléber meurt assassiné, le 14 juin 1800 au Caire, le jour où Napoléon gagne de justesse la bataille de Marengo en Italie, grâce à la charge héroïque de Desaix, qui est tué lors de l’assaut.

Les Autrichiens sont battus le 25 prairial an VIII (14 juin 1800) à Marengo par Bonaparte et le 12 frimaire an IX (3 décembre 1800) à Hohenlinden par Moreau.


Bataille de Marengo

Le 20 pluviôse an IX (9 février 1801), Bonaparte conclut la paix de Lunéville avec l'Autriche qui abandonne ses droits sur le Nord et le centre de l'Italie. Le 4 germinal an X (25 mars 1802, contresignée deux jours plus tard), la paix est également signée avec le Royaume-Uni par le traité d'Amiens.

Le successeur de Kléber en Egypte, le général Menou, capitule le 31 août 1801 devant les forces turco-britanniques après avoir perdu 13 500 hommes, principalement victimes des épidémies au cours des négociations de paix. Les soldats français restants sont rapatriés sur les vaisseaux britanniques vers la France.

Entre 1801 et 1802, Bonaparte réussit à réduire à néant l'opposition jacobine.

En 1802, Bonaparte accorde l'amnistie générale aux émigrés. Ces mesures de réconciliation préparent l'instauration de la paix civile.

L'esclavage, aboli en 1794, est réintroduit dans les colonies, par la loi du 20 mai 1802.

Le désengagement en Amérique du Nord se traduit par la vente de la Louisiane, consignée dans le traité franco-américain du 27 vendémiaire an XII (20 octobre 1803).

Après que Bonaparte ait étendu son influence sur la Suisse (qui met en place les institutions décentralisées actuelles) et sur l’Allemagne, une dispute à propos de Malte sert de prétexte aux Britanniques pour déclarer une nouvelle fois la guerre à la France en 1803, et pour soutenir l’opposition royaliste à Bonaparte. Celui-ci réagit : l’idée d’une invasion du Royaume-Uni se fait jour, et, pour ramener à la raison les royalistes qui peut-être complotent dans l’ombre, le Premier consul fait exécuter le duc d’Enghien, prince Bourbon. L’exécution qui se déroule à Vincennes après un simulacre de procès, ne suscite pas d’autres protestations que celles du Royaume-Uni, de la Russie et de l’Autriche qui s’en tiennent à quelques timides reproches.

Le Code civil français, envisagé dès la Révolution, est terminé en 1804. Il s'agit de faire une synthèse entre les droits différents de l'Ancien régime et des droits révolutionnaires pour unifier le pays. Le texte est profondément empreint de laïcité pour le rendre acceptable à tous les Français.

La société napoléonienne est une société hiérarchisée non en fonction des ordres mais en fonction de la fortune et de la notabilité. Il y a une dualité entre une élite (environ 100.000 personnes), les citoyens les plus riches, et le reste qui fait l'essentiel de la population. Sur cette base se construit l'édifice politique. Des listes de notabilité sont établies dans chaque département, contenant les 600 les plus imposés, donc les plus riches. Ces listes servent pour la désignation aux diverses fonctions jusqu'à la composition des assemblées. C'est un vivier dans lequel l'État puise pour ses fonctionnaires, ses représentants de l'État. Cette société de notables est un prélude à la noblesse d'Empire. Le Consulat à vie s'achève en 1804 par la proclamation de l’Empire.

À proprement parler, l’Empire naît à la demande du Sénat. Steven Englund se rallie à l’opinion selon laquelle il s’agissait, initialement, de protéger la République. Le Consulat abattu, l’ordre se serait effondré avec lui. Empereur, il devenait une institution, scellant la pérennité des valeurs républicaines. Il pouvait mourir : l’hérédité du titre était censée protéger le pays des bouleversements et de la perte des acquis révolutionnaires (avec, en premier lieu, l’égalité, loin devant la liberté). C’est ainsi que les monnaies impériales portent, sans hypocrisie, la mention « Napoléon Empereur - République française ». Par suite seulement, cet Empire « républicain », protégeant les acquis révolutionnaires, se fera « impérialiste ».

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L'EMPIRE


L'empereur Napoléon 1er
je n'avais jamais remarqué l'aigle sur le tapis !

le sacre de Napoléon 1er : il pose lui même la couronne sur sa tête, il refuse la tutelle du pouvoir spirituel

Le Portrait de Napoléon Ier sur le trône impérial est une commande de l’administration impériale et était, à l’origine, destinée à l’empereur ; elle fut achetée par le Corps législatif et présentée au salon de 1806. Elle montre l’empereur assis sur un trône somptueux et surélevé tandis qu'un tapis orné des signes du zodiaque et d’un imposant aigle impérial occupe le premier plan. Napoléon porte un ample manteau pourpre doublé d’hermine attribut des monarques de l’Ancien Régime mais les fleurs de lys ont été remplacées par des abeilles symbole impérial. Il tient entre ses mains les regalia actuellement conservées au Louvre : la Main de justice refaite pour l’occasion par Martin-Guillaume Biennais, le sceptre de Charles V, ainsi que l’épée dite de Charlemagne. Sa tête est ceinte d’une couronne de lauriers dorés. Ingres a peint ce tableau à l'age de 26 ans.

Le 18 mai 1804, Napoléon devient l'empereur des Français. Ce couronnement qui renforce son pouvoir montre également sa volonté de devenir l'héritier de Charlemagne et d'ainsi légitimer son action en l'inscrivant dans la tradition médiévale. C'est pourquoi ce dernier visite la cathédrale d'Aix-la-Chapelle en septembre 1804 ainsi que la tombe de Charlemagne. Lors des discussions diplomatiques entre la France et l'Autriche en ce qui concerne le titre d'empereur, Napoléon exige dans une note secrète datée du 7 août 1804 que son empire soit reconnu ; François II quant à lui serait reconnu Empereur héréditaire d’Autriche. Quelques jours plus tard, le souhait se transforme en ultimatum. Deux solutions s'offrent alors : la guerre ou la reconnaissance de l'empire français. L'empereur François II cède.


aigle de drapeau premier empire

après l'empire romain d'Auguste , après l'empire romain d'occident , après l'empire romain d'orient, après les paléologues bizantins après le saint empire romain germanique d'Otton Ier voici le retour de l'aigle impérial avec l'empire napoléonien. Composante principale du nouveau blason, l'oiseau de Jupiter, emblème de la Rome impériale, est associé depuis la plus haute antiquité aux victoires militaires. Le décret du 10 juillet 1804 stipule que les armes de l'Empereur sont : " d'azur à l'aigle à l'antique d'or, empiétant un foudre du même ". Cet aigle, très différent des motifs de l'héraldique traditionnelle, s'inspire aussi de l'aigle carolingien. Dès le lendemain du sacre, Napoléon fait placer le symbole au sommet de la hampe de tous les drapeaux des armées napoléoniennes.

Symbole d'immortalité et de résurrection, les abeilles sont choisies afin de rattacher la nouvelle dynastie aux origines de la France. En effet, des abeilles d'or (en réalité des cigales) avaient été découvertes en 1653 à Tournai dans le tombeau de Childéric Ier, fondateur en 457 de la dynastie mérovingienne et père de Clovis. Elles sont considérées comme le plus ancien emblème des souverains de la France.

http://www.napoleon.org/fr/essentiels/symbolique/index.asp

 



l'emblème de l'empire Napoléonien et un drapeau militaire.

Le pavillon national reste identique au modèle de 1794
1804, Ordonnance impériale uniformisant les drapeaux de tous les régiments
1812 Ordonnance impériale adoptant, pour les drapeaux des régiments, le modèle du pavillon national de 1794.

Le 11 août 1804, il ajoute à son titre d'empereur du Saint-Empire celui d'empereur héréditaire d'Autriche pour lui et ses successeurs. Cette démarche représente toutefois une rupture du droit impérial puisque ni les princes-électeurs n'en ont été informés ni la Diète d'Empire ne l'a acceptée. En dehors de toute considération juridique, beaucoup considèrent cette démarche comme précipitée.

2 décembre 1804 - le Pape Pie VII sacre Napoléon Bonaparte Empereur.

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Trafalgar

Napoléon met au point, avec l’amiral Latouche-Tréville (qui mourra avant d’avoir pu l’exécuter), un plan visant à l’invasion du Royaume-Uni. Celui-ci échoue définitivement à la bataille de Trafalgar, où la flotte franco-espagnole commandée par l’amiral de Villeneuve est détruite par l’amiral Nelson. Le Royaume-Uni en tira la domination des mers pendant le siècle suivant.

21 octobre 1805 La bataille navale de Trafalgar opposa la flotte franco-espagnole sous les ordres de l'amiral Pierre Charles Silvestre de Villeneuve, à la flotte britannique commandée par le vice-amiral Horatio Nelson. Nelson devait y trouver la mort, mais la tactique qu'il avait mise en œuvre valut aux Britanniques une victoire totale malgré leur infériorité numérique. Les deux tiers des navires franco-espagnols furent détruits, et Napoléon, faute d'une flotte suffisante, dut renoncer à tout espoir de conquête du Royaume-Uni..

La victoire de l'amiral Nelson tient à sa manœuvre, consistant en un renversement de la tactique habituelle de combat en mer. Au XVIIIe siècle, lorsque deux flottes s'affrontaient, elles se disposaient en deux longues files perpendiculaires au vent (d'où le terme de vaisseau de ligne), et naviguaient l'une vers l'autre. Elles remontaient toutes deux lentement le vent et en se croisant, elles se canonnaient. Les deux flottes faisaient généralement demi-tour pour un deuxième passage face à face. La victoire tenait surtout au nombre de canons disponibles, à la rapidité de manœuvre des équipages et à la coordination entre les différentes unités de la flotte.

À Trafalgar, Nelson se trouvait face à une flotte franco-espagnole très inférieure qualitativement à la sienne, tant en matériel qu'en équipage. Les vaisseaux espagnols étaient anciens et fragiles, les vaisseaux français cependant plus homogènes possédaient souvent des équipages trop peu entraînés. La flotte anglaise est au contraire de très bonne qualité. Les équipages sont très entraînés et possèdent un moral très élevé. Sans équivalent dans la flotte franco-espagnole, les vaisseaux de la Royal Navy disposent de très gros canons, appelés caronades, de faible portée mais faciles à utiliser, qui peuvent cribler de mitraille les équipages adverses à courte distance. Cette arme va montrer sa très grande efficacité durant la bataille. De plus leurs 7 vaisseaux à trois ponts offrent une puissance de feu très importante. Les 4 vaisseaux à trois ponts espagnols ne peuvent rivaliser. Par contre, on relève dans la flotte française plusieurs vaisseaux à 80 canons dont le poids de la bordée égalait voire dépassait celles des plus gros vaisseaux britanniques. Nelson décida alors, se trouvant pourtant en infériorité numérique, de bousculer les habitudes.

Dès que l'ennemi fut à portée, la meilleure qualité de tir de ses propres canonniers et l'adresse de ses équipages permit de renverser l'infériorité numérique relative. Les lignes désorganisées et prises en tenaille par les Anglais, il ne fut donc plus difficile pour Nelson d'anéantir les navires ennemis. Les Français et les Espagnols perdent au total 23 navires, 4400 marins tués ou noyés, 2500 blessés et plus de 7000 prisonniers. Nelson est mort ainsi que 448 autres marins britanniques mais la victoire des Anglais est totale. Plusieurs vaisseaux sont cependant très fortement endommagés


Le Redoutable (F) vaincu par le Temeraire (UK) à Trafalgar

L'équipage se battit férocement contre le Victory, lui infligeant d'importants dégâts. L'équipage et les soldats du Redoutable arrivèrent à maintenir un feu nourri sur le pont arrière du Victory grace à des grenades à main et des mousquets, un tireur d'élite français posté sur un mât blessa mortellement l'amiral britannique Horatio Nelson. L'équipage français était sur le point de se lancer à l'abordage du Victory lorsque le HMS Temeraire intervint, ouvrant le feu à bout portant sur les marins français. À 13h55, le Redoutable, avec le capitaine Lucas gravement blessé, plus que 99 hommes encore en état de combattre sur les 643 de départ, commençant à prendre l'eau doucement et sans espoir de renfort, se rendit à la flotte anglaise. Le Victory perdit 160 hommes, et le Temeraire, 120 hommes. Le Redoutable coula le lendemain, avec encore un nombre important de morts et de blessés à son bord. Les bateaux envoyés pour ramener les hommes n'ayant pu en évacuer que 119 avant que le Redoutable ne sombre.


La Proue du HMS Victory préservé comme navire musée à Porthmouth

Cette rencontre n'eut pas d'effet majeur sur la stratégie terrestre puisque Napoléon Bonaparte avait déjà abandonné son projet d'envahir l'Angleterre à la mi- août 1805 pour porter ses efforts sur l'Europe continentale. En 1805, la Troisième coalition se forme en Europe contre Napoléon. L’Empereur qui, à Boulogne, supervisait les préparatifs en vue de l’invasion du Royaume-Uni, doit faire face à une guerre soudaine, et à l’autre bout de l’Europe.

Lors de la Troisième Coalition, Napoléon fait marcher son armée sur Vienne. Les troupes de l'armée bavaroise et de l'armée du Wurtemberg lui viennent en renfort.

