1870 La Troisième République

La Commune

1914 La première guerre mondiale

1933 la montée du nazisme

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ère contemporaine: du consulat à la III° république

3° république invasion siège commune alliance franco russe réformes

première guerre mondiale front populaire hitler

1939-1945 :deuxième guerre mondiale

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d'après un ouvrage que je possède chez moi: :"L'invasion, le siège et la commune" d'Armand Dayot publié chez Flammarion un livre "de misère, de ruines et de sang" comme le qualifie son auteur dans son avant-propos cet ouvrage date de 1901.

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En juillet 1870, Napoléon III entreprend une guerre contre la Prusse qui, mal préparée, le conduit rapidement à la défaite.

4 septembre 1870

Favre et Gambetta annoncent à la foule de gardes nationaux et de citoyens massés devant les grilles du Corps législatif que la déchance de Louis-Napoléon Bonaparte et de sa dynastie vient d'être prononcée à la tribune.

La 3° république est proclamée.

Suivis par la foule, ils se rendent à l'Hotel de Ville pour composer le Gouvernement de la Défense Nationale.

 

Crémieux Le Flô Picard Fourichon Favre
  Trochu Gambetta Dorian Simon Magnin
Justice Guerre Finances Marine Af étrangères
  Président, Intérieur, Travaux publics, Instruction Publique, Agriculture et commerce

 

L'invasion

le 15 septembre un télégraphe arrive au ministère de l'intérieur, 10000 Allemands se dirigent sur Joinville, les habitans de la banlieue abandonnent les villages et se réfugient dans Paris. Les familles accueillent leurs parents, les hotels et les appartements vides sont réquisitionnés.

Les parisiens veulent participer activement à la défense de Paris, suite à une forte et insistante demande des citoyens un arrêté est finalement publié pour autoriser la création de bataillons de volontaires, la campagne d'enrolement se dérouledevant le Panthéon (V° arrondissement).

Le 17 septembre, le Général Vogel de Falkenstein occupe Villeneuve St Georges, l'armée prussienne franchit la Seine et avance jusqu'à Versailles ou le Roi Guillaume veut établir son quartier général.

La 3° et la 4° armée Allemande sont installées au sud et à l'ouest de Paris.

le 18 septembre Favre tente de négocier l'armistice avec le Prince de Bismark à Ferrières mais il échoue,

19 septembre: déroute française, les Allemands tiennent le fort de Chatillon et Bagneux

le 21 Septembre, 20 000 prussiens occupent Provins

on estime à 500 000 hommes l'effectif de l'armée française suceptible d'attaquer les Allemands, l'enceinte et les forts étaient armés de grosses pièces d'artillerie. Pourtant, le Général Trochu n'attaquera pas.

Fin octobre les armées allemandes sont bien en place tout autour de Paris.

le 28 octobre une offensive est menée par les français au Bourget après la victoire une contre offensive allemande d'ampleur exceptionnelle, 30000 hommes et 40 pièces d'artiellerie fond sur 3000 français qui se battront aprement attendant vainement les renforts.

le 31 octobre le 3° division du 13° corps reprend Clamart et encercle Chatillon mais se trouve stoppée par les retranchements élevés depuis plusieurs semaines par les Allemands. Les volontaires Parisiens qui allaient pour la première fois au feu se comportent de façon héroique.Le Général Vinoy dira d'eux: "Ces enfants se montraient sous le feu aussi solides que de vieilles troupes".

Le 31 octobre, Paris apprend la perte du bourget, la capitulation de Metz et l'arrivée de Thiers à Paris pour négocier un armistice.Les chefs du parti révolutionnaire avec l'appui de plusieurs bataillons de la garde nationale s'emparent de l'hotel de ville où siège le gouvernement.
Flourens propose une liste pour former un comité provisoire de citoyens pour remplacer le gouvernement : Dorian, Victor Hugo, Louis Blanc, Delescluze, Auguste Blanqui, Millière, Raspail, Gambon, Félix Pyat, Mottu, rochefort et Flourens.
La population s'affaire pour établir la liste d'un nouveau gouvernement. Dorian est plébiscité, il propose d'organiser des élections pour le lendemain, une proclamation est rédigée imprimée et affichée dans la nuit, déclaration signée par Dorian, Schoelcher, le maire de paris et ses adjoints. Une fois l'hotel de ville abandonné par la foule, le gouvernement ne tient pas parole, fait déchirer l'affiche, révoque de nombreux chefs de bataillons et engage des poursuites contre les chefs de la révolte.

Le siège

 

 

 

La Commune

La révolte éclate lorsque Thiers tente de confisquer les canons de la Garde nationale (canons financés par les Parisiens) le 18 mars 1871


L'enlèvement des canons de Montmartre, décidé par Thiers

 

 

La Troisième République

Elle est définitivement instaurée le 30 janvier 1875 par l'adoption, à une voix de majorité, en première lecture 353 contre 352, puis à une plus large majorité en deuxième lecture 413 contre 248, de l’amendement Wallon qui dispose : « Le président de la République est élu à la majorité absolue des suffrages par le Sénat et la Chambre des Députés réunis en Assemblée nationale. Il est nommé pour sept ans ; il est rééligible. »

Sont ensuite votées les trois lois constitutionnelles qui fixent le régime. Comme les monarchistes s'attendent à ce que la prochaîne Chambre des Députés soit à majorité républicaine, ils la flanquent d'un Sénat qui a les mêmes pouvoirs mais qui est élu au suffrage indirect par les notables. Ayant rempli son rôle, l'Assemblée se sépare le 31 décembre 1875.

Les élections législatives de 1876 sont une victoire des républicains qui obtiennent 363 sièges à la nouvelle Chambre des députés, malgré une violente censure du gouvernement contre la presse républicaine. Le 25 juin 1877 suite à l'adoption d'une motion de censure contre le gouvernement du duc de Broglie, Mac-Mahon dissout la chambre des députés, conformément au pouvoir que lui confère la constitution et après avis du sénat. Mais le scrutin est une nouvelle victoire des républicains, quoique légèrement moins importante. Mac-Mahon se résigne et laisse le gouvernement aux républicains.

La République se dote de ses grands symboles : le buste de Marianne, la Marseillaise qui redevient l'hymne national en 1878 et le 14 juillet comme fête nationale. En même temps, des grands républicains comme Victor Hugo ou Léon Gambetta reçoivent à leur mort des obsèques nationales.


Buste en plâtre patiné signé « FRANCIA » 1878.
Une des Mariannes les plus répandues en France.
© photo Laurent Lecat

Alliance Franco russe.

La diplomatie européenne est dominée en cette fin de XIXe siècle par deux antagonismes. A l’ouest, la France n’a pas renoncé à l’Alsace-Lorraine et le but ultime de la politique allemande est de maintenir le statu quo. A l’est, l’Autriche-Hongrie et la Russie sont rivaux pour la domination des Balkans. À l’occasion du congrès européen de Berlin (1878) qui fixe les modalités d’un nouveau reflux de la Turquie, la Russie affiche des exigences ambitieuses que l’Autriche Hongrie met en échec avec l’appui de l’Angleterre. L’Autriche Hongrie demande une alliance privilégiée à l’Allemagne, ce qu’elle obtient (1879). L’Italie se joint plus tard à eux pour former la triple alliance. Le rapprochement de la France et de la Russie en est progressivement la conséquence. Il est d’abord financier : la France a une importante épargne à placer en Europe et la Russie est un pays en plein développement qui manque de capitaux. Il est ensuite militaire par la conclusion d’une alliance. Il est moins évident sur le plan politique entre une république parlementaire et un empire autocratique.

Les républicains parviennent même à obtenir la majorité au Sénat en 1879. après la démission de Mac Mahon, son successeur Jules Grévy et les différents présidents du conseil instaurent dans les faits une république laïque, démocratique et parlementaire.


Jules Ferry

Jules Ferry

C'est la personnalité dominante des premiers gouvernements républicains de 1879 à 1885, en charge soit de l’éducation nationale, soit des affaires étrangères.
Plutôt qu’une révision profonde de la constitution, il est le partisan d’aménagements. Son objectif principal est de mettre en place une école républicaine qui forme des citoyens éclairés. Il oblige chaque département à se doter d’une école normale d’instituteurs (1879), puis établit la gratuité de l’enseignement primaire (1881), son caractère obligatoire (1882). l’instruction religieuse ne peut être dispensée qu’en dehors du cadre scolaire: un jour sans école est instauré le jeudi.

Les républicains s'attachent à enraciner la République en établissant les grandes libertés :

la liberté de réunion et de la presse en 1881,

C’est encore Jules Ferry qui relance l’expansion coloniale par deux entreprises audacieuses : il impose le protectorat de la France sur la Tunisie à la barbe de l’Italie (1881) et sur l’Annam et le Tonkin contre la Chine (1885). Il bénéficie de la bienveillance de Bismarck qui y voit un dérivatif au ressentiment contre l'Allemagne. A partir de ses bases en Algérie, au Sénégal et sur la côte congolaise, la France se taille le plus important domaine colonial en Afrique de l’époque ; elle s’impose également à Madagascar. Elle doit cependant faire face au Royaume Uni:

le droit de se syndiquer par la loi Waldeck-Rousseau de 1884, élection des maires par les conseils municipaux (1884)

les libertés individuelles : possibilité de divorcer, mais pas encore par consentement mutuel (1884) et liberté des funérailles (1887).

