EXPERTS, LOBBIES, THINK-TANKS

MENTEURS OU IMPOSTEURS ?

une page réalisée essentiellement à partir de l'excellent dosier du site "arrêt sur images" intitulé "Expertisons les experts !" (dossier payant ! abonnez vous)

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Les Nouveaux chiens de garde Bande-annonce par toutlecine


Les "Nouveaux chiens de garde" / Les 10 premières minutes
   

 

les experts surmédiatisés

Ce sont ces personnes qui passent en boucle dans les médias avec l'étiquette "expert" alors qu'en fait leur expertise est parfois discutable. D'autres ont le CV adéquat mais sont en position évidente de conflit d'intérêt rarement mis en évidence lorsque ces experts sont interrogés par les médias. C'est en général sur l'économie et la finance que ce type d'"expert" squatte les plateaux TV, les articles de presse et les chroniques économiques.

aux Etats-Unis, la communauté des économistes est elle aussi remise en question, notamment après la diffusion du documentaire Inside job. Ce branle-bas de combat a abouti, début janvier, à la signature par les 17 000 membres de l’American Economic Association (AEA) d’un code éthique en sept points. Dans le Monde économie du 2 avril, la journaliste Claire Gatinois en précise les contours : le code oblige les économistes à "divulguer leurs possibles conflits d'intérêts, les liens financiers qu'ils entretiennent ou ont entretenus lors des trois dernières années avec le secteur privé (lorsque leur rémunération dépasse 10 000 dollars) ou à divulguer toute activité qui pourrait remettre en cause leur subjectivité. Cette règle s'applique lorsque les chercheurs signent des articles dans les publications de l'AEA. Mais l'association appelle vivement ses membres à appliquer ce code lorsqu'ils signent des tribunes dans les journaux, font des commentaires à la radio, à la télévision, ou quand ils sont appelés à témoigner devant des instances publiques."

Les éditorialistes ne sont pas en reste :

Vous avez parfois le sentiment d’entendre une seule et même voix sur la crise ? Une voix appelant à davantage de rigueur, à rassurer les marchés, à construire cette belle Europe tant rêvée ? A lire l’article de Mathias Reymond publié sur le site Acrimed, ce n’est pas un sentiment, c’est une réalité. L’auteur a compilé, depuis cet été, les éditos de certains journalistes vedettes des médias, qu’ils soient de gauche ou de droite, et le résultat est – sinon surprenant – tout du moins édifiant. Reymond recense trois thèmes : la rigueur, les marchés, l’Europe. S'agissant de la rigueur, de Marianne à Jacques Attali (dans Challenges), d’Yves de Kerdrel (Le Figaro) à Serge July (Les Inrockuptibles), de Christophe Barbier (L’Express) à Claude Imbert (Le Point), la rigueur est notre salut. "Pourquoi minauder sur le mot ?" s’interroge Imbert. Voire inventer une rigueur de gauche selon Libération du 6 décembre : "Ce pourrait être à la gauche d’inventer les conditions d’une relance crédible, tournée vers l’avenir. Une relance indispensable qui ne se ferait pas contre la rigueur mais avec elle." Même démonstration, quoique plus sommaire, sur la nécessité de rassurer les marchés et retrouver la confiance. Enfin, si Reymond consent que "les plans de rigueur et l’appel aux marchés ne font pas toujours l’unanimité dans les médias", en revanche il estime qu’"il est un sujet qui ne fait guère débat : l’Europe. Et qui plus est : l’Europe version germanique." L’auteur d’Acrimed s’en prend notamment à Nicolas Demorand qu’il décrit comme un europhile sous le charme de l’économiste Daniel Cohen et du journaliste Jean Quatremer, puis regrette, en conclusion, que "la plupart des commentateurs et éditorialistes pérorent partout dans les médias depuis plusieurs décennies : le peuple est con. Et il est con, parce qu’il est le peuple." http://www.arretsurimages.net/vite.php?id=12676

A tous ces braves gens, on peut rajouter les nombreux think tanks et leurs représentants: Institut Montaigne, IFRAP, IPJ, Fonda'Mental, Fondapol etc
qui sous le nom pompeux d'institut ou de réseau de coopération scientifique qui leur confèrent une légitimité usurpée,

certains avancent des idées parfois extrêmement dangereuse comme ces 2 là :

L'IPJ fait l'objet d'une page web à lui seul : pacte.htm

pour s'intéresser un peu aux fous furieux de Fonda'Mental et à leur tête de file : Marie-Anne Montchamp, Ancienne députée de la septième circonscription du Val-de-Marne, elle est secrétaire d'État chargée des Personnes handicapées de 2004 à 2005 (UMP) et secrétaire d'État auprès de la ministre des Solidarités et de la Cohésion sociale de 2010 à 2012 (UMP et RS), on peut aller visionner le film : "Un monde sans fous" en suivant ce lien : http://www.mediapart.fr/content/un-monde-sans-fous-ou-les-derives-de-la-psychiatrie?destination=node%2F79461

les experts non médiatiques

Ce sont ces scientifiques qui bidonnent parfois leurs études et leurs résultats parce que leurs recherches sont financées par un grand groupe industriel ou un lobby ou un think tank

Voici donc quelques uns de ces experts

 

Marc Fiorentino, expert financier et chouchou des médias

Fiorentino est partout : de Canal+ à C dans l’air, l’expert a écrit dans Challenges et La Tribune et tient une chronique quotidienne sur BFM Business.

Diplômé d’HEC c'est un commercial qui a travaillé pour les banques et la finance. en ce qui me concerne je pense qu'un expert doit avoir un autre profil, par exemple être un directeur de recherches au CNRS qui a un doctorat en économie et fait des recherches depuis 30 ans sur la finance mondiale est un véritable expert de la finance. Fiorentino est un professionnel de la finance qui comme on va le voir est plutôt en échec professionnel depuis 2008 et désormais il a même perdu son agrément (en 2011) de société financière.

président d’Euroland finance : EuroLand Finance est une société de Bourse spécialisée dans les valeurs moyennes:

- ingénierie financière : prestations de conseil dans des opérations de marché (augmentations de capital, offres publiques de rachat d'actions, introductions en Bourse, émissions d'obligations convertibles, etc.) et dans la réalisation de montages financiers (prises de participations, fusions-acquisitions, cessions, etc.) ; - intermédiation financière : principalement interventions sur les marchés dérivés actions, de taux, de change et de matières premières pour le compte d'investisseurs institutionnels et de particuliers.

Incompétence? Conflit d'intérêt? Diffuseur de discours politique qui ne dit pas son nom? que chacun fasse son choix en lisant ce qui suit

Marc Fiorentino a été condamné par l'Autorité des marchés financiers (France)Autorité des marchés financiers. Le 28 février 2008, la commission des sanctions de l’AMF prononce à son encontre un avertissement et une sanction pécuniaire de 50 000 euros et à l’encontre de la société Euroland, un avertissement et une sanction pécuniaire de 100 000 euros, pour « n'avoir pas pu justifier de la réception d'un ordre de vente de titres, ensuite, pour avoir agi contre l'intérêt d'un de ses clients, enfin, pour avoir exercé sans agrément une activité de placement ». Cette sanction a fait l’objet d’un recours devant le Conseil d’État qui l’a rejeté par une décision en date du 28 mars 2011. La Commission des sanctions prononce à l’encontre d'Euroland Finance une nouvelle sanction pécuniaire de 100 000 euros le 3 avril 2008, puis un avertissement ainsi qu’une sanction pécuniaire de 50 000 euros le 28 janvier 2009.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Marc_Fiorentino#Condamnations_par_l.27AMF

Ce monsieur vit de la finance, il est en conflit d'intérêt flagrant ce qui explique certainement ce plantage magistral :

Dans un papier publié sur le site de La Tribune, il annonce une attaque des marchés dès le 7 mai si Hollande est élu. En gros, la finance se vengera des déclarations du candidat socialiste au Bourget. Non seulement la France allait être attaquée mais elle serait "mise à genoux". Son scenario sera "d'une simplicité enfantine" dit-il : "les taux français vont s'envoler. Les fonds spéculatifs, unis, vendront la dette française à découvert. Sans pitié. Et même avec un certain plaisir. On montera jusqu'à 4,5% sur les taux à 10 ans Français. L'euro sera sous pression. Sous forte pression."
http://www.arretsurimages.net/vite.php?id=13838

comme le relate Anne Sophie jacques dans cet article payant:
Pas de bol comme l’écrit Laurent Mauduit dans son "enquête sur une manipulation et sur ses relais médiatiques" publiée samedi : "la spéculation ne s’est pas déchaînée – pas plus qu’en 1981 les chars soviétiques ne sont entrés dans Paris !" Et de faire valider cette non-attaque par Le Figaro en personne qui, dans son édition du 17 mai, assure que "les inquiétudes au sujet d'une attaque spéculative contre la France s'avèrent infondées pour le moment." Pour le moment, car on ne sait jamais. Les taux sont historiquement bas comme le souligne Le Figaro : "L'Agence France Trésor (AFT) a emprunté, mercredi, un peu plus de 9,1 milliards d'euros dans des conditions historiquement favorables. En particulier, l'AFT a émis 3,65 milliards d'euros à 5 ans au taux record de 1,72%, le plus bas niveau jamais enregistré depuis la création de l'euro."
Mauduit ne s’en tient pas au ricanement, et il s’étonne que Marc Fiorentino soit toujours sur le banc des experts invités : "comment certains médias peuvent-ils assurer la promotion d’un tel financier, qui manie des prophéties aussi douteuses, chargées d’aussi nettes arrière-pensées – même s’il assure, ben voyons, qu’il ne fait pas de politique ?" Et ce n’est pas tant sa prophétie à la petite semaine qui surprend le journaliste de Mediapart que les mésaventures de Fiorentino président d’Euroland finance. Dans son livre, Mauduit racontait déjà que cette société s’était fait sanctionner à trois reprises par l’AMF (Autorité des Marchés Financiers). Aujourd’hui Mauduit révèle qu’Euroland finance a perdu son agrément : ce dernier lui a été retiré fin 2011 par l’ACP (Autorité de Contrôle Prudentiel qui donne – et retire – les agréments aux sociétés financières qui font appel à l’épargne publique).
les pertes d’Euroland : 894 677 euros pour 2011

Marc Fiorentino n’en est pas à sa première alerte fantaisiste d’attaque qui va tous nous tuer

Anne Sophie jacques poursuit : "Marc Fiorentino n’en est pas à sa première alerte fantaisiste d’attaque qui va tous nous tuer. C’est en effet lui qui, le 22 mars sur la chaîne BFM Business, a fait naître la suspicion sur un produit lancé par Eurex, bourse allemande des produits dérivés. On devait assister à un attentat des marchés financiers. Pas de chance : le produit a fait flop. Mais le prophète revient, le jour suivant, le prophète revient, il est toujours vivant."