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Austerlitz

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C'est ainsi qu'il remporte la bataille d'Austerlitz le 2 décembre 1805 sur les Russes et les Autrichiens. Le Traité de Presbourg que Napoléon dicte à François II et au tsar Alexandre Ier scelle la fin de l'Empire. Napoléon y impose en effet que la Bavière soit érigée en royaume comme le Wurtemberg et le Bade, se retrouvant ainsi à égalité avec la Prusse et l'Autriche. C'est la structure de l'Empire qui est une nouvelle fois attaquée puisqu'en acquérant leur pleine souveraineté, ces royaumes s'en détachent. C'est d'ailleurs ce que souligne une remarque de Napoléon à son ministre des Affaires étrangères Talleyrand : « J'aurai cependant arrangé la partie de l'Allemagne qui m'intéresse : il n'y aura plus de diète à Ratisbonne, puisque Ratisbonne appartiendra à la Bavière ; il n'y aura donc plus d'Empire Germanique, et nous nous en tiendrons là ».


Austerlitz

 

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Iena

En 1806, la Prusse provoque un nouveau conflit. La campagne que mène Napoléon est impressionnante de rapidité : « l’Âme du monde » (Hegel) : il balaie l’armée prussienne à la bataille d'Iéna (doublée de la victoire de Davout à Auerstaedt où, avec 30 000 hommes, le Maréchal Davout bat les 63 500 Prussiens qui l'assaillent). L'armée prussienne est divisée en deux colonnes : une sous le commandement de Brunswick, et l'autre sous les ordres de Hohenlohe avec 50 000 hommes et 120 canons, dont l'ensemble du contingent saxon. Ce général a pour but de protéger la retraite du premier. C'est le corps de Hohenlohe qui soutiendra l'affrontement avec Napoléon. Les forces françaises comprennent le 4e corps de Soult, le 5e de Lannes, le 6e de Ney et le 7e d'Augereau (ces deux derniers sont incomplets au début de la bataille) et la garde impériale, soit 55 000 hommes. La réserve de cavalerie s'y ajoute, soit 10 000 hommes. L'artillerie comprend 173 canons. Le tout est commandé par Napoléon.


Napoléon passe en revue la Garde impériale à Iéna

Contrairement à Austerlitz, où Napoléon n'avait pas fait poursuivre par un nombre de soldats conséquents les Russes et les Autrichiens battant en retraite (seule la cavalerie de Murat s'est élancée sur leurs traces, sans intention de détruire ce qui restait de l'armée ennemie), cette fois, il donne l'ordre de s'élancer sur les traces des Prussiens. Murat progresse si vite qu'il saisit à l'entrée de Weimar l'artillerie et les bagages des Prussiens. La reine de Prusse, "âme damnée" de la guerre, s'enfuit par une porte de la ville tandis que les Français entrent par l'autre. Excellente cavalière et surtout plus légère, elle avait, quelques heures plus tôt, déjà réussi à semer les dragons français.

L’année suivante, Napoléon traverse la Pologne, remporte une victoire sur les Russes à Friedland et finit par signer, à Tilsit, au milieu du Niémen, en une mise en scène conçue pour frapper les esprits, un traité avec le tsar Alexandre Ier, divisant l’Europe entre les deux puissances.

1806 c'est la fin du Saint Empire Romain Germanique. L'abdication de la couronne impériale est anticipée par un ultimatum présenté le 22 juillet à Paris à l'envoyé autrichien. Si l'empereur François II n'abdique pas d'ici le 10 août, les troupes française attaquent l'Autriche. Cependant, depuis plusieurs semaines, Johann Aloys Josef Freiherr von Hügel et le comte von Stadion sont occupés à établir une expertise portant sur la préservation de l'Empire. Leur analyse rationnelle les amène à la conclusion que la France va essayer de dissoudre la constitution de l'Empire et de le transformer en un État fédératif influencé par la France. La conservation de la dignité impériale va inéluctablement conduire à un conflit avec la France, le renoncement à la couronne est donc inévitable.

Le Tsar Alexandre Ier choisit alors par opportunisme le camp de la France mais la paix ne durera que 5 ans (1807-1812). Il profite de cette pause pour attaquer la Suède et annexer la Finlande.

1807 - 1813 : Guerre d'Espagne opposant les Espagnols, les Portugais et les Anglais à Napoléon.

10 juin 1809 - Spolié de ses États pontificaux annexés par la France, Pie VII excommunie les « usurpateurs, fauteurs, conseillants, exécutants » de la violation de la souveraineté temporelle du Saint-Siège, visant ainsi Napoléon qui le fait arrêter et déporter à Savone.

Le 20 juin 1812, le pape Pie VII arrive au château de Fontainebleau (lors de son transfert secret de Savone à Fontainebleau) accompagné de son médecin chirurgien le docteur Balthazard Claraz. Le souverain pontife y resta enfermé pendant les dix-neuf mois qu'y durera sa déportation.

5 et 6 juillet 1809 Alors que les meilleures troupes de l’armée française sont engagées en Espagne contre les anglais et les portugais, l’Autriche attaque une nouvelle fois la France en Allemagne et elle est finalement vaincue lors de la bataille de Wagram.

En 1810, le « Grand Empire » compte 130 départements, d’Amsterdam à Rome, ainsi que plusieurs États vassaux et sa population est de 70 millions d’habitants, dont 30 seulement sont français ; l’Empire est à son apogée.


l'empire en 1811

Le 2 avril 1810, Napoléon épouse l’archiduchesse Marie-Louise d’Autriche, qui, le 20 mars 1811, lui donnera un fils ; cet enfant sera surnommé le roi de Rome et nommé « Napoléon II ».

 

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Campagne de russie

En 1812, les hostilités avec la Russie reprennent.

Alexandre Ier, poussé par la noblesse russe acquise aux Britanniques, refuse de coopérer avec Napoléon pour porter le coup final au Royaume-Uni. Napoléon, croyant cette guerre inévitable, envahit la Russie en 1812. La Grande Armée, appuyée des alliés italiens, allemands, autrichiens, devient gigantesque : ce sont 600 000 hommes qui franchissent le Niémen.

22 Juin 1812 : La Grande Armée franchit le Niémen. Elle connaît rapidement la chaleur et la poussière. Les villages sont déserts et seules quelques petites victoires sont à signaler.

Le 17 août 1812, à une heure de l’après-midi, Napoléon donne le signal de l’attaque de Smolensk. Les faubourgs, retranchés et défendus par la grosse artillerie, sont enlevés ; les remparts, ainsi que les masses postées sur la rivière, sont foudroyés. Les Russes, après des efforts désespérés de résistance, mettent le feu à la ville et l’abandonnent, laissant d’immenses magasins, 12 000 hommes tués, blessés ou prisonniers, et 200 pièces de canon. À la suite de cette victoire, l’Empereur se mit à la poursuite des russes, qu’il poussa vivement jusqu’à Valutino, plateau sur lequel leur arrière-garde prit position le 19. Murat et Ney l’attaquèrent et la mirent en fuite après lui avoir fait éprouver de grandes pertes. Valutino donna son nom à une nouvelle victoire française.

Les Russes, dirigés par Koutousov, suivent la stratégie de la terre brûlée, reculant sans cesse devant les troupes françaises.

C’est le 7 septembre 1812, que fut livrée la bataille appelée, par les Français, de la Moskova, et par les Russes de Borodino, parce que l’action eut lieu sur le plateau qui domine ce village. De son côté, Napoléon excitait l’ardeur des siens par cette proclamation : Soldats ! s’écria Napoléon, voilà le soleil d’Austerlitz ! Cette exclamation passe de rang en rang et remplit les troupes d’ardeur et d’espérance. Les deux armées comptent chacune de 120 à 130 000 hommes.

La bataille de la Moskowa est indécise. Bien que les Russes abandonnent le terrain, les pertes sont presque équivalentes dans les deux camps.

On estime que 120 000 coups de canon ont été tirés durant l'action. Napoléon resta sur le champ de bataille, donnant des ordres pour faire transporter les blessés, tant russes que français, dans les hôpitaux établis sur ses lignes de retraite.

Le 14 septembre 1812, l'Empereur fit son entrée dans l'ancienne capitale de la Moscovie, avec sa garde et le premier corps. Napoléon entra dans une ville déserte, vidée de toute provision par le gouverneur, Fédor Rostoptchine. Le lendemain il s'établit au Kremlin, palais des tsars, situé au milieu de la ville.

des feux démarrent à Moscou, et ravagent la ville du 14 au 18 septembre. Les armées russes harcèlent alors un ennemi décimé par la faim et le froid. La Grande Armée entame alors une retraite désespérée vers l’Allemagne dans l’hiver russe, à travers les régions dévastées qu’elle avait parcouru à l’aller.

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18 octobre 1812 La Retraite de Russie: la Berezina

La retraite de Russie se fait dans de mauvaises conditions : l’hiver est précoce et très rigoureux. À partir de novembre 1812, les soldats et les chevaux commencent à mourir de faim, de froid et de fatigue durant la marche.

Le 7 novembre, ils atteignent Smolensk. le thermomètre descend jusqu'à -22 degrés celsius ; le sol se couvre de neige ; les chevaux périssent par milliers au bivouac ; bientôt les hommes subissent le même sort.

Exposée sur son flanc par l’armée de Wittgenstein, poursuivie par celle de Koutousov, et bloquée par la Bérézina dont l’armée Russe de Tchitchagov maîtrise le pont de Borisov depuis la veille, la Grande Armée se trouve, le 22 novembre 1812 au matin, dans une situation désespérée.

Le 23 novembre 1812, les Russes attendent les Français à Borisov et Napoléon décide d’y organiser une manœuvre de diversion pour permettre le franchissement de la Bérézina 15 km plus bas, face au village de Stoudienka, là où le général Corbineau a identifié un passage possible.

Les armées Russes comptent sur cet obstacle naturel pour bloquer l’armée de Napoléon et ainsi l’anéantir.

La Bataille de la Bérézina eut lieu du 26 au 29 novembre 1812 près de la rivière Bérézina (dans l’actuelle Biélorussie), entre l’armée française de Napoléon Ier et les armées russes, de Koutousov, de Wittgenstein et de Tchitchagov.

des ponts sont fabriqués pour franchir la berezina.

A huit heures le soir (il fait déjà nuit depuis longtemps) trois chevalets s'effondrent sous le poids des voitures. Il faut que les pontonniers se remettent dans la rivière, dont ils doivent briser la glace. A onze heures, le pont est de nouveau praticable. Pas pour longtemps ! A deux heures du matin, nouvelle rupture, au point de plus grande profondeur de la rivière. Seul le charisme d'Éblé permet de mettre à nouveau les hommes au travail.


les ponts fabriqués pour franchir la berezina.


Gravure de Johann Adam Klein d'après Franz von Habermann. (Institut de France, bibliothèque Thiers, Paris.).

 

Tchitchagov, Wittgenstein et l’avant-garde de Koutousov prennent l’offensive le 28 vers 8 heures du matin. Face à l’armée de Wittgenstein, devant les forces ennemis qui s’accroissent à mesure que le temps passe, le maréchal Victor avec 10 000 hommes, défend toute la journée les hauteurs de Stoudienka, tandis que 800 cavaliers de Fournier se distinguent en chargeant à de multiples reprises la cavalerie et l’infanterie russes. Alors que la traversée s’achève, la nuit interrompt les combats et Victor en profite pour passer à son tour sur la rive droite.


bataille de la Berezina par Peter von Hess

Plus tard, alors que le gros de l’armée a déjà franchi la Bérézina, de nombreux retardataires sont encore sur l’autre rive. Des voitures sont incendiées pour convaincre les retardataires de l’urgence à traverser, mais la plupart des trainards, épuisés, préférant attendre le jour, restent sourds à ces injonctions. les deux ponts sont incendiés à 8 h 30. La rive gauche de la Bérézina offre alors le spectacle tragique, d’hommes, de femmes et d’enfants se précipitant à travers les flammes des ponts ou tentant de traverser à la nage.

Les formations combattantes, l’État-major et l’artillerie de la Grande Armée ont franchi la Bérézina, mais les pertes seront évaluées à environ 30 000 hommes, morts ou prisonniers. Le mot de « bérézina » est passé dans le langage courant comme synonyme de déroute, d’échec cuisant.


Voilà à quoi ressemblaient les troupes Napoléoniennes à la Berezina

Des 600 000 hommes qui entrèrent en campagne, seules quelques dizaines de milliers franchissent la Bérézina. La Grande Armée est détruite.


Plaque commémorative posée sur place.

Début décembre 1812, Napoléon apprend que le général de Malet a tenté un coup d'État. Étant à Smorghoni, le 5 décembre, Napoléon tint un grand conseil de guerre, donna ses instructions et le commandement des troupes à Murat, et partit pour Paris. Napoléon abandonne son armée et rentre en traîneau. Murat déserte plus tard pour sauver son royaume de Naples, laissant le premier beau-fils de Napoléon, Eugène de Beauharnais, aux commandes.

Au cours des semaines suivantes, les restes de la Grande Armée sont encore réduits, et le 14 décembre 1812 ils sont expulsés du territoire russe.

Encouragés par ce dramatique échec, plusieurs rois reprirent les armes contre la France. À la suite de deux victoires remportées en Allemagne (Bautzen et Lutzen), une partie de ses troupes le trahit et Napoléon subit une défaite décisive à Leipzig, aussi appelée « Bataille des nations », qui voit s’opposer 180 000 Français à 300 000 alliés (russes, autrichiens, prussiens, suédois). On dénombre 100 000 morts et blessés.

Le 16 octobre 1813 il concentre 177 000 hommes dans Leipzig, alors que les coalisés commencent la bataille avec la plupart de leurs armées et une partie de leurs corps, qui comptent environ 300 000 hommes. Au bout d'une journée de combat, Napoléon déplore plus de pertes que les coalisés, avec près de 25 000 morts. Le 17 octobre, les coalisés reçoivent le renfort des armées de Pologne et du Nord, et alignent alors environ 400 000 hommes. Les combats continuent et sont toujours aussi meurtriers de chaque côté. Le 18 octobre, Napoléon ordonne la retraite et passe un pont sur l'Elbe. Alors que les troupes de l'empereur passent le pont, celui saute, soit par une bombe soit par les tirs de canons ennemis. Cette destruction bloque 15 000 hommes sur l'autre rive, qui seront soit massacrés, soit faits prisonniers. Cette défaite amène un terme à la campagne d'Allemagne.