En 1892, Édouard Drumont, un journaliste ouvertement antisémite dénonce les conditions dans lesquelles plusieurs dizaines de milliers de souscripteurs ont été ruinés à l'occasion du financement du canal de Panama. Il met en cause plusieurs financiers juifs qui ont soutenu le projet ainsi que de nombreux hommes politiques liés au milieu financier. Ce regain d'antisémitisme en France sera l'un des déclencheurs de l'affaire Dreyfus, trois ans plus tard.

Les anarchistes réalisent à cette époque des attentats spectaculaires comme l'assassinat du président Sadi Carnot le 26 juin 1894.

l'Affaire Dreyfus

En 1894, le capitaine Dreyfus, accusé d'espionnage au profit de l'Allemagne, est condamné à la déportation à vie sur l'Ile du Diable en Guyane. Plusieurs personnalités tentent, en vain, de démontrer l'innocence de Dreyfus. En janvier 1898, dans le journal L'Aurore de Georges Clemenceau, Émile Zola publie l'article "J'accuse" dans lequel il accuse l'armée d'avoir condamné un innocent et de ne pas vouloir le reconnaître.

On parle alors de l'Affaire Dreyfus. Pour les Révisionnistes ou Dreyfusards, il faut, au nom de la justice, faire éclater la vérité quelles qu'en soient les conséquences pour l'armée. Beaucoup se rassemblent dans la Ligue des droits de l'homme, créée à cette occasion. Pour les Antidreyfusards, la raison d'État, le prestige de l'armée, l’intérêt national exigent de ne pas revenir sur la chose jugée; il ne faut pas porter atteinte au prestige de l'armée, instrument de la revanche. Certains se retrouvent dans la Ligue de la patrie française ou la Ligue des patriotes.

Au début de l'affaire Dreyfus, Jaurès est convaincu de la culpabilité du capitaine Dreyfus. Jaurès utilise même la sentence de déportation, qu'il juge clémente, pour dénoncer l'incohérence de la justice militaire dans un discours à l'assemblée. Face à la campagne de révision, Jaurès reste donc au départ en retrait. Mais, en 1898, Jean Jaurès est convaincu de l'innocence de Dreyfus par le J'accuse de Zola.

Jean Jaurès s'engage alors avec passion dans la défense de Dreyfus. Pour lui, l'affaire est non seulement un problème de justice individuelle, mais surtout de respect de l'humanité elle-même. En effet, elle pose le problème du mensonge et de l'arbitraire des grandes institutions, notamment de l'armée qui entend avoir une « justice » séparée. En outre, elle est utilisée par les droites catholique et nationaliste pour renverser la République . Il s'oppose alors à certains autres socialistes, dont Jules Guesde pour qui Dreyfus est un officier bourgeois dont la défense ne serait pas prioritaire (le souvenir de la répression sanglante de la Commune de Paris, et d'autres révoltes ouvrières, est pour beaucoup dans la défiance de militants ouvriers envers la cause d'un officier). Avec l'affaire Dreyfus, Jaurès devient un homme politique à l'influence nationale.

En 1899, quelques uns tentent même d'organiser un coup d'État pour mettre en place un régime autoritaire. À la suite d'un procès en révision en 1899, Dreyfus est condamné à 10 ans de détention avant d'être gracié par le Président de la République puis réintégré dans l'armée en 1906.

La loi de 1901 sur la liberté d’association permet la formation de partis politiques qui remplacent les groupements informels des clubs et des comités. Les premiers partis à se former sont le parti radical en 1901 et le parti socialiste, la SFIO en 1905.

Puis Les élections de 1902 sont un triomphe pour le parti radical.

En 1904, Jaurès fonde le quotidien L'Humanité qu'il dirige jusqu'à sa mort. Jaurès sous-titre son journal « quotidien socialiste » et l'utilise pour accélérer l'unité socialiste. Celle-ci est réalisée sous la pression de la Deuxième Internationale au Congrès du Globe (avril 1905) avec la création de la Section française de l'Internationale ouvrière (SFIO), unifiant les différentes sensibilités socialistes de France. Jaurès partage la direction de la SFIO avec le marxiste Jules Guesde. La SFIO fait sien le constat de la lutte des classes, et s'affirme clairement internationaliste. Pour l'unité, Jaurès a accepté l'abandon du soutien au gouvernement. Mais, il a obtenu des guesdistes l'insertion de la SFIO dans la démocratie parlementaire.

Émile Combes s'allie avec les socialistes de Jaurès au travers du Bloc des gauches. Il fait voter la séparation de l’église et de l’état (1905). L’état ne nomme plus les évêques et ne rémunère plus les prêtres : l’église devient totalement indépendante mais doit subvenir par elle-même à ses besoins financiers.

Théophile Delcassé est ministre des affaires étrangères pendant sept ans. Tout en renforçant l'alliance russe, il mène une politique continue de rapprochement avec d’une part l’Italie et d’autre part le Royaume Uni. La défaite de la Russie contre le Japon (1905) modifie les équilibres. Cette défaite déclenche le premier soulèvement généralisé de la population russe contre le régime. La révolution de 1905 est d’abord un mouvement paysan qui touche essentiellement la région des terres noires. Les ouvriers se joignent au mouvement par la suite.

Désormais, le Royaume Uni s’inquiète plus du développement de la flotte de guerre allemande que de l’expansion russe.

Lors de la conférence internationale d’Algésiras sur le Maroc (1906), l’Allemagne se retrouve isolée : l’indépendance du Maroc est sauvegardée mais au profit des intérêts financiers français. Par la suite, Royaume Uni et Russie mettent fin à leurs différents en Asie (1907), tandis que la France impose son protectorat sur le Maroc, moyennant quelques compensations pour l’Allemagne au Cameroun (1911).

L’Autriche Hongrie avait annexé la Bosnie-Herzégovine en 1908

les radicaux parviennent à instaurer l’impôt sur le revenu que le Sénat n’accepte finalement qu’en 1914.

Dirigeant politique important, Jaurès engage le dialogue avec les syndicalistes révolutionnaires de la CGT. En 1914, la SFIO rassemble 17% des voix et obtient 101 sièges de députés.

juin 1914 première guerre mondiale : La Grande Guerre

L’Autriche Hongrie soutenue par l’Allemagne prend comme prétexte l’assassinat du prince héritier en juin 1914 pour déclarer la guerre à la Serbie que soutient la Russie. La logique des alliances se met en branle pour engendrer une guerre européenne (juillet-août 1914). En France, l’heure est à la formation d’un gouvernement d’union nationale.

La Triple-Entente est l'alliance militaire de la France, du Royaume-Uni et de la Russie impériale

La Triplice, contraction du terme « Triple Alliance », est le nom donné à la veille de 1914 à l'alliance conclue entre l'Empire allemand, l'Empire austro-hongrois et le Royaume d'Italie.


Jean Jaurès

31 juillet 1914 Le socialiste Jean Jaurès, militant infatigable de la paix est assassiné.

Le pacifisme de Jaurès le fait haïr des nationalistes. Jaurès tente d'infléchir dans un sens favorable à la paix la politique gouvernementale. Il rappelle le mot d'ordre de grève générale décidé par l'Internationale ouvrière en cas de déclenchement de la guerre.

Le 31 juillet 1914, sortant de son travail à L'Humanité, Jaurès se rend au Café du Croissant où il est assassiné par Raoul Villain, un étudiant nationaliste. Cet assassinat facilite le ralliement de la gauche, y compris de beaucoup de socialistes qui hésitaient, à l'« Union sacrée ». La grève générale n'est pas déclarée. Le 29 mars 1919, le meurtrier de Jaurès sera acquitté dans un contexte de fort nationalisme.

En 1924, la décision du transfert de la dépouille de Jean Jaurès au Panthéon est l'occasion pour le gouvernement du Cartel des gauches qui vient d'être élu de se donner un ancrage symbolique tout en rendant hommage à celui qui a tenté d'empêcher la guerre. Le dimanche 23 novembre 1924, sa dépouille est conduite au Panthéon lors d'une grandiose cérémonie à laquelle participent les mouvements politiques de gauche, excepté le Parti communiste français, exclu de la cérémonie officielle, qui organise sa propre manifestation et proteste contre la « récupération » de Jaurès.

L’armée allemande tente d’éliminer la France par un mouvement tournant au nord

Peu à peu, le conflit se mondialise. Le Japon, en tant qu’allié du Royaume-Uni, déclare la guerre à l’Allemagne le 23 août 1914

Aux premiers jours de septembre, les troupes allemandes parvenaient au nord-est de Paris, notamment dans le département de Seine-et-Marne. Les Allemands ont bivouaqué le 3 au Plessis-Belleville et des détachements d'Uhlans allemands furent signalés à quelques dizaines de kilomètres de Paris seulement. L'état-major français devait trouver une solution rapide pour envoyer des troupes fraîches, afin de réaliser un mouvement tournant pour contenir et détruire les avant-gardes des troupes allemandes.