je vous épargne les détails que vous pourrez retrouver sur cet autre article payant lui aussi ,mais voici l'essentiel :

Une conséquence des menaces de Hollande lancées à la figure des marchés? Un appel de la finance à voter Sarkozy ? Une info montée en mayo ?
Fiorentino commence par nous dire que cette annonce est passée assez inaperçue (elle date de la veille) puis il se charge d'en expliquer le principe. Avant la mise sur le marché de ce nouveau produit, vous n’aviez que deux moyens de spéculer sur la dette française (à vos heures perdues) : soit acheter des CDS (des contrats d’assurance contre la faillite d'un Etat, que l'éconaute a disséqués ici), soit vendre à découvert des emprunts d’Etat français (c’est-à-dire vendre par anticipation des titre de dettes que vous ne détenez pas, en espérant les acheter par la suite moins cher que vous ne les avez vendus). Ces deux opérations étant réservées "aux grandes institutions financières" et aux "gros fonds spéculatifs" et pas au boursicoteur du dimanche, assure Fiorentino, qui doit en connaître un rayon puisqu'il dirige une société de Bourse, Euroland finance.
Mais ce n’est pas tout : non seulement le quidam pourra désormais vendre à terme la dette française, mais en plus l’opération peut s’avérer plus lucrative que l’euromillion : "Avec 50 000 euros seulement, vous pourrez vendre à découvert un million d’euros d’emprunt d’Etat français." Le chroniqueur finit sa démonstration sur un ton ironique : "C’est bien sûr une simple coïncidence si quelques jours avant les élections françaises les spéculateurs du monde entier se dotent d’une arme fatale bon marché pour s’attaquer à la dette française". Et de conclure, moqueur : "Rassurez-vous, il n'y a pas de complot, dormez tranquilles, il ne se passera rien."
Comme le souligne Alexandre Delaigue dans sa chronique de ce lundi parue dans Libération, "la création par Eurex d'un nouveau contrat à terme sur la dette publique française relève surtout, comme l'a souligné le trader Eric Valatini sur son blog, d'une logique marketing pour une place boursière dont les volumes de transactions s'effritent." En clair : les opérateurs financiers cherchent à engranger un maximum d’argent. Ce n’est donc pas une arme des marchés contre l’élection de François Hollande qui avait assuré vouloir mater la finance ? Delaigue s’amuse : "Les marchés semblent considérer aujourd'hui que la victoire prévisible de Hollande ne changera pas grand-chose. L'histoire semble leur donner raison : depuis 1871, comme l'a constaté l'historien de la finance David Le Bris, la Bourse française a connu de meilleures performances sous des gouvernements de gauche que des gouvernements de droite."

Sur ces 2 exemples on voit que Fiorentino a tenté de faire peur aux gens pour qu'ils ne votent par François Hollande. Un comportement qu'on peut comprendre lorsqu'il vient d'un cadre de l'UMP mais lorsqu'il vient de quelqu'un qui est présenté partout comme un expert, ça s'appelle plutôt du mensonge , ou de la manipulation ou de la propagande pour maintenir en place un système grace auquel la société du monsieur pourrait gagner plein d'argent (si le monsieur était plus fort !), maintenir ce système de la finance mondialisée et dérégulée (ou plus simplement un système libéral), pour lui, c'est maintenir son gagne pain.

Le livre de Mauduit s'ouvre sur le cas de Marc Fiorentino, et le journaliste s'amuse à retracer le parcours médiatique de l’économiste grand public entre la mi-août et la mi-septembre 2011. C’est simple : il est partout ! Du Nouvel Obs à Rue 89, il dira et redira qu’il faut nationaliser les banques temporairement, durant trois ou quatre ans, histoire de renflouer les caisses. Un discours fort et surprenant de la part d’un ultralibéral auto-revendiqué. Mais ce n’est pas seulement cette prise en otage de l’expertise économique médiatique qui choque Mauduit mais le fait que personne ne dise que Fiorentino préside une société de Bourse, Euroland finance, sanctionnée à trois reprises par l’Autorité des marchés financiers (AMF). Mauduit raconte qu’il avait évoqué l’information dans l’émission du 11 mars 2011 de Daniel Picouly sur France 5 mais, pas de bol, ce passage a été coupé à la diffusion. Pourquoi ? Réponse de Picouly, visiblement embêté : "on ne parle que de décisions de justice définitives". Mauduit s’étrangle : "imagine-t-on dans le cas des affaires Takieddine, Tapie, Wildenstein ou Bettencourt que cette même règle soit appliquée dans les émissions et les journaux télévisés du service public ? (…) Si toutes ces affaires n’aboutissent pas sur un procès, les citoyens n’en sauront jamais rien." (lien encore payant)

L'expansion enfonce cruellement le clou le 25 mai 2012

François Hollande était censé provoquer l'angoisse des marchés. Son arrivée au pouvoir, synonyme de dépenses ruineuses et de clash avec l'Allemagne, devait faire remonter les taux d'intérêt à long terme. Mais il n'en est rien. C'est même l'inverse qui se produit ! Depuis l'annonce du résultat des élections, le 6 mai dernier, le taux d'emprunt de la France sur les marchés obligataires a baissé de 40 points de base. Le rendement des obligations à 10 ans est même tombé à 2,47%, le niveau le plus bas jamais enregistré.
http://lexpansion.lexpress.fr/economie/hollande-profite-d-un-etat-de-grace-sur-le-marche-de-la-dette_296141.html

Marc Touati : Il est partout, c'est l'autre chouchou des médias

Titulaire d’un DEA « Monnaie, Finance, Banque » de l’université Paris I
directeur de la recherche économique et financière des groupes Banques Populaires et Natexis, jusqu'en 2007
Il est le président fondateur du cabinet ACDEFI, un cabinet de conseil économique et financier indépendant au service des entreprises, des professionnels et des particuliers
En 2008, il devient membre du conseil d'administration d'IC Telecom

Il rejoint global equities en 2008 : Global Equities est une Entreprise d’Investissement indépendante opérant principalement sur les métiers d’intermédiation d’actions et dérivés d’actions. La société propose à une clientèle d’institutionnels une couverture pan-européenne avec des accès directs sur les marchés et une capacité d’exécution sur la plupart des principaux marchés actions mondiaux. Fort d’une expertise reconnue dans l’univers des marchés financiers, Global Equities intervient aussi sur des opérations financières pour des entreprises de taille moyenne (introductions en bourse, augmentations de capital, offres publiques, etc…).

dans l'une de ses biographies on peut lire: "il intervient fréquemment dans les médias (presse, radio, TV, Internet) pour livrer son analyse et donner des réactions à chaud (environ 200 citations ou interviews par mois). "

Commençons par le début d'une émission du site arrêt sur images qui montre qu'il est sollicité pour des sujets extrêmement variés, crise grecque, nuage du volcan islandais, actifs toxiques de la société générale, croissance françaies etc, et il est présenté soit comme économiste , soit comme écrivain soit comme président de global equities (sans dire ce qu'est global equities). On voit également un extrait de "c dans l'air" sur la crise grecque.


Touati Melenchon le match_part_2 par asi

Voilà ce que dit une journaliste au sujet de cet extrait sur son blog :
"Daniel Schneidermann chahute un peu Marc Touati lors de la présentation des invités sur son rôle d’expert préféré des médias. Il a raison, Touati fait partie en effet des économistes les plus interviewés, en particulier sur les chaines d’information. Moi-même je l’ai interrogé plusieurs fois. Ce qui soulève la question classique : pourquoi interroge-t-on toujours les mêmes ? En l’espèce, parce qu’il est clair, assez disponible et calibre parfaitement ses déclarations pour les journalistes, sans jargonner ni s’enferrer dans des explications dont il sait d’avance que s’il les servait, elles seraient raccourcies et pas forcément dans de bonnes conditions. Alors il synthétise tout seul. Mais surtout, comme il l’explique en plateau, il estime en s’exprimant dans les médias remplir ainsi la première mission de l’économiste qui est de faire de la pédagogie. Seulement voilà, ses collègues n’apprécient guère et le lui font savoir comme il le raconte dans cet extrait."

Oui mais voilà sa pédagogie est totalement orientée car il est en situation de conflit d'intérêt évident. D'ailleurs ce discours simplifié n'est-il pas trompeur? En tout cas il n'est pas idéologiquement neutre, on le voit clairement lorsqu'on regarde l'émission entièrement ici pour les abonnés : http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=2967

C'est le discours classique sur la dette qui serait due au déficit lui même du à un excès de dépenses publiques, ce que Lordon appelle l'incapacité de sortir du cadre.

« C dans l’air », un exemple de propagande
lors de l’émission du 4 mai 2011 (Lire la retranscription de cette émission sur le site de l’Observatoire des sondages). Sujet : « Sarko a-t-il une chance ? ». L’architecture est habituelle pour ces sujets de politique intérieure, avec un meneur de jeu – l’hôte journaliste Yves Calvi – et quatre invités si souvent présents qu’on peut à bon droit les qualifier d’habitués. Dominique Reynié, politologue du Cevipof (Sciences Po), directeur de Fondapol, le think tank de l’UMP et donc dans une position ambivalente de politologue et de porte parole du pouvoir politique est l’un des invités les plus présents sur le plateau : 21 fois en 2008, 18 en 2009, 30 en 2010. Pascal Perrineau, directeur du Cevipof et membre de Fondapol, moins fréquent mais en hausse (respectivement 9, 8, 13 et 12 fois depuis le début de l’année 2011). Ce sont deux politologues de Sciences Po proches de la majorité. Jérôme Sainte Marie, un sondeur de CSA, n’a pas grand-chose à refuser à un pouvoir dont il dépend économiquement et professionnellement. Enfin, Raphaelle Bacqué journaliste au Monde, spécialiste des portraits et potins de la classe politique est à la fois une journaliste embarquée et une préposée au témoignage, ou en quelque sorte au qualitatif. Elle est à peine moins une habituée, invitée 10 fois en 2008, 12 en 2009, 8 en 2010 et seulement 3 fois jusqu’au 4 mai 2011.
http://blog.mondediplo.net/2011-05-20-C-dans-l-air-un-exemple-de-propagande

Le (faux) nez du patronat dans une émission de LCP ?

un très bon article de Sébastien Rochat ( article payant )

Face aux idées, il vaut mieux savoir d'où parlent les intervenants. Dans le cadre de la présidentielle de 2012, La Chaîne Parlementaire propose depuis le mois de mai une nouvelle émission mensuelle de débat baptisée Face aux idées. Cette émission, "loin des stéréotypes partisans, des discussions politiciennes et des débats segmentés, (...) entend favoriser les échanges et les propositions concrètes sur un grand thème de société", indique la chaîne. Problème : comme l'a relevé le site du Nouvel Obs, les deux éditorialistes de l'émission (qui sont également coproducteurs et rédacteurs en chef) sont plutôt engagés à droite, ce que LCP se garde bien de préciser. D'ailleurs, après la diffusion des trois premiers numéros, les deux animateurs, Brigitte Boucher et Olivier de Lagarde, ne se sont toujours pas mis d'accord sur la manière de présenter leurs deux "éditorialistes".