En 1814, une alliance entre le Royaume-Uni, la Russie, la Prusse et l’Autriche est formée. Malgré les incroyables victoires aux batailles de Champaubert et de Montmirail, que Napoléon remporte à la tête d’une armée de jeunes recrues inexpérimentées (les « Marie-Louise »), Paris tombe le 31 mars et les maréchaux forcent Napoléon à abdiquer. L’intention de Napoléon était d’abdiquer en faveur de son fils (Napoléon II), mais les puissances alliées exigent une abdication inconditionnelle.

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Napoléon est déchu par le Sénat le 3 avril 1814 et exilé à l’île d’Elbe, selon le Traité de Fontainebleau signé le 11 avril, conservant le titre d’Empereur mais ne régnant que sur cette petite île.

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En France, Louis XVIII écarte « Napoléon II » et prend le pouvoir. Napoléon s’inquiète du sort de sa femme et surtout de son fils qui est aux mains des Autrichiens. Le gouvernement royaliste refuse bientôt de lui verser la pension promise et des rumeurs circulent quant à sa déportation vers une petite île de l’océan Atlantique sud.

Napoléon décide donc de retourner sur le continent pour reprendre le pouvoir.

Les armées envoyées pour l’arrêter l’accueillent en héros partout sur son trajet, sur la route qui porte désormais son nom. Le maréchal Ney, qui avait juré à Louis XVIII de lui ramener Bonaparte dans une cage de fer, s’incline devant son ancien souverain, ce qui lui vaudra d’être le seul maréchal exécuté pour trahison lors de la Seconde Restauration. Napoléon arrive sans coup férir à Paris. Cette montée à Paris est connue comme le « Vol de l’Aigle », inspiré des paroles de Napoléon : « L’Aigle volera de clocher en clocher jusqu’aux tours de Notre-Dame ». En 1932, la Route Napoléon sera inaugurée entre Golfe-Juan et Grenoble. Des aigles volants jalonnent ce parcours.

En mars 1815, une nouvelle coalition se constitue au Congrès de Vienne pour combattre Napoléon, qui a quitté l'île d'Elbe. Le Congrès de Vienne est une conférence des représentants diplomatiques des grandes puissances européennes qui eut lieu à Vienne du 1er octobre 1814 au 9 juin 1815.

Waterloo

La fuite de Louis XVIII et le retour de Napoléon aux Tuileries le 20 mars 1815 marquent le début de la période dite des Cent-Jours. Napoléon fait établir l’Acte additionnel aux Constitutions de l’Empire (22 avril), connu aussi sous le nom de Charte de 1815. Une Chambre des représentants est élue. Sur le plan international, Napoléon affirme ses volontés pacifiques puisqu’il n’avait pas le choix, mais les alliés n’acceptent pas ce retour et reprennent les hostilités contre la France.

L’armée napoléonienne est finalement défaite à la bataille de Waterloo le 18 juin 1815.


La bataille de Waterloo

 

La bataille de Waterloo s'est déroulée le 18 juin 1815. Elle s'est terminée par la victoire décisive de deux armées : celle des alliés composée principalement de Britanniques et Néerlandais, commandée par le duc de Wellington, et celle des Prussiens, commandée par le maréchal Blücher ; toutes deux opposées à l'armée française dite Armée du Nord emmenée par l'empereur Napoléon Ier.

Wellington a déployé son armée sur le plateau de Mont-Saint-Jean, face au sud, de part et d'autre de l'axe Charleroi-Bruxelles. Le plan de Napoléon est de mener l'attaque principale à l'est et au centre en y incluant la ferme de la Haye Sainte (centre du dispositif allié). Il fait déployer 80 canons (appelés la grande batterie) devant le Ier Corps. Afin d'attirer les réserves de Wellington vers l'ouest, il charge d'abord le IIe Corps de lancer, avec uniquement la division Jérôme (commandée par le frère de l'Empereur), une attaque de diversion à l'ouest, sur la ferme Hougoumont.

Le Prince Jérome s'acharne et, malgré le renfort d'une brigade voisine, toutes les attaques françaises sont repoussées. À 13h30, quelques hommes parviennent à pénétrer par une brèche ouverte à coups de hache dans une porte ; ils sont tous massacrés sauf un jeune tambour. Hougoumont devient, durant toute la journée, une bataille dans la bataille mobilisant inutilement 8 000 hommes du côté français contre seulement 2 000 du côté allié.

À 13h00, à l'est, les quatre-vingts canons de la grande batterie déployés sur 1 400 mètres ouvrent le feu. À 13h30, le 1er Corps d'Erlon démarre la progression avec ses quatre divisions d'infanterie.

La Haye Sainte est fermement défendue par le bataillon du major Baring de la King's German Legion. À l'est de la ferme, le général britannique Picton (qui y sera tué) mène une contre-attaque avec des régiments d'infanterie écossais. Wellington charge le commandant de sa cavalerie, Lord Uxbridge, de faire contre-attaquer les brigades de cavalerie lourde Sommerset et Ponsonby (dont les célèbres Scots Greys). Les Français, surpris en plein déploiement sont désorganisés et se replient. Dans leur élan, les deux brigades de cavalerie britanniques vont même jusqu'à attaquer la grande batterie mais elles se font alors décimer par la cavalerie française restée en arrière et sont mises définitivement hors combat.


La charge des Scots Greys

À 15h00, après réorganisation du 1er Corps et nouveau tir de préparation de la grande batterie, une nouvelle attaque est menée pour s'emparer du verrou que constitue la Haye Sainte. Suite à la canonnade, Wellington fait replier son centre. Ney croit à un repli général. D'initiative, il entraîne tous les cuirassiers de Milhaud suivis par la division de cavalerie de Lefèbvre-Desnouettes dans des charges à l'ouest de La Haye Sainte, là où l'infanterie alliée est toujours intacte. C'est le fameux affrontement de la cavalerie française et des carrés d'infanterie britannique. C'est aussi l'épisode (exagéré par Victor Hugo dans Les Misérables) du chemin creux. Napoléon estime l'action prématurée mais, à 17h00, vu la situation, envoie, en renfort, le corps de cavalerie de Kellermann et la division de cavalerie de Guyot. Avec la cavalerie déjà engagée, cela fait un total de plus de 10 000 cavaliers français.

Sur le front principal (devant l'actuel Lion de Waterloo élevé à l'endroit où le prince héritier des Pays-Bas fut blessé), la bataille continue à faire rage. Lors de chaque charge française, les artilleurs britanniques se replient dans les carrés. Les canons alliés, placés en avant, ne sont ni encloués (enfoncement d'un clou dans la lumière de la pièce rendant sa mise à feu impossible) ni emportés si bien qu'ils redeviennent utilisables avant chaque nouvelle charge.

la cavalerie française n'est pas suivie d'infanterie et le IIe Corps de Reille (moins la division Jérôme engagée à Hougoumont) n'attaque qu'à 18h30. À ce moment, la Haye Sainte tombe enfin aux mains des Français. Ney fait avancer des canons qui prennent d'enfilade les positions britanniques. La situation des Alliés est critique. Ney demande des renforts pour en finir mais vu la menace prussienne, Napoléon refuse.

Sur le flanc est, sous la pression des Prussiens, le corps de Lobau débordé a dû se replier. La division de la Jeune Garde commandée par Duhesme a été envoyée pour reprendre Plancenoit. À 18h30, elle a même dû être renforcée par deux bataillons de la Vieille Garde qui délogent l'ennemi à la baïonnette.

Protégé à l'est par l'arrivée des Prussiens, Wellington peut récupérer des unités pour renforcer son centre. Aussi, à 19h30, quand Napoléon fait donner la Garde sur les positions alliées, il est trop tard. L'élite de l'élite que constituent les grenadiers de Friant et les chasseurs à pied de Morant (dont fait partie le célèbre général Cambronne) ne peut rien contre la conjugaison de l'artillerie, de l'infanterie et de la cavalerie de Wellington. La Garde impériale recule, ce qui crée le désarroi dans le reste de l’armée française.


wellington sur le champ de bataille

À 21h00, Wellington et Blücher se rencontrent à la ferme de la Belle-Alliance (nom prédestiné dû au mariage d'un valet de ferme avec sa riche patronne devenue veuve). Napoléon a fui. Wellington, dont les troupes sont épuisées, laisse aux Prussiens la tâche de poursuivre. Wellington rentre à son QG, y rédige son rapport et donne à la bataille le nom de l'endroit où il se trouve : Waterloo.

Comme la plupart des banquiers, les Rothschild disposaient d'un réseau de renseignement. Dès que l'issue du combat fut certaine, un agent partit pour Londres via Ostende. Informé dès le 20 juin au matin, Nathan Rothschild vendit ostensiblement ses titres à la Bourse puis après avoir provoqué un krach racheta ces mêmes titres au dernier moment alors que les cours s'étaient effondrés. Le rapport que Wellington rédigea après la bataille n'arriva dans la capitale britannique que le 21 au soir. Dès le lendemain, la victoire provoqua une hausse de la Bourse. Les Rothschild ont toutefois prétendu qu'on avait surestimé leurs gains.

http://www.waterlootv.be/Videos/chaine-communale/tourisme/waterloo-touristique.aspx

http://www.waterloo1815.be/fr/waterloo/

Cette bataille est la dernière à laquelle prit part directement Napoléon Bonaparte. Malgré son désir de poursuivre la lutte avec de nouvelles forces qui se reconstituaient, il dut, par manque de soutien politique, abdiquer quatre jours après à son retour à Paris.

Démographiquement, la France a perdu environ 1 700 000 hommes entre 1792 et 1815, dont la majorité pendant les guerres napoléoniennes. Économiquement, la France est ruinée. Ses ports et ses arsenaux sont ruinés. La France a perdu toutes les colonies qui lui restaient de l’Ancien Régime. Son influence internationale, mise en place depuis Richelieu et Louis XIV, est réduite à néant. Napoléon laisse une France plus petite territorialement que sous Louis XVI. Même la Sarre et les villes de Marienbourg, Philippeville et Landau, acquises sous Louis XIV, sont cédées aux coalisés. Napoléon laisse une France occupée, qui en outre doit payer une lourde indemnité de guerre pour l’entretien des troupes étrangères établies sur son territoire. Lorsque Napoléon quitte la France, il n’est pas regretté. C’est à Sainte-Hélène que va pourtant se forger sa légende.

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22 juin 1815: Napoléon abdique pour la seconde fois.

Demandant l'asile au " plus constant de ses ennemis ", l'Angleterre, Napoléon est d'abord pris en charge par le Bellérophon, puis transféré le 7 août 1815 sur le Northumberland qui le déposera à Sainte-Hélène. Il ne met pas un seul pied en Angleterre, les officiers britanniques voulant éviter absolument que Napoléon puisse demander le droit d'asile en invoquant l'Habeas Corpus. Le capitaine, en l'accueillant, l'appelle "général Bonaparte", ce qui mettra Napoléon hors de lui. Les Anglais l'appelleront toujours ainsi puisqu'ils n'ont jamais reconnu l'Empire.

Traité de Vienne: Les pays vainqueurs de Napoléon adoptent le principe de rendre aux pays leurs frontières d'avant la Révolution française de 1789 sauf aménagements. Il fait suite au traité de Paris du 30 mai 1814.

Après le Congrès de Vienne de 1815, les États allemands se rassemblent au sein de la Confédération germanique. Auparavant, en novembre 1814, un groupe de vingt-neuf souverains de petits et moyens États propose au comité qui s'occupe d'établir un plan visant à construire un État fédéral de réintroduire la dignité impériale en Allemagne.

Un film nous permet de visualiser ce que pouvait être la vie en France en 1815. Jacquou le Croquant par Laurent Boutonnat, sorti le 17 janvier 2007.adapté d'un roman d' Eugène Le Roy (1899). Jacquou est un jeune paysan vivant au Périgord en 1815. Par la faute d'un noble cruel et arrogant, le comte de Nansac, il devient orphelin.


La vengeance d'un paysan

1815, les armées russes occupent Paris.

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Seconde Restauration

8 juillet 1815: Louis XVIII de retour à Paris (seconde Restauration). Il s'ensuit une période de stabilité politique et une paix extérieure de 15 ans. On y voit l'expérience originale d'une monarchie constitutionnelle après la Révolution, mais aussi un apprentissage des nouvelles libertés qui ont été acquises.

Il forme un gouvernement avec Talleyrand et Fouché.

Louis XVIII doit contenir la fureur des ultras, monarchistes absolutistes. Ceux ci perpétuent des massacres envers les napoléoniens après les Cent-Jours, c’est la « Terreur blanche ». Les notables, hostiles à Napoléon, élisent les ultras à la Chambre lors des premières élections. Ceux-ci éditent une série de lois répressives entre octobre 1815 et juillet 1816. La Terreur légale arrête 70 000 personnes pour motifs politiques.

A l’été 1816, Louis XVIII dissout ce qu’il appelle la « Chambre introuvable ». Chateaubriand s’insurge et proclame une phrase célèbre : « le roi règne mais ne gouverne pas ». C’est l’échec des ultras, trop radicaux. Les purs libéraux entrent dans la majorité. Ils souhaitent une application stricte de la Charte. Les constitutionnels modérés sont les plus nombreux. Le duc de Richelieu fait passer des lois libérales : loi Laîné (1817) simplifie le vote par le suffrage direct et favorise la bourgeoisie urbaine libérale, la loi Gouvion-Saint-Cyr qui organise le recrutement militaire par tirage au sort. Les nobles n’entrent plus automatiquement en tant qu’officier.