Les 6 et 7 septembre 1914, sur ordre du général Galliéni, environ 600 taxis parisiens furent réquisitionnés pour servir de moyen de transport aux fantassins de la 7e division d'infanterie. Les véhicules étaient en majorité des Renault AG1 Landaulet roulant à une vitesse moyenne de 25 km/h. Rassemblés aux Invalides, ces 600 véhicules partirent au cours de la nuit en deux groupes, direction Tremblay-lès-Gonesse, (aujourd'hui Tremblay-en-France) puis Le Mesnil-Amelot. Dans la journée du 7, pour des questions de logistique, ce convoi redescendit sur Sevran-Livry tandis qu'un second convoi de 700 véhicules quittait les Invalides pour rejoindre Gagny. Les taxis furent rassemblés à Gagny et Livry-Gargan pour charger les troupes et organiser les convois. Les deux convois partirent dans la nuit du 7 au 8 et étaient à pied d'œuvre le 8 au matin aux portes de Nanteuil-le-Haudouin et de Silly-le-Long. Après avoir déposé les soldats, les chauffeurs de taxi rentrèrent à Paris et furent payés d'après les indications portées au compteur, comme pour n'importe quelle course.
Cette opération permit d'acheminer rapidement environ cinq mille hommes mais aucunement de renverser le cours de la Première bataille de la Marne contrairement à une idée reçue. En effet, le nombre de soldats transportés paraît dérisoire par rapport aux effectifs mobilisés pour la bataille. Toutefois, cette manœuvre inédite dans son ampleur eut une réelle portée psychologique. Sur les soldats français ainsi que sur le commandement allemand mais surtout sur la population, l'épopée devenant rapidement un symbole d'unité et de solidarité nationale.

du 6 au 13 septembre 1914 La première bataille de la Marne

souvent identifiée comme « la bataille de la Marne » elle a eu lieu du 6 au 13 septembre 1914. Au cours de cette première bataille décisive, les troupes franco-britanniques réussissent à arrêter puis repousser les allemands et donc à mettre en échec le plan Schlieffen qui prévoyait l'invasion de la France en six semaines pour ensuite se porter vers la Russie.

Le coup d'arrêt de la Marne marque l'échec de la manœuvre Schlieffen. Mais, selon le mot du général Chambe, alors jeune officier de cavalerie, « ce fut une bataille gagnée mais une victoire perdue ». En effet, si les armées franco-britanniques mirent alors un terme à l'avancée irrésistible des armées allemandes commandées par von Klück, von Bülow et von Moltke, elles ne purent ou ne surent exploiter cet avantage en repoussant ces armées hors du territoire français. En effet, d'une part, elles étaient trop épuisées pour reprendre une quelconque offensive. D'autre part, les allemands avaient, dès les premiers signes d'un repli, constitué des lignes de défense sur des points tactiquement favorables à quelques dizaines de kilomètres au nord, induisant dans un premier temps une stabilisation durable du front, et, dans un deuxième temps, la manœuvre connue sous le nom de « course à la mer ».

La Turquie entre en guerre contre les pays de la Triple-Entente le 1er novembre 1914, en tant qu’alliée de l’Allemagne. La motivation principale de la Turquie dans cette guerre est de combattre la Russie tsariste qui cherche à prendre le contrôle des détroits.

Les tranchées

À la fin de 1914, les deux camps creusent des tranchées. La guerre de mouvement a échoué. Commence alors une terrible attente, celle d'une offensive qui rompra le front.

La guerre s’installe dans la durée. La France s'enlise avec l'Europe dans une guerre totale où les industries, les économies et les mentalités sont orientées vers l'objectif de la victoire, ou tout du moins de la résistance. Les combats autour de Verdun (1916) seront particulièrement meurtriers.

L’année 1915 commence avec une innovation technique à l’Ouest. Le 19 janvier, un zeppelin effectue le premier bombardement aérien de civils au Royaume-Uni ainsi que le 21 mars où ce même dirigeable bombarde Paris. Pendant toute la guerre, les dirigeables vont terroriser les citadins français et anglais.


Zeppelin

Le 21 janvier, les Russes réalisent une offensive dans les Carpates et 3 jours plus tard, la flotte britannique ressort victorieuse face à l’escadre allemande près du Dogger Bank, en mer du Nord. En février, les premiers avions armés d’une mitrailleuse, les Vickers F.B.5, équipent une escadrille de chasse britannique du Royal Flying Corps. Le gouvernement allemand proclame « zone de guerre » les eaux territoriales britanniques et c’est le début de la guerre sous-marine.

Après la stabilisation des fronts, les Allemands reprennent l’initiative sur le front russe. Le 7 février 1915, les Allemands lancent une offensive au sud-est des lacs de Mazurie, dirigée par Hindenburg. Les Russes sont encerclés et se replient sur le Niémen. Les Allemands remportent des succès spectaculaires, occupant toute la Pologne, la Lituanie et une partie de la Lettonie. Faute de munitions et d’artillerie lourde, les Russes n’ont pu tenir tête ; ils perdent près de 2 000 000 d'hommes, une catastrophe qui, à long terme, ébranle le régime. Il n’en paraît pourtant rien puisque les Russes se replient en bon ordre sur des positions retranchées.

Le 1er mars, les Alliés étendent le blocus à la totalité des marchandises allemandes.

Le 22 avril, une nouvelle arme apparaît : les gaz asphyxiants sont utilisés à Strenstraate et à Ypres par les Allemands. L’effet est immédiat et foudroyant. Mais jamais les Allemands ni les Alliés, qui l’essaient à leur tour, ne procèdent à une utilisation systématique. Contrôlant mal le mouvement des vents, les uns et les autres avaient peur que les nappes ne se retournent, et les soldats ne sont pas équipés pour occuper les zones infectées. Aussi, l’emploi des gaz ne permit jamais de remporter plus qu’un succès local.

On criait sauve qui peut, nous sommes perdus ! Des hommes se roulaient à terre, convulsés, toussant, vomissant, crachant le sang. Et une terrible odeur, charriée par le vent, entra dans nos narines. La panique était extrême, on traînait des blessés, des agonisants se jetaient à terre et râlaient. Dès lors, dans les tranchées de misère, vit un peuple reconnaissable à ses groins de cochon, les masques à gaz. Dans de telles conditions, de nombreux soldats perdent la tête, choqués par les éclats d’obus. Mais à l’arrière, les psychoses et névroses de guerre demeurent tabous.

Au lieu de se heurter au gros des troupes ennemies là où elles étaient bien organisées, installées dans un réseau savant de tranchées, l’état-major des Alliés décide de porter ses coups sur des points de défense plus vulnérables, ceux de l'allié turc de l'Allemagne. Le 25 avril 1915, un corps expéditionnaire allié débarque aux Dardanelles. Le but de cette bataille était de s'emparer dans un premier temps de la mer de Marmara pour pouvoir assiéger Istanbul, ainsi, les Alliés songeaient contrôler les flux maritimes du Bosphore. L'idée d'éliminer l'Empire ottoman de la guerre par une action navale fut présentée au conseil de guerre de la Grande-Bretagne, vers la fin de novembre 1914. Selon le plan initial, une force navale devait attaquer le détroit afin d'ouvrir la route vers Istanbul (qu'on appelait encore Constantinople à l'époque).
Le contrôle des détroits permettrait à la France et au Royaume-Uni de ravitailler la Russie et d’encercler les Empires centraux. Cette idée, défendue notamment par le chef de l’Amirauté britannique, Winston Churchill, débouche sur un débarquement à Gallipoli de troupes essentiellement constituées d’Australiens et de Néo-Zélandais. Malgré le courage des soldats de l’ANZAC, les Alliés ne parviennent pas à pénétrer par surprise dans l’Empire ottoman et échouent dans leurs offensives successives. L’entreprise coûte 145 000 hommes aux Alliés et elle est un échec total. Les rescapés sont débarqués à Salonique, au mépris de la neutralité grecque pour aider les Serbes menacés par les puissances centrales. Le corps expéditionnaire constitue l’Armée d'Orient. Cette armée soutient ensuite les Serbes et participe à l’effondrement de l’empire austro-hongrois en 1918.

Le 26 avril, le pacte de Londres entre les membres de l’Entente est signé et l’Italie s’engage à entrer en guerre contre les Empires centraux dans un délai d’un mois. Les Alliés acceptent les revendications du 9 mars. Au bout d'une vive campagne des « interventionnistes » pour l'entrée en guerre de l'Italie, lancée en particulier par le discours du 5 mai 1915 de Gabriele D'Annunzio, Rome entre en guerre le 23 mai. La décision a été prise par trois hommes : le roi d'Italie, Victor-Emmanuel III, le président du Conseil, Antonio Salandra et le ministre des Affaires étrangères, Sidney Sonnino. Cette entrée en guerre de l'Italie aux côtés des Alliés a une grande importance stratégique car elle coupe une voie d'approvisionnement des Empires centraux et permet l'ouverture d'un nouveau front.

La Bulgarie, initialement neutre mais sollicitée par les deux camps, s’engage finalement aux côtés des puissances centrales en octobre 1915, à un moment où celles-ci semblent l’emporter sur le front des Balkans. Pour enlever l'adhésion des Bulgares, ces derniers n'avaient pas hésité à leur promettre en cas de victoire, la cession de la Macédoine serbe, la Dobroudja roumaine, ainsi qu'un accès à la Mer Adriatique, que Sofia justement revendiquait.

du 21 février au 19 décembre 1916 : La bataille de Verdun

une position stratégique importante : elle se trouve à proximité immédiate des usines d’obus de Briey-Thionville et du complexe ferroviaire de Metz

un symbole populaire qui ne peut être abandonné à l’ennemi puisqu'il est le lieu du partage de Verdun entre les petits-fils de Charlemagne en 843 mettant en place l'apparition de la Francie occidentale, selon le traité de Verdun. Du fait de cet héritage historique, on suppose que les troupes françaises préfèreront mourir sur place plutôt que de reculer.