Matthias Leridon, président de l'agence de com' Tilder, et Laurent Bigorgne, directeur de l'institut Montaigne. Mais qui sont-ils exactement ? La manière dont les animateurs de l'émission les présentent est pour le moins approximative : ils sont là "pour apporter des idées" (émission 1) puisque ce sont des "éditorialistes" (émission 2). D'ailleurs, ils sont très qualifiés pour cela, puisque l'animateur précise à la troisième émission que l'un d'entre eux est à la tête d'un think tank qui "essaie de faire avancer les choses" (à la différence des autres think tank, bien connus pour faire reculer le débat).
L'institut Montaigne est en effet "un think tank classé comme libéral". Il a été créé par "le parrain du capitalisme français", Claude Bébéar, aujourd'hui président d'honneur du groupe Axa. Ce think tank, qui se déclare "indépendant", est financé par près de 80 entreprises, et certaines de ses propositions penchent clairement à droite : en 2008, une étude dénonçait par exemple "le coût prohibitif" de l'éolien. En 2010, l'institut prônait "la suppression du CDD et un CDI "plus flexible"". En matière d'éducation, le rapport sur l'échec scolaire de 2010 était visiblement marqué à droite, selon une tribune d'un enseignant publiée sur Rue89. Le vocabulaire utilisé, avec la multiplication des mots "compétition", "politique de ressources humaines", "management", "mérite" ou encore "performance", faisait dire à cet enseignant que l'institut Montaigne assimile l'école à "une entreprise comme une autre".
l'agence Tilder est une "agence de conseil en communication, ayant notamment travaillé pour le MEDEF et dans laquelle on retrouve plusieurs associés et managers passés par le monde politique, tendance droite ou centre : un ancien conseiller communication de Xavier Darcos aux ministères de l’Education nationale puis du Travail, une ancienne collaboratrice de Jean-François Mattei à la Santé ou encore l’ancienne dir cab de Marielle de Sarnez". Christophe Reille, un ancien journaliste devenu conseiller en com', a travaillé pour elle et s'était notamment occupé du cas de Noël Forgeard, l'ex co-président d'EADS dont le montant de sa "retraite chapeau" avait fait polémique en 2007. Reille, alors associé chez Tilder, s'était également occupé de la communication de crise de Denis Gautier-Sauvagnac, président de l'Union des Industries Métallurgiques et Minières, accusé d'avoir sorti plusieurs millions d'euros en liquide pour alimenter une caisse occulte destinée notamment à financer les syndicats.

Un think-thank de droite peut-il s'offrir des publicités très politisées sur une chaîne d'info en continue, en pleine campagne électorale ? Le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel (CSA) a répondu non. Selon Le Nouvel Observateur, BFM TV va arrêter dès lundi la diffusion de publicités de l'Institut Montaigne. Des spots jugés trop sarkozystes.
http://lelab.europe1.fr/t/le-csa-demande-a-bfm-de-retirer-ses-pubs-trop-sarkozystes-1742

Gilles Babinet le "champion du numérique" fait partie de l'institut Montaigne, l'expert ignorait tout sur l'espionnage des citoyens par les états connu depuis 2001

Nicolas Bouzou : l'expert omni-chaînes du mois d'août 2009

présenté comme un économiste il plaide en faveur des bonus pour les traders et dit que la bonne santé des banques se répercute sur l'économie réelle, 2 positions clairement politiquement orientées

fondateur et dirigeant d'Asteres, un cabinet de recherche économique à destination des entreprises c'est un libéral qui travaille occasionnellement pour Fondapol un think tank de l'UMP

plus rare que les 2 premiers il est assez souvent interviewé.

Libération révélait le 5 août 2009 que les traders de la BNP allaient toucher un milliard d'euros de primes, sujet amplement repris (avec un temps de retard) par les JT. Mais les chaînes n'ont pas brillé par leur pluralisme : toutes ont interviewé Nicolas Bouzou, un des premiers dans le carnet d'adresses des journalistes télé. Un expert disponible et concis, à défaut d'être clairvoyant : "c'est le moment d'acheter en Bourse !" assurait-il en avril 2008.


Bonus traders BNP : les JT en panne d'experts? par LePostfr

Aucune chaîne ne le précise, comme si la chose allait de soi, mais Bouzou est un libéral bon teint. Notre expert enseigne en MBA à l'université Paris Assas. En 2008, il a gagné le prix spécial du jury du prix Turgot, qui récompense le meilleur livre d'économie de l'année, pour son Petit précis d'économie appliquée à l'usage du citoyen pragmatique (Eyrolles) (prix qui cette année a récompensé Olivier Pastré et Jean-Marc Sylvestre). Récemment, il a publié une note pour la fondation de l'innovation politique, le think tank de l'UMP, formulant "quatre propositions pour que l'Europe ne tombe pas dans le protectionnisme".
On a une liste d'économistes qu'on connaît, il était le quatrième sur ma liste, après Eric Heyer (OFCE), Christian de Boissieu, (président du Conseil d'analyse économique), et Elie Cohen (directeur de recherche au Cevipof). Les autres n'étaient pas disponibles. Nicolas Bouzou parle très bien, il est clair et efficace." Le journaliste de France 3 pense que ses collègues ont eu la même idée que lui "parce qu'on est au mois d'août et que tous les autres sont partis".
Frédéric Lordon le disait sur notre plateau pas plus tard que le 31 juillet (à la toute fin de l'acte 3, vers 41 minutes dans l'intégrale). "Il y a un Nicolas Bouzou qui sort du même atelier (que Marc Touati, ndlr)".
Le directeur d'Asterès apparaît pour la première fois dans les archives d'arrêt sur images en 2005, dans le 13 heures de France 2. Mais en 2008, avec la crise économique, sa cote explose : pas moins de 20 apparitions différentes, avec une nette prédominance dans le 19/20 de France 3, sans oublier l'émission "Ripostes" sur France 5. Pour 2009, on en est à 12 apparitions.
en avril 2008, après le sauvetage de la banque Bear Stearns par la Réserve fédérale américaine et de banques anglaises par le gouvernement, il déclarait : "Le gros de la crise bancaire est passé. Maintenant, les pouvoirs publics américains se concentrent sur les autres acteurs financiers qui pourraient être touchés à leur tour: les fonds de pension, les hedge funds et certaines compagnies d’assurance. C’est en tout cas le moment d’acheter en bourse pour ceux qui ont les reins solides, on est au creux de la vague, les valeurs boursières ne peuvent pas tomber beaucoup plus bas". Quelques mois plus tard, la bourse s'effondrait.

article payant de Sophie Gindensperger

Sandrine Gorreri : L'experte neutre en privatisation de la poste

Rédactrice en chef du magazine de l'IFRAP

un think tank libéral dont les cibles principales sont le fonctionnaire et le retraité qui empêchent la baisse des impôts, pour les privatisations toute !!

à l'origine du paquet fiscal de Sarkozy (loi TEPA)

se présente elle même comme : "La Fondation iFRAP : think tank dédié à l'analyse des politiques publiques, laboratoire d'idées innovantes"

Mais qui est Sandrine Gorreri ? Vous l'avez peut-être croisée dans les JT récemment : le service public (télévisuel) semble la considérer comme l'experte incontournable sur le dossier du changement de statut de la Poste. Sur ce sujet, elle était par exemple interviewée dans un reportage du 13 h de France 2 mercredi 29 juillet. Le "synthé" en bas de l'écran la présente comme une "chercheuse à l'Institut Français pour la Recherche sur les Administrations Publiques".Le même jour, elle était l'invitée du Soir 3 sur le même thème : elle commente les enjeux de cette réforme. Le présentateur introduit l'Institut Français de Recherche sur les Administrations Publiques comme "un organisme privé", sans plus de précisions.
Sandrine Gorreri est la rédactrice en chef du magazine Société Civile, émanation de l'Institut Français de Recherche sur les Administrations Publiques : un think tank d'inspiration libérale.
On peut par exemple lire sur son site : "Il faudra inéluctablement réformer la fonction publique, abroger son statut, baisser le nombre de fonctionnaires, mais difficile de dire par où commencer. Primes au mérite, évaluations, mobilité, non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite sont pour l’instant les réponses apportées [...] Il nous semble que ces réformes à la marge ne vont pas assez loin." Dans un chapitre "syndicats et social", l'IFRAP regrette : "le débat social et sociétal est biaisé par un discours idéologique opposé au marché et à l’entreprise, véhiculé par des syndicats peu représentatifs au fonctionnement opaque mais pourtant puissants. L’iFRAP s’engage pour que soit faite la transparence sur le financement des syndicats et la vérité sur les chiffres de l’économie".
Les membres de cet institut interviennent très fréquemment dans les médias, ce qu'ils revendiquent, comme en témoigne cette liste. L'IFRAP a récemment pris part au "week-end de la liberté" aux côté des organisations libérales ALEPS et Liberté Chérie. Sa déclinaison politique (IFRAP 2012 - Mouvement politique pour l'accélération des réformes), qui a la même adresse et le même numéro de téléphone que l'IFRAP, revendique notamment d'être à l'origine de la loi TEPA (aussi appelée "paquet fiscal") votée en 2008.

article payant: http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=2215

Juin 2013 : Désintox : un article de l'IFRAP tendancieux du titre à la conclusion en passant par l'intro, c'est de la pure manipulation

l'article daté du 6 juin 2013 est titré : "200.000 personnels de l’Enseignement sous-employés".
http://www.ifrap.org/200-000-personnels-de-l-Enseignement-sous-employes,13388.html

En lisant cet article il est clair qu'il faut comprendre "sous-employé" comme "sous-traitant" ou "sous-location" pour accepter ce chiffre de 200 000.
Par exemple un prof qui va enseigner à l'étranger détaché au ministère des affaires étrangères est payé par l'éducation nationale et est donc compté par l'IFRAP comme "sous-employé". cela ne signifie pas qu'il est payé mais qu'il travaille moins ou pas du tout. Le terme "sous-employé" est trompeur.