Mais le retour de Louis XVIII est entaché par le second Traité de Paris, moins favorable que le premier. La France perd la Sarre, la Savoie,ainsi que quelques communes du Pays de Gex, Landau, Philippeville et Mariembourg. L’occupation étrangère est décidée. Louis XVIII lève un emprunt de 100 millions de francs pour payer les frais d’occupation. Mais la France est placée sous tutelle jusqu’en 1818, et l’occupation est très dure.

Les libéraux et modérés sont laminés aux élections de novembre 1820. Jean-Baptiste de Villèle arrive au pouvoir un an plus tard. Il suspend les journaux d’opposition en 1822, épure l’Université, place l’enseignement primaire sous la direction des évêques, les prêtres entrent dans l’enseignement secondaire.

Progressivement, Napoléon tombe malade et s’affaiblit. Il demande dans son testament au général Baron de Marbot de continuer à œuvrer dans ses écrits « pour la grandeur de la France ». Dans la seconde moitié du mois d’avril 1821, il écrit ses dernières volontés et plusieurs codicilles lui-même, une quarantaine de pages au total.


Napoléon à Sainte Hélène

Ses derniers mots sont : « France, armée, Joséphine », ou, selon les mémoires de Sainte-Hélène : « tête… armée… Mon Dieu ! ». Nerval, dans son poème À la mort de l’Exilé, note : « Les dernières paroles de Napoléon mourant furent : « Mon Dieu et la nation française… française… mon fils… tête armée ». On ne sait ce que signifiaient ces mots. », et une version courante affirme qu’il aurait dit en fait : « tête d’armée », ce qui est bien moins énigmatique.

Napoléon meurt un samedi, le 5 mai 1821, « à 17 heures et 49 minutes », rendant ainsi "le plus puissant souffle de vie qui eut jamais agité l'argile humaine" (Chateaubriand). Cependant, les causes de sa mort ont fait l'objet de controverses ; officiellement les médecins ont conclu à une mort des suites d'un cancer de l'estomac, mais il fut avancé l'hypothèse d'un empoisonnement à l'arsenic. Hudson Lowe, geôlier de Napoléon à Sainte-Hélène, devant son lit de mort, déclare : « Messieurs, c’était le plus grand ennemi de l’Angleterre, c’était aussi le mien. Mais je lui pardonne tout. À la mort d’un si grand homme, on ne doit éprouver que tristesse et profond regret. »

Victime d'une chute accidentelle le 6 juillet 1823, Pie VII décéde à Rome le 20 août suivant, et son successeur est Léon XII.


Tombeau de Pie VII dans la basilique Saint Pierre de Rome

Villèle et Chateaubriand aux affaires étrangères engagent la France contre l’Espagne en 1823 pour rétablir la monarchie absolutiste. La victoire de Cadix place la France dans les puissances absolutistes. En décembre 1823, la Chambre est dissoute, les ultras triomphent. La législature est fixée à sept ans.

Louis XVIII meurt le 16 septembre 1824, laissant les ultras seuls au pouvoir.

septembre 1824: Charles X comte d’Artois monte sur le trône. C’est un chef du parti ultra, nostalgique de l’Ancien Régime.

En avril 1825, il fait passer la loi d’indemnisation des émigrés. Les libéraux critiquent « le milliard des émigrés » qui profite à 250 000 privilégiés.

Il décide de renouer avec le sacre royal à Reims, en 1825.

Villèle poursuit son action, et soigne les relations avec l’Église. Le repos dominical est imposé, on interdit le divorce.

Dans les villes, on assiste à une reconquête spirituelle des prêtres. Mgr Frayssinous est nommé à l’Instruction Publique. Les vols d’objets du culte sont condamnés à mort.

1827 Charles X se lance dans un blocus naval et dans une expédition militaire contre Alger

Charles X doit composer avec la nouvelle majorité libérale élue, et nomme le vicomte de Martignac, qui va mener une politique libérale. La loi sur la presse de juillet 1828 adoucit le régime. On contrôle les listes électorales pour éviter une « dérive monarchique ». Mais Martignac est critiqué par les ultras pour son libéralisme, et par les libéraux pour sa politique trop timide. Il doit se retirer en 1829.

Le roi nomme alors Polignac, un ultra pur et dur, ce qui suscite la colère des libéraux. Il devient président du conseil en novembre 1829.

Le pouvoir et la chambre entrent en conflit durant le mois de mars 1830. Royer-Collard rédige une pétition contre la politique royale, signée par 221 députés sur 402 : l’Adresse des 221. Charles X dissout la Chambre, les ministres modérés démissionnent, la crise se généralise.

Les élections ont lieu en juillet 1830. Pour améliorer le prestige royal en vue de cette échéance, l’opération d’Alger est lancée.

1830 Les troupes françaises s'emparent d'Alger mais l'information n'arrive à paris que le 9 juillet, trop tard, les élections sont déjà jouées.

La prise d'Alger par les Français en 1830 venait de porter un coup terrible à l'empire des deys et à la domination ottomane.

le roi Charles X tente un coup de force constitutionnel par ses ordonnances de Saint-Cloud du 25 juillet 1830.

Le lundi 26 juillet, magnifique journée d’été, il fait une chaleur accablante. La publication des ordonnances plonge le pays dans un véritable état de stupeur. L’on s’attendait à un coup de force, mais on n’imaginait pas que le roi agirait avant la réunion des Chambres prévue pour le 3 août. L’effet de surprise est donc total, alors que la plupart des opposants ne sont pas encore rentrés à Paris.

En réaction, un mouvement de foule se transforme rapidement en révolution républicaine.

quelques attroupements commencent à se former le 26 juillet au Palais-Royal, place du Carrousel, place Vendôme, sous l'impulsion de l'Association de Janvier. On crie : « Vive la Charte ! À bas les ministres ! À bas Polignac ». Des manifestants reconnaissent la voiture de Polignac qui, en compagnie du baron d’Haussez, rentre à l’hôtel des Affaires étrangères, alors sis rue Neuve-des-Capucines. Des pierres sont lancées en direction de l’équipage, une vitre est brisée dont les éclats égratignent d’Haussez, mais le cocher parvient à entrer au grand galop dans la cour de l’hôtel dont les gendarmes referment aussitôt la porte. Un calme trompeur retombe sur Paris qui s’endort dans l’inquiétude du lendemain.

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révolution de 1848 deuxième république second empire

 

La révolution de Juillet 1830 : deuxième révolution française

elle se déroule sur trois journées, les 27, 28 et 29 juillet 1830, dites les « Trois Glorieuses ».

Le 27 juillet, bravant les ordonnances, Le National, Le Temps, Le Globe et Le Journal du commerce paraissent sans autorisation et publient la protestation des journalistes. Aussitôt, le préfet de police, Claude Mangin, ordonne la saisie des presses des quatre journaux en cause et le parquet lance des mandats d’arrêt contre les signataires de la protestation. De vives échauffourées ont lieu entre la police et les ouvriers typographes, qui redoutent de perdre leur emploi et vont former le noyau dur de l’insurrection.

Des meneurs, il y en a : depuis au moins un an, activistes républicains ou bonapartistes ont préparé le terrain. Les républicains ne sont qu’une poignée, mais actifs et déterminés : Godefroy Cavaignac, Joseph Guinard, Armand Marrast, Louis-Adolphe Morhéry, François-Vincent Raspail, Ulysse Trélat, Ferdinand Flocon, Auguste Blanqui, etc. Les bonapartistes, souvent anciens soldats de l’Empire sont plus nombreux, mais aussi plus discrets, se retrouvant au sein de sociétés secrètes sous l’égide de la Charbonnerie.

Les premières barricades sont dressées par des étudiants et des ouvriers de l’Association des patriotes de Morhéry. La foule est exaspérée par l’annonce de la nomination du maréchal Marmont, duc de Raguse, au commandement de la 1re division militaire, c’est-à-dire de Paris. Comme Bourmont, Marmont représente, aux yeux du peuple, l’archétype du traître, celui dont la défection, en 1814, a contraint Napoléon à abdiquer.

Poussés par quelques meneurs, les manifestants harcèlent les troupes à coups de pavés, de briques ou de pots de fleurs. Finalement, au début de la soirée, les soldats se mettent à tirer. On ramasse, sur le pavé, les premiers cadavres que les républicains brandissent comme des trophées, pour exciter le gros des émeutiers à l’insurrection. La Révolution de 1830 commence véritablement à ce moment-là.

Au matin du 28 juillet, le centre et l’est de la capitale sont hérissés de barricades. 10 000 insurgés pillent les armureries en chantant La Marseillaise. À onze heures du matin, les ministres, Polignac en tête, viennent se réfugier auprès de Marmont au palais des Tuileries. Marmont juge la situation très sérieuse ; il envoie à Charles X, qui se trouve au château de Saint-Cloud, le célèbre message : « Ce n’est plus une émeute, c’est une révolution. Il est urgent que Votre Majesté décide des moyens de pacification. L’honneur de la couronne peut être encore sauvé. Demain peut-être il ne serait plus temps. »

Charles X ne répond pas mais, dans la soirée, Polignac informe Marmont que le roi vient de signer une ordonnance mettant Paris en état de siège : Marmont reçoit donc les pleins pouvoirs pour écraser la révolution. Mais il ne dispose que de quelque 10 000 hommes, la capitale ayant été dégarnie pour constituer le corps expéditionnaire d’Alger, envoyer des troupes en Normandie pour tenter de rassurer la population inquiétée par la vague d’incendies criminels, et couvrir la frontière du Nord, car l’on craint des troubles en Belgique.


La liberté guidant le peuple (28 juillet 1830). Eugène Delacroix. Paris, Musée du Louvre.

Durant la journée du 28, les soldats, mal ravitaillés en vivres et en munitions, sont pris au piège des ruelles étroites du vieux Paris, cisaillées de barricades, sous des pluies de projectiles divers. En fin de matinée, les insurgés se rendent maîtres de l’Hôtel de ville, au sommet duquel ils hissent le drapeau tricolore, provoquant une intense émotion dans la population parisienne. Plusieurs fois perdu et repris au cours de la journée, le bâtiment, hautement symbolique, finit par rester aux mains des insurgés.


Le combat devant l’Hôtel de ville le 28 juillet 1830. Jean-Victor Schnetz. Paris, Musée du Petit Palais.

Vers quatorze heures trente, la délégation des députés est reçue par Marmont aux Tuileries. Le maréchal, invoquant les ordres reçus, exige la fin de l’insurrection comme préalable à un ordre de cesser le feu, tandis que les députés réclament le retrait des ordonnances et le renvoi des ministres comme préalable à l’arrêt de l’émeute. La discussion tourne court, d’autant que Polignac, retranché dans une pièce voisine, refuse de recevoir les députés. Ceux-ci quittent les Tuileries vers quinze heures. Marmont envoie aussitôt un message à Charles X pour lui rendre compte et conclut : « Je pense qu’il est urgent que Votre Majesté profite sans délai des ouvertures qui lui ont été faites. », tandis que Polignac envoie, de son côté, un émissaire, sans doute porteur du conseil de ne pas céder un pouce de terrain. En fin d’après-midi, Marmont reçoit la réponse du roi : il l’invite à « tenir ferme » et à concentrer ses troupes entre le Louvre et les Champs-Élysées.

Pendant la nuit du 28 au 29 juillet, de nouvelles barricades ont été élevées. Le jeudi 29, à l’aube, Marmont a dû se concentrer sur une bande qui va du Louvre à l’Étoile en passant par les Tuileries et les Champs-Élysées.


Combat de la rue de Rohan le 29 juillet 1830. Hippolyte Lecomte. Paris, Musée Carnavalet.

Dans la matinée, le 5e et le 53e régiments de ligne, qui tiennent la place Vendôme, passent aux insurgés. Cette double défection entraîne l’effondrement du dispositif militaire : pour colmater la brèche, Marmont doit dégarnir le Louvre et les Tuileries qui, attaqués, tombent aux mains des insurgés tandis que les troupes royales se replient en désordre à travers les Champs-Élysées jusqu’à l’Étoile.


Attaque du Palais du Louvre le 29 juillet 1830. Paris, Musée Carnavalet.

 

Dans la soirée, l’insurrection est maîtresse de Paris et les débris de l’armée royale ont pris position dans le bois de Boulogne pour protéger le château de Saint-Cloud.

les combats auront fait quelque 200 tués chez les soldats et près de 800 chez les insurgés.

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Charles X et la famille royale fuient Paris. Les députés libéraux, majoritairement monarchistes, prennent en main la révolution populaire et, au terme de l’« hésitation de 1830 », conservent une monarchie constitutionnelle au prix d’un changement de dynastie. Le 30 juillet, députés et journalistes entrent en scène pour récupérer la révolution populaire au profit de la bourgeoisie, en jouant sur la peur. Après quelques jours d’hésitation entre république et solution orléaniste, la monarchie de Juillet est finalement instituée. La bourgeoisie parisienne dame le pion aux républicains désorganisés.

Après 1789, C'est la deuxième révolution confisquée au peuple par la bourgeoisie.


Louis-Philippe, duc d’Orléans, nommé lieutenant général du royaume,
quitte à cheval le Palais Royal, pour se rendre à l’hôtel de ville de Paris, le 31 juillet 1830

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L'empire Napoléonien trafalgar Austerlitz Iena retraite de Russie

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révolution de Juillet 1830 monarchie de Juillet émeutes de 1832 Paupérisme

révolution de 1848 deuxième république second empire

 

1830 : la Monarchie de juillet


Proclamation des députés le 31 juillet 1830

Proclamée le 9 août 1830 après les émeutes dites des « Trois Glorieuses », la monarchie de Juillet (1830-1848) succède en France à la Restauration.

La branche cadette des Bourbons, la maison d'Orléans, accède alors au pouvoir. Louis-Philippe Ier est proclamé non plus roi de France mais roi des Français.