Le calme relatif dont a bénéficié le secteur au cours des derniers mois de 1915 pourrait expliquer le peu d’intérêt porté par le commandement français pour cette section du front. Pour ravitailler le secteur, il ne reste plus qu’un chemin de fer à voie étroite (le Chemin de fer meusien) reliant Bar-le-Duc à Verdun, la prise de Saint-Mihiel par les Allemands en 1914 coupant définitivement la ligne de chemin de fer à voie normale reliant Verdun à Nancy par Saint-Mihiel. Véritable tortillard, le Chemin de fer meusien est impropre au transport de matériel lourd. Parallèlement au Chemin de fer meusien se trouve une route départementale que Maurice Barrès appela « la voie sacrée ». Ce manque de voies de communication avec l’arrière rend encore plus fragile cette partie du front.

Le général allemand Falkenhayn choisit donc Verdun pour sa vulnérabilité et aussi du fait qu’il n’aura pas à déplacer beaucoup de troupes. Comptant sur la supériorité allemande en artillerie lourde, il va employer la méthode du Trommelfeuer : une préparation d’artillerie en « roulement de tambour » qui devrait permettre de niveler le terrain à conquérir.

Les Allemands amassent face à Verdun quelque 1 225 pièces d’artillerie de tous calibres dont 542 obusiers lourds. En moyenne, on peut compter un mortier rapide de 210 mm tous les 150 m. Ils déploient 13 obusiers Krupp de 420 mm, 17 obusiers Skoda9 de 305 mm, 2 pièces de marine de 380 mm et les munitions en conséquence, environ 2 500 000 obus. Ils massent 72 bataillons d’infanterie dans des abris enterrés (stollen).

Depuis la mi-janvier, les préparatifs allemands sont confirmés par le 2e bureau des services de renseignements français, par la reconnaissance aérienne qui prend des photographies inquiétantes et par des déserteurs Alsaciens et Lorrains. Joffre reste sourd à ces renseignements.

Le lundi 21 février 1916 vers 7 heures, un obus de 380 mm explose dans la cour du palais épiscopal de Verdun. C’est le début d’une bataille inhumaine — opération baptisée Gericht (tribunal) par les Allemands — qui dure dix mois et fait plus de 300 000 morts et 500 000 blessés. Un déluge de fer et de feu s’abat sur un front de quelques kilomètres (le bombardement est perçu jusque dans les Vosges, à 150 km). Deux millions d’obus — un obus lourd toutes les trois secondes — tombent sur les positions françaises en deux jours.

les défenses sont broyées, disloquées, écrasées. En quelques heures, les massifs forestiers disparaissent, remplacés par un décor lunaire. Les massifs de Haumont, de Herbebois et des Caures sont déchiquetés, hachés, nivelés. Contre toute attente, les Allemands trouvent une opposition à leur progression. Chose incroyable, dans des positions françaises disparues, des survivants surgissent. Des poignées d’hommes, souvent sans officiers, s’arment et ripostent, à l’endroit où ils se trouvent. Une mitrailleuse suffit à bloquer une colonne ou la tête d’un régiment. Les combattants français, dans un piteux état, résistent avec acharnement et parviennent à ralentir ou à bloquer l’avance des troupes allemandes.


Les généraux Castelnau (gauche) et Joffre (centre), c. juillet-août 1914.

Un semblant de front est reconstitué. Les 270 pièces d’artillerie françaises tentent de rendre coup pour coup. Deux divisions françaises sont envoyées rapidement en renfort, le 24 février 1916, sur ce qui reste du front. Avec les survivants du bombardement, elles arrêtent la progression des troupes allemandes. Joffre fait appeler en urgence le général de Castelnau à qui il donne les pleins pouvoirs afin d'éviter la rupture des lignes françaises et une éventuelle retraite des troupes en catastrophe. Le général donne l’ordre le 24 février de résister sur le rive droite de la Meuse, du côté du fort de Douaumont, au nord de Verdun. La progression des troupes allemandes est ainsi stoppée grâce aux renforts demandés par Castelnau jusqu'au lendemain, jour de la prise du fort de Douaumont. C’est la fin de la première phase de la bataille de Verdun. Manifestement, les objectifs de Falkenhayn ne sont pas atteints. Un front trop limité, un terrain impraticable et la hargne du soldat français semblent avoir eu raison du plan allemand.


Philippe Pétain

Le 25 février 1916, Joffre décide de l'envoi à Verdun de la IIe Armée, qui avait été placée en réserve stratégique, et dont le général Pétain était le commandant depuis le 21 juin 1915. Suite aux recommandations du général de Castelnau18, il lui confie le commandement en chef du secteur de Verdun.

Dans un premier temps, le général Pétain réorganise la défense. Elle s’articule sur les deux rives de la Meuse. Une artillerie renforcée dans la mesure des disponibilités couvre les unités en ligne. Les forts sont réarmés. Pour ménager ses troupes, il impose « le tourniquet ». Les troupes se relaient pour la défense de Verdun. En juillet, 70 des 95 divisions françaises ont participé à la bataille.
Dans un second temps, il réorganise la logistique. La seule voie de ravitaillement possible consiste en une voie ferrée sinueuse doublée d’une route départementale. La route ne fait que sept mètres de large et se transforme en bourbier dès les premières pluies. Sur ces 56 km de piste, il fait circuler une succession ininterrompue de camions roulant jour et nuit. Cette artère vitale pour le front de Verdun est appelée « La Voie sacrée » par Maurice Barrès. Il y circule plus de 3 000 camions, un toutes les quinze secondes. 90 000 hommes et 50 000 tonnes de munitions sont transportés chaque semaine.
Enfin, il réorganise l’artillerie.

Le Kronprinz supplie Falkenhayn d’attaquer la rive gauche pour faire taire les canons français. Les Allemands attaquent autour du Mort-Homme, du côté de la rive gauche, du bois des Bourrus, du bois de Cumière et du bois des Corbeaux. Puis ils attaquent sur la rive droite autour du fort de Vaux, de la Côte du Poivre et d’Avocourt. Ce sont à chaque fois des boucheries pour les deux camps. En ces lieux, ces hommes ont fait preuve tout à la fois de courage, de désespoir, de sacrifice et d’abnégation. Sur ces positions, l’armée française est impitoyablement usée et saignée à blanc. Nombreuses sont les unités qui doivent être entièrement reconstituées à plusieurs reprises ou qui disparaissent.

Le 6 mars 1916, les Allemands pilonnent et attaquent le Mort-homme sur la rive gauche. Mais le feu français les arrête. Cette « bataille dans la bataille » va durer jusqu’au 15 mars. Au cours de ces 10 jours, le secteur est transformé en désert. Les combattants des deux bords y connaissent toutes les souffrances.

Simultanément, le 7 mars 1916, les Allemands lancent une offensive sur la rive droite, à partir de Douaumont. Cette partie du front fut le secteur le plus durement touché de la bataille. Le village de Fleury-devant-Douaumont fut le théâtre de combats particulièrement intenses, il fut pris et repris seize fois. Mais les Allemands n'iront pas plus loin. Ce village, qui fait aujourd'hui partie des huit villages fantômes de France (qui ont un maire, mais n'ont plus d'habitants), a représenté l'avance extrême de l'armée allemande devant Verdun.


fort de Douaumont

Le Portugal entre en guerre aux côtés de l’Entente en mars 1916 pour consolider sa position en Europe et préserver ses colonies, convoitées par l’Allemagne.

Les 11 mars et 10 avril 1916 , les gouvernements britannique et français donnent leur accord sur le principe d’une annexion de Constantinople par la Russie. Deux semaines plus tard, le 24 avril, plus de 600 intellectuels arméniens de Constantinople sont arrêtés et déportés par les Jeunes-Turcs, date symboliquement considérée comme marquant le début du génocide arménien.

A verdun, au début de la bataille les effectifs français étaient de 150 000 hommes. En avril 1916 , ils s'élèvent à 525 000 hommes. Cette concentration humaine sur une si faible surface pourrait expliquer dans une certaine mesure le bain de sang que constitue Verdun. Cependant, les Allemands étant arrêtés, Joffre veut quelqu’un de plus offensif. Il nomme Pétain chef du groupe d’armées Centre et Nivelle à Verdun.

L’artillerie, pièce maîtresse de ce champ de bataille, est toujours en faveur du côté allemand avec 2 200 pièces à ce moment-là pour 1 800 pièces côté français. On dirait que Verdun agit comme catalyseur. Les belligérants ne semblent plus pouvoir renoncer et sont condamnés à investir de plus en plus de forces sur ce champ de bataille qui a déjà tant coûté.

Les Allemands sont tout près de Verdun dont ils peuvent apercevoir les spires de la cathédrale. Falkenhayn croit la victoire à sa portée. Le 18 juin 1916 il fait bombarder le secteur avec des obus au phosgène. Mais les 70 000 Allemands doivent attendre, l’arme à la bretelle, que le gaz se dissipe pour attaquer. Ce temps précieux est mis à profit par les forces françaises pour renforcer la position. Lorsque l’assaut recommence le 23 juin il réussit à occuper la crête de Fleury.