à ce compte là j'affirme : " 470 000 salariés de Manpower sont sous-employés"

Les toutes premières phrases sont également tendancieuses : mais le titre se déglonfle de suite avec un chiffre annoncé qui chute à 92400.

il faut savoir lire les chiffres et accumuler les nombreuses précisions que l'ifrap donne elle même au cours de l'article et le chiffre de 200000 va rapidement fondre comme neige au soleil. d'entrée de jeu on sous entend que ces profs sous employés ne sont pas devant des classes, mais en réalité le chiffre tombe à 92400,

"Le rapport de la Cour des comptes sur la gestion des enseignants, dont nous avons parlé récemment, laisse largement sous silence le problème des enseignants qui ne sont pas devant les élèves. En 2012, ce seraient 92.400 enseignants qui ne seraient pas en charge d’une classe."
"A cela s’ajoutent 125.000 personnes (essentiellement des enseignants) qui, en 2011, étaient gérées par les ministères de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur, mais qui n’étaient pas en fonction au sein du ministère : ils travaillent dans un autre ministère (Affaires étrangères par exemple) ou une organisation syndicale, ou encore sont en congé (parental, fin d’activité, …) "

Enfin la conclusion est éloquente: "vu l’état actuel des finances publiques, il devient urgent de rationaliser cette gestion administrative et budgétaire pour s’assurer que toutes les nouvelles dépenses sont bien justifiées. Et que les enseignants qui ne sont pas devant les élèves, soit retournent en classe, soit démissionnent pour laisser leurs places à d’autres, plus motivés."

en clair ce que nous dit l'IFRAP c'est que 200 000 profs sont payés à glander et qu'ils doivent démissionner , problème....

ces 125000 rassemblant pêle même :
les enseignants détachés à l'étranger donc qui enseignent tout à fait normalement devant des classes d'élèves français à l'étranger (enfants de diplomates ou de ressortissants français qui ccopèrent à l'étranger)
les congés de droit, comme congé parental on CFA (préretraite) (on pourrait s'amuser aussi à considérer que les congés parentaux ou les préretraites dans une grosse entreprise comme IBM correspondent aussi à un "problème de gestion des personnels")
les disponibilités: c'est à dire ceux qui décident d'arrêter de travailler 1 an ou 2 et qui alors ne touchent aucun salaire et ne coutent rien à l'Education nationale
les décharges syndicales
aucun chiffre précis pour différencier ceux qui sont en fait bien devant dans classes , ceux qui sont en congés de droit ou en disponibilité et donc ne devraient pas etre comptabilisés du tout, et les seuls qui devraient rentrer dans la catégorie de ceux qui sont payés comme profs mais en fait ne donnent pas de cours, n'ont pas d'élèves pas de classe

plus loin on peut voir dans un tableau que les détachés dans d'autres ministères sont 96 000, et ceux qui sont en congés de droit ou en disponibilité sont 29000, en additionnant les 2 on retrouve les 125 000. de ces 125000 une infime partie est donc concernée

Voyons maintenant parmi les 92000 pour qui la formulation n'est pas beaucoup moins tendancieuse : "En 2012, ce seraient 92.400 enseignants qui ne seraient pas en charge d’une classe"

52.262 dans le premier degré dont :
- remplacement (25.396) : les remplaçants remplacent et la plupart d'entre eux sont effectivement devant des classes complètes, puisque quasiment 1 mois après la rentrée le manque de remplçanats se fait sentir et l'EN embauche alors des vacataires ou des contractuels afin d'assurer les remplacements
- prévention et traitement des difficultés scolaires (11.732) et scolarisation des élèves malades ou handicapés (10.661), ils ne sont pas en charge d'une classe complète mais ils enseignent véritablement devant des élèves avec un temps de service normal
- encadrement pédagogique, réadaptation ou réemploi (4.473)

Donc au maximum de 52262 on tombe à 4473 qui ne sont pas devant des élèves mais une partie "encadre" (surement les chargés de mission d'inspection ou les faisant fonction de chef d'établissement dans le second degré ou de directeur de SEGPA)

40.177 dans le second degré : dont 1.900 (« environ ») enseignants en Erea, et des enseignants du premier degré affectés notamment dans les Segpa : 7.500 « environ ». (Erea, Segpa ) les classes de SEGPA sont des classes avec des élèves et donc les enseignants de SEGPA enseignent bien devant des élèves et des classes et à temps de service normal

alors que reste-t-il à la sortie de ces 200 000 ? à tout casser dans les 35000 , mais il faut encore retirer les documentalistes qui sont comptés comme "les enseignants qui ne sont pas devant les élèves" ceux qui doivent "retourner en classe, soit démissionner pour laisser leurs places à d’autres, plus motivés.", ceux qui en raison de maladie professionnelle ont été recasés en secrétariat au rectorat, ceux qui assurent des fonctions d'inspecteur ou de chef d'établissement pour pallier les carences d'effectif des cadres de direction administrative ou pédagogique, bref en clair parmi ces 35000 ils remplissent nomreux sont ceux qui remplissent des fonctions indispensables, ils ne sont pas payés à rien faire comme semble le suggérer l'IFRAP.

de vrais experts auraient pris le problème à l'envers : par exemple quel est l'équivalent temps plein des décharges syndicales?
selon le site challenge.fr, L’Education nationale a calculé que les absences pour raisons syndicales représentaient 1990 "équivalents temps plein" pour l'année scolaire 2012-2013.
http://www.challenges.fr/economie/20130430.CHA8932/ce-que-coutent-les-activites-syndicales-des-profs-a-l-education-nationale.html

bien sur, l'article saupoudre quelques phrases de ci de là pour faire désenfler lui même la baudruche qu'il avait gonflée (certainement pour couvrir ses arrières en cas de polémique):

"Ces enseignants peuvent s’occuper de quelques élèves" par exemple les profs de SEGPA ont 16 déficients intellectuels devant eux)
"Certains enseignants sont bien devant un ou plusieurs élèves"
"Les temps partiels notamment ne sont pas différenciés des temps plein" (donc les mi-temps comptent double ! par exemple un prof déchargé à mi temps pour de smissions d'inspections pédagogiques sera compté comme l'un des 200000 qui doit "retourner en classe ou démissionner pour laisser sa place à d’autres, plus motivés."
"les missions des enseignants ont beaucoup évolué depuis : prise en charge des élèves à profils particuliers (Erea, Segpa, plus généralement les élèves handicapés dans le cadre de la loi 2005 sur le handicap, et Rased dans le premier degré), soutien scolaire, tutorat, aide à l’orientation." que des activités devant élèves !
"les enseignants ne sont plus forcément recrutés pour un poste à la rentrée : remplaçants professionnels (TZR). " si un prof a un accident de voiture grave 2 jours après la rentrée le TZR qui va le remplacer aura attendu 2 jours sans travailler mais sera comptés dans les 200000 de l'IFRAP.

En conclusion il y a bien amalgame entre :
sous-emploi c'est à dire personnel détaché pour enseigner dans le cadre de missions d'autres ministères,
enseignants hors cadre des filières d'enseignement classique : profs qui enseignent a des enfants handicapés, remplaçants, faisant fonction d'inspecteur ou de chef d'atablissement, déchargés pour missions de formation continue des autres enseignants
profs en congé parental ou en disponibilité

et gens payés à glander (congés maladie de longue durée abusifs?) ou pour pas enseigner (décharges syndicales)

et ça marche la preuve sur cet article de l'express:

http://www.lexpress.fr/education/deficit-la-cour-des-comptes-veut-desanctuariser-l-education-nationale_1261628.html?xtor=RSS-3011&google_editors_picks=true#form-comment

il suffit d'aller regarder le commentaire de l'alchimiste, qui au lieu de changer le plomb en or change les "enseignants sous-employés" en "enseignants non employés ou aux abonnés absents". Et tous les commentaires sont de la même tonalité : ben voilà les profs aussi nombreux payés pour rien faire faut pas chercher la dette plus loin hein... Et voilà comment l'IFRAP a réussi à faire prendre des vessies pour des lanternes ! de 200 000 enseignants qui travaillent on passe à 200 000 qui sont payés pour glander !

pour avoir un bilan un peu pus sérieux, on peut consulter un rapport de l'assemblée nationale de 2005:

les enseignants sans classe et sans activité pédagogique. C'est cette catégorie qui est la plus susceptible d'être critiquée. Elle représente à elle seule au minimum 32.000 ETP et une charge annuelle de l'ordre de 1,5 milliard d'euros. Elle est notamment constituée, en ETP, de 9.500 remplaçants inoccupés, 1.900 surnombres disciplinaires, 1.000 remplaçants incapables d'enseigner, 700 enseignants en réadaptation, ainsi que de nombreuses décharges diverses, dont beaucoup sont jugées par la Cour, soit « obsolètes ou aux justifications mal contrôlées », soit simplement non statutaires. Le nombre des remplaçants incapables d'enseigner et des enseignants en réadaptation est à relier avec la politique de recrutement et de gestion des ressources humaines du ministère. S'agissant des remplaçants inoccupés, on note de fortes disparités selon les académies, le taux variant de 7,7 % à Rennes à 46,3 % à Bordeaux et 94,8 % en Guyane. On compte, à côté des 1.400 ETP de décharges syndicales, 1.700 décharges UNSS (Union nationale du sport scolaire), qui sont payées sans être systématiquement effectuées. On dénombre aussi 4.000 décharges non statutaires et 7.800 décharges statutaires hors UNSS. Enfin, cette catégorie regroupe 3.100 ETP affectés à des fonctions administratives et 900 mises à disposition et prêts.
http://www.assemblee-nationale.fr/12/rap-info/i2215.asp

27 février 2012 : Le lobbying climato-sceptique démasqué

Heartland Institute, Claude Allègre et d'autres

Depuis le 14 février, circulent sur la toile des documents internes au Heartland Institute. Ils décrivent les méthodes de lobbying employées par cet organisme américain influent, très en pointe sur la défense des positions climato-sceptiques. Un article du Monde détaille ce que certains appellent déjà le "Heartlandgate".
Ces révélations portent un coup à la crédibilité de l'un des principaux organes d'information et de communication des climato-sceptiques. Les documents désignent par exemple comme une "action prioritaire" la nécessité de convaincre les enseignants et les élèves américains que le changement climatique est "incertain". Ils montrent aussi le souci pour le Heartland Institute de favoriser sur internet des "groupes capables de mobiliser rapidement des réponses face à des découvertes scientifiques, des articles de presse ou des billets de blog défavorables" à la cause climato-sceptique. On apprend notamment que Anthony Watts, figure du net américain mettant en doute le réchauffement climatique, a reçu 90000 dollars pour l'année 2012. Toujours selon les informations de Peter Gleick, les rapports du Non-Intergouvernmental Panel on Climate Change (NIPCC), un groupe de chercheurs chargé de critiquer les thèses dites "réchauffistes", ont coûté plus d'un million et demi de dollars à l'Institut, dont un demi-million environ versé pour ses auteurs.
Ces révélations sur le Heartland Institute rappellent, en miroir, le Climategate. En décembre 2009, quelques jours avant le sommet de Copenhague, avait été mis en ligne le contenu de plus de mille e-mails échangés entre chercheurs sur le climat, pour dénoncer une prétendue manipulation des données mesurant le réchauffement climatique. "Ironiquement, le Heartland Institute – qui proteste aujourd'hui avec virulence contre la publication des documents qui lui ont été dérobés –, avait été l'une des principales caisses de résonance, en novembre 2009, de l'affaire", rappelle Le Monde. Il avait été ensuite prouvé que la polémique avait été créée de toutes pièces, et que les chercheurs n'avaient pas cherché à exagérer l'impact humain sur l'effet de serre.