En une dizaine de jours, Louis-Philippe d’Orléans consolide son pouvoir, et écarte toute menace républicaine tandis que Charles X et sa famille prennent la route de l'exil. D’abord désigné « lieutenant-général du royaume », Louis-Philippe est reconnu « roi des Français » le 9 août 1830.

Le nouveau régime s’installe avec l’assentiment d’une bonne partie de l’opinion, hostile à la République, et que la ré-interprétation laïque, bourgeoise et libérale de la Charte satisfait. Mais il est contesté, sur sa gauche par les républicains et sur sa droite par les légitimistes.

La Sainte-Alliance, formée en 1815 par les souverains vainqueurs de Napoléon Ier devait empêcher toute révolution en Europe. Elle avait d’ailleurs mené plusieurs opérations militaires en ce sens dans les années 1820. Mais en 1830, l'Angleterre s'empresse de reconnaître la monarchie de Juillet et, après quelques hésitations, les autres souverains signataires de l’alliance – Autriche, Prusse, Russie – décident de ne pas intervenir et de reconnaître à leur tour le nouveau régime. L’exemple français et l’absence de réaction internationale provoquent alors une série de mouvements nationalistes et libéraux à travers toute l’Europe: Allemagne, Italie, Belgique, Pologne (insurrection de novembre)

de nombreux troubles, émeutes 15 et 16 avril 1831 à paris, première révolte des canuts à Lyon le 21 novembre 1831, sédition de Grenoble le 11 mars 1832 auront lieu en france.

La pandémie de choléra, partie d'Inde en 1815, atteint Paris autour du 20 mars 1832. Elle tue 13 000 personnes rien qu'en avril, et continuera de ravager la capitale jusqu'en septembre, y faisant au total 18 000 morts.

Le choléra frappe également la famille royale – Madame Adélaïde est atteinte – et la classe politique – d'Argout et Guizot contractent la maladie. Casimir Perier, qui est allé le 1er avril avec le duc d'Orléans visiter les malades à l'Hôtel-Dieu, est atteint. Il doit s'aliter puis, son état empirant, cesser d'exercer ses fonctions de ministre de l'Intérieur.

Au terme d'une longue agonie, Casimir Perier meurt le 16 mai 1832.

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Emeutes de 1832

L’insurrection républicaine à Paris en juin 1832 a pour origine une tentative des Républicains de renverser la monarchie de Juillet, deux semaines après le décès du président du Conseil, l'énergique Casimir Perier, emporté par l'épidémie de choléra le 16 mai 1832. Le Roman de Victor Hugo, les misérables, se déroule dans sa dernière partie à ce moment-là , Gavroche meurt sur une barricade et Jean Valjean parvient à sauver Marius qui s'était rendu sur les barricades afin d'y mourrir car son grand-père refuse le mariage avec Cosette.

le 28 mai 1832 : Aussitôt publié, le "manifeste des 39" fait l'effet d'une bombe. Il galvanise l'opposition républicaine. Celle-ci reçoit, comme souvent sous la monarchie de Juillet, le renfort des légitimistes, qui espèrent toujours pouvoir exploiter des troubles à leur profit. Les uns et les autres se tiennent prêts à exploiter le moindre incident.

Le 2 juin 1832, les obsèques du jeune mathématicien républicain Évariste Galois, tué lors d'un duel, servent de tour de chauffe pour l'opposition, dont les dirigeants attendent les funérailles du général Lamarque, l'une des figures du parti républicain, qui est décédé du choléra et doit être enterré le 5 juin. Ses funérailles ne manqueront pas d'attirer un vaste concours populaire, situation propice au déclenchement d'une insurrection que les sociétés secrètes républicaines préparent activement.

Le 5 juin, le convoi funèbre emprunte les grands boulevards jusqu'au pont d'Austerlitz où, entraîné par les meneurs républicains, drapeau rouge en tête, il se transforme en manifestation, qui dégénère en affrontements avec la troupe envoyée pour rétablir l'ordre. Une partie de la garde nationale fait défection et fraternise avec les insurgés. Les combats, indécis, se prolongent jusqu'au soir.

Louis-Philippe qui, après avoir reçu le roi des Belges, Léopold Ier à Compiègne, est allé s'installer au château de Saint-Cloud le 1er juin 1832, est prévenu de la situation le 5 juin par l'un de ses aides-de-camp, le général Heymès. Il monte sur-le-champ en voiture et rentre à Paris, en compagnie de la reine Marie-Amélie et de Madame Adélaïde. Dans la soirée, dans la cour du Carrousel du palais des Tuileries, il passe en revue les troupes de ligne et les légions de la garde nationale, pour montrer son calme et sa détermination.

Dans la nuit, les troupes commandées par le maréchal Mouton dégagent les quartiers périphériques de la capitale et repoussent les insurgés dans le centre historique de Paris. La bataille s'engage au matin du 6 juin. La garde nationale résiste et les insurgés sont bientôt retranchés dans le quartier Saint-Merri, où se déroulent des combats meurtriers qui font environ 800 victimes.

Les meneurs se dérobent – tel La Fayette, pressentant l'échec du mouvement et parti se cacher en province – ou sont arrêtés. Le 5 au soir, les députés de l'opposition dynastique qui, tels Laffitte ou Barrot, ont signé le Compte rendu, se réunissent à nouveau chez Laffitte, incertains du parti à prendre et finissent par décider, le 6 au matin, d'envoyer une délégation à Louis-Philippe pour lui demander d'arrêter l'effusion de sang en changeant de politique.

Dans la matinée du 6, le roi passe les troupes en revue sur les Champs-Élysées et la place de la Concorde, puis il rend visite aux soldats et aux gardes nationaux dans les quartiers nord de Paris, où il est accueilli partout par des cris de Vive le roi ! À bas les républicains ! À bas les carlistes ! À trois heures et demie de l'après-midi, aux Tuileries, il reçoit Laffitte, Odilon Barrot et Arago à qui il peut annoncer que le dernier îlot de résistance vient d'être réduit et qu'il n'y a donc rien à négocier.

Le 6 juin, pour assurer une victoire plus complète, le Conseil des ministres fait signer au roi une ordonnance mettant Paris en état de siège. Les troubles sont alors terminés, mais on craint que les jurys d'assises ne prononcent des acquittements abusifs, comme cela a souvent été le cas depuis 1830 dans les procès mettant en cause des meneurs républicains. En transférant les pouvoirs normalement exercés par les autorités civiles à l'autorité militaire, la déclaration de l'état de siège permet de traduire les prévenus devant le conseil de guerre, beaucoup plus sévère.

Une première condamnation à mort, prononcée le 18 juin, fait l'objet d'un pourvoi et la Cour de cassation, dans un arrêt du 29 juin 1832, annule le jugement du conseil de guerre et renvoie les poursuites devant les juridictions de droit commun, motif pris de la violation des articles 53, 54 et 56 de la Charte de 1830 qui prohibent les tribunaux d'exception et garantissent le jugement par jury.

Le jour où tombe l'arrêt de la Cour de cassation, Louis-Philippe s'incline et abroge son ordonnance du 6 juin. Les républicains exultent et stigmatiseront longtemps le « coup d'État de juin 1832 ». Victor Hugo dénonce les « escamoteurs politiques, qui font disparaître l'article 14 et qui se réservent la mise en état de siège dans le double fond de leur gobelet ! » Les caricaturistes se déchaînent. Mais, à la surprise générale, les jurys populaires se montrent sévères : ils prononcent 82 condamnations, dont 7 à mort, que le roi commue toutes en déportation.

En 1832, le complot dit « de la rue des Prouvaires » tente d’assassiner Louis-Philippe, et une tentative d’insurrection royaliste est menée sans succès dans l’Ouest de la France.

En octobre 1832, Louis-Philippe appelle à la présidence du Conseil un homme de confiance, le maréchal Soult, première incarnation de la figure politique dite de l'« illustre épée », que la monarchie de Juillet reproduira à l'envi.

Le roi et son gouvernement prennent des mesures populaires destinées à se concilier l'opinion publique, par exemple un programme de grands travaux, qui permet notamment d'achever un certain nombre de monuments parisiens, tel l'arc de triomphe de l'Étoile, et des gestes symboliques, comme la réinstallation, le 21 juin 1833, de la statue de Napoléon Ier sur la colonne Vendôme. Guizot, ministre de l'Instruction publique et des Cultes, met en place la célèbre loi sur l'instruction primaire de juin 1833 qui oblige à la création d'une école élémentaire dans chaque commune.

le 24 février 1834 signature d'un traité entre les français et le sultan Abd El-Kader. Ils arrivèrent à un accord sur les trois dispositions suivantes du traité :
1. Soumission des Arabes à la France ;
2. Liberté du commerce pleine et entière ;
3. Remise immédiate des prisonniers.
Les négociateurs d'Abd El-Kader (civils et militaires de la province), amendèrent avec habileté une partie des conditions posées par les Français à Abd El-Kader et le traité fut signé.

Le remaniement ministériel du 4 avril 1834 coïncide avec le retour d'une situation quasi-insurrectionnelle dans plusieurs villes du pays. Déjà, à la fin du mois de février, la promulgation d'une loi soumettant à autorisation l'activité des crieurs publics a suscité, pendant plusieurs jours, des escarmouches avec la police parisienne.

Du 9 au 15 avril 1834 à Lyon, la seconde révolte des Canuts fait près de 600 morts.

Les républicains cherchent à étendre l'insurrection à d'autres villes de province, mais leur mouvement fait long feu à Marseille, Vienne, Poitiers et Châlons. Les troubles sont plus sérieux à Grenoble et surtout à Saint-Étienne le 11 avril, mais partout, l'ordre est rapidement rétabli. C'est en définitive à Paris que l'agitation prend le plus d'ampleur.

Thiers, qui a prévu des troubles dans la capitale, y a concentré 40 000 hommes, que le roi passe en revue le 10 avril 1834. À titre préventif, il a fait arrêter 150 des principaux meneurs de la Société des Droits de l'Homme, et interdire son organe, le virulent quotidien La Tribune des départements. Malgré tout, dans la soirée du 13 avril 1834, des barricades commencent à se dresser. Avec le général Bugeaud, qui commande les troupes, Thiers dirige personnellement les opérations de maintien de l'ordre. La répression est féroce. La troupe, ayant essuyé des coups de feu tirés du n° 12 de la rue Transnonain, le chef de détachement fait enlever la maison d'assaut ; tous les occupants – hommes, femmes, enfants, vieillards – sont massacrés à la baïonnette, ce qu'immortalise une célèbre lithographie d'Honoré Daumier.

Plus de 2 000 personnes sont arrêtées suite aux différentes émeutes, notamment à Paris et à Lyon et sont déférées par ordonnance royale à la Cour des pairs, conformément à l'article 28 de la Charte de 1830, pour attentat contre la sûreté de l'État. L'état-major républicain est décapité, à telle enseigne que les funérailles de La Fayette, mort le 20 mai 1834, ne donnent lieu à aucun incident.

Dès le 13 mai 1834, le gouvernement obtient de la Chambre des députés le vote d'un crédit de 14 millions pour pouvoir entretenir une armée de 360 000 hommes. Deux jours plus tard, les députés adoptent également une loi très répressive sur la détention et l'usage d'armes de guerre.

la valse des ministères (juillet 1834 - février 1835)

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Après trois semaines de crise ministérielle, au cours de laquelle Louis-Philippe sollicite successivement Molé, Dupin, Soult, Sébastiani et Gérard, il doit se résoudre, le 12 mars 1835, à appeler le duc de Broglie et à accepter ses conditions, qui sont d'ailleurs proches de celles qu'avait imposées Casimir Perier.

Comme le premier gouvernement Soult, le nouveau ministère repose sur le triumvirat Broglie (Affaires étrangères) - Guizot (Instruction publique) - Thiers (Intérieur). D'emblée, le duc de Broglie lave l'affront que lui avait infligé la Chambre en 1834 en obtenant haut la main la ratification du traité du 4 juillet 1831 avec les États-Unis d'Amérique. Il obtient également une large majorité dans le débat sur les fonds secrets, qui tient lieu de vote de confiance avec 256 voix pour et 129 contre.

L'attentat de Fieschi (28 juillet 1835): une « machine infernale » placée sur l'appui de la fenêtre d'une maison explose. Miraculeusement, le roi n'a qu'une éraflure au front, ses fils sont indemnes, tandis que le maréchal Mortier est tué sur le coup avec dix autres personnes. Parmi les dizaines de blessés, sept meurent dans les jours suivants. Les auteurs de l'attentat – un aventurier paranoïaque et vaniteux, ancien soldat de Murat, Giuseppe Fieschi, et deux républicains exaltés, liés à la Société des Droits de l'Homme, le sellier Pierre Morey et le droguiste Théodore Pépin – sont arrêtés au début du mois de septembre. Jugés devant la cour des pairs, ils sont condamnés à mort et guillotinés le 19 février 1836.

Le 14 janvier, alors que la Chambre aborde la discussion du budget, le ministre des Finances, Georges Humann, annonce, sans en avoir averti ses collègues, son intention de procéder à une conversion de la rente française 5 % pour alléger le poids de la dette publique. C'est une véritable bombe politique, car la rente est une composante essentielle des fortunes de la bourgeoisie, base politique du régime. Aussi le Conseil des ministres désavoue-t-il immédiatement Humann, qui est contraint à la démission le 18 janvier 1836 , cependant que le duc de Broglie explique à la Chambre que le gouvernement ne soutient pas sa proposition. Mais il le fait en termes jugés cassants, qui indisposent les députés : l'un d'entre eux, le banquier Alexandre Gouin, dépose aussitôt une proposition de loi tendant à la conversion de la rente qui est renvoyée devant la Chambre où elle est débattue à partir du 4 février 1836 . Le lendemain, les députés décident de poursuivre son examen par 194 voix contre 192. Désavoué, le gouvernement démissionne aussitôt : c'est la première fois qu'un ministère tombe après avoir été mis en minorité devant la Chambre des députés.