Le 1er juillet au matin, les Alliés ont attaqué sur la Somme (Bataille de la Somme). Les Russes avancent sur le front oriental. Les Italiens font reculer les Autrichiens. Des troupes et de l’artillerie ont été prélevées sur le front de Verdun. Ces conditions compliquent la situation du commandement allemand pour continuer les opérations à Verdun.

Puis les Allemands repartent à l'assaut le 11 juillet après une préparation d'artillerie de trois jours visant le fort de Souville. Ce dernier est écrasé par les obus de très gros calibre car il est le dernier arrêt avant la descente sur la ville de Verdun. Néanmoins l'artillerie de 75 lointaine ainsi que des mitrailleurs sortis des niveaux inférieurs du fort de Souville portent un coup d'arrêt définitif aux vagues d'assaut allemandes. Une cinquantaine de fantassins allemands parviennent quand même au sommet du fort mais ils sont faits prisonniers ou regagnent leurs lignes : le fort de Souville était définitivement dégagé le 12 juillet dans l'après-midi. Souville marque donc l'échec définitif de la dernière offensive allemande sur Verdun en 1916.


cimetière de la bataille de Verdun

La Roumanie déclare la guerre à l’Allemagne en août 1916, après la contre-offensive russe victorieuse sur le front oriental laissant espérer une défaite de l’Autriche-Hongrie. Elle revendique la Transylvanie hongroise.

Verdun : Du 21 au 24 octobre les Français pilonnent les lignes ennemies. Écrasés et gazés par des obus de 400 mm, les Allemands évacuent Douaumont le 23 octobre. Les batteries ennemies repérées sont détruites par l’artillerie française.

Puis, le 24 octobre, trois divisions françaises passent à l’attaque sur un front de sept kilomètres. Douaumont est repris et 6 000 Allemands sont capturés. Le 2 novembre 1916, le fort de Vaux est évacué par les Allemands. À la mi-décembre, les troupes allemandes sont refoulées sur leurs positions de départ. Cette victoire défensive est considérée par les combattants comme la victoire de toute l'armée française, dont la plus grande partie du contingent a participé aux combats. « Verdun, j'y étais ! » affirment, avec un mélange de fierté et d'horreur rétrospective, les poilus qui en sont revenus. Pour la nation tout entière, Verdun devient le symbole du courage et de l'abnégation.


le carré musulman du cimetière de Verdun

En 1914, la Grèce reste neutre, puis elle rejoint l’Entente en déclarant la guerre à la Bulgarie en novembre 1916

1er juillet au 18 novembre 1916: la bataille de la Somme

. Les troupes anglaises et françaises attaquent et tentent de percer les lignes de défense fortifiées allemandes au nord de la Somme sur une ligne nord-sud de 45 km. L’offensive est précédée par une intense préparation d’artillerie. Pendant une semaine, 1,6 million d’obus tombent sur les lignes allemandes. Les Alliés sont persuadés d’avoir liquidé toute résistance du côté ennemi. L’offensive de la Somme, au départ offensive de rupture, se transforme progressivement en une guerre d’usure. La plupart des soldats anglais sont des engagés volontaires qui n’ont aucune expérience du feu. Dès les premières minutes, ils succombent en grand nombre dans les barbelés qui séparent les ennemis. Les soldats des deux bords ont l’impression de vivre en enfer. Les débauches d’artillerie empêchent toute percée d’aboutir. Les soldats combattent souvent pour quelques mètres et n’arrivent pas à percer les tranchées ennemies protégées par un tir nourri d’artillerie et des lignes de barbelés. Le bilan de la bataille de la Somme est très lourd. 650 000 alliés, principalement des Britanniques, et 580 000 hommes du côté allemand sont hors de combat, tués, blessés ou disparus. Les troupes alliées n’avancent que de 13 km sur un front de 35 km de long.

La Russie ne peut pas soutenir une guerre contre un ennemi mieux équipé et mieux organisé. L’effort que demande une guerre, production industrielle et agricole accrue, engendre un rationnement de la population et des troubles sociaux. Au début de l’année 1917, la Russie est épuisée, les désertions se multiplient et les villes connaissent des troubles d’approvisionnement qui rendent la situation explosive. Il suffit de peu pour que tout éclate. En mars 1917, une première révolution éclate. Elle porte au pouvoir la bourgeoisie libérale qui entend continuer la guerre alors que les soviets, de plus en plus influents, exigent la paix. Mais la Russie n’est plus une force d’attaque et les Alliés craignent une intensification de l’effort allemand à l’ouest.

1917 connaît une crise qui affecte tous les secteurs. Malgré les échecs des batailles de Verdun et de la Somme, le général Nivelle élabore un nouveau plan d’attaque frontale qui doit être le dernier. Il choisit un secteur situé entre Reims et Soissons : le Chemin des Dames, qu’il estime mal défendu

16 avril 1917 : Le Chemin des dames

Ce qu’on appelle le plateau du Chemin des Dames est la partie des plateaux du Soissonnais qui s’étend entre les vallées de l’Aisne au sud et de l’Ailette au Nord. A son extrémité Est, cet étroit plateau constitue un promontoire qui domine la plaine entre Laon et Reims. L’intérêt stratégique d’une telle position est apparue dés l’Antiquité. A l’époque gauloise, le plateau est partagé entre les Suessions de Soissons et les Rèmes de Reims avant la conquête romaine. C’est dans la plaine vers Berry-au-Bac que les légions de Jules César s’affrontent aux troupes de la Gaule Belgique (1er bataille de l’Aisne en 57 av. Jésus-Christ). Le plateau lui-même devient un champ de bataille dès le VIe siècle (Bataille de Laffaux) mais il entre vraiment dans l’histoire avec la bataille dite de Craonne que Napoléon Ier livre le 7 mars 1814 contre l’armée de Blücher au cours de la Campagne de France. Après la guerre de 1870-71, deux forts de la deuxième ligne de défense de Paris sont construits sur le plateau, le fort de La Malmaison à proximité de la route de Soissons à Laon et le fort de Condé qui domine la vallée de l’Aisne.

La guerre de 1914 révèle toute l’importance stratégique du plateau. Après la bataille de la Marne, les Allemands s’accrochent à ses hauteurs de la Marne pour repousser les attaques françaises et britanniques (septembre-octobre 1914). L’année 1917 place le Chemin des Dames au centre des évènements militaires. En décidant d’attaquer le 16 avril entre Soissons et Reims, le général Nivelle compte sur la surprise pour remporter au Chemin des Dames une victoire décisive avec un million d’hommes. Son échec provoque une crise de confiance sans précédent dans l’armée.

Les fusillés pour l'exemple

L’échec de l’offensive du Chemin des Dames a pour conséquence immédiate les mutineries qui s'élèvent contre les conditions de combat et non contre le fait de combattre en lui-même. Parmi les 40 000 mutins, il n’y pas de désertion, ni de fraternisation avec l’ennemi. Ils restent dans leur cantonnement et refusent de monter en ligne. Ils insultent les officiers qu’ils jugent incompétents. Il y a 629 condamnations à mort et finalement, en comptant les cas de mutilation volontaire, 75 exécutions, dont 27 pour actes de mutinerie. Pétain a fait fusiller pour l'exemple.

Pendant la Première Guerre mondiale, en France 2 400 « poilus » auront été condamnés à mort et 600 fusillés pour l'exemple, les autres voyant leur peine commuée en travaux forcés. Ces condamnations ont été prononcées pour refus d’obéissance, mutilations volontaires, désertion, abandon de poste devant l'ennemi, délit de lâcheté ou mutinerie (pour ceux de 1917).

Cette pratique est à distinguer des condamnations à mort après passage en cour martiale, avec audition de témoins, conformément au Code de justice militaire, parfois utilisée par les état-majors de différents pays impliqués dans le conflit. Elle ne saurait non plus être confondue avec celle de la décimation (dans la Rome antique, pratique consistant a tuer un soldat sur dix de façon aléatoire) qui a existé ponctuellement à Rome et dans quelques armées modernes.

Cette estimation de 600 fusillés pour l'exemple ne prend pas en compte les exécutions sommaires. Celles-ci sont relatées dans les carnets de guerre des soldats. Ainsi les Mémoires d'un troupier d'Honoré Coudray du 11e bataillon de chasseurs alpins explicite les exécutions sommaires auxquelles il dit avoir assisté. En juillet 1916, un chasseur est accusé de dévaliser les morts, blessé par les artilleurs, il est abattu par son commandant. Coudray commente "le taré P.... a trouvé un moyen rapide de suppléer au conseil de guerre,....aucun interrogatoire, aucune enquête". Pour masquer son crime, le commandant inscrit la victime dans la liste des morts au champ d'honneur ; En octobre 1916, un jeune chasseur de la classe 1915, paniqué, fuit le front pendant un bombardement. Le commandant le convoque : "monte sur le parapet", le commandant le suit et le tue d'une balle dans la tête. Outre les informations d'Honoré Coudray, il est intéressant de connaître ses convictions : fervent partisan de l'ordre, il reproche aux mutins de 1917 leur attitude de rébellion. Ainsi il démontre que la critique des exactions de cet officier n'est pas liée à un parti pris contestataire.