http://www.arretsurimages.net/vite.php?id=13265

à cette époque là quelques climato septiques écumaient les médias français, enre autres Claude Allègre et Vincent Courtillot

Quelques "experts" en économie : Ils conseillent les chefs d'état, ils sont interrogés par des journalistes, ils façonnent l'opinion en flagrant délit de conflit d'intérêt

Fitoussi , Artus, Cohen (Daniel et Elie), Lorenzi, De Boissieu, Pastré, Saint Etienne, Mistral, Roubini

Il n'y a pas de science économique, il n'y a que de l'économie politique

Anne Sophie Jacques (et oui, encore elle !) a publié un article (encore payant) sur le livre de Mauduit (et oui, encore lui !), article difficile à résumer tellement il est intéressant en voici quelques extraits parfois entrecoupés d'autres liens:

Attention, économistes indignés ! Dans les pages du Nouvel Obs retentissent cette semaine les cris d'indignation de Christian de Boissieu, Jean-Hervé Lorenzi, Elie Cohen, Olivier Pastré et Daniel Cohen. Tous se plaignent d’avoir été pris pour cible dans le dernier ouvrage de Laurent Mauduit, Les imposteurs de l’économie, paru chez Jean-Claude Gawsewitch. Le journaliste et cofondateur de Mediapart publie une longue enquête soulignant pêle-mêle les connivences (quand ce n’est pas la corruption) entre une poignée d'économistes et le monde financier, l’OPA du privé sur les écoles d’économie, le goût pour la prophétie parfois foireuse ("la crise est finie" dixit Patrick Artus en 2008), le monopole médiatique d’un cercle d’experts mais aussi -et c’est là toute la force de son propos- la responsabilité des journalistes dans la diffusion de cette pensée monocolore orthodoxe.

Jean-Paul Fitoussi et Daniel Cohen

De cette offensive, Laurent Mauduit connaît les coulisses : il a été chef du service économique de Libération puis directeur adjoint de la rédaction du Monde avant de rejoindre Mediapart. Il raconte comment Pascal Riché (cofondateur de Rue 89) et lui ont "enrôlé quatre économistes pour qu’ils tiennent des chroniques régulières dans Libération: "l’universitaire Charles Wyplosz, le président de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) Jean-Paul Fitoussi, Patrick Artus et Daniel Cohen qui, à l’époque, n’était pas très connu." Mauduit a proposé ensuite à Fitoussi et Cohen de le suivre au Monde pour devenir chroniqueurs associés et il avoue, in fine, avoir été un "lecteur assidu et passionné" de Daniel Cohen. De quand date le désamour ? Du jour où les vestes se sont retournées.
Prenons Fitoussi, patron de l’OFCE. S’il a longtemps défendu l’Observatoire, peu suspect de complaisance envers le néolibéralisme, l’économiste a fini par perdre de son mordant. Ainsi sous le quinquennat de Sarkozy il s’est lié d’amitié avec Eric Besson et n’a pas manqué de saluer la politique du chef de l’Etat, lequel a su faire "preuve de vision et de pragmatisme notamment au cours de la présidence française de l’Union européenne" (la Tribune, 7 janvier 2010).
Quant à Daniel Cohen, la veste ne s’est pas forcément retournée mais elle s’est amplement remplie de biftons. Grand spécialiste de la dette, son expertise a été sollicitée par les gouvernements. Seulement voilà : Daniel Cohen a également été enrôlé par la banque Lazard en tant que senior adviser, et sûrement pas bénévolement. Selon Mauduit, l’économiste travaille en duo avec Matthieu Pigasse dans la branche de la banque appelée "conseil aux gouvernements". Qui est actuellement un gros client ? La Grèce. Gros, c’est le mot car la banque Lazard a vu le chiffre d’affaires de son activité conseil aux gouvernements augmenter de 18% pour la seule année 2010. Daniel Cohen refuse tout net d’évoquer sa rémunération. Peu importe : Mauduit fouille, sort sa calculette et estime que l’économiste toucherait entre 1 et 2 millions d’euros soit "une rémunération totale beaucoup plus proche d’un PDG du CAC 40 que de celle, par comparaison, d’un professeur d’université" (dans son cri d'indignation de L'Obs, Cohen conteste ce chiffrage).
On peut donc imaginer que la carrière de Mauduit l’a rendu sensible aux liens entre journalistes et économistes. Et s’il dénonce l’imposture des économistes, il égratigne au passage sa profession, citant Jean-Marc Sylvestre, la voix du libéralisme sur France Inter, mais aussi son successeur, Dominique Seux, également éditorialiste des Echos tout comme Jean-Francis Pécresse. D’aucuns y verront des règlements de compte ; d’autre une rédemption.

Du coup, le pauvre mauduit se fait traiter de trotskiste ! et même pire ! de Lambertiste !

Daniel Cohen sotient et conseille Martine Aubry : PS : D. Cohen, économiste en conflit d'intérêt ?

l'économiste Daniel Cohen est "la cible de certains de ses "amis" de gauche", raconte Le Point. "Daniel Cohen, c'est le grand écart permanent. Il est le conseiller de Lazard, cette banque d'affaires qui conçoit des plans d'austérité pour le compte du gouvernement grec, et il multiplie des tribunes dans Le Monde, où il explique l'inverse : il faut privilégier la relance et pas la rigueur. Il passe de DSK à Martine Aubry alors que leurs postures économiques sont contradictoires", tacle Henri Sterdyniak, membre de l'Observatoire français des conjonctures économiques.
http://www.arretsurimages.net/vite.php?id=12036

Jean Hervé Lorenzi, Christian de Boissieu, Patrick Artus et Elie Cohen

La critique des experts en économie ne date pas d’aujourd’hui. Comme nous le racontions ici-même lorsque Le Point affirmait que les économistes perdaient le sens commun, l'offensive "post Lehmann brothers" a débuté en septembre 2009 avec une note de Jean Gadrey intitulée Les liaisons dangereuses et publiée sur le blog d’Alternatives économiques. L’économiste dénonçait alors la composition du Conseil d’Analyse économique (CAE), organe censé éclairer les choix du gouvernement. Deux membres avaient à l’époque attiré l’attention de Gadrey : Lorenzi et de Boissieu. Tous deux collectionnent une multitude de fonctions et se sont fait du conseil une spécialité: conseil d’administration, conseil de surveillance, conseil de think-tank, conseil de grandes entreprises, conseil de placements financiers et peut-être même conseil en conseils. Après avoir dressé précisément leur palmarès, Gadrey se demandait : "De telles positions sociales dans les réseaux du pouvoir économique et financier sont-elles susceptibles d’influer sur les représentations et les analyses des économistes qui les occupent ?" Et Le Monde diplomatique d’embrayer sur la note de Gadrey : "Expliqueraient-elles leur indulgence vis-à-vis de la dérégulation financière qui profite à leurs employeurs ?" Bonne question.
Elie Cohen n’est pas seulement directeur de recherche au CNRS mais aussi membre des conseils d’administration de Pages jaunes et d’EDF énergies nouvelles. L’information n’est pas secrète : elle est disponible sur la page wikipédia de l’économiste. Ce qui nous conduit à poser la question de la responsabilité des journalistes : pourquoi se taire et pourquoi diable inviter toujours les mêmes experts ?

Notons au passage que Lorenzi a conseillé le candidat Hollande en matière de finance et d'économie mais il conseillait également le premier ministre François Fillon (comme d'ailleurs Christian de Boissieu et Patrick Artus)


extrait du Tchio Fakir de janvier 2012 sur la dette

Dans un autre article Anne Sophie Jacques écrit : "Antoine Reverchon est journaliste et par ailleurs membre de l’AJEF. Son article paru lundi dans le Monde économie est un cas d’école. Sous le titre "dogmatisme, conflits d’intérêts, la science économique suspectée" (relayé dans une brève ici), le journaliste donnait la parole à Jean-Hervé Lorenzi, économiste mis en cause par Laurent Mauduit, et le présentait en tant que président du Cercle des économistes. Point. Pourquoi ne pas dire que Lorenzi est aussi membre du conseil d’administration de BNP Paribas assurances ou du Crédit Foncier de France ou d'Eramet, ou encore membre du conseil de surveillance d'Euler Hermes ou alors conseiller du directoire de la banque Rothschild (ouf) ? Toutes ces informations sont publiques. Reverchon estime que c’est à l’économiste en question de préciser d’où il parle. Soit. Mais étant donné que Lorenzi estime, dans l'article, qu’"avoir une activité dans le privé et avoir un conflit d'intérêts, ce n'est pas synonyme", ne peut-il être intéressant, pour le lecteur, de savoir que justement Lorenzi est lui-même dans cette situation ? Le journaliste ne le nie pas."

dans ce même article on en apprend davantage sur l'infiltration dans les universités et la nécessaire transparence:
"Selon Romain Rancière de l’Ecole économique de Paris : "il faut rendre publiques et visibles les possibles connexions entre le monde académique et le privé à la fois au niveau individuel, pour chaque chercheur donc, au niveau des publications et au niveau de l’institution elle-même".
PSE (pour Paris school of economics), créée en 2006, est gérée par une fondation qui regroupe des institutions publiques (l’Ecole normale supérieure, l’Ecole des hautes études en sciences sociales, etc.) et des groupes privés, genre AXA.
PSE est en concurrence avec une autre grande fondation, l’école économique de Toulouse (TSE). Cette dernière est disséquée par le journaliste de Mediapart Laurent Mauduit dans son livre sur les imposteurs de l’économie et notamment dans le chapitre consacré à l’OPA sur les Universités. Mauduit critique la privatisation à outrance de l’école de Toulouse initiée par son fondateur, l’économiste Jean Tirole, et en dénonce des effets corrupteurs. Il cite en exemple Augustin Landier, brillant élément qui a fondé un hedge funds (un fonds d’investissement) à New-York avant d’entrer au FMI puis à TSE et enfin au Conseil d’analyse économique. Pour Mauduit, "il est le symbole vivant de ce dangereux effacement des frontières entre la finance et l’Université."