1836. Intervention française à La Goulette pour empêcher le débarquement des troupes ottomanes.

Le régime semble désormais stabilisé, la prospérité économique est revenue. Aussi le roi et Molé jugent-ils, contre l'opinion du duc d'Orléans, le moment propice pour prononcer la dissolution de la Chambre des députés, décidée le 3 octobre 1837. Pour peser sur les élections, Louis-Philippe décide l'expédition de Constantine en Algérie, qui aboutit à la prise de la ville par le général Valée et le duc de Nemours le 13 octobre.

1839 Abd el-Kader déclare la guerre sainte contre la France

1839 L'empire Ottoman "cède" l'Algérie à la France.

La coalition qui s'est opposée au gouvernement Molé est hétéroclite et a les plus grandes peines à faire émerger en son sein une majorité stable. Les années 1839-1840 sont largement marquées par des jeux parlementaires compliqués, qui entraînent un retour de l'instabilité ministérielle, jugulée pendant les deux années et demi où le roi avait maintenu Molé en place.

En même temps qu'il flatte la bourgeoisie conservatrice, Thiers caresse le désir de gloire d'une grande partie de la gauche. Le 12 mai 1840, le ministre de l'Intérieur, Rémusat, annonce à la Chambre des députés que le roi a décidé que les restes mortels de Napoléon Ier seront inhumés aux Invalides. Avec l'accord du gouvernement britannique, le prince de Joinville ira les chercher à Sainte-Hélène sur un navire de guerre, la frégate la Belle-Poule, et les ramènera en France.

L'annonce suscite un effet immense dans l'opinion, qui s'enflamme aussitôt de ferveur patriotique. Thiers y voit l'achèvement de l'entreprise de réhabilitation de la Révolution et de l'Empire qu'il a conduite avec son Histoire de la Révolution française et son Histoire du Consulat et de l'Empire, tandis que Louis-Philippe – qui ne s'est laissé que difficilement convaincre de tenter une opération dont il mesure les risques – cherche à capter à son profit un peu de la gloire impériale en s'appropriant l'héritage symbolique de Napoléon comme il s'est approprié celui de la monarchie légitime à Versailles.

Voulant profiter du mouvement de ferveur bonapartiste, le prince Louis-Napoléon débarque à Boulogne-sur-Mer, le 6 août 1840, en compagnie de quelques comparses parmi lesquels un compagnon de Napoléon Ier à Sainte-Hélène, le général de Montholon[101], avec l'espoir de rallier le 42e régiment de ligne. L'opération est un échec total : Louis-Napoléon et ses complices sont arrêtés et incarcérés au fort de Ham. Leur procès se tient devant la Chambre des pairs du 28 septembre au 6 octobre, dans une indifférence générale. Le prince, défendu par le célèbre avocat légitimiste Berryer, est condamné à l'emprisonnement perpétuel.

En Orient, Thiers soutient le pacha d'Égypte, Méhémet-Ali, dans son ambition de constituer un vaste Empire arabe de l'Égypte à la Syrie, et cherche à l'amener à conclure un accord avec l'Empire ottoman, sous l'égide de la France, et à l'insu des quatre autres puissances européennes (Royaume-Uni, Autriche, Prusse et Russie). Mais le ministre des Affaires étrangères britanniques, Palmerston, informé de cette négociation, s'empresse de négocier entre les quatre puissances un traité qui règle la question d'Orient en mettant la France devant le fait accompli : conclu le 15 juillet 1840, le traité confirme à Méhémet-Ali le pachalik héréditaire d'Égypte et celui d'Acre, mais seulement à titre viager ; encore ces concessions sont-elles subordonnées à une acceptation expresse, faute de quoi le pacha se voit menacé de perdre jusqu'à l'Égypte.

En Algérie, face aux raids meurtriers lancés par Abd-el-Kader en représailles à la suite de la chevauchée des Portes de Fer réalisée par le maréchal Valée et le duc d'Orléans à l'automne 1839, Thiers pousse en faveur d'une colonisation de l'intérieur du territoire jusqu'aux limites du désert. Il convainc le roi, qui voit dans l'Algérie un théâtre idéal pour permettre à ses fils de couvrir sa dynastie de gloire, du bien-fondé de cette orientation et le persuade d'envoyer sur place, comme gouverneur général, le général Bugeaud.

Thiers flatte les sentiments patriotiques de l'opinion en décrétant, le 29 juillet 1840 , la mobilisation des soldats des classes 1836 à 1839 et en faisant commencer, le 13 septembre 1841, les travaux des fortifications de Paris. Cette enceinte de 33 kilomètres, familièrement désignée par le terme « les fortif' », était constituée de 94 bastions, 17 portes, 23 barrières, 8 passages de chemins de fer, 5 passages de rivières ou canaux et 8 poternes, dont seuls subsistent de nos jours la Poterne des Peupliers par où la Bièvre entrait dans Paris, le bastion numero 1 situé au milieu de l'échangeur de la porte de Bercy, le bastion 45 porte de Clichy, un mur porte de la Villette, une partie de la porte d'Arcueil ainsi que différentes parties de moindre importance[

Mais la France reste inerte et doit ravaler son humiliation lorsque, le 2 octobre 1841, la flotte britannique bombarde et prend Beyrouth, victoire aussitôt suivie de la destitution de Méhémet-Ali par le sultan.

Au terme de longues tractations entre le roi et Thiers, un compromis est trouvé le 7 octobre 1841: la France renonce à soutenir les prétentions de Méhémet-Ali sur la Syrie mais déclare aux puissances européennes qu'elle ne permettrait pas qu'il soit touché à l'Égypte. Ces principes sont consignés dans une note datée du 8 octobre adressée aux quatre puissances signataires du traité du 15 juillet 1840. Celle-ci s'avère un succès diplomatique : le Royaume-Uni doit en définitive reconnaître la souveraineté héréditaire de Méhémet-Ali sur l'Égypte et renoncer à la déchéance organisée par ce traité. La France a obtenu le retour à la situation de 1832. Néanmoins, après cet épisode, la fracture est irrémédiable entre le roi et son ministre.

Le 29 octobre 1841, lorsque Charles de Rémusat présente au Conseil des ministres le projet de discours du trône, préparé par Hippolyte Passy, Louis-Philippe le trouve trop belliqueux. Après une brève discussion, Thiers et ses collègues remettent leur démission que le roi accepte aussitôt. Dès le lendemain, Louis-Philippe fait mander Soult et Guizot pour qu'ils regagnent Paris au plus vite.

La colonne de Juillet est érigée en mémoire des Trois Glorieuses. La question d'Orient est réglée par la Convention des Détroits en 1841, ce qui permet un premier rapprochement franco-britannique. Cela favorise la colonisation de l'Algérie conquise par Charles X.

Guizot s'acharne à favoriser les propriétaires et à conserver le régime. Il est aidé par le décollage économique du pays de 1840 à 1846. Avec un rythme de croissance de 3,5 % par an, les revenus agricoles augmentent, ainsi que le pouvoir d'achat, qui entraîne une hausse de la production industrielle. Le réseau des transports connaît une croissance spectaculaire. En 1842, une loi organise le réseau ferré national, qui passe de 600 à 1 850 km.

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le Paupérisme

L'époque est caractérisée par l'éclosion d'un nouveau phénomène social baptisé paupérisme. Lié à l'industrialisation et à la concentration ouvrière, il s'agit de la pauvreté durable et massive des ouvriers, qui ne peuvent améliorer leur niveau de vie. De plus, les anciennes solidarités de congrégations caractéristiques de l'Ancien Régime ont disparu. La situation ouvrière est catastrophique. Journée de 14 heures, salaires à 0,20 Franc par jour, les ouvriers sont à la merci des patrons. Les 250 000 mendiants et les 3 millions de Français inscrits aux bureaux de bienfaisance constituent un réservoir d'insatisfaits, face à une assistance publique inexistante. Les bourgeois en sont conscients et Karl Marx entame à cette époque sa théorisation du « capitalisme ». Cette situation aboutit en 1841 à la seule loi sociale du régime, qui interdit le travail aux enfants de moins de 8 ans et le travail de nuit pour ceux de moins de 13 ans, loi rarement appliquée.

Les libéraux entrevoient une solution dans le libre-échange et la fin des monopoles d'alors. Alexis de Tocqueville publie De la démocratie en Amérique. Les socialistes utopiques imaginent des organisations sociales originales, inspirées de Claude-Henri de Saint-Simon et de Charles Fourier. Blanqui prône quant à lui la révolution puis la dictature socialiste.

1845 Abd el-Kader fait reculer les troupes françaises lors de la bataille de Sidi-Brahim . Poète et savant il reste sur tout le symbole et héros de la résistance algérienne à la colonisation.

L'opposition trouve à s'exprimer lors de la crise sociale de 1846. la récolte est très mauvaise. L'augmentation des prix du blé, base de l'alimentation, provoque la disette. Le pouvoir d'achat baisse. Le marché de consommation intérieur ne progresse plus, entraînant une crise industrielle de surproduction. Immédiatement les patrons s'adaptent en renvoyant leurs ouvriers. Aussitôt, on assiste à un retrait massif de l'épargne populaire, le système bancaire est en crise.

c'est la première crise du capitalisme en France

À la crise agricole (type Ancien régime) se superpose une crise du crédit. La France ne dispose pas d'un système de crédit développé. Le système bancaire est dominé par la Haute Banque qui gère, le plus souvent à court terme, des capitaux d'origine familiale. Elle aide ponctuellement quelques "capitaines d'industrie" (ainsi les Rothschild soutiennent Péreire et Seillière finance Schneider au Creusot). Mais il manque des banques de dépôt drainant des capitaux plus importants provenant de l'épargne publique.

Les faillites se multiplient, les cours de la Bourse chutent. L'État réagit en important du blé russe, ce qui rend la balance commerciale négative. Les grands travaux stoppent. Les manifestations ouvrières se développent.

Depuis 1845, il règne en France une effervescence intellectuelle. De très nombreux auteurs publient des livres sur la Révolution de 1789, parmi lesquels Edgar Quinet, Michelet et Louis Blanc. Alphonse de Lamartine publie L'Histoire des Girondins, véritable succès vendu à 100 000 exemplaires avant 1848. La presse se développe, cependant ses tirages modestes et le fait que de nombreux Français soient analphabètes réduit son influence à quelques cercles restreints. Le plus gros tirage de l'époque (34 000 exemplaires) La Presse d'Émile de Girardin soutient le régime. Le Siècle(30 000 abonnés) et Le Constitutionnel dont Thiers est le directeur sont les porte-parole de la gauche dynastique (orléanistes qui souhaitent un régime plus parlementaire et un abaissement du cens électoral). Avec ses 4 000 exemplaires Le National est l'organe de l'opinion républicaine modérée qui accepte l'alliance avec la gauche dynastique. Plus radical est La Réforme qui avec moins de 2 000 exemplaires développe des idées républicaines et sociales sous la plume d' Alexandre Ledru-Rollin, d' Étienne Arago, de Louis Blanc, de Victor Schoelcher ou de Félix Pyat.

1847 Défaite de Abd el-Kader (Algérie)

En 1847, émeutes du Buzançais. À Roubaix, 60 % des ouvriers sont au chômage. Les affaires de corruption (affaire Teste-Cubières) et les scandales (affaire Choiseul-Praslin) entachent le régime.

1848 La France déclare que l'Algérie est un territoire français

Les associations étant encadrées et les rassemblements publics interdits à partir de 1835, l'opposition est bloquée. Pour contourner cette loi, les opposants suivent les enterrements civils de certains d'entre eux, qui se transforment en manifestations publiques. Les fêtes de famille et les banquets servent également de prétexte aux rassemblements. La campagne des banquets, à la fin du régime, se déroule dans toutes les grandes villes de France. Louis-Philippe durcit son discours et interdit le banquet de clôture le 14 janvier 1848. Le banquet, repoussé au 22 février, va provoquer la révolution de 1848.

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Révolution de 1848

elle se déroule à Paris les en février 1848. Sous l'impulsion des libéraux et républicains et suite à une fusillade malheureuse, Paris se soulève à nouveau et parvient à prendre le contrôle de la capitale.

À l'appel d'Armand Marrast, dans Le National, les Parisiens sont invités à manifester le 22 février 1848, date à laquelle le banquet a été reporté. Le rassemblement doit s'effectuer place de la Madeleine. La veille, pourtant, les principaux chefs de l'opposition reculent devant l'épreuve de force et donnent le contrordre d'annuler le banquet et la manifestation. Le gouvernement semble devoir l'emporter ; confiant, il décide de ne pas mettre en application les dispositifs militaires prévus en cas d'incidents graves.

Le 22 février au matin, des centaines d'étudiants (dont certains s'étaient déjà mobilisés dès le 3 janvier pour dénoncer la suppression des cours de Jules Michelet) se rassemblent place du Panthéon, puis se rendent à la Madeleine où ils se mêlent aux ouvriers. Les manifestants (3 000 personnes) se dirigent ensuite vers la Chambre des Députés, Place de la Concorde, aux cris de "Vive la Réforme ! A bas Guizot !". Mais dans l'ensemble, les forces de l'ordre contrôlent la situation. L'occupation militaire de Paris a été décrétée vers 16 heures. Le roi peut compter sur 30 000 soldats, l'appoint de l'artillerie, la sécurité des forts qui encerclent la capitale. Il y a, enfin, la Garde Nationale, 40 000 hommes environ.

Après quelques incidents (un mort), les troubles se déplacent vers l'église Saint-Roch, la manifestation s'organise, la situation s’envenime puisque la crise ne peut être dénouée, la Chambre ayant rejeté quelques heures plus tôt la demande de mise en accusation du gouvernement Guizot déposée par Odilon Barrot.