La Chanson de Craonne était entonnée par les soldats français entre 1915 et 1917, et notamment par les mutins de l’armée française, après l’offensive du Chemin des Dames, commandée par le général Nivelle. La diffusion de cette chanson a été interdite en France jusqu’en 1974.


La Chanson de Craonne

La famille du soldat fusillé pour l'exemple était doublement touchée du deuil. En effet la honte d'avoir eu un frère, un père, un époux condamné pour sa lâcheté était très difficile à supporter. Cela s'ajoutait inéluctablement au poids du deuil. Le frère de Henry Floch indique lors de l'inauguration du monument de Vingré en 19256 : « Nous avons vécu dans une atmosphère affreuse de la suspicion illégitime et la honte injustifiée ». Le fils de Pettelet autre fusillé de Vingré a dû être retiré de l'école, son éducation est confiée à un précepteur. La veuve Pettelet a reçu des insultes et des menaces, elle sort dans la rue avec un pistolet pour se protéger. Très peu, environ une quarantaine sur 600, ont été rétablis dans leur honneur dans les années 1920 ou 1930, à force d'acharnement et de courage de la part des familles de victimes soutenues par les associations d'anciens combattants et par la Ligue française pour la défense des droits de l'homme et du citoyen.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Soldats_fusill%C3%A9s_pour_l%27exemple

l’entrée en guerre des Américains


Célèbre affiche de recrutement US de 1917

l’entrée en guerre des Américains aux côtés des alliés français et britanniques en avril 1917 laisse espérer un retournement de la situation. Toutefois, le commandement français n’ose plus lancer les hommes à l’attaque tant qu’il ne dispose pas d’une supériorité absolue en matériel grâce aux Américains et aux chars de combat.

la Grèce déclare la guerre à l’Allemagne en juin 1917 après l’abdication et l’exil du roi Constantin.

Le corps militaire américain établit ses premiers campements autour de Nantes et de La Rochelle en octobre 1917. L’uniforme américain est vert, complété par un casque en forme de cercle tout comme le modèle anglais. C’est enfin une armée qui contribuera grandement à la victoire sur les Empires centraux, puisque lorsque la contre-attaque générale est lancée par le maréchal Foch en 1918, les G.I. ne représentent pas moins de 31 % des forces combattantes alliées.

Impatient de remporter un succès qui lui soit propre, l’état-major anglais lance une offensive à Passchendaele, dans les Flandres, à l’automne 1917. Il réussit seulement à mener à une mort inutile plusieurs centaines de milliers de Britanniques et d’Allemands.

Au sud, les forces italiennes et autrichiennes s’affrontent sans résultat depuis deux ans et demi sur le front d’Isonzo au nord-ouest de Trieste, avec un léger avantage pour l'armée italienne qui, en 1916, avait conquis la ville de Gorizia lors d'une contre-offensive. Les Italiens avaient pénétré aussi de quelques kilomètres dans le Tyrol, mais sans résultats majeurs. Cet équilibre est rompu à l'automne 1917 lorsque les Allemands décident de soutenir leurs alliés autrichiens sur le front italien et envoient 7 divisions. Le 14 octobre 1917, lors de la bataille de Caporetto, les soldats italiens reculent devant l'offensive austro-allemande. Plus de 600 000 soldats italiens, fatigués et démoralisés, désertent ou se rendent. L’Italie vit sous la menace d’une défaite militaire totale.

En octobre 1917, Lénine organise la seconde révolution Russe et lance des pourparlers de paix menant à l’armistice en décembre.

Le ministre des Affaires étrangères britannique, Lord Arthur Balfour, promet l’établissement d’un État juif en Palestine entre autres pour motiver les Juifs américains à soutenir l’entrée en guerre des États-Unis. La même année, les Britanniques attaquent la Palestine, dont ils gardent le contrôle jusqu’en 1947.

Les combats se poursuivent sur le Chemin des Dames tout l’été jusqu’en octobre. La victoire française de La Malmaison (23 octobre 1917) amène les Allemands à abandonner le plateau et à se replier au Nord de l’Ailette.

Mais le 7 novembre, les Italiens parviennent à arrêter l'avancée des austro-allemands sur la ligne du Piave, à environ 110 kilomètres du front d’Isonzo. La défaite italienne de Caporetto incite la France et le Royaume-Uni à envoyer des renforts et à mettre en place le Conseil suprême de guerre pour coordonner les efforts de guerre des Alliés.

Début 1918, les Alliés perdent un front avec la sortie du conflit de la Russie.

La Russie bolchevique signe le traité de Brest-Litovsk (négociée par Léon Trotsky) en mars 1918. L’Allemagne reçoit un « train d'or » (le contenu de celui-ci est confisqué à l’Allemagne par le traité de Versailles), occupe la Pologne, l’Ukraine, la Finlande, les Pays baltes et une partie de la Biélorussie. Les Allemands profitent aussi de cette défection pour envoyer d’importants renforts sur le front Ouest et tenter d’obtenir une victoire rapide avant l’arrivée effective des Américains. C’est le « retour de la guerre de mouvement ».

Libérés par l'arrêt des combats sur le front oriental après la signature du traité de Brest-Litovsk, les Allemands lancent en vain cinq offensives majeures (de mars à juillet 1918) sur le front français pour forcer la victoire avant l'engagement massif des États-Unis nouvellement entrés en guerre.


George Clémenceau

Le Tigre

Le président Raymond Poincaré appelle alors à la tête du gouvernement Georges Clémenceau, le tigre, qui va mener le pays à la victoire (novembre 1917-janvier 1920)

Il restaure la confiance, mettant tout en œuvre pour que la République soutienne le choc de cette guerre (Guillaume II prédisait justement le contraire, assurant que les démocraties – France et Royaume-Uni – s'effondreraient d'elles-mêmes si la guerre devait durer). Il s'attache d'abord à épurer l'administration, révoquant le préfet de police et le préfet de la Seine, ainsi que nombre de fonctionnaires jugés incompétents

Dans sa politique intérieure, Georges Clemenceau s’emploie à mater énergiquement toute tentative de révolte, de mutinerie ou de grève dans les usines. Il mène également une lutte énergique pour le soutien du moral des troupes. Pour ce faire, il pourchasse les pacifistes, les défaitistes, les « embusqués » (pour soutenir le moral des troupes) et fait également pression sur la presse favorable à ces mouvements sans pour autant utiliser la censure.

Il généralise l'appel aux troupes coloniales (la « force noire » du général Mangin, qu'il nomme à la tête du 9e corps d'armée malgré l'hostilité de Pétain), nommant le député sénégalais Blaise Diagne, qui vient d'adhérer à la SFIO, Commissaire Général chargé du recrutement indigène. Malgré les révoltes, 65 000 hommes sont ainsi recrutés dans les colonies en 1918. Il fait également appel à l'immigration italienne, négociant avec le président du Conseil Orlando pour obtenir cette main-d'œuvre d'appoint. 70 000 immigrants italiens sont ainsi en France en mars 1918.

Sur le plan militaire, Pétain prête une attention particulière au moral des troupes et rétablit la confiance par des premiers succès.


Ferdinand Foch

le 26 mars 1918 les Alliés s'étaient mis d'accord pour confier au général Foch le commandement unique sur le front occidental. Un de ses premiers actes de commandement fut d'employer une partie de ses maigres réserves pour boucher la dangereuse brèche sur la Somme.

Le 27 mai 1918 c’est sur le Chemin des Dames que Ludendorff lance une attaque victorieuse qui permet aux Allemands d’atteindre rapidement Soissons puis Château-Thierry. Un certain Adolf Hitler participe à cette offensive au sein du 16e Régiment royal bavarois d'infanterie de réserve (16. Königlich Bayerischen Reserve-Infanterieregiment).

Le 27 mai, l’offensive allemande se déclenche près de l’Aisne, à partir du Chemin des Dames, où, l’année précédente, les Français avaient échoué dans une attaque meurtrière. La préparation d’artillerie commence par un tir d’obus à gaz, puis devient mixte, mais avec plus de cinquante pour cent d’obus toxiques. Après le 5 juin, 5 autres divisions seront encore engagées, soit au total 47 divisions, correspondant à près de 60 françaises. L’offensive s’arrête pourtant dix jours plus tard en raison de l'épuisement des assaillants, mais ceux-ci ont avancé de 45 km, pris Château-Thierry et sont à 70 km de Paris.

du 15 au 20 juillet 1918 : La seconde bataille de la Marne

La seconde bataille de la Marne, quant à elle, se déroula principalement du 15 au 20 juillet 1918.

Foch dirige l’offensive des armées alliées qui reprennent l'initiative le 18 juillet

Au moment même où les divisions allemandes se massent vers le flanc est de la poche, l'équivalent de 21 divisions alliées se hâtent vers le flanc ouest à partir de la forêt de Villers-Cotterêts.( plusieurs régiments d'infanterie française et de zouaves, des tirailleurs algériens, des bataillons de chasseurs à pied ou alpins français; les régiments marocains, malgaches et russes, ainsi qu'une division américaine)

En deux jours, le nombre des prisonniers dépasse 17 000 hommes et 360 canons ont été capturés. Surpris, les Allemands engagent 4 divisions de renfort au centre. Vers 18 heures, ils ont repris Vierzy, mais sans le garder. Les Alliés sont à moins de 15 kilomètres de la gare de Fère-en-Tardenois, l’unique voie ferrée étant sous le feu de l'artillerie. Le 20, les Allemands prélèvent des divisions sur les armées voisines et engagent la 5e division de la Garde contre l'armée Degoutte, deux divisions et des éléments retirés de la Marne, contre l'armée Mangin. Malgré ces renforts, le 28 juillet la gare est prise par les Alliés et le 7 août tout le terrain est repris. Les chars d’assaut ont prouvé leur efficacité.

les Allemands, épuisés, acceptent la signature de l'armistice le 11 novembre 1918.