Haro sur les économistes. Dans son numéro consacré au "scandale des élites", Le Point s'interroge sur l'indépendance de certains économistes et leurs prédictions à géométrie variable. Le Conseil d'Analyse économique (CAE), officiellement chargé d'"éclairer les choix du gouvernement" est notamment dans le collimateur. Quand certains de ses membres ne sont pas dans une situation de conflit d'intérêts potentiel, d'autres se démultiplient dans les médias quittent à émettre des analyses contradictoires.
Comme le rappelle Le Point, la crise de confiance au sein du Conseil d'Analyse économique (CAE) date de 2009. Cet organisme, composé d'économistes de toutes tendances, publie chaque année plusieurs rapports sur des sujets aussi variés que le système monétaire international, les banques centrales, la valorisation du patrimoine culturel ou encore l'impact économique de l'émergence de la Chine. Avec ces rapports, le CAE a pour mission "d’éclairer, par la confrontation des points de vue et des analyses, les choix du gouvernement en matière économique". Sauf qu'en septembre 2009, un professeur émérite d'économie à l'Université Lille 1, Jean Gadrey, a semé la pagaille en dénonçant sur son blog hébergé par Alternatives Economiques "les liaisons dangereuses" de deux économistes du CAE. Dans sa ligne de mire notamment Christian de Boissieu, président délégué du CAE qui cumule cette activité bénévole avec d'autres activités qui pourraient rentrer en conflit d'intérêts. Ainsi, ce professeur d'économie à l'Université de Paris I est membre du conseil scientifique de Coe-Rexecode ("centre de recherche proche du Medef" selon Le Point), président de la Commission de contrôle des activités financières de la Principauté de Monaco, membre du Conseil de surveillance de la banque Neuflize OBC, conseiller économique au sein d’un Hedge Fund (HDF Finance), mais aussi au Crédit agricole et chez Ernst & Young France. Enfin, de Boissieu est membre du Comité des Établissements de Crédit et des entreprises d’investissement (CECEI), co-Président du Comité Scientifique de l’Institut Amadeus, think tank « indépendant » établi à Rabat.
Un autre membre du CAE avait été mis en cause par Gadrey à l'époque. Il s'agit de Jean-Hervé Lorenzi, un économiste présent dans de nombreux conseils d'administration comme BNP Paribas Assurance, GFI Informatique ou le Crédit foncier. Et Gadrey de s'interroger : "De telles positions sociales dans les réseaux du pouvoir économique et financier sont-elles susceptibles d’influer sur les représentations et les analyses des économistes qui les occupent ?" "Expliqueraient-elles leur indulgence vis-à-vis de la dérégulation financière qui profite à leurs employeurs ?" se demandait Le Monde diplomatique qui avait relayé la note de blog de Gadrey en 2009.
Parallèlement à ces risques de conflits d'intérêts, d'autres membres du CAE suscitent l'ironie d'économistes pour leur tendance à se démultiplier quitte à livrer des analyses contradictoires. Par exemple, l'économiste Daniel Cohen est "la cible de certains de ses "amis" de gauche", raconte Le Point. "Daniel Cohen, c'est le grand écart permanent. Il est le conseiller de Lazard, cette banque d'affaires qui conçoit des plans d'austérité pour le compte du gouvernement grec, et il multiplie des tribunes dans Le Monde, où il explique l'inverse : il faut privilégier la relance et pas la rigueur. Il passe de DSK à Martine Aubry alors que leurs postures économiques sont contradictoires", tacle Henri Sterdyniak, membre de l'Observatoire français des conjonctures économiques. Sterdyniak s'en prend également à Patrick Artus, directeur de la Recherche et des Études de Natixis et membre du CAE. "Son goût pour les médias et la lumière le pousse à intervenir sur tous les sujets, dans tous les domaines. Alors, forcément, il se trompe souvent. Mais, puisque ça marche, pourquoi économiserait-il sa parole ?".
http://www.arretsurimages.net/vite.php?id=12036

Olivier Pastré, Christian Saint-Etienne et Jacques Mistral

Le Monde Diplomatique ajoute, dans son édition parue hier, sa pierre à l'édifice sur le sujet de ces "économistes à gage". De nouveaux exemples sont exposés par le journaliste Renaud Lambert. Celui d'Olivier Pastré tout d'abord. Cet économiste avait affirmé il y a un mois, dans une tribune du Monde (archive payante), qu'il se fixait pour mission "d'expliquer aux Français les plus fragiles et les plus soumis à la désinformation quels sont les risques d'un abandon de l'euro". Le quotidien le présente comme un "professeur d'économie à l'Université de Paris-VIII". France Culture, où il intervient tous les samedis dans l'émisson L'économie en questions qu'il co-produit par ailleurs, le présente comme un "professeur d'université", rappelle Le Monde Diplo. Pourtant, Pastré "préside aussi la banque tunisienne IMBank, et siège aux conseils d'administration de la banque du Crédit municipal de Paris, de l'Association des directeurs de banque, ainsi qu'à l'Institut Europlace de finance"
Même chose pour Christian Saint-Etienne, qui "s'affiche comme professeur au Conservatoire national des arts et métiers (CNAM) sur France 24 et comme analyste politique dans les colonnes du Point. Jamais comme conseiller scientifique du Conseil stratégique européen, un cabinet de conseil en gestion de patrimoine." Quant à Jacques Mistral, il est "économiste dans les colonnes du Monde et sur France Culture, ou directeur des études économiques à l'Institut français des relations internationales (IFRI) dans l'émission C dans l'air (France 5). Pas administrateur de BNP Paribas Assurance". L'article cite un journaliste, Jean Leymarie, de France Info, qui a reçu Jean-Hervé Lorenzi à plusieurs reprises ces trois dernières années en le présentant seulement comme membre du Cercle des économistes. Dans sa citation, il se défend de tout mélange des genres, et assure que "nos auditeurs ne sont pas idiots. Ils savent bien."
Dans une charge plus classique, le Diplo dénonce l'omniprésence de certains économistes de sensibilité libérale dans les médias : "Entre le 1er septembre 2008 et le 31 décembre 2011, Le Monde a cité Artus - responsable de la recherche pour la banque Natixis - dans 147 articles (il a également signé quatre tribunes). Plus souvent que Jacques Attali (132 articles) et que Alain Minc (118). Et beaucoup plus que Jean Gadrey (cinq articles sur les questions économiques) et Frédéric Lordon (4 articles). Des proportions similaires à celles que l'on observerait dans les quotidiens Libération ou Le Figaro, ainsi que dans la plupart des magazines", note Renaud Lambert.
http://www.arretsurimages.net/vite.php?id=13314

ressortons un moment de l'hexagone pour constater que c'est pareil dans le monde anglo saxon :

"Prenez l'argent et fuyez." Une des récentes lettres confidentielles de la société de conseils économiques RGE recommandait à ses clients, en gros, de vendre les obligations d'Etats européens qu'ils détenaient, et de "prendre leurs bénéfices" avant que le système ne s'effondre. Au milieu du chaos financier dont n'arrive pas à se dépêtrer l'Union européenne, ce conseil n'a rien de vraiment étonnant. Mais il devient plus gênant lorsqu'on réalise que RGE signifie "Roubini global economics", et est la société de Nouriel Roubini, économiste et prof d'université très respecté, notamment depuis qu'il a prédit la crise des subprimes de 2008 … C'est un article d'El Pais espagnol, suivant un billet de la semaine dernière de Jean Quatremer, correspondant de Libération à Bruxelles, qui souligne cette bizarrerie.
Pourquoi bizarrerie ? Après tout, depuis de très longs mois, Roubini déclare publiquement envisager la désagrégation de la zone euro et l'expansion de la crise économique (par exemple en juin dans le Financial Times). Il n'est pas illogique que sa société dise la même chose. Certes. Mais Roubini verse tout simplement dans le conflit d'intérêts : "L'auteur de cette lettre qui dispense ses conseils aux spéculateurs est aussi un expert économique respecté, professeur à l'université de New York, conseiller de divers gouvernements et banques centrales, qui (…) prévoit un défaut de la Grèce, voire une explosion de la zone euro. Ce qui alimente la panique pour le plus grand profit de ses clients qui parient sur une baisse des obligations d'Etat", écrit Quatremer. El Pais ne dit pas autre chose : "Sa main académique presse pour qu'arrive le pire, et sa main financière recueille les bénéfices lorsqu'arrive le pire." On peut aussi voir les choses dans l'autre sens: en poussant ses clients, et ceux qui suivraient leur mouvement, à vendre des obligations d'Etat, Roubini pourrait contribuer à accélérer la crise qu'il prédit.
http://www.arretsurimages.net/vite.php?id=12168


Experts de la santé : AMM et laboratoires, grippe et Médiator

Mais si, souvenez-vous du documentaire Les médicamenteurs à l’honneur dans notre émission consacrée au Mediator : Daniel Vittecoq, président de la commission d'autorisation de mise sur le marché (AMM), affirmait la bouche en cœur : "en mon âme et conscience, depuis que j’ai ces responsabilités à l’AMM, je ne vois vraiment pas de dérives et je crois que les gens doivent être rassurés là-dessus. C’est normal qu’on se pose des questions mais la transparence actuelle lève les doutes." Pourtant le budget de l'AMM est financé à 80% par les laboratoires et les experts qui y siègent sont rémunérés, directement ou indirectement par les labos dont ils évaluent les produits. Les victimes du Mediator doivent croire Vittecoq sur parole : lui non plus n'a pas confondu ses casquettes. article ( payant)

Les médicamenteurs : Un film écrit par Brigitte ROSSIGNEUX et Stephane HOREL pour France5 et réalisé en 2008. Dans ce documentaire on apprend le parcours d'un médicament, depuis sa naissance jusqu'à son arrivée dans les pharmacies, voire jusqu'à son retrait du marché. Les différentes étapes (essai clinique, évaluation, autorisation de mise sur le marché, marketing) sont passées au crible et les acteurs (industrie, Afssaps, Has, médecins, visiteurs médicaux), ainsi que leur mode de fonctionnement nous sont présentés sans concessions. On avance de surprise en surprise tout au long des 52 minutes de ce film, qui s'avère, au final, très instructif. http://www.drogues-et-baclofene.com/index.php?page=medicamenteurs

rappelez vous de la grippe qui devait tuer tout le monde et de tous les experts qui sont venus à la télé nous dire qu'il fallait se vacciner : c'était le pandemigate

le scandale du médiator a montré comment Les labos Servier contrôlaient les publications de la presse médicale en fournissant des experts maison ou bien comment ils falsifiaient les rapport d'autres experts

"Le tiers des experts scientifiques qui ont recommandé le vaccin anti-H1N1 au gouvernement étaient liés à GSK, la firme qui a bénéficié du contrat (...)