Le matin du 23 février, alors que l'insurrection se développe, les gardes nationaux de la deuxième Légion, boulevard Montmartre, crient "Vive la Réforme !". Dans d'autres quartiers, différents bataillons de la Garde nationale protègent les ouvriers contre les gardes municipaux et même contre la troupe de Ligne. La Garde nationale se pose ainsi en arbitre entre l'armée et le peuple. Cette défection sonne le glas du pouvoir de Guizot.

Louis-Philippe se rend subitement compte de l'impopularité de son ministre et se résout, dans l'après-midi, à le remplacer par le comte Molé, ce qui équivaut à accepter la réforme. Le roi renvoie certes tardivement son ministre Guizot, mais la protestation se calme : le pire semble évité même si le climat reste tendu.

En soirée, la foule déambule sous des lampions pour manifester sa joie et envisage de se rendre sous les fenêtres de Guizot pour le huer. Le mécontentement avait été si profond depuis des mois et la tension des dernières heures si vive que le moindre incident pouvait encore mettre en péril ce règlement "légaliste" et improvisé de la crise et raviver les ardeurs révolutionnaires. Dans le quartier des Capucines, une rue est barrée par le 14ème de Ligne et la provocation d'un manifestant porteur d'une torche envers un officier a des conséquences tragiques. Se croyant menacée, la garde ouvre le feu, laissant sur le pavé plus de 50 tués qui "justifient" le rebondissement et l'amplification du mouvement protestataire, alors que l'apaisement semblait en bonne voie.

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menu général perdu?

Cette fusillade du boulevard des Capucines, la promenade des cadavres, la nuit, à la lueur des torches, sur une charrette dans les rues de Paris, l'appel du tocsin annonçant le massacre, entre 23 heures et minuit, de Saint-Merri à Saint-Sulpice, relancent l'insurrection. Puisqu'il y a 52 martyrs, on dévalise les armuriers et on édifie des barricades. Il y en a bientôt 1 500 dans toute la ville. Le monde ouvrier y coudoie la jeunesse estudiantine et la petite bourgeoisie.


la Barricade de la rue Soufflot, Paris, février 1848, peinture d'Horace Vernet.

Pendant que Paris se soulève, le roi, aux Tuileries, n'a plus de gouvernement. Le maréchal Bugeaud, nommé commandant supérieur de l'armée et de la Garde nationale de Paris, est convaincu qu'il peut vaincre l'émeute, mais le souverain refuse la solution de force. Beaucoup trop de sang a déjà coulé.

Le 24 février, Louis-Philippe ne parvient pas à reprendre en main la situation.

Le roi remplace le ministre François Guizot par Adolphe Thiers qui propose la répression. Reçu avec hostilité par la troupe stationnée au Carrousel, devant le palais des Tuileries, le roi se résout à abdiquer en faveur de son petit-fils, Philippe d'Orléans (1838-1894), en confiant la régence à sa bru, Hélène de Mecklembourg-Schwerin, mais en vain. La IIe République est proclamée le 24 février devant la colonne de la Bastille.

Karl Marx analyse les événements dans Les luttes de classes en France : « Le 25 février, vers midi, la République n'était pas encore proclamée, mais, par contre, tous les ministères étaient déjà répartis entre les éléments bourgeois du Gouvernement provisoire et entre les généraux, banquiers et avocats du National. Mais, cette fois, les ouvriers étaient résolus à ne plus tolérer un escamotage semblable à celui de juillet 1830. Ils étaient prêts à engager à nouveau le combat et à imposer la République par la force des armes. C'est avec cette mission que Raspail se rendit à l’Hôtel de ville. Au nom du prolétariat parisien, il ordonna au Gouvernement provisoire de proclamer la République, déclarant que si cet ordre du peuple n’était pas exécuté dans les deux heures, il reviendrait à la tête de 200 000 hommes. Les cadavres des combattants étaient encore à peine refroidis, les barricades n'étaient pas enlevées, les ouvriers n'étaient pas désarmés et la seule force qu'on pût leur opposer était la Garde Nationale. Dans ces circonstances, les considérations politiques et les scrupules juridiques du Gouvernement provisoire s'évanouirent brusquement. Le délai de deux heures n’était pas encore écoulé que déjà sur tous les murs de Paris s'étalaient en caractères gigantesques : « République française ! Liberté, Égalité, Fraternité ! » »

Le 25 février 1848, un gouvernement provisoire républicain est établi, la Monarchie de Juillet s’est éteinte, la Deuxième République française est née. On estime que les trois journées de février ont fait 350 morts et au moins 500 blessés.

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révolution de Juillet 1830 monarchie de Juillet émeutes de 1832 Paupérisme

révolution de 1848 deuxième république second empire

 

la deuxième république

La Seconde République est un régime original dans l'histoire de France d'abord par sa brièveté, ensuite car c'est le dernier régime à avoir été institué à la suite d'une révolution. C'est enfin le régime qui définitivement a instauré le suffrage universel masculin en France et aboli l'esclavage dans les colonies françaises.

Ils mettent en œuvre les "principes de 1789", comme la liberté individuelle

Héritiers de cette Grande Révolution (celle de 1789), ils souhaitent que les peuples puissent librement choisir leur destin et ils sont partisans que la République soutienne les Polonais et les Italiens insurgés contre leurs souverains, ou les Autrichiens, mais certains, comme Lamartine, prônent la prudence en ce domaine.

D'autres républicains sont partisans de réformes sociale (Louis Blanc). Pour eux l'État doit se doter de moyens de lutter contre le chômage. Ils s'investissent dans les réunions de la Commission du Luxembourg, où on réfléchit à une nouvelle organisation du travail en vue d'améliorer le sort des classes "populaires". Sous leur pression, le 2 mars, le gouvernement diminue d'une heure la durée de la journée de travail qui est désormais de dix heures à Paris contre onze en province.

Ces républicains authentiques voient leurs adversaires politiques de la veille devenir des "républicains du lendemain". De nombreux notables légitimistes, heureux de l'éviction de Louis-Philippe, et même des orléanistes se rallient à la République. Le suffrage universel leur paraît un moyen pour reconquérir le pouvoir, puisque le contrôle économique qu'ils exercent sur nombre de ruraux, leur permet de faire pression sur les électeurs. Ils sont les défenseurs des libertés, en particulier religieuses. Ils sont horrifiés par les projets d'Hippolyte Carnot qui visent à laïciser l'enseignement. Pour eux, l'Église catholique doit contrôler la formation des jeunes Français. Ils refusent les réformes sociales et sont scandalisés de l'existence des ateliers nationaux.

L'unanimisme "républicain" est de mise pendant quelques semaines: les curés bénissent les "arbres de la Liberté" qui sont plantés dans de nombreuse communes; c'est l'illusion de l'avènement d'une "ère nouvelle", celle de la fraternité universelle. La situation change avec les élections du 23 avril 1848 pour former l'Assemblée constituante qui doit poser les bases d'un nouveau régime politique. Les républicains avancés, conscients du contrôle des ruraux par les notables, redoutent les résultats du suffrage universel. Afin d'avoir le temps de développer leur propagande en province, ils tentent d'obtenir un report de la date des élections. Mais le 16 avril 1848, le ministre de l'Intérieur, le républicain Ledru-Rollin brise militairement une manifestation organisée pour demander un second report.

La nouvelle assemblée est dominée par les républicains modérés (environ 500). Mais les monarchistes, qui vont former le parti de l'Ordre, sont 200. Les républicains radicaux totalisent environ 100 députés. Les socialistes disparaissent de l'Assemblée (seul Armand Barbès est élu). Dominée de fait par les conservateurs l'assemblée élimine les socialistes du nouveau gouvernement qu'elle élit (Commission exécutive).

1848 le 23 mai, proclamation de l'abolition en Martinique (avant l'arrivée des nouvelles de la France) (74.000 esclaves libérés) et le 27 mai, abolition en Guadeloupe (93.000 esclaves libérés)

la reprise en main des royalistes et de la bourgeoisie

Puis profitant de l'échec d'une manifestation républicaine organisée pour la défense des Polonais insurgés, elle fait emprisonner les chefs républicains radicaux (Blanqui, Raspail...). Elle peut alors attaquer l'existence des ateliers nationaux qui sont fermés le 21 juin.

Une partie du Paris populaire entre en insurrection le 22 juin . Ce sont les Journées de Juin 1848, qui durent jusqu'au 28 juin. L'armée, commandée par le général républicain Cavaignac, réprime durement les insurgés. Une fois vainqueurs, républicains modérés et monarchistes dispersent les ouvriers des ateliers nationaux (le 3 juillet), augmentent d'une heure la journée de travail et font déporter en Algérie, sans jugement, près de 4350 insurgés. La majorité républicaine (aiguillonnée par les monarchistes) renonce à la République sociale. C'est ainsi que le peuple se vit encore confisquer sa révolution pour la troisième fois par les royalistes, la bourgeoisie avec l'aide de l'église catholique.

L'hypothèque d'une république sociale étant brutalement levée, la majorité de l'Assemblée (républicains modérés et monarchistes) soutient le gouvernement du général Cavaignac, républicain mais conservateur et autoritaire. Il annule les mesures sociales prises au printemps 1848, il limite drastiquement la liberté d'expression (loi sur la presse et censure des théâtres).

Pendant l'été 1848, les élections municipales du 3 juillet, et cantonales des 27 août et 3 septembre, montrent une évolution de l'électorat. Mécontents de la baisse des prix, liée à une bonne récolte, ulcérés des moyens militaires utilisés pour percevoir "l'impôt des 45 centimes", les ruraux désavouent la République. Plus de trente-cinq mille maires et adjoints élus (sur soixante-cinq mille) occupaient déjà ces fonctions sous la Monarchie de Juillet. Les élections législatives des 17 et 18 septembre confirment l'évolution : dans treize départements, sur dix-sept députés élus, quinze sont monarchistes.

L'automne est occupé par la préparation de l'élection présidentielle prévue pour le 10 décembre 1848. Les républicains se partagent entre plusieurs candidatures (Cavaignac, Lamartine, Ledru-Rollin). Les socialistes présentent Raspail qui est emprisonné depuis le 15 mai. Le "Parti de l'Ordre" se range presque unanimement derrière Louis-Napoléon Bonaparte. Le résultat est sans appel: Bonaparte obtient plus de soixante-quinze pour cent des suffrages exprimés, Cavaignac, arrivé second, n'ayant que dix-neuf pour cent des voix. Il est évident alors que l'assemblée élue en avril n'est plus représentative de l'électorat. Le président nomme Odilon Barrot à la tête d'un gouvernement à forte coloration monarchiste. Ils vont œuvrer pour affaiblir le camp républicain en vue des élections législatives que l'Assemblée (à majorité républicaine) est contrainte, le 29 janvier, sous la pression militaire, d'accepter pour le 13 mai 1849.

Le ministre de I'Intérieur, Léon Faucher, obtient difficilement le 24 mars l'interdiction des clubs politiques. L'expression publique des républicains démocrates-socialistes regroupés dans "La Solidarité républicaine" créée par Ledru-Rollin est ainsi rendue plus difficile. L'administration préfectorale est épurée de ses éléments républicains (souvent remplacés par des bonapartistes). Pour conforter son électorat conservateur et catholique, le ministre de l'Instruction publique, le comte de Falloux, met en chantier une réorganisation complète du système d'enseignement, qu'il veut placer sous le contrôle de l'Église catholique. Le gouvernement arrive également à convaincre l'Assemblée que la France doit intervenir à Rome, pour soutenir le pape Pie IX en difficulté (désir des catholiques) ou pour soutenir la république romaine menacée par une intervention autrichienne (espoirs des républicains). Si le parti de l'Ordre gagne ces élections (53 % des voix, 64% des élus), les démocrates-socialistes progressent (25 % des voix) alors que les républicains modérés sont laminés (11 % des voix). Au grand effroi des conservateurs qui voient l'avancée du "spectre des rouges", la France se divise politiquement, et ce pour plus d'un siècle.

La reprise des hostilités contre la République romaine permet au gouvernement de se débarrasser des chefs républicains qui s'y opposent après le fiasco de leur manifestation du 13 juin 1849 (34 députés sont suspendus de leur mandat, la plupart sont en fuite vers l'exil). Cependant, le 30 octobre, Louis-Napoléon Bonaparte renvoie le gouvernement Barrot et forme un ministère de partisans. Menant à bien l'épuration de l'administration et obtenant le vote de la loi Falloux, le ministère se heurte à une résistance politique de l'opinion républicaine. Elle se manifeste avec détermination aux élections législatives complémentaires du 10 mars et du 28 avril 1850. Les républicains parviennent à faire élire vingt-et-un des leurs pour remplacer trente-et-un de leurs chefs déchus de leur mandat par la "Haute Cour". Pour en finir, l'Assemblée et le gouvernement mènent une politique réactionnaire. La loi électorale du 31 mai 1850 s'attaque au suffrage universel et prive de droits de vote un tiers de l'électorat (surtout les "classes populaires"). Une nouvelle réduit encore la liberté d'expression dans la presse (16 juillet 1850).

Ayant jugulé l'opposition républicaine, le parti de l'Ordre prépare l'avenir et tente la fusion monarchique entre légitimistes et orléanistes en vue de rétablir la monarchie. Après échec des négociations entre royalistes, Il ne reste plus que la solution du coup d'État. Dès le 20 août, les conjurés préparent l'opération, qui doit avoir lieu fin septembre. À la suite de l'hésitation de certains conspirateurs, elle est finalement reportée au 2 décembre 1851. Le 27 octobre, un nouveau gouvernement est constitué dans ce but, le ministère de la Guerre et la Préfecture de police de Paris étant confiés à des bonapartistes. Le 2 décembre, l'armée occupe Paris et le président dissout l'Assemblée dont une partie des députés sont arrêtés après une résistance rapidement matée, rétablit le suffrage universel et convoque les électeurs à un plébiscite pour l'approbation du coup de force et l'établissement d'une nouvelle constitution.