La France sort cependant elle aussi épuisée par ce conflit de 4 ans, qui se prolonge pour elle jusqu'en 1919 dans la guerre en Russie contre les bolcheviques. Les régions du nord et de l'est, les plus industrielles, ont été ravagées et leur appareil industriel détruit. Plus d'un million et demi d'hommes sont morts au front (10,5 % de la population active masculine), et trois millions et demi ont été blessés et mutilés.

La France se retrouve protectrice des petits états de l’Europe de l’Est qui ont été créés ou agrandis au détriment de l’Allemagne et de la Russie. Dès 1920, elle a été amenée à fournir à la Pologne d’importants moyens militaires contre l’URSS.

1921 : Création du Parti communiste chinois - Hitler à la tête du Parti national-socialiste

1922 : Création de l'URSS - Marche sur Rome des Chemise noire de Mussolini.

Le volume des dépenses publiques reste important après la guerre car il faut reconstruire dans toutes les régions qui ont subi les actions militaires : la France entend bien en faire pleinement payer le prix à l’Allemagne. Président de la commission des affaires étrangères du sénat, Raymond Poincaré critique durement Aristide Briand qui se fait l’écho des capacités financières limitées de l’Allemagne. Devenu Président du conseil (1922-1924), il fait occuper le Ruhr (1923) pour suppléer à la défaillance de l’état allemand. Mais il transige finalement et accepte l’arbitrage de comités d’experts : ce seront les plans Dawes et Young.

Annie Lacroix-Riz professeur d’histoire contemporaine détaille comment les « milieux économiques faisaient les gouvernements. [...] Tous les chefs de gouvernements pressentis, y compris celui de Blum et d’Herriot, venaient se présenter avec leurs ministres des finances pressentis, devant le gouvernement de la Banque de France [privée à l'époque] auquel ils promettaient, pour obtenir les avances de la Banque de France, d’être très sages et de pratiquer une austérité financière. »

L’arrivée au pouvoir du radical Edouard Herriot (1924) est l’occasion d’amorcer une politique de détente avec l’Allemagne dont l’artisan est Aristide Briand. Cette politique culmine au pacte de Locarno (1925), par lequel l’Allemagne accepte sa frontière occidentale. Concomitamment, la France confirme son alliance avec la Pologne et la Tchécoslovaquie, l’Allemagne n’acceptant pas ses frontières orientales. L’Allemagne est admise au sein de la Société Des Nations.

Revenu au pouvoir (1926-1929), il remet en ordre les dépenses publiques en augmentant les impôts et en rationalisant l’administration. Il finit par stabiliser le Franc à un cinquième de sa valeur d’avant guerre. Légèrement sous-évalué, son cours facilite les exportations: l’excédent des la balance des paiements extérieurs permet à son tour le développement des activités financières de la place parisienne.

1929 Création du Vatican

L'État de la Cité du Vatican est un État indépendant situé à Rome en Italie. Il a été créé le 11 février 1929 comme représentation temporelle du Saint-Siège (ensemble des institutions de l'Église catholique romaine), aux termes des accords du Latran signés par celui-ci, représenté par le cardinal Gasparri et l'Italie, représentée par Mussolini. La langue véhiculaire est l'italien, et non le latin, qui est langue de l'Église catholique romaine. Toutefois, le latin est la langue juridique de l'État : le texte de référence des publications officielles est en général rédigé en latin, puis traduit dans diverses autres langues. Le français en est la langue diplomatique : le Vatican se fait enregistrer comme État francophone auprès des organismes internationaux. Alors que la langue officielle de l'armée pontificale (la Garde suisse) est toutefois l'allemand.


gardes suisses devant le vatican

Annie Lacroix-Riz explique comment « à partir de 1930-31 le grand capital français s’engage dans une voie d’accord à tout prix avec le Reich. Cette voie se dégage vraiment dans une conjoncture qui est exactement celle d’aujourd’hui sauf que celle-ci est encore plus grave que celle de 1931. La crise de 29 devient une crise systémique entre mars et l’été 1931 quand l’endettement de l’Allemagne menace presque de chaos technique [le capitalisme]. Ils l’ont même pensé à un moment : la survie du capitalisme. »


Charlie Chaplin et Albert Einstein en 1931

1933 Hitler Chancelier

De 1933 à 1940, priorité a été donnée à la création des camps de concentration pour briser l'opposition communiste et non communiste. Les juifs ont été privés de la nationalité allemande, brimés, spoliés, rançonnés. Beaucoup ont été déportés ou expulsés. Mais il n'était pas encore question d'extermination physique. Après l'occupation de la Pologne, la Gestapo et les SS s'attaquent immédiatement aux dirigeants polonais, à l'Eglise et aux juifs. Ces derniers sont battus, volés, parqués dans les ghettos, astreints au travail forcé.
FRANCOIS DELPECH Le Monde du 8 mars 1979

La Race des Seigneurs est le terme consacré par les membres du parti nazis, le NSDAP, pour désigner leur appartenance à la supériorité de la race aryenne. De l’accession au pouvoir absolu à la violation du Traité de Versailles, jusqu’au génocide des six millions de Juifs d’Europe, elles sont légions les séquences filmées sur Hitler et ceux du NSPAD.
Hitler au cinéma, après Mein Kampf et la Shoah: IIIe Reich, destin et chute du Führer raconté sur l'écran noir http://2deguerremondiale.suite101.fr/article.cfm/hitler_au_cinema_apres_mein_kampf_et_la_shoah#ixzz0ipx1IpkH

La Propagande filmée, un Art majeur pour Adolph Hitler

Lorsqu’Hitler prend les rênes du pouvoir, en 1933, il pressent l’immense bénéfice que le cinéma absolutiste peut lui apporter. Le ministre de la Propagande, Joseph Goebbels, en cinéphile averti, sera chargé de développer les effets de la persuasion. Le cinématographe de l'endoctrinement prend alors naissance, six ans avant la déclaration de la Seconde Guerre mondiale. L’intoxication à travers les films va étendre ses tentacules pendant toute la guerre sous les éclairages habiles et les travelings calculés du lavage de cerveau hitlérien. Read more at Suite101: Hitler, Goebbels à l'écran & la propagande nazie: Le cinéma du IIIe Reich maître d’œuvre de la dictature hitlérienne http://2deguerremondiale.suite101.fr/article.cfm/hitler_goebbels_a_lecran_la_propagande_nazie#ixzz0ipvENznn

Deux documentaires de propagande Les Dieux du stade pour les Jeux olympiques de 1936 à Berlin et Le Triomphe de la volonté (Triumph des Willens dans la langue de Goethe) de la cinéaste germanique Leni Riefenstahl, restent les exemples le plus parlants de la manipulation de masse. Charlie Chaplin, qui voit une version du Triomphe de la volonté aux États-Unis, en tombe de sa chaise, plié de rire. Certains ont supposé que le discours final d’Hitler, l’inspira pour la scène d’anthologie de son film Le Dictateur. Read more at Suite101: Hitler, Goebbels à l'écran & la propagande nazie: Le cinéma du IIIe Reich maître d’œuvre de la dictature hitlérienne http://2deguerremondiale.suite101.fr/article.cfm/hitler_goebbels_a_lecran_la_propagande_nazie#ixzz0ipvSH7GU

Il est intéressant de remarquer que Leni Riefenstahl est la seule à cette période ; "à être en adéquation parfaite entre une idéologie (éloge du surhomme, culte du chef, de la jeunesse, du "beau", du "pur", de l’ordre, fascination pour les cérémonials monumentaux), et une esthétique appropriée basée sur l’harmonie et l’ordre (géométrie des cadrages, contre-plongées valorisantes, mouvements de caméra fluides, montage rythmé)", selon les termes du spécialiste d’histoire contemporaine Régis Dubois*. Car passé 1933, année au cours de laquelle Hitler étend son pouvoir et ses droits, le film d’endoctrinement délibéré est banni des salles. Ceci au profit du scénario au discours guimauve toujours le même, rangé au carré et propre avant tout à phagocyter les masses. Parmi ceux-là Le Jeune hitlérien Quex (H. Steinhoff), S.A. Mann brand (F. Seitz) et Hans Westmar (F. Wenzler). Read more at Suite101: Hitler, Goebbels à l'écran & la propagande nazie: Le cinéma du IIIe Reich maître d’œuvre de la dictature hitlérienne http://2deguerremondiale.suite101.fr/article.cfm/hitler_goebbels_a_lecran_la_propagande_nazie#ixzz0ipvlBg1r

L’agitation des mouvements hostiles à la république parlementaire reprend ; elle est amplifiée par L'affaire Stavisky. Elle culmine par les émeutes de février 1934 aux abords de la Chambre des Députés.Le 6 février 1934, une manifestation antiparlementaire d'extrême droite, notamment des membres de l'Action française et des Croix-de-feu tourne à l'émeute place de la concorde, faisant vaciller puis finalement chuter le gouvernement Edouard Daladier. On dénombre douze morts et des centaines de blessés. Le 9 février, des manifestations du PCF, interdites par le nouveau gouvernement, font également plusieurs morts. Le 12 février a lieu la première manifestation unitaire de toutes les forces de gauche.