12,6 millions de doses de Pandemrix, le vaccin contre la grippe H1N1 mis au point par GSK. Un marché de 110 millions d’euros (...) Il apparaît que sur 15 experts, cinq – dont le président du Commissariat Influenza, Marc Van Ranst – présentaient des conflits d’intérêts avec GSK. Certains ont été rémunérés en tant que consultants par la firme, d’autres ont touché des fonds pour financer leurs recherches."
http://www.arretsurimages.net/vite.php?id=9707
http://www.lesoir.be/actualite/sciences/2010-11-20/des-experts-belges-lies-a-gsk-ont-recommande-le-vaccin-anti-h1n1-804420.php

Quelques exemples "d'experts neutres" au CV tronqué

France 2 et ses étranges "témoins" ...au CV tronqué un article payant :

http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=1526

L'expert qui affirmait que l'hopital ne manquait pas de moyens était... un secrétaire national de l'UMP!

janvier 2009 : Rappelez-vous de quoi parlaient les jités lors des fêtes du Nouvel An ? Des feux d'artifice en Australie, de la neige, du conflit à Gaza et ... de la situation des hôpitaux publics français. Le débat avait été suscité par les morts de trois personnes, qui avaient été mal prises en charge (erreur de médicament) ou n'avaient pas pu être traitées à temps. Dans son 13 heures, France 2 donne alors la parole à un professionnel de la santé : Philippe Juvin, le "chef de service des urgences à l'hôpital Beaujon", précise Françoise Laborde. Juvin explique, sur le plateau, que ces morts ne sont pas dues à un manque de moyens, contrairement à ce qu'affirme par exemple l'Association des médecins urgentistes de France.
Mise en garde contre "l'utilisation" politique de la mort d'un patient, "manque d'un pilote" pour l'hôpital, défense de la loi Bachelot ... le discours de Juvin ressemble fort à des arguments politiques, tendance UMP. Et en effet, ce sont autant d'arguments déjà développés par Juvin lui-même dans ... un communiqué du parti. L'urgentiste de France 2 est, à ses heures perdues, secrétaire national de l'UMP, et membre du comité exécutif du parti. Sans oublier ses mandats de secrétaire départemental adjoint de l'UMP dans les Hauts-de-Seine, vice-président du Conseil Général des Hauts-de-Seine, et maire de La Garenne-Colombes, tous ces renseignements étant mentionnés sur son blog ainsi que sur sa page Wikipedia.
A aucun moment de l'entretien, même lorsque l'interviewé prend position sur la loi Bachelot, ces fonctions ne sont évoquées. Le "synthé" de présentation de France 2 se contente d'indiquer : "Chef de service des urgence à l'AP-HP Beaujon (Clichy)".

Le défenseur de la réforme Sarkozy de suppression du juge d'instruction était....l'avocat personnel de Sarkozy!

Nous sommes le 7 janvier, et, entre la neige à Marseille et la maternité heureuse de Rachida Dati, un sujet fait débat : la suppression du juge d'instruction, voulue par Nicolas Sarkozy, qui souhaite le remplacer par un "juge de l'instruction". L'idée ne fait pas l'unanimité : France 2 choisit donc d'interroger, méthodiquement, les "pour" d'un côté et les "contre" de l'autre.
Le préposé à la défense de la réforme s'appelle Thierry Herzog ; il est "avocat", et nous assure que cette suppression sera "un progrès". Toujours sans tricher, saurez-vous retrouver ce qui occupe beaucoup Maître Herzog depuis quelques années ? Herzog, Herzog ... Mais c'est bien sûr ! Il s'agit de l'avocat du justiciable Sarkozy. C'est lui qui a défendu le chef de l'Etat lors de l'affaire Clearstream, l'a défendu encore contre les terrifiantes poupées vaudou, et ... c'est toujours lui qui, aujourd'hui, défend l'air de rien sur France 2 le projet de Sarkozy de supprimer le juge d'instruction.

le défenseur de la suppression des pubs sur les chaînes publiques était ... directeur d'une boite du pub !

Dernier exemple : une famille des Yvelines qui était invitée, lundi 5 janvier, à donner son avis en direct sur la suppression de la publicité sur France Télévisions.
Verdict ? Le père, Bertrand Vinson, est "super content" parce qu'il "déteste la pub", la mère est mitigée (20h35, est-ce bien raisonnable ?), et le fils de 11 ans salive d'avance de longues soirées passées devant le petit écran. Question rituelle : quel est le vrai métier du monsieur ? Le job de Bertrand Vinson c'est ... d'être convaincant. Car lorsqu'il n'est pas parti "boire un coup" pendant une coupure publicitaire, l'homme dirige une entreprise de communication, "Art communication création". Si l'on en croit son cv (sur le site d'une entreprise pour laquelle il est consultant), il est spécialisé dans "la communication orale en situations d'enjeu", et acteur de théâtre à ses heures perdues. Il est également diplômé d'une école de commerce, l'Edhec.

Augustin-Normand : L'expert qui tomba en 2008

fondateur de Richelieu Finance en 1985.

alors que tout le monde annonce un crash imminent en 2007 il rassurait tout le monde

Il a coulé Richelieu finance en 2008 ! Bravo l'expert !

d'après un article payant de Gilles Klein

Depuis 1996, on trouve la trace de Gérard Augustin-Normand dans les archives des journaux télévisés à intervalles réguliers. Echantillon représentatif des compétences de cet omni-spécialiste : la privatisation partielle d'EDF en 2005, l'attitude de la banque centrale américaine en juin 2006, ou l'affaire EADS et un éventuel délit d'initié.

L'expert a coulé sa boite

Quand un "bon client" des médias donne régulièrement des conseils boursiers, les mêmes journalistes qui le sollicitent et l'accueillent ne pensent pas toujours à regarder comment se porte sa société de gestion boursière. Exemple avec Gérard Augustin-Normand, le patron de Richelieu Finance, omniprésent dans les médias, (presse écrite ou télévision), depuis quelques années, dès qu’il s’agit de donner des conseils boursiers, où il est présenté comme : "un des plus grands analystes et experts de la gestion d'actifs et des marchés financiers.asia"
C'est Le Figaro qui, lundi 21 janvier, a révélé sa déconfiture. « Une première victime française de la crise boursière » C’est l’un des titres à la Une du Figaro de ce lundi. En page intérieure, Le Figaro nous apprend que les clients de Richelieu se retirent des investissements en actions "depuis trois ou quatre mois, et surtout depuis le début de l'année".

une semaine avant sa chute, dans Le Monde du 13 janvier, on lisait "Cinq responsables de sociétés de gestion ont accepté de révéler au « Monde » leurs valeurs gagnantes pour 2008. Et celles qu'il faut éviter. Après trois ans d'euphorie, 2007 restera l'année du retour sur terre pour les gérants de fonds investis en actions." Gérard Augustin -Normand faisait donc bien sûr partie des cinq gérants indépendants qui répondaient à la question "Où investir en 2008 ?"

l'expert nous rassurait juste avant la crise des subprimes

Le 27 juillet 2007, France 2 et France 3 lui donnaient la parole, la crise du marché immobilier américain semblant menaçante. Les plus pessimistes, lance le présentateur de France 2, évoquent un krach à venir. Mais Augustin-Normand vient nous rassurer : "C'est plutôt une crainte de ralentissement de la croissance sur certaines zones... Le consommateur français n'est en rien touché par ces inquiétudes." Sur France 3, il ajoute "C'est assez sain. C'est une consolidation qui était nécessaire."

Sonia Imloul experte en banlieues (donc en polygamie) neutralité garantie !

"C'est après avoir lu mon livre sur les enfants violents que Claude Bébéar, de l'Institut Montaigne, m'a demandé de travailler sur la polygamie"

La Croix, Libé, Le Point, Le Figaro, TF1, France 2, France 5...

à Ripostes en 2005, elle insiste bien sur le fait qu'"on ne peut pas imputer ce qui se passe en banlieue actuellement à Nicolas Sarkozy. Nicolas Sarkozy vient d'arriver au ministère de l'Intérieur" et il a un "discours qui passe" bien en banlieue.

candidate UMP aux européennes en 2009

Dan Israël dans un article payant intitulé "Sonia Imloul, questions sur une spécialiste médiatique des banlieues" nous en apprend beaucoup sur Sonia Imloul

Elle est celle qui a mis en relation le journaliste du Point avec Abdel, le fixeur qui s'est fait passer pour une femme de polygame, et a piégé le magazine. Sonia Imloul est depuis présentée par Franz-Olivier Giesbert, le patron du Point, comme "une personne faisant autorité" dans le domaine de la polygamie. C'est-à-dire ? Comment devient-on une "autorité" aux yeux des journalistes sur un sujet si controversé ?
"Comment j'ai mis Le Point en contact avec Abdel." Dans la stratégie de défense de l'hebdomadaire concernant le faux témoignage de Bintou, femme de polygame inventée par Abdel, ces mots sont stratégiques. Ils sont signés Sonia Imloul, présidente de l'association Respect 93 et citée dans l'article fatal. Elle y endosse la responsabilité d'avoir fait entrer en contact le journaliste et celui qui l'a roulé. "Lorsque j'ai su que Le Point travaillait sur le sujet, j'ai proposé au magazine de le mettre en contact avec une famille polygame à Montfermeil", écrit-elle.
Comment un magazine, et un journaliste aguerri, et habitué à travailler sur la banlieue, a-t-il pu faire confiance aussi facilement à une femme qui lui présentait un intermédiaire dont il ne savait rien ? Le magazine se justifie : elle est "l'auteur d'un rapport sur la polygamie en 2009 pour l'institut Montaigne", think tank classé à droite, dirigé par l'ex-dirigeant d'Axa, Claude Bébéar. Et elle a accédé, de fait, à une place plutôt reconnue d'experte en la matière dans plusieurs médias. Et comme le souligne le sociologue Eric Fassin dans un intéressant billet de blog, hébergé par Mediapart, à regarder de près les relations de Sonia Imloul avec les journalistes, "on comprend mieux comment se fabrique l’information" : "Abdel a donc fait œuvre de journaliste en prenant pour objet, non pas la banlieue, mais la construction médiatique de son image."
Fassin rappelle que Sonia Imloul a eu besoin des services d'un fixeur, malgré son travail passé sur la polygamie : "Autrement dit, elle ne connaît toujours pas de famille polygame. Bref, de la polygamie, Sonia Imloul ne semble rien connaître que ce qu’on en dit dans les médias– ou que lui raconte son «fixeur» ; elle sait seulement que c’est un grave problème.
de 2006 à 2008, Imloul a été membre du Conseil économique et social, au titre de son engagement associatif. Et elle jouit d'une certaine crédibilité, puisqu'en mars 2010, Le Figaro ne jugeait pas incongru de la citer comme remplaçante potentielle de Fadela Amara au secrétariat d'Etat à la Ville.
Mais sur quoi se fonde son "autorité" concernant la polygamie ? Essentiellement sur une note de six pages sur le sujet, rédigée en 2009 pour le compte de l'Institut Montaigne.
la militante a mis du sien pour souligner l'urgence des combats à mener face à ce "tabou" français. Dans sa note, elle citait ainsi une estimation de la Commission nationale consultative des Droits de l'homme, qui évaluait en 2006 le nombre de personnes concernées par la polygamie "adultes et enfants compris, à moins de 180 000 personnes ce qui représente moins de 0,3% de la population française". Mais face aux médias, elle n'hésitait pas à gonfler ces chiffres, comme l'a remarqué le site Scarabee.org, dans un article qui examine à la loupe (critique) son parcours : "Après la publication de son rapport, Sonia Imloul donne une interview [au site de] TF1/LCI. La situation devient «alarmante», et on a des chiffres: «D’après les informations que j’ai pu recueillir, notamment auprès de la police, on en recenserait aujourd’hui entre 40 000 et 50 000. Si vous comptez une dizaine d’enfants par famille polygame, cela porte à au moins 400 000 le nombre d’enfants concernés par cette situation en France». Chiffres qui ne figurent pas dans son propre rapport. Ça sent le doigt mouillé, là. Il y a des chiffres «sérieux» pour le rapport de l’Institut, et de nouveaux chiffres, beaucoup plus spectaculaires, pour TF1."
la note mentionne bien plus volontiers des articles de presse, des extraits de livres ou des témoignages indirects que des témoignages de première main. L'auteur indique une seule fois parler de la situation de "plusieurs épouses d'une famille polygame de la Courneuve" qu'elle a suivi personnellement. N'a-t-elle pas connaissance de davantage de cas ? Et d'ailleurs, pourquoi a-t-elle été incapable de communiquer des coordonnées de familles polygames au journaliste du Point ?