La résistance républicaine en province dans le Centre, le Sud-Ouest, en Languedoc et dans le Var ne parvient pas à sauver la République. L'état de siège, les pressions sur les fonctionnaires transformés en agents électoraux, l'appel de l'Église catholique à voter oui, etc., poussent les électeurs à condamner la République les 21 et 22 décembre 1851 : par quatre-vingt-douze pour cent des soixante-douze pour cent d'inscrits ayant exprimé leurs voix, les Français confient à Louis-Napoléon Bonaparte le droit de modifier la Constitution de 1848.

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Napoléon III
par Franz Xaver Winterhalter

Le 7 novembre 1852, le second empire.

régime bonapartiste de Napoléon III.

Tenant ses pouvoirs du suffrage universel masculin et ayant fréquemment, depuis sa prison ou en exil, reproché aux précédents gouvernements oligarchiques d'avoir négligé les questions sociales, il résolut de les traiter en organisant un système de gouvernement basé sur les principes des « idées napoléoniennes », c'est-à-dire celles de l'Empereur - l'élu du peuple, représentatif du peuple, de la démocratie - et de lui-même, le représentant du grand Napoléon Ier, héros de la Révolution française, et donc gardien de l'héritage révolutionnaire.

Pour contrer l'opposition des individus, une surveillance des suspects fut instituée. L'attaque de l'empereur par Felice Orsini en 1858, bien que motivée uniquement par la politique italienne, servit de prétexte aux éléments conservateur du bonapartiste pour amener une augmentation de la sévérité de ce régime avec la loi de sûreté générale, décidée par le Général Espinasse avec le soutien modéré de l'empereur, qui autorisait l'internement, l'exil ou la déportation de tout suspect sans procès. De la même manière, l'instruction publique était strictement supervisée, l'enseignement de la philosophie et de l'histoire fut supprimé au lycée et les pouvoirs disciplinaires de l'administration furent augmentés.

Le succès de la prospérité impériale reposait sur un certain nombre d'éléments (festivités, développement du capitalisme...) afin d'éviter toute résurrection du spectre révolutionnaire. Ainsi, Napoléon III chercha le support du clergé, des grands financiers, des magnats industriels et des propriétaires terriens. Il ressuscita à son propre compte le « enrichissons-nous » de 1840. Sous l'influence des Saint-Simoniens et des hommes d'affaires, de grands établissements de crédit furent institués et de grands chantiers furent lancés : le Crédit Foncier de France, le Crédit mobilier, la conversion du chemin de fer en six grandes compagnies.

La guerre de Crimée (1853-1856) fut une guerre entre la Russie impériale et une coalition comprenant l’Empire ottoman, le Royaume-Uni, la France et le royaume de Sardaigne.

Napoléon III se rapproche alors de la reine Victoria d’Angleterre. Et, le 27 mars 1854, les deux empires, britannique et français, déclarent la guerre à l’empire tsariste. Alors commence le premier conflit de l’ère industrielle, avec la projection à des milliers de kilomètres de dizaines de milliers de soldats, et l’utilisation d’armes nouvelles (le cuirassé, l’obus explosif). C’est aussi la première guerre que la photographie va immortaliser.

La passion pour la spéculation fut renforcée par l'arrivée de l'or californien et australien et la consommation fut soutenue par une chute générale des prix entre 1856 et 1860, due à la révolution économique qui dépassa rapidement les barrières tarifaires, comme cela avait déjà été le cas au Royaume-Uni.

L'Exposition Universelle (1855) fut le point culminant de l'empire. Le grand enthousiasme pour la période romantique était fini ; la philosophie devint sceptique et la littérature divertissante. Les festivités de la Cour à Compiègne définissaient la mode pour la bourgeoisie, satisfaite par ce gouvernement énergique qui préservait si bien leur équilibre financier.

Une opposition catholique critique se mit en place, incarnée par le papier de Louis Veuillot l'Univers, et ne fut même pas réduite au silence par l'expédition en Syrie de 1860 en faveur des catholiques maronites, qui étaient persécutés par les Druzes. D'un autre côté, le traité commercial avec le Royaume-Uni qui avait été signé en janvier 1860 et qui ratifiait la politique de libre-échange de Richard Cobden et Michel Chevalier, a placé l'industrie française face au choc soudain de la compétition étrangère.

Mais Napoléon III, de façon à restaurer le prestige de l'Empire avant que ne se manifeste l'hostilité nouvelle de l'opinion publique, essaya de gagner à gauche ce qu'il avait perdu à droite. Après le retour d'Italie, l'amnistie générale du 16 août 1859 marqua l'évolution de l'absolutisme impérial vers l'empire libéral puis parlementaire qui devait durer dix ans.

Le droit de voter sur le budget par section, accordée par l'Empereur en 1861, était une nouvelle arme donnée à ses adversaires. Tout convergeait en leur faveur : l'anxiété de ces candides amis qui pointaient du doigt les défauts du budget, la crise commerciale aggravée par la guerre de Sécession des États-Unis et, par-dessus tout, l'esprit têtu de l'Empereur qui agaça ses opposants en insistant pour conclure une alliance avec le Royaume-Uni afin de forcer l'ouverture des ports chinois au commerce.

Cette succession de mesures incomprises résultèrent en une alliance des partis de l'opposition, catholiques, libéraux et républicains, en une union libérale. Les élections de mai-juin 1863 donnèrent à l'opposition quarante sièges et un chef, Adolphe Thiers, qui donna voix à la demande des libertés nécessaires.

Mais même si l'opposition représentée par Thiers était davantage constitutionnelle que dynastique, il y avait une autre opposition irréconciliable, celle des républicains amnistiés ou exilés volontairement, dont Victor Hugo était le porte-voix éloquent. Ceux qui avaient précédemment constitué les classes gouvernantes montraient alors à nouveau des signes de leur ambition de gouverner. Il apparut le risque que ce mouvement né au sein de la bourgeoisie pourrait s'étendre au peuple. Comme Antée tenait sa force en touchant la terre, Napoléon crut qu'il pouvait contrôler son pouvoir menacé en se tournant à nouveau vers les masses laborieuses dont il tenait son pouvoir.

Après 1865 l'accord temporaire qui avait uni l'Autriche et la Prusse pour l'administration des duchés conquis donna lieu à une antipathie silencieuse. Même si la guerre austro-prussienne de 1866 était inattendue, sa conclusion rapide fut un choc sévère en France. Au lendemain du plébiscite triomphal de 1869, Emile Ollivier déclara qu' « à aucune époque, le maintien de la paix en Europe n'a été aussi assuré ». Mais après le 3 juillet 1866 et la bataille de Sadowa, le Traité de Prague mit une fin à la rivalité séculaire entre les Habsbourg et les Hohenzollern pour l'hégémonie sur l'Allemagne, ce qui était une occasion pour la France, et la Prusse se permit d'honorer les prétentions de Napoléon en établissant entre sa confédération nord-allemande et les états du sud une frontière illusoire le long du Main. Les efforts infructueux de l'empereur français pour obtenir une « compensation » sur la rive gauche du Rhin en échange des États d'Allemagne du sud, aggravèrent les choses

. La France réalisa avec une surprise désagréable que sur sa frontière est était apparue une puissance militaire par laquelle son influence, si ce n'est son existence, était menacée ; qu'au nom du principe de souveraineté des nations, l'Allemagne avait été réunie sous la coupe d'une dynastie par tradition militariste et agressive, par tradition ennemie de la France : que cette nouvelle et menaçante puissance avait détruit l'influence française en Italie qui devait l'acquisition de la Vénétie à une alliance prussienne et à des armes prussiennes ; et que tout cela était dû à Napoléon III, manipulé à chaque fois depuis son premier entretien avec Otto von Bismarck à Biarritz en octobre 1865. Celui-ci, afin de rendre la réunification de l'Allemagne définitive avait besoin d'un ennemi commun pour souder les peuples allemands : ce sera la France.

L'année 1867 fut particulièrement désastreuse pour l'Empire. Au Mexique, la grande idée du règne se termina par une retraite humiliante avant l'ultimatum des États-Unis, tandis que l'Italie, comptant sur sa nouvelle alliance avec la Prusse et oubliant déjà ses promesses, mobilisait les forces révolutionnaires pour compléter son unité en conquérant Rome.

Dans le Paris transformé par le Baron Haussmann en une cité moderne, capitale des arts et de la culture, l'ouverture de l'exposition universelle de 1867 accueillit dix millions de visiteurs et des souverains venus de toute l'Europe. Un succès qui fut quelque peu terni par la tentative d'assassinat de Berezowski sur le tsar Alexandre II de Russie, et par le tragique destin du malheureux empereur Maximilien au Mexique.


Otto von Bismarck

La France était isolée, autant par la duplicité de Napoléon que par celle de Bismarck. La révélation aux diètes de Munich et de Stuttgart du texte écrit des prétentions de Napoléon sur les territoires de Hesse et Bavière avait depuis le 22 août 1866 aliéné le sud de l'Allemagne, et encouragea les États du Sud à signer une convention avec la Prusse. À cause d'une série de bévues similaires, le reste de l'Europe devint hostile. La Russie, qui après l'insurrection polonaise de 1863 cherchait à se rapprocher de la Prusse, apprit avec mécontentement, par la même indiscrétion, comment Napoléon tenait ses promesses faites à Stuttgart. L'espoir de se venger de sa défaite de 1856 alors que la France était en difficulté la décida à une neutralité bienveillante. La révélation des desseins de Benedetti en 1867 sur la Belgique et le Luxembourg également assurèrent une neutralité inamicale de la part du Royaume-Uni.

Le parti orléaniste était devenu mécontent parce que les industries autrefois protégées n'étaient pas satisfaites par la réforme du libre-échange. La classe ouvrière avait abandonné sa neutralité politique qui ne lui avait rien apporté, et était passée à l'ennemi. Ignorant l'attaque dépassionnée de Pierre-Joseph Proudhon contre l'esclavage du communisme, elle avait été progressivement gagnée par les théories collectivistes de Karl Marx et les théories révolutionnaires de Bakounine, mises en avant aux congrès de la Société internationale des travailleurs. À ces congrès, dont la renommée n'avait été qu'augmentée par leur interdiction, il avait été confirmé que l'émancipation sociale du travailleur était inséparable de son émancipation politique. L'union entre les internationalistes et les bourgeois républicains devint un fait accompli.

L'Empire, pris par surprise, essaya de circonvenir à la fois les classes moyennes et les classes laborieuses, ce qui les entraîna dans des actions révolutionnaires. Il y eut de nombreuses grèves. Les élections de mai 1869, qui eurent lieu durant ces troubles, infligèrent à l'Empire une importante défaite morale (40% pour l'opposition) même si l'empire gardait le soutien essentiel de la paysannerie . En dépit du renouveau du gouvernement grâce à la peur rouge, Ollivier, l'avocat de la conciliation, fut rejeté par Paris, tandis que 40 irréconciliables et 116 membres du Troisième parti étaient élus. Des concessions devaient leur être faites, ainsi par le « sénatus-consulte » du 8 septembre 1869 une monarchie parlementaire se substitua au gouvernement personnel. Le 2 janvier 1870 Ollivier était placé à la tête du premier ministère homogène, uni et responsable.

Guerre franco allemande et chute du second empire

Assez mal conseillé, L'empereur crut voir dans la guerre contre la Prusse l'occasion à ne pas manquer pour stabiliser définitivement le régime.

Napoléon III se dirigea vers la guerre sans faire les préparatifs nécessaires. Le comte Beust tenta de ressusciter sans succès, avec le soutien du gouvernement autrichien, le projet abandonné par Napoléon depuis 1866 d'une résolution sur la base d'un statu quo avec désarmement réciproque. Napoléon refusa, sur le conseil du colonel Stoffel, son attaché militaire à Berlin, qui indiquait que la Prusse n'accepterait pas le désarmement ; mais il était plus inquiet qu'il ne voulait le montrer. Une refonte de l'organisation militaire lui semblait nécessaire. Le maréchal Niel fut incapable de l'obtenir que ce soit de l'opposition bonapartiste ou de l'opposition républicaine, qui était réticente à renforcer celui qu'elle qualifiait de "despote" . Les deux parties étaient rendues aveugles aux dangers extérieurs par les intérêts politiques.

L'incapacité des officiers de haut rang de l'armée française, le manque de préparation à la guerre des quartiers généraux, l'irresponsabilité des officiers, l'absence d'un plan de contingence et le fait de compter sur la chance, stratégie précédemment fructueuse pour l'Empereur, plutôt qu'une stratégie élaborée, apparurent tout de suite lors de l'insignifiant engagement de Sarrebruck. Ainsi l'armée française multiplia les défaites et les victoires inexploitées, telles notamment celles de Froeschwiller, Borny-Colombey, Mars-la-Tour ou Saint-Privat, pour aboutir au désastre de Metz. Par la capitulation de la bataille de Sedan, l'Empire perdit son dernier soutien, l'armée.


bataille de Mars-la-Tour

Paris était laissée sans protection, avec une femme aux Tuileries (Eugénie), une assemblée terrifiée au Palais-Bourbon, un ministère, celui de Palikao, sans autorité, et les chefs de l'opposition qui fuyaient alors que la catastrophe approchait. Le 4 septembre 1870, les députés républicains réunis à l'Hôtel de Ville constituèrent un gouvernement provisoire. L'Empire était tombé, l'Empereur était prisonnier en Allemagne et la France entrait dans l'ère de la Troisième République.

 

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