Leni Riefenstahl rencontre le Führer pour la première fois en mai 1932 et noue avec lui des relations de respect mutuel. Après l’accession au pouvoir du parti nazi, Adolf Hitler demande à Leni Riefenstahl de filmer les congrès du parti qui se tiennent à Nuremberg; ce sera La victoire de la foi (Sieg des Glaubens - 1933) et surtout le Triomphe de la volonté [Triumph des Willens - 1934], un film documentaire grandiose qui révèle à la fois tout l'esthétisme et la grandiloquence cinématographique de L. Riefenstahl et constitue l'un des plus grands documentaires de propagande jamais réalisés.


1934 : le triomphe de la volonté de Leni Riefenstahl

1936 offre à Leni Riefenstahl, alors au faîte de sa gloire, l’événement idéal pour réaliser un grand film : les Jeux olympiques de Berlin. Pour réaliser Les Dieux du stade (Olympia), elle met en œuvre une technique jusqu’alors inouïe et filme pour la première fois durant les épreuves. Le travail de montage, qui durera 18 mois, donnera naissance à deux parties distinctes du film Olympia : Fête des peuples (Fest der Völker) et Fête de la beauté (Fest der Schönheit).

Dans ce travail, les images sportives acquièrent une dimension proprement artistique : la réalisatrice cherche à exalter la virilité et la force martiale, notamment à travers la beauté du corps masculin athlétique. Ce film est considéré comme l'un des meilleurs films documentaires de l’histoire du cinéma pour ses différentes techniques novatrices telles que des cadrages innovants, l’utilisation du travelling, de caméras sur rails et de caméras sous-marines. Ceci fait d'elle en quelque sorte l'inventeuse des techniques vidéos de la télévision moderne.

Les nus "grecs", la traversée européenne de la flamme olympique depuis l'acropole, les victoires de Jesse Owens, le marathon, les épreuves de plongeon. Ou comment le cinéaste officiel du IIIe Reich inventa la télévision. Des dizaines d'opérateurs, un budget inouï, près deux ans de montage, une technologie révolutionnaire (dont l'emploi quasi systématique du téléobjectif) pour une version très "typée" de l'olympisme. Le sommet du kitsch est atteint lors des scènes grecques, mais l'ensemble ne prête pas à rire, tant la perfection est manifeste. On notera cependant le mémorable filmage du triomphe de Jesse Owens où la réalisatrice, dans une inversion remarquable des intentions, met toute sa technique au service d'un évident ennemi de la cause raciale.

La première projection du film (les deux parties durant en tout près de 4 heures) aura lieu le 20 avril 1938 en hommage à l’anniversaire du Führer.

1936 : Les JO à Berlin


stade olympique vu du ciel

Salut nazi à l'entrée d'Hitler dans le stade

Stade olympique Berlin JO de 1936 (photographie 2008)

Le sprinteur noir-américain Jesse Owens fut le héros de ces jeux de Berlin en s’adjugeant quatre titres olympiques sur quatre épreuves auxquelles il participa.

Le 3 août 1936 sur le 100m, Owens est situé à la deuxième ligne. En quelques foulées, il dispose de tous ses adversaires, et en particulier de son compatriote Ralph Metcalfe pour réaliser le temps de 10"3.

Le lendemain, Owens, âgé alors de 23 ans, décroche sa deuxième médaille d’or dans l’épreuve du saut en longueur sous les yeux d’Adolf Hitler. Dans son duel serré avec l’allemand Lutz Long, il prend l’avantage lors de son dernier essai qui est mesuré à 8m06, soit un nouveau record olympique.

Le lendemain, l’américain remporte sa victoire la plus nette sur le 200m en battant de quatre dixièmes (4m environ) Mark Robinson.

Enfin, le triomphe de Jesse Owens s’achève le 9 août avec ses partenaires du 4x100m américain. Au départ du premier relais, il creuse l’écart sur ses concurrents italiens et allemands. L’équipe des États-Unis remporte la course en établissant un nouveau record du monde en 39"8 qui tiendra vingt ans.

Les exploits de cet athlète ont d’autant plus de retentissement qu’ils se situent à Berlin en 1936 dans le cadre d’une manifestation olympique servant de propagande aux thèses sur la supériorité de la race blanche sur les juifs ou les noirs. On se souviendra d'Adolf Hitler quittant la tribune pour ne pas saluer le vainqueur du 100 mètres, Jesse Owens, parce qu'il était noir. Mais, a contrario, d'après l'autobiographie d'Owens, Owens décrit comment Hitler s'est levé et le salua : « Après avoir passé le chancelier, il surgit en me saluant de la main, je l'ai salué en retour. Je pense que des auteurs ont montré un mauvais goût en critiquant l'homme de l'heure en Allemagne. »

Lors de l'inauguration du nouveau Stade olympique de Berlin en 1984, la veuve de Jesse Owens déclara que son mari avait été plus respecté par les autorités nazies que par les dirigeants de sa propre équipe nationale.

Le Front populaire et Les accords de Matignon

Le Front populaire est une coalition des partis de la gauche (le PCF, la SFIO, le Parti radical et l'USR) qui gouverne la France de 1936 à 1938 et qui débute par un premier ministère présidé par Léon Blum. Malgré sa brièveté, cette période bouleverse les rapports sociaux du pays.

À la suite de la victoire électorale du Front Populaire, un impressionnant mouvement de grève paralyse la France. Les négociations entre syndicats et patronat, sous l’égide du nouveau président du Conseil, Léon Blum, s’achèvent par la signature des Accords de Matignon dans la nuit du 7 au 8 juin 1936.

Les accords de Matignon apportent notamment la semaine de 40 heures, les congés payés et les conventions collectives. C'est à cette période qu'est unifié le réseau ferré pour devenir la SNCF. Les différences de vues sur la guerre d'Espagne affaiblissent la coalition dès juin 1937.

Personnalités du Front populaire:
Léon Blum (président du Conseil)
Édouard Daladier (vice-président du Conseil et Ministre de la Défense Nationale)
Roger Salengro (ministre de l'Intérieur)
Vincent Auriol (ministre des Finances)
Albert Bedouce (ministre des Travaux Publics)
Jean-Baptiste Lebas (ministre du Travail)
Jean Zay (ministre de l'Éducation nationale)
Léo Lagrange (Sous-secrétariat d’État aux sports et à l’organisation des loisirs).
Camille Chautemps (ministre d'État radical-socialiste)
Victor Basch (président de la Ligue des droits de l’Homme)
Marceau Pivert (leader de la gauche de la SFIO)
Gabriel Péri (député communiste)
Maurice Thorez (Secrétaire général du Parti communiste français)


Mme Blum, Léon Blum, Maurice Thorez et Roger Salengro le 14 juillet 1936

À l'Assemblée nationale de Vichy (juillet 1940), Léon Blum est l'un des quatre-vingts parlementaires qui refusent de voter les pleins pouvoirs au maréchal Pétain. Arrêté le 15 septembre 1940, il est interné successivement à Chazeron (deux mois) et à Bourassol (une année). Un « conseil de justice politique », constitué par le gouvernement de Vichy, le condamne, le 16 octobre 1941, à la détention dans une prison militaire (fort du Portalet).
En février 1942, il est traduit, avec plusieurs inculpés, devant la cour de Riom (? procès de Riom) sous l'accusation d'avoir trahi les devoirs de sa charge. Sa défense se révèle si efficace que le gouvernement suspend les débats (11 avril 1942). C'est pendant ces mois de détention qu'il rédige son livre À l'échelle humaine, où il expose sa conception humaniste du socialisme. Après l'occupation, par les armées allemandes, de la zone sud, il est déporté successivement à Dachau, à Buchenwald et dans le Haut-Adige, où il est libéré, en mai 1945, par une armée américaine venant d'Italie.

Face à la volonté d’Hitler de remettre en cause le traité de Versailles, la France se rapproche de l’Italie et de l’URSS.

Mais la condamnation de l’invasion de l’Éthiopie par Mussolini, assortie de sanctions économiques inefficaces, entraîne le rapprochement de ce dernier avec Hitler. Alors qu’il s’était opposé au rattachement de l’Autriche à l’Allemagne en 1934, il consent à l’Anschluss en 1938.

Le rapprochement avec une puissance communiste telle que l’URSS est très controversé, tout particulièrement chez les alliés traditionnels de la France : la Pologne s’oppose à ce que l’armée soviétique traverse son territoire pour venir soutenir l’armée tchécoslovaque.

Lorsque Hitler s’en prend à la Tchécoslovaquie, la France et l’Angleterre adoptent finalement une position conciliante pour éviter la guerre.

Les accords de Munich (1938) permettent le démantèlement de le Tchécoslovaquie, notamment au profit de deux nouveaux satellites de l’Allemagne : Hongrie et Slovaquie.

deuxième guerre mondiale

 

 

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