Journée de la femme : la polygamie en France...

Autre journaliste du Point, Christophe Labbé avait signé pour sa part en novembre 2005 un article sur la place des jeunes Noirs dans les émeutes. Et Imloul fait clairement le lien entre polygamie et enfants "à la dérive" qu'elle suit avec son association : "Cela crée des situations ingérables. On a par exemple le cas d'une famille avec quatre épouses et trente enfants qui vivent dans un F4. Faute de place, les enfants se relaient pour dormir. Quand ils ne sont pas dans l'appartement, ils sont dans la rue, livrés à eux-mêmes." Et elle cite un cas qui se retrouvera deux ans plus tard dans son rapport : "Dernièrement une petite fille de 3 ans a reçu de l'huile bouillante sur la tête lors d'un règlement de comptes entre deux concubines."
L'année suivante, Sonia Imloul publie un livre consacré à la violence des moins de treize ans dans les banlieues. Le titre est accrocheur. "Enfants bandits" (co-écrit avec Cyril Azouvi, éd. du Panama). Et pour Le Point, qui lui accorde une petite place, "le thème est tabou".
Le Figaro accueille l'ouvrage encore plus favorablement, sous le titre "Ces minicaïds qui sèment la terreur dès la maternelle". Mais l'article constate que les chiffres qui pourraient étayer cette accroche savoureuse ne sont pas disponibles : "On sait simplement qu'en 2005, sur les 82 556 actes dont les juges des enfants ont été saisis, 3474 concernaient des moins de 13 ans. Et que la part des mineurs dans la délinquance est passée de 10% dans les années 1970 à 25% aujourd'hui." Ce qui ne permet absolument pas de conclure.
Mais ce qui intéresse le quotidien est ailleurs : l'auteur du livre se prononce en effet en faveur du "dépistage si contesté de la délinquance avant trois ans, qu'avait suggéré Nicolas Sarkozy" suite à un rapport de l'Inserm de 2005 affirmant qu'on pouvait détecter les délinquants dès l'âge de trois ans.
Quelques mois plus tard, l'auteur de ces phrases sera amicalement reçue à l'Elysée pour déposer une pétition signée par 10 000 personnes pour que l'Etat s'engage davantage dans la politique familiale et suive plus particulièrement les familles d'enfants violents. Son idée "d'internats scolaires pour les enfants de parents en situation de pauvreté" a d'ailleurs trouvé ensuite une traduction avec les "internats d'excellence" voulus par Nicolas Sarkozy. Et le Figaro magazine est présent pour rendre compte de l'événement.

C'est pas beau ça? 10000 signatures et hop votre revendication est exaucée !

Sonia Imloul a été candidate sur le liste UMP aux européennes en Ile de France en 2009


Sonia IMLOUL par michelbarnier

vend ses résultats, à des organisations publiques mais aussi à de nombreuses entreprises privées. Quitte à prêter la puissance de son nom à des offensives de communication de grande envergure. Au service de Coca-Cola, comme l'a récemment démontré Cash Investigation sur France 2, mais aussi des producteurs d'aspartame ou... des fabricants de compotes.

On reconnaît son sigle comme un gage de sérieux et de rigueur, les conclusions de ses enquêtes sont largement reprises dans la presse, et ses conclusions sont régulièrement utilisées comme des arguments irréfutables. Pourtant, qui connaît vraiment le Crédoc ? Qui sait comment est financé le Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie? Cette association créée en 1953 touche tous les ans une subvention publique, sous la tutelle du ministère de l’Économie. Mais le fonctionnement de cette entité d'une cinquantaine de salariés dépend surtout des fonds qu'elle arrive à réunir par elle-même. Elle vend donc ses résultats, à des organisations publiques mais aussi à de nombreuses entreprises privées. Quitte à prêter la puissance de son nom à des offensives de communication de grande envergure. Au service de Coca-Cola, comme l'a récemment démontré Cash Investigation sur France 2, mais aussi des producteurs d'aspartame ou... des fabricants de compotes.
Constamment cité, presque toujours repris par les médias. Le Crédoc dispose d'une excellente image, entretenue par ses nombreuses enquêtes statistiques portant sur les conditions de vie, les attentes et la consommation des Français. Pas un mois sans que fleurissent dans la presse des résumés de ses études rigoureusement menées sur l'état du marché du travail, la situation du logement, la réussite des soldes, ou tout récemment le bilan (mitigé) dressé par les allocataires du RSA. Les experts de l'institution sont des "clients" appréciés des journalistes, pour leur regard transversal sur la société et leur capacité à citer les bons chiffres au moment opportun.
Mais le Crédoc ne serait pas omniprésent dans le paysage médiatique s'il se contentait de ce type d'études institutionnelles. Il est tout aussi expert dans le décorticage des habitudes de consommation des Français : quantité de fruits achetés, baisse de confiance sur la viande, explosion des compléments alimentaires dans l'hexagone… à chaque domaine ou presque, son étude ad hoc. Et pour cause. Ce qui n'est pas souvent rappelé, ou fort discrètement glissé au détour d'une phrase, c'est que ces études sont dans l'immense majorité des cas financées par les industriels du secteur (ici, respectivement, la société qui gère le marché de Rungis, le Centre d'information des viandes et le "Syndicat de la diététique et des compléments Alimentaires"). Non qu'ils commandent une étude spécifique, mais ils contribuent à son financement pour que les résultats qui les intéressent leur soient communiqués. Et bien souvent, quand ces données leurs plaisent, ils payent aussi le droit de les "exploiter", autrement dit de communiquer comme bon leur chante à partir de ces chiffres, d'associer leur nom à celui de Crédoc, ou au contraire de se cacher derrière le nom de l'association. Qui se chargera d'ailleurs, sur demande et toujours moyennant finances, de fournir un expert pour enfoncer le clou pendant une conférence de presse.

Dans la suite de cet article payant de Dan Israel on trouve les détails sur Coca Cola, l'aspartame et les compotes : http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=5048

Derrière la psychose des usurpations d'identité, un fabricant de broyeurs !
Le chiffrage bidon des victimes était signé Crédoc

Il a été utilisé pour faire voter deux textes de loi (dont celle sur le fameux "fichier des honnêtes gens": lien 1, lien 2, lien 3). Cité à l'Assemblée nationale. Repris des dizaines de fois dans tous les médias depuis 2009. Et pourtant, le chiffre de plus de 200 000 Français qui seraient victimes chaque année d'une usurpation d'identité ne correspond en rien à la réalité mesurée par les services de police et la justice. Mais s'il bénéficie d'une telle crédibilité, c'est qu'il a été imposé dans le débat public par une étude du Crédoc. Financée par… un fabricant de broyeurs de documents.
"Mesdames, Messieurs, on estime à plus de 200 000 personnes par an les victimes, en France, d'usurpation d'identité. Non seulement il s'agit d'une infraction particulièrement traumatisante pour ceux qui en souffrent (…) mais elle constitue aussi une étape nécessaire pour la commission d'autres infractions." C'est par ces mots que s'ouvre l'exposé des motifs de la proposition de loi sur la "protection de l'identité", présentée en juillet 2010 par les sénateurs UMP Jean-René Lecerf et Michel Houel. Le texte visait à faire équiper les cartes d'identité de puces électroniques contenant photos et les empreintes digitales, et à établir "une base centrale des titres d'identité", regroupant les données de tous les Français. Pour les législateurs, 200 000 personnes sont donc victimes chaque année d'une usurpation d'identité, un délit qui entretiendrait d'ailleurs un lien "particulièrement étroit" avec "crime organisé ou terrorisme".
Mais dans leur empressement à relayer ce grave motif d'inquiétude, les télés, et certains journaux, ont négligé de préciser un léger détail. L'étude siglée Crédoc a été commandée, et médiatisée, par Fellowes, une entreprise de fournitures de bureau qui produit notamment… des broyeurs de documents.
Mais un bon concept ne fait pas tout. Pour "vendre" un sujet, il faut proposer aux journalistes une "belle histoire" sur laquelle ils pourront s'appuyer. Et au moment de sa conférence de presse, Fellowes a été particulièrement bien servie par l'actualité, en la personne de Loïc-Xavier Laroche. Cet homme de 29 ans à l'époque, habitant près de Roanne, a été victime de plusieurs usurpations d'identité : quatre ou cinq personnes se sont servies de ses noms, dates de naissance et numéro de sécurité sociale, pour se faire faire des cartes d'identité ou des papiers administratifs. Les escrocs en ont profité pour multiplier les incidents bancaires, frauder le fisc ou multiplier les prêts à la consommation. Et tout lui retombe sur le dos. Au niveau national, c'est RTL qui lui donne la parole en premier, en mai 2009. "Cela faisait cinq ans que j'étais dans cette situation inextricable, et l'administration et la justice ne faisaient rien pour me sortir de là. J'ai fait une tentative de suicide, et mes parents ont décidé de parler de mon cas", détaille Loïc-Xavier Laroche à @si.

Toute l'enquete de Dan Israel : http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=5061

10 octobre 2012 : Usurpation d'identité : où sont les 400 000 "victimes" ?

Le grand n'importe quoi de l'usurpation d'identité continue. Depuis ce mercredi 10 octobre, un chiffre circule abondamment dans les médias : 400 000 Français auraient été victimes d'un vol d'identité ces dix dernières années. A moins que ce soit 400 000 personnes par an ? Peu importe: le sondeur CSA, qui a réalisé l'enquête, ne donne en fait aucun chiffre, bien qu'il soit régulièrement cité comme source. En réalité, c'est le commanditaire du sondage, un fabricant de… broyeurs de documents, qui s'est livré à ce qu'il nomme pudiquement de la "prospective mathématique". Et a donc communiqué sur un chiffre très approximatif.
http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=5279

 

Experts en terrorisme : fiasco sur Utoya et Oslo

Ils entretiennent la peur des islamistes et couvrent les dérives des lois d'exception anti terroristes

Ils ont alimenté la peur de l'ennemi intérieur anarcho autonome de l'ultra gauche

Oslo : le fiasco international des "experts" en terrorisme; tous ont parlé d'islamisme et d'Al qaida
http://www.arretsurimages.net/vite.php?id=11766

raté c'était un norvégien isolée et d'extrême droite

 

 

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